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que ié*. femmes owtdrcât de Mftft&iôt).
Le mekde Schètody m , cofcVihe tieïùi âe »eçï*r t . ttf| wiaial . d& SeùQWt ■; ttàfe , à lVaficeptioi* dtofiê s&ittéWe #*Nfl ë$tWWfc<de pjtftfr Ufs de *ôtt feVèhWWent -, « die <prè!ques pré&ens qu'il fait par intfeWàftes tiu rdi^e* *ù visfor , H foiiit â'uWé éfctië*fe*Adépemfcftte d&fls fctes dcrtSafines: Son fcufôrîf é n'çfct p&itât ^ffwMife ; *G¥*ttVè î étt Barber , p#t Pfolftaetttfî 4é feftriftes pliiss&ntes qui n'tfnfrèfië' jâttrôis qfttte &<s fetbôfe. îl k eti fisttlHè poftir le Ctfrttffiëttfc ttnte fcef'tâîrtè sécante -qui, faîtfitè l à lV^Crti^lton âè \<*ûs droits , a rendu Sa capftaîte 4*èfr-fflorissant<e. Les habita ns des 1 t&rtrç>&g*ies sont la plupart ŒédGâiïls$fcs*rîbus NitrtPab , Nayfëb, et J)ja*tefci., dowt Hfac&tae fttast assefc forte . pour lutter 'coalise fcajttèpw (amilte , et la Ville est >pri*ft:ipateî*ïettt pétfplée d ? ét*afc- :gers daSeftna&t* > dû X^rdofan , dû Daifour -et dû ©ongo4â : '«tt'déttrieïs sont les •phis nombreux « î^ %oite>«>W&idérés. Hs ocoupèfit totft SWi <\uW}#v,ttitiis oh lettr reproche l'i¥i^3fJift[tfttî ;* 'lëù* àVaritre tfst devenue proverbe , et îè Courtage dont As se sônt^empairés pk«es^u'ex<îhiyivetoent ,1es a Tendus plus ttdSeu* , en sfcfrtfe i|ûfe le ttota
de Dongplawy ! # «, parmi les; Arabie s, de , Çhpndy , le. sens, qu'on attache à celui de Juif en Europe, Le:peujple cependant y est en général aussi voleur, aussi vicieux , aussi débauché et pçut-étremême plus ivtogue ^hfierber, !.. ...
. Le sol est bien cultivé, quoiqii'assez aride ..près de la ville; mais au nord et au sud il y*a quelquesiçUes plaines fertiles. Outre t le dhourra on y sème un peu 4e froment . pour l'usage des riches. Les macchés sont . toujours abondamment fournis d'ognons, ; de poivre rouge apporté du Kordofan , de pois - chiches , £tc Pendant Tinqndalion . on sème aussi quelques melons d'eau et concQmbres , mais uniquement pour le harem du mek. Le bétail est très-beau , . et suivant l'assertion des habitans , sa qua- . lité s'améliore à mesure qu'on remonte la ..rivière. Les chevaux sont plus nombreux qu'en Berber, mais .les Schendyens sont assez médiocres cavaliers. Les animaux domestiques sont lesmêmes^qu'en Egypte.
On voit des élé\)hans premièrement àAbou-Herazé, deu* ou trois journées de Sennaar, au-delà d'une chaîne de montagnes large de six à huit heures, qui tou-
the la rivière et qu'ils n'ont jamais fran* chie. Des tigres ^san* doute onces f ou panthères) se renconlrent fréquemment dans les Wadis à lest de Schendy. La giraffe ( en arabe zsrapha , fél^gante) se trouve dans les montagnes de Dernier , canton situé du côté de l'Atbara et six à huit journées an sud-est de Schendy : les Arabes Schoukorein et Kowahel lui font la chasse, principalement pour en avoir la peau qui sert à faire les plus forts boucliers. Btmkhardt a vu souvent apporter au marché des chèvres de montagnes de la plus grande taille et à longues cornes recourbées vers le milieu du dos : on les appelle airal, nom donné en Syrie au daim ronge. Elles sont prises, par les Bédouins Djaalein, dans des lacets, de même que les autruches qui sont aussi très-communes dans ce voisi-
nage.
Les moyens ordinaires d'échange sont le dhourra et le dammour , toile de colon fabriquée au Sennaar ; mais les chameaux et les esclaves s'achètent communément avec des piastres d'Espagne dont celles qui portent le nom de Charles 1111 ont le plus de valeur , parce qu'il y a quatre lignes 1. 22
perpendiculaires; celles de Charles III perdent un sixième , et les piastres frappées sous les Ferdioands perdent un tiers. L'or ne passe que comme marchandise.
Le grand marché se tient , tous les vendre* dis et samedis , sur une vaste place décou* verte entre les deux principaux quartiers de la ville ; Taffluence du monde, de trois à .quatre journées de distance f y est prodigieuse. Outre divers objets de premier besoin et d'utilité, les denrées et les drogues, on y voit exposés en vente quatre à cinq cents chameaux , autant de vaches , une centaine d'ânes et vingt à trente chevaux.
Plusieurs produits de l'industrie européenne y spot apportés parla caravane du Sennaar, forte de trois k quatre cent* hommes , qui. part une fois Tannée de h Haute-Egyptç et revient Tannée suivante.
Elle s'arrête à Berber, Damer, Schendy, et est souvent deux k trois mois en route depuis Daraou jusques à Sennaar. Mais toutes les six ou huit semaines une caravane arrive de Sennaar à Schendy.
