AS
plut «conyenabte pour Fexébution d'un tel projet. On y arriva , de kur position actuelle, en viogt~dei*x jours , dont quatre de marche dans un désert jusqu'à Sheady , et dix-huit de She$dy à Masfeuah v :1e long des rives bien cultivées dé r A$t?rt*Qia$- »
. A son retour dje Nlabife-, Btkrkbtafdt ""ri* sita le célèbre teiftple A'Ebmmbol,. taillé dans le flanc presque vertical dune montagne qui: borde ' te -NîL ■ Au paires de » ce temple fijué à tinpi pieds Wrdessus du ni* yeau de ieau ,' VoffïwHt;* dê'*teqjie:od4é le lo«§ du mw , dira* <de$ nfches) étroites , troiç figures» colo^s^ks , représentant ©si* ri* t fci& ,; et d'autres divinités jfeuflea: elles spnt tputes jde la niêoiP§rahdeei;< djabont, AWe iaxftbe devairt l'autre dont ladhauteur , jusqu'aux ;geti0U* *t «fit dfc sis piçd* fct id^mi jftllçs sont accompagnées d ? ^besyfigures beaucoup plu$> p#tit££ ^ disposée^ amtour de leurs jaxnbes; Sans, mérite sous lie rapport de hk scillp4une> o*s staÉnes>se fiont i^mar^vier p?tr iine|çra«de;pfr4ectio« du des^iï^ . & espace frâeitaiédiavre <dnère ! les niches est couvert d'biérogfyphes. ¥rte petite porte condwit dans I3 nef {pirQnaos)^ supportée par six cokxnùes sarréesr. ^yfent
chacun* trois pieds carrés d'épaisseur : ce promets a trefee pas de long <et sept df large, tas chapilaux de* colonnes repré»
sentent deatétts d'Isie, semMaMe* ii celle»
de Tentyra, triais d'un Heliéf knoms fort* et eséontées dans le même style que le* sculptures sur les toi}? * du temple. Trois porte», dot* une large et deux petites, ou* vrent le choeur (cclla) ^ui n'a que trois paa àt profondeur et de chaque côté use cettak obscui*. Le sanctuaire ( adyiimt ) a sept pieds carrés : en lacé de l'entrée ou distingue les restes d'une statue taillée dans le roc vif ^ et dans le sok se trouve un caveau preébnd. Les mm des trois apparte* mens sont couverte d'hiérqgfyphes et d'à»
très figures qu'on voit ordinairement dans les temples égyptiens ou nubterts.
Le temple d'Etoarabol , oonsaeré sans doute au culte d'isis^ parait avoir servi dt modèle à cehri deûert. Croyant avoir vu toutes les antiquités de cet endroit , Burifr. hardt allait redescendre ta montagne lors* que , se d&ouroant un peu vers Je 8od f H découvrît quelque* «noiiMiens qui exciter rent au plus haut degré çon admiration..
C'étaient quatre immenses statues taillées
c: as j,
dans.le toc ,jà environ cent . t obéi dutemfie : elles épient înalhpuneusêment presque enterrées: dans les^sables. La tété d'une seule est encore visible aveçiutoe partie de Iat poitrine et dés bras.O n n'aperçoit à-peuprès rien ide.la seconde dont àa ;téte a été {irisée et dotft lei cor ps est dou vert de: sable •jusqu'au" dessua des épaules: Il rie, parait de&deux autres que lès bonnetè>eni forme île. boisseau^, Qas ^statues: nfecegaii^ent pas (e-Nil ;fcon)rne celles d : Ebiamboi;ielleft r sont tournées verb le..Nord eii semblent indi^ quer la. partie plus fevtUei de l-Egypte- La lêtequ-ou voit entière a un caractère de jeqnesse et de bbaujté qui , [plus qiaaucune au trebgu ré égyptienne antique, retrace les inodèles offert .par tla» ^ulpt«f.e grecque.
Sans la barbe oblongue et. peu» fournie qui probr^gele menton f elle pourrait passer $>o0r celle; d'une- Pallas. Sur lé devant du boisseau qui forme, sa coiffure , est gravé xih nilqmèlre-, ainsi que sur ceux des autres statues.* Les- b?a£ «ont couverts d'hiéroglyphes .profondément creuses, daqs la pierre 6ablornne^3e;v : jet u bie» exécutés. La >tafue a vingt-un pieds, d'une épaule à 1 au- .tre, et ne peut par conséquent % si elle
( **9 ) elle est debout, en avoir moins de soixante* cinq à sofeante-dix de hauteur. Les oreilles ont chacune quarante pouces de long. D'après l'expression de la tête qui s'élevait encore au-dessus des sables, ces statues sembleraient appartenir à la plus belle époque de la sculpture égyptienne ; mais les hiéroglyphes sur le roc sont d'une exécution assez médiocre et paraissent être du même âge que ceux du temple de Derr. Au centre des quatre statues est la figure d'un Osiris à tête d'épervier; surmontée d'un globe : en déblayant les sables on .découvrirait probablement ici l'entrée d'un vaste temple d'Osi ris, à laquelle ces figures colossales servent d'ornement comme font les dix statues devant le temple d'Isis. Le pan du roc derrière les figures est couvert d'hiéroglyphes, et au-dessus se trouve une rangée de plus de vingt figures assises , également taillées dans le roc et hautes de six pieds , mais tellement effacées qu'il a été impossible de deviner ce qu'elles représentaient. A quelques pas de distance, du côté du sud , est une excavation dans le roc avec des degrés pour monter du rivage jus-
( *9* ) qu'aux statues : l'intérieur offre, parmi une foule d'hiéroglyphes/ des représentations d'Isis et d'Osiris,
Le temple d'Ebsambol sert de refuge aux habitans de Ballyane et aux Arabes des en virons» contre une tribu mogrébine (occidentale) de Bédouins établis entre la grande Oi se et Si ou t, qui font régulièrement chaque année des incursions dans ces contrées.
Ces brigands se dirigent d'abord vers Argo, en pillant tous les villages situés sur la rive occidentale du Nil ; puis ils visitent Mahass, Sukkot, Bah~el~Hâdjar , Wady-Halfa, les villages vis-à-vis de Derr et enfin Dakké; près de cette place Us gagnent les hauteurs pour retourner chefc eux par Siout.
Leurs bandés se composent ordinairement de cent cinquante hommes à cheval, et d'autant portés sur des chameaux. Personne n'ose leur résister en Nubie : les chefs vont même au-devant d'eux et leur font dés présens. Les invasions dé celle tribu sont une des principales causes de la dépopulation du bord occidental du Nil, Quand les brigands avancent vers Ballyane, ses habitans se retirent avec leurs bestiaux au temple d'Ebsambol . L'année précéder! t c
(*9* ) encore les Bédouins avaient vainement tenté de forcer cette position.
Après avoir passé deAh par Derr , et vn les restes presque entiers du petit temple deHassaga qui loi parait être le même que Xorden place près d'Âraada , il remarqua, dans une excavation faiie par les paysans poor chercher des trésors, que le sable couvrait une couche d'excellente terre d'allovion , siftaée à une hauteur que les eaux du Nil n'atteignent pas même aux pins grandes crues. Cette observation, que Burkhardta eu l'occasion de faire à plusieursaulresendroits, semble prouver que le lit du Nil a été autrefois pins élevé , ou que les inondations ont élé plus considérables en Nubie que maintenant : car la terre cachée sous le sable était évidemment un dépôt de l'eau.
A Dakké , le voyageur admira xm des plus beaux restes d'antiquité que Ton rencontre dans la vallée du Nil. Au centre d'un propylée , long de trente pas , se trouve une porte semblable à celle du temple d'Edfou. On pénètre dans la nef entre deux colonnes ornées des mêmes chapiteaux que le temple ouvert de Phi la? , et
( *g* ) qu'on rie voit nulle part ailleurs en Egypte. Dakké est probablement l'ancien Pselcis , et la petite chapelle de Koppan sur la rive orientale du fleuve , Contra • Psélcis. Le temple de Korty a conservé son ancien nom, Corti, et le portique de Meharraka doit être à la place de Hierosycaminon.
