CHAPITRE I, — causes
ARTICLE PREMIER. Causes prédisposantes,
Dans un accouchement ordinaire, mais qui, ar-
rivé à cette période, se prolonge, la présence de la tête dans cette région, et la pression qu’elle exerce sur les parois vaginales, sont susceptibles d’y déterminer des altérations phlegmasiques, sphacéleuses, qui disposeront les points qui en sont le siége à être déchirés dans les mouvemens subséquens de progression de l’enfant : ou bien, ces altérations donneront lieu consécutivement à des perforations. Or, comme l'excavation osseuse du bassin, quoiqu'ayant des diametres égaux en tout sens, se trouve rétrécie dans le sens antéro-postérieur par Île rectum d’une part, et la vessie et le canal de l’urètre d'autre part; comme enfin, lorsque la tête arrive dans cette excavation , elle tend à présenter les plus grands diamètres d'avant en arrière, il résulte de tous ces rapports, que les parties antérieures et postérieures du vagin se trouvent plus exposées aux pressions, aux frottemens produits par la présence et le passage de la tête, et par conséquent plus exposées aux ruptures et aux altérations prédisposantes. Et en effet, le canal de l’urètre fait saillir le vagin d’une manière remarquable. Cette saillie, refoulée par la tête de l’enfant, vient souvent se présenter à la vulve sous forme d’une tumeur rosée, sillonnée transversalement, et qui masque plus ou moins complètement le sinciput. Or, le vagin, l’urètre, le bas-fond de la vessie se trouvant alors comprimés, tiraillés, refoulés au-dessus de ce bourrelet par la progression de l'enfant et la pression
qu'il exerce contre le pubis, sont menacés de se rompre : ou bien ces parties sont frappées d’altérations prédisposantes aux fistules consécutives vagino-vésicales ou urétrales.
La saillie du rectum n’est pas aussi marquée dans son état de vacuité. Mais outre que la présence de matières stercorales, dures, peut la rendre tres-considérable, et produire en arrière les mêmes résultats que la saillie urétrale occasionne en avant, on remarquera que c'est surtout contre cette région que presse la tête de lenfant d’après la direction que lobliquité naturelle du détroit supérieur et de la matrice imprime aux efforts d’expulsion. De là aussi la plus grande fréquence des ruptures vaginales en arrière, ainsi que des fistules recto-vaginales, soit immédiates, soit consécutives à la meurtrissure, à l’inflammation, à la suppuration et à la gangrène des parties pressées.
À ces causes prédisposantes normales, il s’en joint souvent de non ordinaires, dépendant, 1° de l’enfant : ainsi une tête volumineuse; 2° du Vagin : ainsi son état de rigidité, l'existence de brides, de cicatrices dures; 3° du bassin : ainsi l’étroitesse de ses diamètres par vice de conformation ou le développement de tumeurs osseuses à la surface interne de l’excavation.