Les marchands d'Egypte , de Souakim , du Sennaar et du Kordofan forment , au marché, des bandes séparées, au milieu des-
tjXi elles est un grand cercle d'esclaves m ta en vente : les esclaves du Sennaar sont ou Nubiens ou Abyssiniens: ces derniers pon^ sistent principalement en femmes de la nation des Galas , et d'un petit nombre d'Amaaras qui restent presque toutes dans le pays , et sont très-estimées à cause de leur beauté et de leur vif attachement au maître qui a su les captiver. On recherche encore, comme bonnes cuisinières ou domestiques, celles qui ont passé leur apprentissage dans les maisons du Dongola. On fait en général beaucoup attention à l'origine des esclaves , une longue expérience ayant appris qu'il y a peu de différence dans le caractère parmi les individus de la même nation. Les Abyssiniens du nord, appelés Kostanis, passent pour faux et méchans. Parmi les Nègres , ceux de Benda sont 1 les plus' estimés , et immédiatement après eux 9 ceux qu'on importe au Darfour de Borgho , contrée mahométane dont les habifans enlèvent leurs voisins pâyens. Les esclave s de Fertit ont le moins de valeur à cause <ïe leur caractère vindicatif et féroce. Le nombre des esclaves qui se vendent actuel-
lement au marché de Schendy est évalué par Bufckhardt à cinq mille , dont deux mille cinq cents pour l'Arabie ; mille cinq cents pour l'Egypte , mille pour Dongola et les Bédouins du voisinage. Ils ont la plupart moins de quinze ans/
La traite de ces contrées ne paraît pas s'étendre au-delà de Dar-Saley , ou peutêtre de .Baghermé , à l'ouest et au nordouest de Darfour. Quoique des pays beaucoup plus éloignés .entretiennent des relations avec le Darfour pour recevoir les denrées d'Arabie et d'Egypte, ils restent néanmoins inaccessibles aux entreprises commerciales, et ce serait en vain qu'un marchand^ayant avec lui des biens de quelque valeur , tenterait de se frayer un chemin h travers les tribus hostiles d'Arabes et de Bédouins qui peuplent le Bahr-ei- Ghazal, et les nations idolâtres , établies entre Baghermé et Afnou : les marchands detousces pays se rencontrent dansFoccasion , et font leurs échanges sur les dernières limites de leur commerce respectif.
Au-delà de Bahr-el-Ghazel,vers les frontières de Bornou* commence le commerce du Fezzan , ou de Zeila comme on Tap-
pelle souvent , qui s'étend bien avant- dans l'ouest à travers le Soudan. Malgré toutes les informations qu'il a prises à cet égard v (et ces sortes.de questions peuvent se faire sans exciter des soupçons chez les marchands nègres), notre voyageur n'a jamais, trouvé le moindre indice d'une communication régulière /par caravanes , entre le Soudan de l'est et le Soudan de l'ouest ; il n'a jamais vu non plus aucun marchand qui fût vertu d'un pays situé audelà de Baghermé» Ceux qui veulent faire des affaires dans cette direction , vont jojjjdre à Bornou la caravane du Fez^an.
Le^eu de BoitoQiiansqui arrivent au Darfour par la route directe à travers Baghermé,sant des pèlerins : qui vivent d'aumônes; mais les esclaves <lu Bornou , que Ton reconnaît aisément à leur peau tatouée , ne sont amenés en Egypte que par la route du Fçzz-an. Ainsi, quoi qu'on en, dise, il résulte dé cette absence de tQute relation commerciale entre l'Afrique occidentale .et orientale , qu'il dépend de$\ Européens .d'abolir la traite dans la partie de l'ouest où ils l'ont eux-mên^es introduite.
De Scheody ? deux routes, étaient ou-
vertes à notre voyageur ; il pouvait aller à Sennaar , et de là se rendre à Gondar et k Massouah en Âbyssinie : mais outre qu'alors il aurait simplement suivi les traces de Poncet et de Bruce , il réfléchit encore quePAbyssmie, très-accessible dit côté de la mer , ne tardera pas à être cornplètement explorée. Il résolut donc de mettre à profit le dur apprentissage qu'il venait de faire , en pénétrant de Schendy à la mer Rouge par Taka , pour enrichir la géographie de la connaissance d'une portion entièrement inconnue de l'Ethiopie.
Il lui importait d'ailleurs d'être à ta Mecque vers l'époque du pèlerinage pour acquérir le titre de Hadjï,qui pouvait lui servir de protection puissante au voyage dans l'intérieur , d0 PÀfrique pour lequel il avait été engagé.
But» ckhardt partit de Schendy le fj mai avec la caravane de SouaMm , au milieu des outrages de ses compagnons de Baraou , furieux de le voir se soustraire inopinément à leur méchanceté , mais protégé par ses fidèles Àbabdehs qui raccompagnèrent à quelque distance. La caravane était composée d'au moins deux cents
chameaux chargés , de vingt à trente dromadaires portant les plus riches d'entre les marchands ou leurs concubines , d'environ cent cinquante commerçans, de trois cents esclaves et d'une trentaine de chevaux destinés pour le Yemen, et que des esclaves conduisaient à la main. Les marchandises consistaient principalement en tabac et en dammour que les trafiquant de Sooakim avaient été chercher euxmêmes à Sennaar. Il n'y avait d'étrangers qn'ttn parti de cinq Tekmyrnts , ou trafiquant noirs , qui avaient dix chameaux et environ trente esclaves. Borckhardt, en sa qualité d'étranger , se joignait à eux pour les connaître i et gagna même leur affection jusqu'à un eertata degré. » Ils me rendirent , dit-il f plusieurs petits services dont on n'a jamais plus besoin que lorsqu'on voyage en caravane • et je ne négligeai au J cane occasion de les leur rendre, ctï stfrte que nous fôme* tou jou rs assez bien ensemble , sans toutefois vivre sur un pied amical; car, même parmi les Ne grf s, personne n'aime à se Hefr intimement avec un homme pauvre. »
Burckhardt obtint de ses nouveaux conv
pagnons de voyage divers reriseignemens surlintéritur de l'Afrique dont il espérait un jour faire son profit. Ces Tekrayrnes , qu'où rencontre fréquemment dans tout 1 orient, et dont B. avait déjà questionné plusieurs «Jans la Haute- Egypte , arrivent la plupart du Darfour; quelques-uns viennent du Bornou et du pays de Wady el Gbazal, entre le Bornou et le Darfour, d'autres de Bagbermé et de Borgho ; mais B. n'en a jamais rencontré un seul de Wangara ou d'une contrée plus occidentale. Du Darfour ils se rendent au Kordofan et nu Sennaar, et longent ensuite le Nil à travers le Dongola et la Nubie jusqu'en Egypte : ceux qui peuvent se procureur des chameaux et des provisions suffisantes , traversent le désert pour gagner immédiatement Souakim: les autres vivent d'aumônes et de. Ut vente d'amulettes. Une route de pèlerins, plus, fréquentée, conduit du Sennaar par l'Abyssinien Massuah.