Un autre temple , situé à Kalabché , le plus gros village de la rive occidentale du Nil , entre Derr et Assouan* , prend rang , avec celui de Dakké , parmi les plus précieux restes d'antiquité égyptienne. Les colonnes y ont les mêmes chapiteaux que celles de Philae, quoique moins soignés dans l'exécution des détails ; mais les murs intérieurs sont couverts de peintures mieux 'conservées qu'à Philae : les couleurs prédominantes sont le rouge , le bleu, le vert et le noir.
A un quart de lieue, de ce temple , au Nord-Ouest, s'en trouve un autre plus petit et taillé dans le roc. Les murs du vestibule sont couverts de bas- refiefs très-bien exécutés et représentant des sujets historiques singulièrement remarquables. D'un c^té , l'on voit une bataille ; le vainqueur dans un char, traîné par deux coursiers
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fougueux comme ceux de Karnac , poursuit les ennemis fuyant vers une contrée riche en arbres chargés de fruits; des singes jouent parmi les branches. Derrière lui sont deux autres chars en pleiiie course , de la même forme , mais plus petits : ils portent chacun une femme qui se tient debout. Daos un autre cadre, sur le même mur, est. représentée une marche triomphale passant devant Os iris assis : le cortège s'ouvre par des hommes nuds portant sur leurs épaules de gros blocs de bois précieux, et conduisant l'un une chèvre des montagnes, d'autres des autruches , des gazelles, dessinges, desbuffles, desgiraffes; enfin viennent deux prisonniers ayant des peaux de bêtes féroces autour du corps.
Un troisième cadre présente un gros lion avec son gardien , un grand bouc à cornes longues , étroites , et une paire de bœufs.
Près de ces deux cadres et devant le roi , sont des tas d'arcs et de flèches , de dents d'éléphants , de peaux d'animaux sauvages et une rangée de calebasses. Sur le mur en ace on remarque, parmi les prisonniers , ne troupe de femmes vêtues de robes ngues , avec unehaute coiffure recourbée
en haut , au«-de$sus de laquelle le capuchon eat.jeté.
Cjest un monument unique en Egypte.
Le triomphateur, quel qu'il soit, a porté ses armes dans un pays habité par des animaux dont on ne voit aucun en Nubie ni dans le Dongola : l'éléphant et la gi rafle fréquentent le bord du Nil vers le Sennaar, les forêts sur la frontière d'Abyssinie, et les rives de l'Astaboras et de l'Astaspus d'où Ion importe aussi maintenant en Egypte les esclaves les plus belles et les pins estimées* Tous ces trophées indiquent donc que la victoire doit avoir été remportée dans des régions situées au sud de l'ancien Meroé; car les prisonniers vêtus de peaux désignent un peuple sauvage.
Ce petit temple est appelé par les indigènes Dèr-el-Waly. La montagne tout auprès renferme les carrières d'où Ton a tiré le$ pierres qui ont servi à la construction de la ville et des temples de Kalabché.
C'est, à n'en pas douter , l'ancien Tairais, ât quelquesmonceaux dedécombresà l'Est ipdiqujent les restes de Contre*- Talrnis.
, De retour à Esné , où il fut le 9 avril , Bàdthardt espéra dr pouvoir joindre une
caravane qui devait bientôt partir de Da~ raou pour le Scnnâar f et de visiter ensuite l'Abyssinie. Plosieurs causes en firent différer le départ jusqu'au a mars de Vannée suivante.
S'étant fiait passer pour un marchand peu riche, afin de mieui en imposer, il ne prit point de domestique , vendit son chameau et ne garda qpe son âne , après avoir toutefois fait avec F acquéreur du chameau un arr angementqqî obligeait ce* loi-ci à. transporter son bagage à travers le désert» Voici les vétemens , les provisions et les autres objets dont notre voyageur était muni. « J'ai été bien aise , dit-il , de trouver , en lisant des voyages 9 quelques détails de ce genre dont )'ai fait mon profit dans les miens. » Il portait une large ca-»
saque de laine brune ( thaboui ) , une chemise et un pantalon de grosse toile blanche ; un lebdé on bonnet de laine blanche, enveloppé d'un mouchoir commun en forme de turban , et des sandales. Dans la poche de son thabont était un petit livre-journal t un crayon , un canif , une boussole , une bourse à tabac et un briquet avec de Ta • madou. Ses munitions de bouche cousis-
talent en quarante livres de farine , vingt de biscuit, quinze de dattes , dix de lentilles, six de beurre , cinq de sel , trois de riz , deux de café , une de poivre , quatre de tabac, quelques oignons et quatre-vingts livres de dourra pour Fane. 11 avait de plus une bouilloire et une assiette de cuivre, une poêle à griller le café , un mortier de t*rre pour le piler , deux tassés , uri couteau et une t: uiller , une écuelte de bois pour boire etpour 'remplir les outres , une hache , dix brasses de corde , du fil et des aiguilles dont une grosse k emballer , un peigne , une chemise dé rechange , aine cqwverhïre de laine , héràrn , de fabriqué barbaresque pour- la nuit, quelques médt£amen&; et trois outres de rechange. Enfin , il avait un petit Coran portatif, Un livÉe-journal de réserve et une écritoire , avec quelques feuilles de papier détachées , afin d'y tracer des amulettes pour les Nègres. Sa montre s'était brisée dans la Haute- Egypte où il n'avait pas eti moyen de s'en procurer une autre. Il avait un fusil avec trois douzaines dé cartouches , une certaine quantité de cendrée , uri pistolet et un gros bâton appelé nabèaut i garni de fer
(*97 ) aux deux bouts, qui pouvait servir a-la-fofr pour sa défense et pour piler son café, S»
bourse, renfermée dans une ceinture sou* son thabout , contenait cinquante piastres 1 espagnoles , outre une couple de sequm»
cousus dans on sacbet de cuir qu'il avait noué autour de son coudeuSa petite paeo*»
tille de marchandises se composait devingt livres de sucre # quinse de savou , deux de noix muscade t , douce rasoirs , autant de briquets d'acier > deux bonnets rouges et quelques douzaines de raseades en bois qui., dans le» pays au midi de l'Egypte,' tiennent trèsrbièn lieu'de monnaie. .
Tous ces effets jetaient serrés dans cinq:
sacs de wir ou djeficé*, très en usage parmi les roarcfeaiijtad esclaves. 11 avait rassemblé dans une petite valise 4 pbcée sur la selle* de son âne, les objets dont il avait un be» r soin journalier. ...
Daraou** le lieu de rendes vous, est un village sitaé à soixante milles an sud d'Esoé sur la rive orientale du Nil , habité partie par des Fellahs d'Egypte , et partie par des Arabes- Ababdehs. De tems immémorial ces Ababdehs ont été les guides des car** ranes à travers le désert de Nubie : phi-
( 39» ) statu*. Centre eux sont grands spéculateurs «o esclaves , et leurs chefs lèvent une té^ tribution pour . tout) esclave et* pour tout charoeap chargé qui n'appartietonerft pas à quelqu'un de leur propre : tribu c Les Felliths , quLs'unîssètot iavec les Ababdehs par des- mariages, sont vauriens; ivrognes , débauchée et tous. pauvres , malgré les bénéfices ;queleur procure le commerce d ? esebvea:auquel ila se j livrent également.
ti> 7 hôtfl-de Burkfaardl, nommé Harîji Hosseyji el Alouen 7 avait obtenu; de loi divers présents., ieiï lui pea suadacit qu'il avait l'intention de faire luinnéihe le voyfcge. Tout-» ^ooup il déèlarra , la veille; qu'il restait ; cepmuiant son til» et; soâvfrër e joignirent la. caravane doaJL ils ibrxiiastent teéMe* , avec kur&ashis, la portion la plus nombreuse et latplns.' riche.* Le vieillard les • aeoompagna avec ses femmes à quelque distance du village y- >et • au moment de là séparation , il remit Burkbardt àses parens : « C'est ton frère 9 dit* il notamment à son fils ; puis , ouvrant la veste du jeune homme et lui posant la main sur le cœur: que; sa place spijt ici! ajouta-t-il. » Cette espèce- de reu>j»in^Qdatioa eût eu quelque poids dans
( '99 ) déserts d'Arabie , mais parmi ces vils Egyptiens, elle n'est plus qu'une façon de parler , dit Burkhardt qui en fit l'épreuve.