J^çur ,nom , au singulier Tekrowy. dérive d'un verbe qui signifie renouveler , corriger,, purifier,- et Barckhardt. croit , avec beaucoup de probabilité , que c'est ce noir* qi?i a fait placer aux géographes arabes un
( 345 ) pays appelé Tehxyur entre Tombuctonet Kassina ; car aucun de ces voyageurs ne connaissait un pays semblable.
Le 22 mai , sur les rives ombragées de YAtbara ou Astaboras , les oreilles de notre voyageur furent pour la première fois frappées de quelques sons mélodieux d'oiseaux; tant il est vrai que les oiseaux d'Afrique ne brillent communément que par leur plumage. Les bords de cetté : rivière sont embellis d'une plus riche végétation que ceux même du Nil en Egypte.
Une verdure épaisse couvre le ' sol ; dfcs nébecs , des doum ( palmiers à éventail ) et des dattiers élevés offraient leurs fruits, et les chameaux eurent de la peine à passer sous les branches des mimeusës et d'un grand nombre d'autres arbres que B. rie connaissait pas. Kn apercevant ce site aii sortir < do déseit, les marchands d 'esclaves eux-mêmes se sentirent pénétrés de joie, et l'un d'eux s'écria dans son ravissement : « Après la mort vient le paradis! »
Après avoir franchi la rivière, ils atteignirent 'en une demi-heure le village , du plutôt le camp du même nom , consistant en plusieurs lignes irrégulières de tentes
faîtes avec des nattes .de doums : il peut contenir environ deux cents familles d'Arabes de la tribu Harnmadab dont le chef y réside. Ces Haminadabs* (qu'il ne faut pas confondre avec les Bameydabs , tribu d'Abadehs) sont une des plus fortes tribus bischaryennes : c'est une race d'hommes aussi brave que belle , mais livrée k tous les vices qu'entraîne une liberté sauvage. Quoique mabométans , ils sont irréligieux i traîtres , vindicatifs , cruels , avides et les plus inhospitaliers de tous les Bédouins. L'ivrognerie , les querelles qui s'ensuivent , les vols de bestiaux et de tout ce qui tombe sbus leurs main», les excursions pour piller les caravanes , les meurtres et les massacres comptent parmi leurs occupations ; toutefois, à 1 instar d'autres brigands , ils observent entre eux certaines règles de Justice ou de convenance y et parlent cm idiome particulier.
Ils ne sont pas jaloux de leurs femmes à la manière de» Orientaux. Us le* verraient tranquillement entbrasser un étranger , mais la mort serait la peine inévitable de celle qui se rendrait coupable d'adultère.
Lep femme» et le» jeunes filles jouaient li-
(547) brement avec les étrangers : leur coquetterie paraissait annoncer les dispositions les plus voluptueuses; leurs beaux yeux brillaient de gaité ; leur bouche , en souriant , découvrait des dents superbes ; tout semblait inviter nos voyageurs à passer le bras autour de leur taille svelte et élégante : mais toutes ces agaceries n'avaient pour but que de mieux vendre leur lait et leur X dhouita. * ^
La caravane se divisa en deux parties ; l'une prit la route directe de Souakim par le puits de Gangherab , l'autre résolut de visiter la fertile vallée de Tcka. Burckbardt suivit , avec cette dernière , le cours de FAtbara qui coulait lentement dans un lit large de quatre à cinq cents pas , à l'ombre de* douma, de* okbours et d'autres arbres.
La réception qu'on lui fit à Om-Daoud , village peuplé de Bischariens Beni-Kerb , convaincra les Européens fiers de posséder des agré mena extérieurs et toutee qui parmi eux constitue la beauté, que ce n'est qu'une idée relative, a Ici, comme en beau»*, coup d'occasions , dit notarié voyageur , mon aspect excita un et i général d'horreur* surtout parmi les femmes qui furent très^
étonnées de Voir un blanc 's'approcher *de leurs cabanes pour demander un peu d eau et de miel. Les peuples noirs , en général , sont persuadés que la blancheur de la peau est l'effet d'une maladie et un symptôme de faiblesse , et il n'y a pas le moindre doute que ces femmes neth'aient regardé que comme un rebut de la nature.
ASchendy on était plus accoutumé à voir, sinon des Européens, au moins des Arabes d l uh teint brun-clair ^ et , comme le mien était trës-hâlé par lesoleiï , j'y avais excité peu de surprise. Néanmoins les jours* de marché j'entendais quelquefois crier autour de moi :, « Dieu nous préserve du 'diable! » Un jour une tille de campagne à qui j'avais acheté des ognons* m'y dit qu'elle m'en donnerait davantage si je .voulais me décoiffer et lui montrer ma tête. J'en exigeai huit qu'elle me compta sur Iç champ ; mais lorsqu'elle vit ma tête xasée , elle recula d'effroi , et , sur ce que je lui demandai eh riant , si elle né voudrait; pas d'un mari qui eût une tête semblable , elle exprima le plus grand dégoût , et jura qu'elle préférerait le plus laid des esclaves amenas du Darfour. »
Près de Goz-Radjeb , Burckhardt aperçut t à une demi- heure de distance , un grand édifice que ses compagnons de^ "voyage lui dirent être un kenise , c'est-à- . dire une église ou un temple ; car le mot signifie l'un et l'autre. Il courait le visiter pendant une halte ; mais un cri unanime le rappelait : « Tout est plein de brigands dans ces environs! Tu ne peux faire cent pas sans être attaqué. » 11 fallut retenir Sa curiosité. Les murs de ce kenise, bâti sans doute en granit qui est très-commun dans les environs, paraissaient avoir trente h quarante pieds de haut. Est-ce un temple égyptien ? ou n'est-ce pas plutôt un monument de l'empire d'Axum? C'est ce qu'un voyageur placé dans des circonstances plus heureuses, décidera un jour.