Dès le premier jour les gens de la caravane le traitaient sans aucnn égard 4 les Fettahs ^ ne cessèrent de lé vexer et de comploter pour le voler ; son nouveau frère fut on de ses plus cruels ennemis : les,Ababdés * tout en le mettant a contribution', probe-, gèrent au moins sa personne. La* raalveil-?
lance des marchands de Daraou ne ; ve* nait d'aucun soupçon sur i"origine européenne du voyageur ; au contraire , j{»
croyaient qu'il était un Turc d'Eurppe ouï de l'Asie Mineure, et qu'H venait, à FegenH pie d autres , pour s'emparer d'une, part:
au commerce d'esclave^ dqat U leur importe d'avoir le monopole. Il avait un fir* man d'Ibrahim-Pacha , fils du Visir d'Egypte ; mais il jugea que la qualification de. Cheikrlbrahim el Schami ( le Syrien ). que le firman lui donnait , lui serait pfc» fur neste qu'utile , puisqu'elle confirmerait àea compagnons de voyage dans leurs niées..
D'ailleurs , ei> llnsultafot et le provoquant, • ces Fellahs disaient hautement : « Mous voilà dans le désert ! nous nous moquons.
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de tous les Beys et Pacha3 du monde î » Il fallait donc 9e soumettre aux outrages dont <ra Pabfeuvaît jourriellement.
L'eau est censée commune entre tous
w les membres d'une caravane, et les Arabes de l'Est partagent volontiers leur provision , m#me petite , avec un pauvre compagnon de voyage; mais parmi lés Africains, la seule appKeàtion de cette maxime
\ c*est que le plus fort' dépouille le plus faible. Aux puits le pauvre attend pour réirtplir ses outres, et si la source n'est pas abondante; il ne lui reste que de la bbuè trempée. Tel était souvent le lot de notre voyageur. D'autres lois on lui volait ses outres ; souvent, quand il avait choisi une' place ombragée, pour se reposer pendant la chaleur, on l'en chassait et le 'forçait à rester au soleil. Si on jouait àbè lancer des pierres en parant les coups avec les boucliers , (targes) f on avait soin d'en « diriger quelques-unes sur Burkhardt qui, manquant de bouclier, ne pouvait pas s'en garantir. Le ièle du voyageur le fesait résister à toutes ces traverses.
..Le 4 mars, au défilé d'Abou-Adjadi, à six heures de chemin d'Assouan , une
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trentaine d'Ababdés , d'une autre tribu; vint barrer le chemin à la caravane pour lever sut elle un droit de passage. Les, Ababdés de l'escorte, en noraJ>re à -peuprès égal Refusèrent d'y souscrire, et le combat s'engagea par une pluie de pierres, On était tout nud de part et d'autre : car c'est la règle chez ces Arabes, de même que chez les Nubiens, de n'être point gênés par dés vêtemens quand ils se battent , et de s'envelopper seulement les reins d'un morceau d'étoffe. Ils avaient pour armes de longs glaives à deux tranchans, de courtes lances, et des targes , utiles surtout pour se défendre contre les coups de pierre. Lorsqu'ensuife Burkhardt les vit tirer les sabres, et s'attaquer corps à corps avec des cris terribles , il se mit en devoir de partager le péril de ses compagnons de voyage ; mais au moment où il ajustait un coup de fusil au plus avancé de la troupe ennemie , un Ababdé de la caravane lui cria : pour l'amour de Dieu , ne tirez pasl nous espérons d'en venir à bout sans qu'il y ait du sang de répandu. En effet , après une escarmouche de vingt minutes, il n'y avait que trois hommes légèrement blessés et
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im bouclier fendu en deux. La paii fut faite par l'intervention des chefs ; les deux partis s'attribuèrent la victoire , maïs la caravane passa sans payer et j'étais bien aise de voir, ajoute notre voyageur, qu'on pouvait compter , en cas de besoin , sur.
nos Ababdés ; car les Fellahs, beaucoup plus nombreux , s'étaient montrés aussi lâches qu'ils sont glorieux. »
Nous ne suivrons pas notre voyageur de station en station ; des noms de puits , de collines et de vallées ne peuvent guères intéresser les lecteurs : mais nous devons leur faire connaître les principaux traits physiques de. ce désert que Burkhardt a trouve beaucoup moins affreux que le grand désert de Syrie * même moins que le désert de Suez et Tyh. Les déserts de Syrie s'étendent en plaines immenses d'une monotonie fatigante; ceux de Nubie offrent au moins jusqu'à Schigre la diversité d'un pays parsemé de rochers arides et sillonné de ravins: les vues pittoresques même n'y sont pas rares, Om-el-Heb&l est une vallée longue de trois heures de marche , et qui serpente continuellement entre des rochers de deux À trois cents pieds de haut,
coupés èrpifc et composés d'un granit noir ei brillant ; des bosquets d'acacias les ombragent d'un feuillage sombre et luisant comme les rochers mêmes. TouUà-coup , à Dam hit , une large ouverture se pré* sente parmi les rochers , et , au milieu de masses de granit jetées en désordre les unes 'sur les autres , un vaste réservoir , toujours rempli d'eau de pluie douce et limpide , appelle les voyageurs et les chameaux. El-Haimar est une réunion de sources où les Mamelucs fugitifs s'arrêtèrent quelques semaines ; c'est de là qu'ils renvoyèrent la plupart de leurs belles aimées
on danseuses que les Ababdés de la tribu Hameydàb , chargés de les reconduire en Egypte , dépouillèrent de tout jusqu'au dernier vêtement* Le bel Ouadi-Olaki est riche en pâturage , et s'étend depuis le Nil jusqu'à la mer Rouge \ les ouadis Om- Gat, Àbou-Borshe f el Berd et Nabeh sont embellis par des sellâm, arbres du gem-e de l'acacia, et des doums/ainsi que par divers arbustes. Le Tarfaldy tire son nom des $amaristjues qui y croissent avec quelques doums , et le sol est couvert d'élégants arbustes dé sehné qui nourrissent des es-
saims de sauterelles et rendent e$t ouadi un des plus beau* de la rpute. Toutefois la verdure riante de ces arbres ne met pas toujours le voyageur à l'abri des rayons ardents du soleil, et Burckhardt lui même trouva dans la suite l'occasion de rappeler le proverbe arabe qui dit : « compte sur la promesse d'un grand et sur l'ombre de lacacia ! »
. Aux environs de l'Ouadi Safiahy qui est plutôt une espèce de fondrière ( Gbadyr ) qu'une vallée, il vit toute la journée autour de lui des lacs de mjrage , appelés sérabs par les Arabes. « Leur teinte, dit-il, était d'un azur si pur et si cljûr que les ombres des montagnes qui' bordaient l'horizon , s'y réfléchissaient avec une netteté surprenante. Le mirage , en Egypte et en Syrie f m'avait toujours paru d'une couleur blanchâtre et semblable à un brouillard du ma* tin , rarement fixe, mais dans un état de vibration presque continuelle Dans le dé sert de Nubie, il était tout autre et avait la plus parfaite ressemblance avec l'eau.. La grande sécheresse de l'air et de la terre occasionne sans doute cette différence. Ces eaux semblaient aussi beaucoup plus pro-
chesqu'énSyrieet en Egypte, où la moindre distance à laquelle je les avais vues était d'un demi-mille , tandis qu'elles ne paraissaient souvent pas à plus de deux cents pas de nous. Il y avait à la fois tout autour une douzaine de ces lacs factices ou aériens , séparés les uns des autres , et situés la plupart dans les enfoncemens du terrain,
A Scbigré , vers le milieu du désert , se trouve une des meilleures sources au penchant des montagnes. Mais ici cesse tout ce que le désert offre d'un peu consolant :
plus de variété dans le sol; la plaine sablonneuse ne présente plus aucune route tracée ; l'œil seul d'un Bédouin peut y deviner le chemin.
La caravane eut dès-lors beaucoup à souffrir de la soif , des chaleurs excessives et une longue sécheresse ayant tari les puits sur lesquels elle avait compté pour remplir ses outres. En partant de Djebel-Schigré , les voyageurs furent effrayés par la nouvelle que les sources de Nedjeym étaient à sec : on envoya en avant un détachement d'hommes chargés de creuser les sables pour faire reparaître l*eau, s'il était possible. Lorsque la caravane
arriva, elle aperçut ses envoyés tristement assis autour des sources, la tète penchée, et ne montrant dans leurs mains qu'un peu de sable humide. La caravane continua sa marche. Jusqu'ici le vent du nord avait un peu rafraîchi l'air : pour comble de malheur, le vent tournant bien* tôt après au sud> vint encore augmenter la chaleur accablante du jour ; les provisions d'eau commençaient à manquer*, les ânes tombaient , les chameaux étaient affaiblis s si Ton n'avait pas d'eau le lendemain T tous les bestiaux périssaient , et les hommes , marchant à pied dans un désert brûlant , étaient également exposés à une mort presque inévitable. C'est dans cet état qu'on arriva le lendemain, à Abou- Séllam : on sut qu'on n'était plus qu'à six heures de marche du Nil , mais les bords du fleuve étaient occupés par une tribu d'Arabes ennemis. Le chef des Ababdés prit* pourtant le seul parti qui restait ; c'était d'envoyer un détachement, monté sur les chameaux les plus vigoureux , pour aller remplir quelques outres d'eau dans le Nil , au risque d'être découverts par l'ennemi qui n'aurait pas manqué > en sui-j
tant la trace des chan^eaux , de fondre sur la caravane fatiguée 9 languissante et hors d'état de résister. Leur seul espoir était d'atteindre, pendant la nuit , au point du fleuve dégarni d'habitans et d'observateurs J»0*t%9- Les voyageurs attendaient avec anxiété le résultat de cette expédition ; enfin, à trois heures du mâtin, les cris joyeux des messagers se font entendre ; bientôt ils entrent dans le camp , et tout le mtiftde m précipitant sur eux , se ranime en buvant à grands traits les eaux douces et salutaires du fleuve bienfesant. Le surlendemain, on marcha sur Ankheyre, village principal des Réraberas , situé sur le Nil* En approchant de la rivière , on sentit une pins grande humidité se répandre dans l'air , et les Arabes «écrièrent : Dieu jsait hué ', n&us sautons U Nil/ On avait mis vingt-deux jours à franchir le passage entre DaraAU et Berber ou Ankheyre ; mais on peut le faire en dix-sept.
Le journal du passage de Burckhardt dans ce désert , n'offre d'autre variété que celle dfs misères et des outrages qu'il eut à subir* U avoue que les fatigues ont été bien au-delà de ce qu'il avait imaginé ; ce
n'est donc pas sans quelque surprise qu'on le voit accuser d'exagération son prédécesseur Bruce , tout en rendant justice à l'esprit riche en ressources, avec lequel ce voyageur s'est tiré d'affaire sous le costume européen , au milieu des trilyis inhospitalières de la Nubie.
Cette route est la seule que Ton suive habituellement poursallerde l'Egypte dans le Berber, et de là dans le Sennaar. Il en est une autre entre Seboua, près de Derr, et te pays de Berber ; elle est plus à l'ouest et plus courte, triais on n'y trouve qu'une seule source à quatre grandes journées de Seboua et de Berber; encore est -elle amère.
Les autruches sont, à plusieurs endroits, très-nombreuses dans le désert de Nubie; il y a aussi des aigles , des pigeons et -des lézards-longs d'un pied depuis la tête jusqu'à la queue. Quant lu Simoum , Sémoum ou Samiel, (en turc ^ChamyelU) que nous traduisons par souffle empoisonné du désert., aucun des compagnons de Burckhardt n'en a jamais parlé que comme d'un vent de sud-est, violent, trèsincommode et brûlant , mais nullement
( 3o 9 ) funeste. Son effet le plus fâcheux est qu'il tarif l'eau dans les outres minces , et met ainsi l'existence du voyageur en péril. « Je suis convaincu , pour ma part , ajoute Burckhardt , que toutes les histoires, débitées par les voyageurs ou les habitans de l'Egypte et delà Syrie sur le Samiel du désert , sont très-exagérés , et je n'ai jamais pu connaître un seul exemple bien constaté qu'il fût devenu mortel. J'ai été moimême fréquemment exposé au vent chapd dans les déserts de Syrie et d'Arabie , dans la Haute-Egypte et dans la Nubie ; j'en ai essuyé toute la furie au milieu d'une plaipe découverte, sans me trouver fortement incommodé. Le fait est que les Bédouins effrayent souvent les citadins crédules par des contes de la mort tragique d'hommes et de caravanes entières ; mais quand des personnes qui ont quelque connaissance du désert les pressent de questions , alors ils jae déguisent plus la vérité. Je ji 'ai, jamais remarqué que le simoun) soufflait tout près de la terre , comme on le croit communément; au contraire, l'atmosphère entière paraît être en feu ; la poussière et le sable emportés haut en l'air par Foura-
gan , lui communiquent une teinte rôtigeâtre , ou bleuâtre , ou jaunâtre /suivant la nature et la Couleur dâ sol d'où la poussière Relève : le jaune cependant prédomine. toujours plus ou moins. En regardant à travers un Verre jaune-clair , on 6e formerait une idée assez exacte de cet aspect de l'air. Le Sittiontn n'est pas toujours accompagné de tourbillons ; quelquefois le vent souffle plusieurs; heures avec une force modérée , quoique avec une chaleur étouffante : lorsque lé tdufbilloA soulevé la poussière , sa tettijiéràture s'âccrott de plusieurs 1 degrés. Dans un sïmôûffi que j'ai observé ati ttiois dé thai i8i5\ à Esné f le therrtioTtiètré ésit *n<*»té k i aô° à l'ôrtibre ; ttiais l'air resté fratfeftietlt plus d\in quart d'heure dans cet état. L'effet le pïuS désagréable que lé Simôum ait sur Thotrinie , c'est de dessécher lé palais , d'aMétèr la transpiration , et de produire Ufi tfiàlaise généra. Je n'ai vu personne se toucher la face contre terre pour éviter Ife Souffle pernicieux du vent , cbmttaé Érucè dit FaVoir fait en traversant ce désert ; mate , diifrant les' tourbillons, les Arabes se couvtetit iouvent la figure de leurs manteau* et s'ac-
(5«) croupissent auprès de leurs chameaux , pour se garantir les yeux du sable et de la poussière. Les chameaux y souffrent toujours beaucoup , non par la chaleur , mais par la poussière qui bat leurs gros ypux proéminent ; ils tournent alors, et tâchent de se mettre k couvert en baissant leurs têtes; mais 9 quelque intense que pât être la chaleur de l'atmosphère, je ne leur ai vu faire cela qu'au moment d'un tourbillon. *
Voilà tout ce que Burckhardt a trouvé de vrai dans les récits sur le Samiel. Il ne refuse pas de croire aux trombes de sable dont parle Bruce ; mais il n'admet point l'exfetence d'un vent véritablement empoisonné , c'est-à-dire 9 chargé de gai délétères qui font mourir les hommes et les animaux. .