La plaine de Taka y située au milieu des niontagnefe, a trois grandes, journées de marche en long sur une de largeur. Régulièrement inondée parla crue d'une foule de petites* rivières à la fin du mois de juin ou au commencement de juillet, elle doit au limon que les eaux laissent une fertilité étonnante : on en vante surtout et exporte au loin le dhourra. Ses habitans sont d'à-
bord 9 en venant du nord , les Biëchâriettà Hadendoa , aussi féroces , aussi perVers que ceux du bord de l'Atbara. Ils se font rarement scrupule de tuer un compagnon de voyage pour s'emparer de ses effets , quand ils croient pouvoir commettre ce crime impunément : mais une Revanche terrible est prise par là Camille du défunt , si elle vient à en connaître Fauteur. D'ordinaire les hommes passent le temps à fumer du tabac et à s'enivrer de bousa ; les travaux sont abandonnés aux femmes et aux enfans. Les Hadendou ont des villages sur les confins du désert et du sol labourable, qu'ils habitent pendant la saison pluvieuse ; ils en possèdent d'autres dans le pays bas , placés sur des élévations qui forment comme des îles. Quoiqu'il y ait parmi eux des hadjis et des fakihs , ils observent mal les préceptes de l'Islam ; au grand scandale des pieux pèlerins nègres, ils mangent le sang des animaux coagulé sur le feu , le foie et lesrognons tout cruds. Cependant le lait de chameau et le dbourra sont leur principale nourriture.
. Les Metikinab et les Segollo viennent après eux , en allant au sud-est ; ces tribus
sont moins forte». Enfin , à l'extrémité méridionale du pays demeurent les HaU lenga que Ton croit originaires de PAbyssinie. Une coutume horrible accompagne chez eux la vengeance du sang. Lorsque les parens ont saisi le meurtrier, on annonce «ne fête de famille au milieu de laquelle il est apporté , lié sur un angareyg ; et , tandis qu'on lui coupe lentement la gorge avec un rasoir , son sang e6t recueilli dans une jatte , et passe de main en main à chacun des convives, qui tous sont tenus d'en boire jusqu'au moment où la victime rend le dernier soupir.
La contrée de Taka paratt nourrir beaucoup d'animaux sauvages. Le lion , d'après les assurances des habitans, y atteint la grosseur d'une vache. Ils parlaient aussi de tigres qui ne peuvent être que des léopards ou des panthères. Les loups , les gazelles et les lièvres y abondent; les gi rafles sont nombreuses sur les monts Négieb , et dans le désert voisin de Goz-Radjeb les voyageurs avaient donné la chasse à un animal nommé homar-el-ouache , (âne du désert. ) Il s'y trouve aussi, selon les Bé*
douins, des serpens qui dévorent un môtt* ton tout entier.
. La. chaîne de montagnes qui sépare le bassin du Nil de la m*r*R.ouge v dout quel*, ques parties portent les noms de Langay , deDeyàab, de Gangeçab , est composée de calcaire primitif j on n'y voit ni- pétrifications ni granit gris. Elle divise les saisons et les climats : au sud et à l'ouest on ne connaît pas la ro^ée ; au nord et à l'est elle tombe en abondance, les vallées et les ravins , ornés de buissons et d'arbres y rappellent le mont Liban. En descendant vers Souakim , la montagne n'offre plus qu'un plateau imprégné de sel ; l'air même est rempli d'exhalaisons salines, et les arbres en sont noircis.
La caravane arriva le 26 mai à Souakim , place située sur la mer. Rouge , en face de Djidda , port de la Mecque. La ville proprement dite est bâtie dans une île au fond d'une baie longue de douze milles et large de deux ; le faubourg El-Gheyf , est situé sur le continent. Le nombre des maisons à Souakim, est d'environ six cents, et la population un mélange de Turcs, d 1 Arabes, de Nègres et d'Indiens , soumis à l'autorité
d'un mufti , dan cadi et d'an aga , ou re* ceveur des droits d'entrée, nommé par le pacha de Djidda. Le? habitans d'El-Ghey en particulier sont Bédouins, originaires de Schahher dans le Hadramaout, qui s'enorgueillissent encore du nom d'Hadh e rame , ou, suivant leur prononciation > Hadherebe , et mélangé» avec des Hadendoa et d'autres tribus africaines*: ils parafent un dialecte du Bischarien , et sont administrés par un émir de leur choix, mais confirmé par le pacha.
A tous les vices et à la corruption des peuples de l'intérieur , celui de Souakim joint un degré supérieur de barbarie , et leur conduite envers Burckhardt n'a point démenti la réputation de perversité qu'ils ont parmi leurs voisins. * Vous aurez beau soulager leur soif, disent les Arabes , avçc l'eau sacrée de Zemzem 9 ils ne vous laisseront pas moins manquer d'eau quarto même leurs puits seraient pleins. » Vernir d'El-Ghey perçoit une contribution sur chaque caravane qui arrive, * Or, mon chameau, poursuit notre voyageur, avait un tel renom de force et d'agilité , que l'émir el Hadherebe désira se. l'approprier , en
médisant que tous ceux qui étaient amenés du Soudan àSouakim lui appartenaient de droit. Persuadé qu'une telle loi n'existait pas, je repoussai la prétention de rémir , et je proposai de soumettre l'affaire à l'officier de la douane turque. Je me trouvais dans un lieu où je croyais pouvoir me servir utilement des passeports dlbrahim-Pacbaet de Mabamed Ali, son père et mon protecteur v qui ' avait alors Un corps de troupes sur la côte d'Arabie opposée à Souakim. Cependant , comme je n'étais pas sûr que l'émir et seè Bédouins respectassent beaucoup l'autorité diupacha d'Egypte , je ne dis rien de mes firmans et ^e demandai seulement à être conduit de* vaut l'aga , déclarant que s'il .l'ordonnait , je ne ferais plus aucune difficulté à lui Hlivrer mon chameau. L'émir crut pouvoir concerter avec l'aga les moyens de dépouiller un voyageur inconnu , pauvre et sans défense; il alla le prévenir de mon arrivée , et me conduisit bientôt après en sa présence^ Quand pous entrâmes , l'aga était assis , écoutant quelques matelots.
Tandis que je lui fesais une profonde ré* vérence, il m'adressa, en turc, des ex-
pressions dont on ne se sert que pour par?
1er à un esclave. Comme je ne lui répondais pas danç la même langue , il s'écria en arabe : « Voyea* ce vaurien ! il vient d'auprès de ses frères les Mamelucs , et lait semblant de ne pas savoir un mot de turc »
Je dis froidement h l'aga que mon intention , en osant l'approcher , était d'apprendre, de sa propre bouche \ si l'émir ' avait droit h mon chameau? « Non seulement ton chameau , répliqttart~il , mais tout ton bagage doit. être spisiv, et nous rendrons bon compte de toi au pacha ; car tu ne dois pas prétendre nous en imposer, garnement que tu es l et tiens toi trop heu~ reux si nous te laissons là tête sur les épaules. » Je l'assurai que je n'étais qu'un simple marchand, et le suppliai de ne point aggraver 4es souffrances que j'avais déjà éprouvées. Dans le fait, je, désirais « pour bonnes raisons, de parvenir* à J'apaise? sans employer mes firrnans; mai* i\ m'en montra l'impossibilité. Prononçant contre moi , en turc , mille jurement et malédictions, il appela un vieil invalide qu'il qualifia de valy, ou ofli^ier de police/ lui ordonna de me garotter et de lui
amener mon esclave avec tout mon bagage. Alors enfin je produisis mes firmans cachés dans une poche secrète de mon thabout. L'un était écrit en turc, sur un papier long de deux pieds et demi , large d'un pied, et scellé du grand sceau - de Mohammed Aly ; l'autre , d'un moindre format et rédigé en arabe , portail le sceau d'Ibrahim Pacha qui m'appelait ce son bien aimé Ibrahim le Syrien. »
• « Lorsque laga.vit les tirmans déployés,. il resta stupéfait , et les personnes qui l'entouraient nie regardèrent avec étonnement ; il les baisa tous deux , les porta à son front et me protesta , dans les termes les plus humbles , que le seul bien du service public l'avait porlé à me traiter avec une rigueur dont il me demandftit mille pardons : il ne fut plus question du droit de l'émir sur mon chameau ; on me dispensa même de la taxe que je devais pour mon esclave. Devenu de plus en plus souple et obséquieux , l'aga m'offrit luimême, en présent, une jeune esclave ainsi qu'un habillement tout neuf; je refusai l'un et l'autre , mais je fus bienaise de me rendre chez lui régulièrement dans la suite
pour partager un bon dîner dont j'avais grand besoin , et pour fumer dans &a belle pipe de Perse.
« Les gens de Ja ville rirent de voir son orgueil humilié par des attentions qu'il croyait devoir montrer à un pauvre homme de ma sorte. La considération que les firmans m'avaient value, décida même les principaux habitans à me charger secrète* ment d'une commission auprès du pach* d'Egypte , et à dresser une pétition dans laquelle ils demandaient le changement de l'aga, en peignant sûus les couleurs les pins sombres ses vices , honte du nom turc et objet du mépris des Arabes. On y donnait au pacha, parmi d'autres titres, ceux-ci:
« Lion de la terre et éléphant de la mer. »
Le commerce de Souakim consiste prin-, cipalement dans l'exportation d'esclaves et d'autres productions de l'Afrique , et dans l'introduction d'étoffes et de denrées de l'Inde. Les bâti m ans qui font la navigation, entre cet fe place et les ports d'Arabie sont montés par des Bédouins, assez adroits à.
la manœuvre , mais surtout par des So* maplts , qu habitans de la côte entre le détroit de Bab-el-Jdandeb et le cap Guar-
riafui. Les patrons , dénués de tonte connaissance de l'art nautique, ne vont pour ainsi dire qu'à tâtons ; ils s'arrêtent à la moindre apparence de danger. Les marins dans ces parages ont un aussi profond respect que les anciens Grecs pour les dau- . phins. Ils t)e permettent pas aux passagers de troubler ces animaux.
Burckhardt s*embarqua lé 7 jnillel sur un vaisseau du pays : c'était un bateau non ponlé, de trente à quarante pieds de long, avec une seule voile. La navigation lente et ennuyeuse au milieu des récifs de corail, le long de la côte de Nubie, fournit à cet intelligent observateur une occasion de recueillir quelques notions géographiques , intéressantes sur la contrée et les peuples qui Fhabitent. Les Amarer, tribu bischarienne, occupent la côte depuis Souakim jusqu'à Mekouar, promontoire avec une île du même nom. La plage, couverte de coquillages vivans et pétrifiés, manque de sources ; les indigènes et leurs nombreux troupeaux de chameaux, de moutons et de chèvres , boivent les eaux saumâtres de la côte sans inconvénient ; mais on trouve dans les montagnes des bassins où l'eau de
pluie se rassemble. Les Àmarer vendent du lait de chameau aux navigateurs de la manière suivante : ils en traient une quantité suffisante pour remplir des vases de jonc d'une dimension égale ; le voyageur place ensuite, à côté de chaque vase, autant de tabac ou de dammour qui lui paraît former l'équivalent du lait; mais, dit B. f jusqu'à ce que le Bischary eût obtenu le prix qu'il désirait, il pous criait sèchement : Kaki (va-t-en). Il n'y avait pas à mar^ chander : il nous répétait saqs cesse son impitoyable kak ! Les habitons de l'île Mekouar vivent de poissons , d'œufi» et de coquillages ; ils ont une trentaine de brebis et de chèvres; mais leur îlot, ou, pour mieux dire, leur rocher, est dépourvu d'eau douce.
. Burkhardt apprit qu'à une journée de navigation arabe , c'est-à-dire à vingt ou vingt-cinq milles au nord de Mekouar , on trouve une large baie , nommée M ers a Dongoia (havre de Dongola), avec une île à son ouverture. Il y existe, audire des marins de Souakim , un riche banc de perles à peu de profondeur ; mais la crainte d'être attaqués par les Bischariens,ou d'être
dépouillés par le pacha de D jidda , empêche les marins arabes de se livrer à celte pêche. A quatre jourqées plus loin , se trouve le port d'O/fa, qui est, en quelque sorte, le chef- lieu des Bischa riens propre-, ment dits. Leurs principaux cheiks résident dans les fertiles valides de la montagne voisine. Il s'y fait quelque commerce , mais on n'y va qu'avec crainte , à cause du caractère féroce des habitons.
Burckbardt n'a pu exécuter le voyage dans Tintéijeur de l'Afrique , auquel il se préparait. 11 est mort, au Caire, d'une maladie de langueur dont il avait apporté le germe de l'Arabie. C'est une grande perte.