« Mous ne pouvons être entièrement de son avis , dit à ce sujet JVf . Malte-Brun avec beaucoup de justesse. Ses observations » quelque étendues qu'elles soient , prouvent seulement deux choses : i*t Que leaasphyxies , causées par les vents du sud trfea-chauds et si bien décrites par Yolney , sont rares ; a*, que lès vents empoisonnés sont encore plus rares, et qu'on n'en a
(3ia) .
pas des notions précises. Mais, puisque dans des endroits. connus il existe des terrains qui exhalent des vapeurs mortelles , pourquoi ne retrouverait-t-on pas dans les déserts le même phénomène sur une plus grande échelle (i)? Les sels et les minéraux , qui souvent se trouvent à jour dans cette terre nue , ne peuvent-ils , étant saturés par les pluies d'orage et ensuite décomposés par les rayons solaires , donner naissance à une foule de gaz pernicieux? » Il est constant d'ailleurs que le Chamsin , autre vent d'Egypte très-incommode, est imprégné d'un gaz particulier qui s'y développe, et que le Samiel contient beaucoup d'électricité, (i) - '
Le district de Berber , composé de quatre gros villages , Ankheyre, où demeura notre voyageur; Goz-el-Souk, Goz-el-Funye, et El-Hassa est gouverné par un Mek à-peuj>rès indépendant, quoique nommé par le roi du Sannaar : Ce titre est une abréviation de Melek , roi , et commun à tous
, (i) Shaw,Thévenot , Chardio r Hanway , Nftffeâfar. (a) Kant % Géographie physique , tom. vi , p, a5
les petits chefs de ces contrées jusqu'au Darfour et au Sannaar. Les habitans sont des Arabes de la tribu de Meyrefab ; ils prétendent pouvoir mettre sous les armes logo combattans libres , et 5oo esclaves , cependant , ils entrent rarement en campagne av ec plus de 4 à 5 cents hommes.
Burckhardt juge leur extérieur plus favorablement que leur caractère.
« Les Meyrefabs , dit-il , sont une trèsbelle race. Leur couleur naturelle paraît être un rouge brun «-foncé , qui devient extrêmement noir si la mère est une esclave yetiuedu pays des Nègres , et qui s'éclaircit quand, elle est Abyssinienne. Les hommes , un peu plus grands que les Egyptiens , Ont les. membres plus forts et sont aussi plus robustes ; leurs traits et ceux des Nègres diffèrent en tout point; leur visage est généralement ovale , le nez à la grecque , et les os des joues n'ont point de saillie.- La lèvre supérieure est un peu p]u& épaispe qu'elle ne doit l'être , d'après les idées de beauté que se forment les peuples èeptentrionafcx ; mais 21 s'en faut qu'elle Ressemble à celle du Nègre. Celuici a la jambe et 1^ pied très-mal faits; chez
les tyteyrafabs ces parties ne laissent rien à désirer. Us ont une petite barbe au bas du menton , pas de. poils sur les joues, et des moustaches peu fournies qu'ils coupent très-courtes. Leurs cheveux forts, épais et crépus, mais non laineux, forment, lorsque ils sont courts, des boucles naturelles, et de hautes larges touffes quand on les laisse croître. « Nous sommes Arabes , non pas Nègres ,» disent souvent les habit an s de Berber. En effet , ils ne peuvent être pris pour des Nègres ou des Cafres que par ceux qui croient qu'il suffit d'avoir la teinte foncée pour appartenir à cette race. C'est surtout la nature de l'épidémie qui distingue T Arabe du Nègre; J'ai souvent eu lieu d'observer en Berber , combien la peau était fine et délicate , même chez les hommes les plus exposés au soleil:, tandis qUe le Nègre l'a épaisse et grossière : la main de celui-ci est dure comme du bois ; l'Arabe, qui n'appartient pas à la classe ouvrière , l'aâiuisi douce que cette d'aucun Européen. Les< Meyrefabs , comme tous les autres Arabes de cette partie d'Afrique , ont le plus grand soin de maintenir la pureté de leur espèce. Ils n'épousent jamais
une esclave négresse ou abyssinienne , s'ils ont des enfans d'une concubine non libre * ils ne les marient qu'à des esclaves. * « Les quatre villages de Berber sont tous à une demi-heure de marche du Nil dans le désert de sable , sut les confins du pays cultivé*. Les maisons > séparées par d'assez grands enclos et hâtées en terre on en briques cuites du soleil , ont pour le moins autant d'apparence que celles de la Haute-Egypte. Chaque habitation forme une grande enceinte divisée un inté* rieure et . extérieure* . Autour de celle-ci sont les logera en s , tous au rez-de-chausaée. IL n'y a jataais ni second étage \ ni escalier. Le tôtt est formé de poutres mises en travéri des murs f oôivrertes de nattes , puis de roseaux , et enfin d'une couche de ter**, glaise : il à une pente pour l'écoulement des eaux pluviales , eonduites par un canal dans la clôture qui. devient un. étang bourbeut pendant la saison des pluies. La famille habite ordinairement deux pièces ; une troisième sert de magasin f une qua* triètae est réservée aux étf angeirs , une cin* qùième e&fin est fréquemment occupée par de* féakraeâ publiques» La couc «tté-
rieure" contient le plus souvent un puits d'eau saumâtre qui n'est bonne que pour les bestiaux. En été, les hommes de la maison et les étrangers y dorment sur des nattes étendues parterre , ou sur des bancs de bousillage établis le long des murs , ou sur des sophas faits d'un châssis de bois à 4 pieds, appelés angareygs lorsqu'ils sont recouverts d'un tissu de lanières en cuir de bœuf,et5mVs quand le siège est de roseaux.
C'est aussi là qu'est nourri le cheval favori du maître , et que se font toutes les affaires : le bétail est dans la cour intérieure.
« Quant aux femmes publiques, il est peu d'hommes , comme il faut , qui n'en logent , soit dans F en dos , soit dans quelque pièce attenante , mais au dehors de Tentrée. Ce sont la plupart des esclavesconcubines dont les maîtres, las d'elles ou prêts à se marier, ïes ont affranchies : mais souvent ils ne les mettent en liberté qu'après les avoir fait trafiquer de leurs charmes , afin qu'elles pussent amas- . ser une somme suffisante pour se racheter. Dans la suit,e , leurs anciens maîtres tirent encore d'elles le prix du loyer; ils participent même quelquefois à leurs.