En i8i4,le capitaine Light suivit les traces.de M. Legh. Quoique il n'ait pas remonté le Nil plus haut que sou devancier, il parait avoir apporté plus d'attention dans l'examen des restes d'antiquité. A Gartaas, il a trouvé des ruines d'architecture disséminées sur un espace de deux milles. Elles consistaient principalement en masses de maçonnerie, avec des hiéroglyphes et des statues grossièrement sculp- 1és. Un temple toutefois présentait six co
lonries d'un beau fini surmontées de chapi • t<*anx en forme de lotus épanoui , avec «les UHcs d'Isis. Quelques huttes , éparses au milieu de ces ruines , offrent un abri précaire aux misérables habitans. A Galabchy il rencontra un cfiettaal , ou rapide, formé par un vaste amphithéâtre de rocher* qui cependant n'interceptent pas le cours du fleu\e. On y trouve aussi un temple con* sidérablc,très-délabré; des fûtsde colonnes, des chapiteaux et d'immenses blocs dé pierre encombrent le propylée et les pièces intérieures ; des peintures tirées de l'écriture sainte sçnt visibles sur les murs du portique. A Garsery et à Dakkey se trouvent des restes très-bien exécutés d'ancienne architecture. A Dehr, que ce voyageur écrit Deir, il vit quelques excavations remarquables, avec des hiéroglyphes sculptés sur le roc , qui , lui dit -on , se suivent tout le long de la route jusqu'au Dongola.
A Oufledauny et à Tayfa, le capitaine Light découvrit des restes d'églises chrétiennes de forme primitive. En général, les nombreux monumens de cette religion excitèrent sa surprise ; presque chaque temple était plus ou moins orné de pein-
tares représentant des sujets de l'histoire sainte, et ces vestiges se multipliaient à mesure qu'il avançait vers le sud. Il devait s'y attendre , puisque, suivant le témoignage unanirae des auteurs arabes Je christianisme avait été florissant en Nubie jusqu'aux douzième et treizième siècles, et long- temps après que la doctrine de Ma* hometse fut établie en Egypte (i).
.' Le capitaine Ligbt trouva le cacheff de Nubie à Ouffeddauriy , où il était venu voir deux de ses trente femmes. Il reçut notre voyageur sur un tapisàTombre d'un palmier , entouré de quelques valets sales et à demi-nus. Du reste il eut l'air, aimable, et au lieu de montrer cette avidité de présens qui est habituelle aux princes africains, il parut même étonné d'en recevoir* Son jeune fils fit les. honneurs de la maison à Deir , long village de huttes en terre, écartées les unes des autres, mais bien peuplé.
Ibrim , le point le plus élevé que M. Ligbt atteignit , n'est qu'un château qui peut être regardé gomme fort contre des Ara-
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•• (i) Edrisi* éd. Hartmann, p. 71. N oticcs'dcs Manuscrits du Roi , u. 38 et 3 V G.
beS, mois qu'une seule bjitlerie démoli' rait h l'instant : il est dominé par les montagnes do voisinage.
« Les habit ans des rives du Nil , entre Philae et Ibrim , dit M. Light , se distinguent à plusieurs égards des. nations que j'avais observées plus au nord. Ils sont désignés , par lés Egyptiens , sous le nom de Ghoulis , ce qui f en arabe , signifie* gens du sud : mes bateliers de Boulac appliquaient ce nom à tous les Nubiens en général ; cependant ils appelaient Berbers ou Beraberas ceux qui demeurent le long des cataractes. Ils ont le teint noir ; mais là gradation successive des couleurs , depuis le blanc jusqu'^a teinte la plus foncée qu'on rencontre sur la route, empêche le voyageur d'en être frappé. Leur confor* raation se rapproche de celle des Nègres :
lèvres épaisses , nez et tête un peu plats , taille courte, jambes grêles, cuisses arquées, cheveux crépus rôafe non laine or.
On trouve parmi eux des hommes d'un teint plus clair , qui descendent probablement de pères arabes , ou dés soldats de Selim II , laissés en garnison après la conquête du pays par les Turcs. Du côté de
, ( 564 ) Galabschy le peuple paraît tenir plus encore de la race nègre qu'ailleurs ; des lèvres . plus grossses , la chevelure plus touffue et l'humeur plus farouche.
* L'idiome nubien diffère de l'arabe. Cette dernière langue,, apprise dans les livres et de la bouche d'un maître , ne m'avait pas été. d'un grand usage en Egypte ; mais ici , même le dialecte vulgaire du Nil Inférieur n'a pu me servir seulement pour les relations ordinaires de la vie , excepté dans le canton entre Dakkey et Deir, où le nubien se perd et l'arabe recommence à prédominer. Cette particularité , jointe.au teint plus clair des habitans, porte à croire qu'ils sont d'origine arabe. Jjfp Ghoulis, par leur prononciation , m'ont rappelé ce que j'avais lu du gloussement des Hottentots :
l'idiome paraît se composer d'une suite de monosyllabes, nuancées par des intonations alternativement hautes et basses qui ne sont point désagréables.
« J'ai remarqué parmi eux peu d'indices de gouvernement , de lois et de religion.
Ikne reconnaissent pas de maître, quoique le kachief \ ou receveur de Deir , s'arroge une espèce de commandement qui se
borne toutefois à renvoi de ses soldats pour percevoir la taie appelée rniri. Le pacha d'Egypte était qualifié de souverain depuis le Caire jusqu'à Assouan , mais * Phîte et au-delà c'était le sultan régnait que Ton considérait comme souverain , quoiqu'il fôt évident, que Ton craignait davantage le pouvoir direct du kachief.
«' Pour redresser les offenses qu'il?
éprouvent , ils 'ont' recours 'au droit de talion , dont l'exercice se transmet de génération eh génération jusqu'à ce que le sang ait coulé. C'est par suite de cet usage qu'ils sont obligés d'être ton jours sur leurs gardes et* de se tenir armés , même pendant lents occupations journalières; les petits garçons eux - mêmes portent des armés. Us professent l'islamisme \ mais on ne les voit guères obéir aux pratiques de cette religion. Un jour que je tâchais de faire comprendre à l'un d'eux l'avantage qu'il y aurait à- se conformer aiix doux préceptes de la justice , au lieu de poursuivre l'offenseur jusqu'à la mort \ ils me citèrent toutefois le fcoran pour établir qu'il fallait du sang pour du sang.