(3. 7 ) profits et les protègent toujours dans les rixes qu'elles occasionnent
c* La prostitution et te soin de préparer le bouza .sont les seuls moyens d'existence de ces femmes , dont quatre occupaient dans la maison où je descendis , Tune l'enceinte extérieure , les trois autres des chambres voisines. En paraissant après le souper, elles furent reçues aux acclamations de mes compagnons qui tous étaient pour elles d'anciennes connaissances. Les principaux de la société s'étendirent sur des angareygs qu'on apporta dans la cour, et les courtisanes s'apprêtèrent à leur donner ce qu'elles appellent la bienvenue. Déshabillés jusqu'aux reins , ils furent frottés d'une espèce de pommade, comme cela se pratique en d'autres pays à la sortie du bain. Ce cosmétique, composé de graisse de mouton , de savon , de musc, de bois de sandal en poudre T et de quelques autres ingrédiens, a une odeur fort agréable. Après l'opération , qui dura peut- être une demi-heure, les couples respectifs passèrent ensemble la nuit sans du tout s'embarrasser des personnes couchées autour d'eux. Pendant tout le tems
de notre séjour fc Serber t la Vnaison ne désemplissait presque pas , tant les cour* tisanes sont achalandées ; car , comme elles préparent le bouxa , les amateurs de cette liqueur , qiri ne pourraient se livrer à ce goût chez eux sans être aussitôt entourés d'un grand nombre de connaissances, aiment mieux le satisfaire .chez des femmes publiques où ils n'ont pas à craindre les importuna,
« On conçoit aisément l'effet produit sur le moral de ce peuple par l'habitude .de l'ivrognerie; et de la débauche. Son caractère olfre un composé de tout ce jqui dégrade. la nature humaine ; mais la cupidité et la perfidie dominent sur ses autres penchans. Dès* qu'il s'agit d'intérêt, le Meyrefab ne connaît plus de frein, oublie les lois divines et humaines, rompt les liens et les engagement les plus solennels, là fourberie , lé vol et l'ingratitude sont d^ns ce pays F apanage de près* que tous lç& individus , et je suis persuadé qu'il en est peu , spit parmi les indigènes, «oit parmi les voyageurs venus avec moi, qui ne sacrifieraient pas la vie d'un homme pour gagner une piastre. Bans les tran*-
( 3. 9 ) sacrions t tout point litigieux se règle d'à* près la loi du plus fort. Rien de ce qui est une fois sorti des mains du légitime propriétaire n'y rentre f s'il a le malheur d'être faible. L'autorité du Mek est bravée par les ricbes v dont l'influence rivalise avec la sienne et souvent en triomphe.
u Pendant les quinze jours que {'ai pas* âés en Berber, j'ai entendu parler d'une demi-douzaine de querelles entre buveurs de bouza, qui toutes ont fini par des coups de sabre ou de couteau. Nul ne va sans armes dans tous les lieux où se débite cette Kqueur, elles femmes qui la préparent sont souvent les premières victimes des excès qu'elle produit. Si l'état de la société peut être préjugé partout avec calque justesse d'après les conversations v celles que j'ai entendues dans notre mai* *^l suffiraient pour donner la plus affreuse idée du caractère général des habitans. Les jeunes gens déclaraient 9 d'un ton de jactance , avoir commis toutes sortes d'infamies. Un de leurs tours favoris est de mettre quelque étranger en relation avec une femme peu cruelle, bientôt réclamée comme parente par un Meyre-
fab qui jure de venger, l'outrage fait , eti elle , à toute sa famille. Après des difficultés apparentes , de la part du prétendu offensé , l'affaire est arrangée au moyen de dons considérables- que se partagent les entremetteurs. En 1 812, un envoyé d'Ibrahim-Pacha près du roi de Sennaar fut victime d'un complot de ce genre. Séjournant à Berber au retour de sa mission, il fut présenté un soir chez une femme avec laquelle il passa la nuit. Le mek luimême la réclama le lendemain comme parente éloignée , manda l'envoyé et lui dit avec 1 accent de la fureur : « Tu as souillé mon propre sang. » Le Turc épouvanté remit au mek , avec plus die six cents piastres y tout ce qu'il avait de plus beau soit en armes soit en autres effets.
Les marchands étrangers en général sont regardés, suivant l'expression arabe, comfte de friands morceaux où chacun mord et dont il emporte le plus qu'il peut. Ces mêmes fourbes , en d'autres pays, représentent le leur comme habité par des hommes d'une bonté et d'une vertu supé* ri^ures , et tâchent d'y attirer des dupes en multipliant, avec une politesse affectée,
les protestations de bienveillance f î datte* cbemeqf et de désir d'obliger. Pour.îtnoi, j'affirme n'a voit jamais, vu un aussLmauvais peuple, si ce u'esl peut-être celuinde Souakim. Il me parut cl^ord très hospitalier. On nous, adressait: deî différentes maisons, matiu^t soir,, plUs^ie pain^de viande et de lait quil n en fallait pour nôtre, consommât ion; mais, au hou* de quelques jours , ceux qui avaient fait ces envois, vinrent solliciter des présens comme gages d'amitié. Nous comprîmes qu/on s'attendait au paiqffjent des provisions que nous avions reçues , et nous fûmes contraints d'en donner dix fois la valeur. Nous étions même, sans : cesse obsédée de gens qui nous demandaient des^présens. Mes compagnons, par bonheur, étaient de vieux tratiquans qui savaient bien quand un refus de leur part serait imprudent ou périlleux ; ils ne donnaient p#s la moindre chose hors le cas de nécessité , et je suivis leur exemple. De toutes les obligations du voyageur , celle de faire ou de lefuser des présens à propos , est la plus embarrassante , non-seulement chez les Nègres,
«mâtè daas tobs tes pkyi déi'iOïfc^t que je connais* «
a Ge vpTti y a de plus dur » de plus foi- Buppbrtafoté en BeHtè» pour utt voyageur , c'est rnrëo&ende iiefe slaves. Etàttt cottsi - -dérés eèèimb iàttâbrtes de fa faïrtïlle ^ ils se dunnentdeplus grands afrs qtifc leurs maîtres qui, it'oseht nites ptihfr,iM taème lés Wprhhatodelr fayrlréttt«nt,de crainte qu'ils rie désert ertt fchefc tes Aéddutas oin \e& Shèygîàs. Un des^stlave'sde la irtaisfcii où je dêlîléurafes et à qtà j'agis dé'jà fait Quelques présefts* tfre déehiV^ttl&difemisepàtceqoe je netmiliis pas làdui dôfirfer; et lorsque je m'efffflaighfe iftflôti-ftMfe v cfelund tâcha de mé^mpiiMisfe* tti ^/cteAitîaM qtkfe Sotai esclave tTtfvlft pas <&! 'Intention de me m a n qtvefr. Les estlâVës a dblt estiè'tf tl oto^àto'r s armés { ils ste fcrtrfettt lès .ifjgdàx de 'tout Arabe, et ils se sëftiétit ùîiiquehieWt ftuWii- Ms par Tidàe dé nfeipôfcVèfr épotoSer Hme iille'*?*ta. kilnsfûtefade âës ésdâVés , àïissi bteti qdè du pedpïè J êft : géâëf&!l-,'sfe inanifestè ^anj»lâ-miftifère tfdfct iîs Se prennent pour fiiWièr gratis : qu&ïid ils Voient un étranger ayant la^pé à la bouche , Hslâ lui enlèvent sans dire un mot, et refusent de
( Sb5.) ' \ •
la rendre avant qu'ils raient finie, -Rien ne peut être plus désagréable à un fumeur , et. tous les Orientaux le sont. J'ai souv^t vu descommerçans égyptiens, iqui eussent mieux aimé renoncera leur dîaer qu'Mçur jpipe \ réduits au désespoir par l'impudence «des Meyrifobs qui .venaient les \;ain. Us ne fument fleurs propres frais que chez eux et en .Gâchette.
« Ali Ben Mohammed rel Ghazali .,- .dans un traité sur la physionomie, dit,. en traçant le caractère des Nubiens , que, « c'est un pet^ple .gaillard , évaporé et irivole „ faux, insidieux et cupide, ignorant et vil./ plein de détours et de méchanceté.
« Cette jpeinture est vraie en tout point, appliquée aux habit a ris de Berber : ils ont en effet l'humeur très gaie et plaisante.; jeunes comme vieux ils badinent, rient et chantent sans cesse. Ils savent en «même tems être très-polis , lorsqu'ils le jugent né" cessàire.En receyant le&étrangerset en leur offrant l'hospitalité, ils ont un air de bonhomie., de cordialité , de simplicité patriasohale, fait pour tromper l'homme le plus méfiant qui neles connaîtrait pas. Leur langue abonde en phrases obligeantes , et
ils ont dix nianières différentes de dcman-
der comment on se porte. Après une longue absence ils s'embrassent et se secouent vivement les mains. La question la plus ordinaire qu'ils s'adressent en se saluant est chédid? ( êtes- vous fort?) souvent aussi ils se demandent: votre plante du pied estelle bonne ? mais jamais je n'ai entendu chez eux le salut habituel des Musulmans:
Salamôum Aleykoum. Les femmes, sont saluées d'une manière très respectueuse:
on leur touche le front delà main droite, et on baise ensuite la partie des doigts qui a été mise en contact avec la tête de la
femme.