« L'habillement des hommes consiste
en une chemise de toile / ordArairefReAt brune, arec une, culotte rouge ou de couleur foncée j peu d'entr'eux ont 4*. turban ou des pantoufles. Les femmes sentissent d'une espèce de robe brurie y jetée .avec •grâce par-dessus la tête et le corps ; le bras droit et la poitrine ,. ainsi qu'urte {partie de la cuisse et de la jambe restent à découvert. Elles sont grandes et bien faites, mais très-laides de figure. Elles dnt le cou , les bras et les* pieds ornes de . rasas des ou d'os ; un anneau' fTos ou de » mêlai est eu outre suspendu à l'une de leurs narines.
•Leurs cheveux sont oints dvec. l'huile du cassier dont, chaque village a unie pUntation , et mêlés ou noués. en tresses, <*omme on le voit aux têtes des sphinx et de**, statues antiques de cette contrée. Jlena.1 vu *ùne*de ce genre à Eléphanïinej , quj Semblerait leur avoir service diadèlçV Les pertifs en fan s vont nus ; les filles adulïes mettent autour de leurs, hanches un tablkr de courrojetf de euir brut , et les garçons uns ceinture d& toile, i . : « ( t t r ' << Les armes ordiiriares des Nubiens: que j'ai vus , sont des couteaux ou poignards fiïrés derrière le. coude, ou dans la !cein-
(3»7) tare ; de* {avelines , des haches oit tomahavvks , des épée* à la romaine , mais plurf longues et suspendues an dos. On ne rencontre chez eux qde peu de pistolets et de fusils : la poudre à tirer » de fabrique européenne , est le présent le plus agréable que Ton puisse faire à leurs chtft.
« Ils commercent , entr'eux et avec les' étrangers f plus par voie d'échange qu'avec de l'argent dont j'appris que l'usage n'était cyie récemment devenu général chez eux , et parmi les. objets d'échange ils préfèrent le bled à tous les autres. Les monnaies* courantes sont le para, qu'ils nomment fedàahx il en faut quarante pour une piastre turque ndmmée gourschè par euxctanme par les Égyptiens ; le macbouk fait trois de ces piastres'; enfin la piastre espagnole qu'ils appellent réal ou frnrtçouy vaut neuf et demi de leurs piastres.
u En revenant de visiter les ruines de l'ancienne capitale de Nubie, je rencontrai , poursuit M, Light, un vieillard vénérable, l'aga du village , qui me pria; à la manière des patriarches , « de m'arréter a jusqu'à ce que le soleil fût couché ; dé « .mettre pied à terre, de me rafraîchir , et
» de partager la nourriture qu'il allait pré- » parer pour l'étranger. »
« J'acceptai avec plaisir son invitation Une natte propre fut étendue pour mo 1 à l'ombre du mur de sa maison , et l'on me servit d'abord un gâteau de froment , rompu en petits morceaux qui nageaient dans de l'eau édulcorée avec du jùs de dattes; puis une caillebotte avec du beurre fondu et des dattes confites ; enfin une jatte de lait
« M étant restauré , j'entrai dans la maison de 1 aga, qui, comme toutes les autres, était en terre. Je fus conduit dans une pièce séparée du reste de la maison par une cour, et couverte d'un toit en branches de palmier : c'était la salle de son divan.
On m'y apporta ma natte et mon coussin, et les indigènes s'assemblèrent en foule autour de moi pour m'adresser leurs questions ordinaires, savoir, si je venais chercher de l'argent ? si c'étaient des Chrétiens ou des Musulmans, des Anglais ou des Français qui avaient bâti les temples? lisse montrèrent émerveillés de mon crayon , et ils ne pouvaient comprendre l'usage d'une fourchette <de poche que je
leur montrai : ils n'avaient aucun mot pour les désigner* *
» L'Aga , ayant préparé un dîner pour moi, invita plusieurs naturels à s'asseoir Un domestique apporta de l'eau, dans une outre , pour nous . laver les mains. Deux volailles rôties furent servies, sur des gâ* teaux de froment , dans une jatte de bois recouverte d une petite natte , et dans une autre jatte on apporta un certain nombre de gâteaux semblables , au milieu desquels il y avait du beurre fondu et des datteâ sèches. Une partie de la société rompit ces derniers , et les retourna darfs le beurre , tandis que d'autres dépeçaient lés volailles: Ensuite ils mangèrent fous rapidement , et se levèrent, les uns après les autres/ aussitôt qu'ils étaient rassassiés, pendant que l'Aga regardait (1).
» A l'occasion de cette visite, je vis un vieux imam entreprendre la guérison d'un* des naturels , qui Tétait venu trouver pour un mal . de tête. Le malade s'accroupit auprès d A}'imam qui , plaçant son index et jSon .po'uce sur le iront du patient , les
(i) Comparez: Gçnèse, chap. xtiii , vçrset* 7 et S I. 24
( 5 7 o ) rapprocha graduellement en serrant la peau à mesure qu'il avançait , murmurant une prière , crachant à terre et finalement sur la partie affectée. Au bout d'un quart-d'heure environ que cette opération dura t le malade se leva trempersua dé qu'il serait bientôt rétabli.
n Cette sorte de cures paraît être une superstition commune chez les Egyptiens :
car à Erment , l'ancien Hermanihis , une femme âgée vint me demander quelque remède pour un mal d'yeux ; et lorsque je lui donnai des avis , qui n'eurent sans doute pas son approbation , elle me pria de cracher dans ses yeux ># ce que je fis.
Alors elle partit en me bénissant et convaincue d'une prompte guérison. »
Un autre Anglais, M. Banks, a poussé jusqu'à la seconde cataracte , celle de Ge« Uadil , qu'aucun voyageur européen moderne n'avait visitée avant lui; car Bruce se rendit à Syenepar le désert oriental du Nil /tandis que Poncet alla de Syout à Moscho par le désert occident^ Les observations de M. Banks sont , dit-on, trèsimportantes ; il a découvert des restes de statues d'une proportion plus forte que
les colossales statues de Memnon ; la tête de Tune d'elles a douze pieds , depuis le menton jusqu'au sommet : sept têtes, prisés pour dimension, du corps, donnent une hauteur de quatre-vingt-quatre pieds.Dans un autre endroit , tout le flanc d'une montagne est taillé , de main d'homme * perpendiculairement comme une ifiuraitle , sculpté en colonnes régulières a*ec leurs chapiteaux , et décoré d'une multitude d'hiéroglyphes, le tout formant la façade d'un temple magnifique: Il a rapporté beaucoup d'inscriptions <et de peintures ; ces dernières représentent principalement des animaux et d'anciennes cérémonies religieuses.
I%e nouvelles recherches importantes sur les antiquités nubiennes et égyptiennes on* .été laites par M. Belzom , «ous les auapices «ta M. Sait , actuellement consul britannique au Caire. Explorant le célèbre temple dïbbambol ou Ebsimbol , il en ouvrit le premier les vastes caveaux , guidé par les /quatre statues colossales que Burckhardt a fait connaître : plus des deux liera de la façade étaient ensevelis sous les sables qui , à quelques endroits , avaient
cinquante pieds de profondeur. Après les avoir déblayés par des efforts inouïs, M. Belzoni découvrit quatorze chambres, ainsi qu'une grande salle , et dans cette dernière huit statues, placées debout et hautes chacune de trente pieds. Les murs et les pilastres étaient couverts d'hiéroglyphes très-bien exécutés, et de bas-reliefs supérieurs, sous plusieurs rapports, à tout ce qu'on a trouvé dans cegenre en Egypte.
M- Sait croit y voir une preuve que l'Ethiopie a été pour l'Egypte le berceau des beaux arts , preuve appuyée d'ailleurs du témoignage de M. Legh qui a remarqué la plus- grande analogie entre les temples de la Nubie et ceux de Pile Eléphahtine dans la presqu'île de l'Inde. Au fond du sanctuaire se trouvaient quatre statues assises, hautes de trente pieds et taillées dans le roc vif. Les excavations elles-mêmes sont les plus vastes et les plus profondes que l'.on* connaisse en Egypte et en Nubie.
En général, ce que l'Egypte offre de plus imposant en fait d'architecture est audessus du sol , tandis qu'en Nubie les mottumens les plus remarquables se rencontrent sous terre. Dans ce dernier pays ,
les temples, construits en maçonnerie, sont comparativement petits et mesquins , tandis queues souterrains y rivalisent avec la grandeur de Thèbes et de Tentyra.
En suivant les indices que lui fournirent les ruines de Thèbes, il retrouva six tombeaux dans la vallée connue sous le nom de Biban-el-Molouk f ou Portes des Bois. Ces catacombes, situées à un endroit qui n'aurait jamais fixé l'attention d'un voyageur ordinaire) >- donnent plus que tout ce qu'on avait découvert auparavant; une baute idée de la magnificence dont les Egyptiens entouraient les demeures des morts. Chaque tombeau se compose de plusieurs cbambrçs , entièrement taillées dans le roc , ainsi que les galeries, par lesquelles, on y pénètre et dont Tune a 3 09 pieds de long/ Les murs sont partout blancs comme la neige, et couverts de fresques aussi fraîches que si elles eussent été peintes la veille. Une de ces chambres renfermait notamment un superbe sarcophage d albâtre , ayant 9 pieds 5 pou ers de long, et 5 pieds9 pouces de large, çur 3 pieds 1 pouce de haut ;il est transparent comme du yerre , sonore comme une cloche d'ar-
getit , et orné ; tant à l'intérieur qu'à l'extérieur , de figures joliment dessillées et gravées avec la plus grande délicatesse.
D'après la magnificence extraordinaire de ce monument M. Belzoni croit qu'il avait été desiiné à recevoir les restes d'Apis, d'autant plus qu'il a trouvé dans la chambre la plus reculée la carcasse d'un bœuf-em* baume avec *de J'asphalte.
M. Belzoni dont l'ardeur ne connaît aucun obstéde , a mis à d&îouvert le -grand sphinx et trouvé , entre ses* jambes , un temple monolithique assez considérable, et un autre plus petit dans Furie de ses griffes.. Le sol en face du fephinx était couvert dé débris d'édifices, probablement de temples, et de différentes inscriptions qui rappellent les' visites que dfes empereurs romains y avaient faites. Sans s arrêter aux rémarques d'Hérodote qui prétend que la pyramide de Ghîzé , connue sous le nom de Cephrenes , n'a point de chambres souterraines, ii s'ouvrit de même, par d'étonnans travaux, un passage dans son intérieur.
Bans la grande chambre longue de roo pieds Jarge de i6ethautede23,ttfiek>script ion arabe lui apprit que cette pyramide avait
été ouverte déjà sous la direction des maîtres Aghar et Otmao, et examinée en présence du sultan Ali Mahomet i! Les murs offraient encore différentes autres inscriptions qu'il croit cophtes. Un grand sarcophage de granit , à demi enfoncé dans le sol , contenait quelques ossemens, dont la présence lui parut contkmer l'opinion de Strabon et de Diodore , qui prétendent que les pyramides avaient été construites par les Rois pour leur servir de sépulture : mais le fragment d'un fémur, apporté parle major Fitz-Clarence en Angleterre, prouva que c'était celui d'une vache. On en doit inférer, ou que les monarques d'Egypte avaient érigé ces imposantes constructions uniquement en symbole des astres du jour et de la nuit , ou que du moins ils avaient voulu rendre leurs propres restes plus sacrés en les mêlant à ceux d'Apis. t
Nous n'en finirions nas si nous voulions consacrer une place , dans ce chapitre , à tous les voyageurs qui , dans les dernières années, ont visité ou traversé l'Egypte.
En nous bornantà nommer ici MM. Gau „ Siebèr, Frédiani, Drovetti , Hugot, Smith,
Menu de Mïnmtoli , nous devons signaler M. Cailliaud qqi a redécouvert > en 1816, les fameuses . mine§ d'éxneraudes , situées près de Kharbali 9 dans ledésert de Kous , pays de Bedjah (1) , et perdues depuis plusieurs siècles.
La découverte des ruines de Bérénice, dans la même région , est contestée par M, Belzoni qui croit , à son tour, les avoir reconnues sur la mer Roùge, près du cap El- Gala hen. Il faut attendre que d'autres Voyageurs aient vi&ité cette contrée , pour, prononcer entre ces deux rivaux et Danvijte. ,
ièn>|M«<
r (î)--Mtfm: sur PÉgypte , ' par Et. Quatremère , tome II r pages i35 çt 176.