« Les femmes , même du premier rang, ne portent pas de voile, et l'on Voit de jeune.s filles sans autre vêtement qu'une ceinture en courtes lanières de' cuir. La coutume de se noircir les paupières avec du kohel, ou antimoine , est moins générale en Berber qu'en Egypte. Les femmes "des hautes classes et les courtisanes les plus élégantes portent y par-dessus leur robe , un manteau blanc , doublé en roûge , de manufacture égyptienne. Les
( 5*5 ) deux sexes ont l'habitude presque journalière de s'enduire le corps de beurre frai* ; ils prétendent que cela rafraîchit , prévient les maladies cutanées , et donne à la peau plus' de douceur; les hommes ajoutent qu'elle devient par ces frictions, pfug coriace , plus ferme , et par conséquent moins pértétrtblé au couteau. .
m Suivant l'usagé musulman, ur> père , en mariant sa fille, reçoit pour elle une somme de son gendre ; elle est plus ! fortfe en Berber quedans les autres pays habités par les Arabes. Les filles du tnck sont payées jusqu'à trois et quatre cents piastres qu'il garde pour leur servir de douaire en cas de veuvage. Peu ♦ d'hommes ont plus d'une femme - r mais quiconque a ttes moyens sufHsans , entretient en 'outre, soit chez lui , soit au dehors , uiie esclave ou une maîtresse appelée compagne. Le nombre de ces femmes est plus considérable ici que dans aucune capitale de l'Europe. La plupart des marchands qui s'y arrêtent , ne fût-ce que pour peu de jours , en prennent une , et imitent ainsi un peuple qui, je le répète, semble n'exister qu a deux fins , l'ivrognerie et la débauche. Les
hommes, jeùoent quelquefois toute la journée pour mieux ribpter le soir dapp les llenxpubljcsyet les femmes aimeQt apta-nt .à bqif e que les hommes* . a Les Meyrifabs sont en parties pâtre & , en partit cultivateurs. Après, l'inondation ils ensemencent de d hourra et d'un peu d'orge tout le terrai»: qui ^vait été submergé* Ils labourent la terr.«ttvecla béche> et ce font qu'une récolte Tannée. On voit trèsVpert de roues à eau chez» Gu%. Leur dhoun a est de la même espèce que celui de la Haute-Egypte , mais les) tiges eu sont jpkis forte* et s'élèvent souveht k 18 ou 20 pieds, Us jie cultivent aucune sorte de fruits et paà; d'autres légu*u es que des ognons , des haricots » des bahmieh qu'on appelle dans ces contrées &eyke+ét des roeloukhieh , qui sont tous communs eu Egypte (1). Le lotus nebek croît sauvage.
Les dattes apportées du pays de Mahas , sont «n objet de luxe. Il en est de mètne du café qui leur vient des montagnes situées dans le sud-ouest d'Abyssinie. Après la saison des pluies ils font paître leurs
H4*^-*M4N**«M<4*4#M«iii««*«i
(1) Savary y Lettres. 1. 7 1.
iroçpçaM, qttuoptclçto m«jUçufrftÇ*pèçe x dans lç* moAta»g«f 3 fiîççhaveift , entrp le Nil et ],a piec Rpugç. L#$ y^bes ppt 4e R e ^ titeg.çojnçs, çt sijr lp^yrot ^ne. bosse ^e.
graisse f cwpme celles du Seona^r ft de!
l'A^jfSsyrne ; pn nç If? cprip^tît pas en Egypte f , m^is çjles $e tfa\iYent représentée^ dans les sqqlptHres 4e ^labçhé. ^,^ 7 .
mçau; ç.Qpt ejxf ^Içns > jrt le^ c^oin^daires surçprart tpMS cei^t que fai vuf cfôpS 1?4, dçsçrifqt Syriq pf d'Arabie; le$ chçvay} prpviepnçnt de la race 4e Çlpngpl? ♦ ?£pytée upp dç.s plus beljçs.du inonde : 93 ne se pert que d'étalons poijr 1$ jpontpr^ \ ipais toqs les ^p$ 3^fés .en pnt ^u moins up t et dans lps gt^jrcfrdp? Ityeyritqb? avep leurs voisins. v ç'e$ or4ipaireipftnt ^ ça^
lerîc q»i décide h vytfQirfu
* l# s ânes sept forts, m^is ipoips yîgqureuf g«e cepx (Je r%ypte. Lep bj¥|)js, 4flPf , le* CQfltrées méridionales, n'ppt pojqtde laiqç , et on en foif peu <Jp çq$ f >
JU fiyç pfpitfpntele du Nil', yi^yi* 4«* 9prl)er f e§ t ipçplte ; fp^ p' 1 »? fcft»t PU rep(fon^rfi fcejiuçoflp d^fpbl^seuypns 3jr*bçp , çt |p p*ys 4jb 4%r# efl P«* tjfuliçf /est P(!ç»p4 J?d? \*t! &$&<& d ?P*
une Rendue de dèiix à trois journées.
Après avoir réglé ses affaires au Berber,
la caravane , réduite aux deux tiers à peu
près de sort monde , se remit en routé le 7 aVril pbûr Sclîehdy , situé h sept jours de marche au sud .-plusieurs marchands étaient
i*etournés en Egypte, d'autres restèrent en Berber pour achever la vente de leurs pacotilles ; et plusieurs Abiabdés y avaient leur domicile. La caravane lbngea la J|^èré dû désert , sur un terrain uni, lar^fe d'environ deux milles, et bordé parle Nil. Le leri demain , '8", aux approches dé Ras-eU TVady , place 'plus Considérable qu'Ankheyre , mais moins bien bâtie , les marchands de Daraou, craignant que leur liais6n^ avec J notré voyageur ne leur nuisît dans l'opinion du mek Hamzé , convaincus d'ailleurs que sa société ne leur serait d'aucun profit , lui ordonnèrent d'un ton méprisant de s'éloigner d'eux et de ne plus les approcher désormais. Les valets accompagnaient cet ordre d'un cri semblable à celui qu'on fait en chassant un chien , et , frappant son âne du bout de leurs lances , ils le poussèrent dans le désert. Burckhardt ayant toujours eu soin de
vivre en' bonne 'intélligeirice avec leurs guides | lés Ababd& ) qui du moins valaient miéui ^ùe'ïes geiik de Daraoû , leur de-) maria s'ils' le lat^érdiènt à là taerèi des voleurs Meyrifaba ; bu" l'admettraient dans' Jeu* ''soclët'é* ? Us y consentirent , 'et sa' stùation s ; é frbbv^sfensîblcniènt améltorc*è.
3&f algitè' cette pftfèaritîôn 'dès Dafaotfin: >' Ie'ttiÊk .fcétiht ïésvdyageurs dû matin au' soir L s ( àiJé leerr eHvdVer' dés vivres \ qbôfc' quitté t>usrtrit' pds touebérdu* iite,* ^tWÀt regardes ébinnife î séshÔtes;!Jl ne leur p^PAitmétne deriaTtir le lendemain qu'à-' pttèà lk avôtr Vnta firtétoërit à iéontWbu^ tiotit Après quatre heures de marèliè 1 , la caravariè* fit environ un "mille dân$lé ht sa- Dlonnëuf et pfoîômi delà rivière *d£ùfe»
(et bdh-Mogreb V comme 'l'écrit 'B^erte^, 1 atd¥* à sec! y qtiï' forme la' limite 'entPé-les' tcrnlWtèé de i&3-ieK#aay ! ef dè°»àmer.
Lés bords riants du Môgt'en sont -cWcn'^iV dans tin- éJroace déf idëur jourriéeé'ëriviron au dessus dë'soW'iHAhflueht avec le 1 Nil; par les Bédouins Djàcde in afcteoluiheht^ridy^ pendans, dont îles diverses tribus s'étendekit jusqu'au Senriaar. /• : • -
Damer y ' contenant environ -citiif cents
maison j^ çst une. ^J^ç^célè^pç^^s .ce»
cpptréçs,» ej PrçfctyiarçH ,vi.t wffî. pjtysir
que. les. Arabes, cje la trilju, MeftyfhjÇqiVi ^ U V rfcajritçat étaient; beaucoup, nqljçùrj.guç, les BUeyrj&ps de fterUçr. . ■...f ...
.Vsspn,t la plupart /^«fxw, pu ^pjnmes
cpn$açré;s> la rçUgiep. JJn. HW.yfe WÇ^ qi-F<$}:relrKebir ( le jpa.nd.fa|sçy} ^Ç^ Wur
cjhefet juge. La famine, MèdjdQule ', : ^a.yêtue fie cette dig^é,,^^ Tfywta'tjpji ."de produire des ma&ipf,ns ?1 pu. P er $P,Pn.»gS§, dou^s dq ppuvoirs. grçrpatarçele , .PQur gui, TJLiîp, ji/jest çachf ,,,• e); : arç* # j ) ej?cha^tei?a : ens desquels rien ne rc^ist*. jl .P-'çst^ pa^tp^e- #Msle,$cul devin rçq'il ya^ Dénier i djaui tres.fplçys,, n^qjn^^çjlaVVî^ vjp u i^nt. 4'W créd^çr.Qpprt^ppijé à^l^r, savoir, e,t à la régularité de, \eur vie, , La u «vi|le çntifcçea,, saus ce* deuK.Wpprt* u açq\u>une.gra.nde réputatpofl, ÇJU rç.q^eitnie p^ieurféc,9Ïes où le* jtju^ft g*n^4p Parfeur , â9W n P? r t Rordpfan , «t 4'»Mires.pai;tipS:4u(^ftPcl?P, viepoeot acquérir des lun^rjesçufjfj^n 1 !^ pour H.meUre à jp4ms 4f figU^F ÇQpptne grand? &ky« da,p* ( Jpurs:pjays. , re^pefi^fc. Les fakys de Damer.£i^.mj}m < e$ vgpifquyent ;f^rc leur? étudf^ **» Csjfrè o,u ?l. la
Mecque. ïls virent a<vec 11039. gjan^O*** 1 *! tatkxn de sa i ut été ; beaucoup 4!wtre w% ont de petites chapelles prjès <Ulew$mw-> sons, et le Faky-el-Kebir se tient, cpmm# un ermite v dans un petit édifice au mÂliiei* d'une grande place de la ville , en &t)bP5~ tant de ce que ses ajms ou disciples luj en-r voient pour le déjeuner et : lçtf oyjttf, Y^ra trois heures de l'après-midi il quitte e& cellule et s'assied sur un; large ;banç dft pierre qui est au dehors. Là , toute sa corn frérie vient le trouver, pt Fon, teytç d affaires jusque long-temps après le coucher du soleil. ...
. « J'allai moi-même une fais lui baiser la ipsân , dit notre voyageur v f ? 4toit un homme d ? un air vénérable ,: twSt etiv^ loppé d'un inantçau bUnc JL rae deittann da d'où je veqai$ , darts quelle école j'avais appris à lire, et quels livres j'avtjslus ; et il p^ut sati^iVit de mes réponse*. À côté da lui étaitas^i$ un^hikh mogrebin *natif de Méquine^ v qui l(n;$ervait de secrétaire f et suf lequel roulaient toutes les affaires pu* bliques. On ma dit que cet homme avait trouve le moyen d'amasser une somme considérable. » Du reste ce petit état hié-
rarchfqne paraît être très : bien gouverné.
Tous seiVolstias ohf ' beaucoup de considération pbû£ Tes faîkys. Les perfides Bishàrtlhs fcta-mêities sont si bien tenus en rfesjtectt v cJi/ms n'ont jamais molesté aucun d£s habitomè de Damer , que le cômrt'érfcfe cônritfitttà- travers -dés?' montagnes h Sôuakin : ils redoutent surtout îe pouvoir* qu*oïi prête aux fàkys die les priver de plliie,' et de faire" ainsi périf lents troupeatix. • » (
' Là câïaVafte quitte Damer le i5 avril , accompagnée de deux fakys sans armes, qui devaient loi servir d'escorte jusqu'à la frontière de Sehëndy. La routé est dangereuse ëttrès- infestée- de brigands -, mais la vénéra#ftn qtt*irispirehft partout 'lés fakys de Darfîer e$t ! leMé qiielèursëul aspect sut lisait pour Contenir les mal intentionnés ; ils ; venaient rtiémesoùvefft baiser aux fakys les mains ; £t se rétiraient ensuite. La présence -de ces religieux 1 impose plus qu'une foi*ce- armée ,•' et les caravanes du sud attendent sur la frontière' septentrionale de Schendy qu'un faky arrivé pour les protéger, \ » : v
- Le 16 là caravane campa près de D/ebail,
gros village dans les montagnes de grès ; qui de là se projettent an sud parallèle* ment avec le Nil. Le lendemain , presqu a moitié chemin entre DjebaiJ et Dawa, Burckhardt aperçut Quelques ruines qu'il lui fut impossible d'examiner. A Dawa les montagnes commencent à courir vers l'est en laissant une plaine large d'au moins dix milles, couverte d'une riche verdure et parsemée de hameaux, parmi lesquels la caravane voyagea pendant deux ou trois heures. Les Arabes Djaalr in y mènent paître leurs nombreux troupeaux de vaches, de chameaux et de brefcis. Apres sept heures de marche, s'ouvrit devant les voyageurs, à l'extrémité d'une région sablonneuse , la plaine Boeydha , moins étendue que la précédente, mais également fertile , et remarquable surtout par ses mines de sel , dont le produit forme l'objet d'un grand commerce dans cette contrée, et que les marchands du Sennaar transportent jusqu'en Âbyssinie pour l'échanger contre de l'or et des esclaves. La terre, fortement imprégnée de sel dans une circonférence de plusieurs milles , est mise en tas le long de broute, ensuite bouillie dans de grandes
chaudière* de terre lie séï, ^puitépar une seconde ëbulfition -Sans des arases plus petits, est rtèdtiit en "gâteaux ir£s-blancs , d\m pied de diamètre et de trois ponces d'épaisseur, qu'on «taet ensuite par douzaines dans dès panrers dont quatre forment la charge d'un chameau. Ces salines appartiennent an tnek de Schendy.
Schehây y que notre voyageur atteignit le 17 au bout de '9 heures de marche, est , après Sennaar et Cobbé(dans le Darfour) la plus grande ville du Soudan oriental, et £liis grande , suivant l'assertion des marchands de là caravane, que les capitales du Dongola et du Kordofan. Elle est bâtie sur un terrain sablonneux , à environ une demi-heure de chemin du Nil, et contient de huit cents à mille maisons , formant plusieurs quartiers que séparent des places de marche. Le genre de construction y est le même qu'A Berber , mais il y a plus de grands édifices et moins de maisons délabrées. Le mek actuel se nomme Nirnr '(tigre). Il avait pour père un Arabe de la tribu Djaléin , mais sa mère était du sang ,lsàng royal de Wold-Adjib qui occupe le trône de Sennaar ; il paraît d'après, cela