CHAPITRE VIII. (i
VÉgypU.
Tableau général de l'Egypte. — Alexandrie. — Basse Egypte. — isthme de Suez — Fayoum.— Haute- Egypte. — Côtes-— Oasis. — Observations récentes de M. Denoo. — Hamilton* — Lcgh. — Léght— BebonL
A côté de risthme étroit de Suez dont les sables arides reposent, par intervalles,
(\) de chapitre , composé par le Dr. Leyden , et publié aujourd'hui pour la première fois , devait faire partie d'un travail sor l'Afrique , que son départ pour llnde l'empêcha d'achever. Il s'écarte on peu do plan* général de notre ouvrage , en ce qull ne' présente pas la nomenclature successive des découvertes et des voyageurs , mais réunit en un seu J tableau le résultat de toutes les recherches ; cette légère différence ne nous a pas semblé un motif suffisant pour priver le public de cet intéressant morceau de géographie descriptive i d'autant plus que les voyages dans cette contrée t resserres dans un espace étroit, offrent ordinairement peu d'événement, et ne contiennent guère que la description des superbes monomens dont l'Egypte est couverte.
sur une profonde base de rochers , corn- 'mence la fertile vallée de l'Egypte. Tant et de si imposante^ idées d^ntiqpiùj reculée , ' de colossale grandeur sont associées à ce nom d'Egypte, -qu'il faut de longues recherches et une sagacité peu commune pour saisir les traits de. ressemblance existant entre les relations des voyageurs gno- -dernes et lçs descriptions d*?s anciens historiens de la Grèce et de Rome. Depuis le temps d'Hérodote, jusqu'à l'époque où les savans Français , sous les auspices d'un -grand capitaine, ont Visité l'Egypte , une foule d'historiens et de voyageurs ont tracé lé tableau de cette contrée célèbre , avec des couleurs et un style bien differens. Si le portrait ne ressemble pas à l'original, il faut donc attribuer ce défaut moins à la faiblesse du trait qu'à la diversité des colo- -ris, qui en dérobe la trace. Pour àe faire Tin^ idée générale dé cette contrée singulière , qu'on' se figure une vallée de six cents r milles de long, descendant des hauteurs de Syène entre deux chaînes grisâtres deraontagoes sablonneuses, distantes quelquefois de cinq milles seulement, et se terminant à la mer par un,e immense plaine de.' plus
de trois cents milles de: largeur. Au milieu de celte vallée coule majestvieuseptyei)t le Nil. Tantôt clpir et paisible , il 5e jfeqferrpe dans ses rivages antiques; tantôt rapide et rougi par les sables de l'Ethiopie, il inonde la plaine et baigne le pied des mon?
tagnes.Cetteinondationpériodiquedonne, toipr -à - tour, à la contrée, l'aspect d'un océan d'eau douce, d'un marais bourbeux, d'une plaine verdoyante ou d'un désert brûlé de sable et de poussière. Le long de la Méditerranée, la côte est platte et basse , et c'est seulement à trois lieues environ que les palmiers, et les dunes où ils croissent , apparaissent aux yeux du nautonier et semblent sortir du sein des flots.
A partir du rivage, se déroule une plaine large , nue , sansbornes , sous un invariable etn\onotonehorison où les regards, cherchant un point de vue intéressant, se promènent en vain à travers des bouquets clair- semés de dattiers élancés et de maigres palmiers , et s'arrêtent sur des groupes de misérables cabanes de brique et de boue: telle est la Basse-Egypte qui comprend tout le pays renfermé entre le Caire ,
la Méditerranée, l'isthme de Suez et le désert de Libye.
La Haute-Egypte, ouïe Sahid , commence au Caire et se prolonge jusqu'aux cataractes de Syène entre deux chaînes de montagnes qui s'étendent du Nord au Sud. La chaîne occidentale finit auprès d'Alexandrie, et se compose principalement de sable supporté par une base de pierre calcaire. La chaîne orientale, inclinée vers la Mer -Rouge , et plus élevée , consiste en roches dont l'aspect aride et stérile peut lui Faire donner, à juste titre, le nom de désert. La base du sol égyptien , depuis Syène jusqu'à la Méditerranée, est formée partie de pierre calcaire, molle et blanchâtre ,* mélangée de tous les coquillages communs aux mers voisines , partie de la même pierre dont se composent lés montagnes. Au-delà des hauteurs., le désert se déploie de toutes parts : mais quoique les tribus errantes et féroces qui l'habitent aient souvent été sujettes de l'Egypte dans les temps anciens , leur territoire ne faisait par» partie de l'Egypte proprement dite. Une contestation entre l'Egypte et la Libye , relative à leurs
limite* , fiit soumise à la décision de foracle d'Ammon qui restreignit les limites de l'Egypte à la région inondée par le Nil.
Ces tribus nomades étant rédoites , pour ainsi dire , à rien , on peut , malgré l'autorité de l'oracle , comprendre , avec raison , sous le nom d'Egypte , les stériles cantons de l'Est voisins de la Mer-Rouge , ceux du Midi jusqu'à la Nubie , et ceux de Cyrène vers l'Ouest, malgré l'état d'indépendance dans lequel ils se maintiennent.
L'Egypte est comprise entre le 4& e - et le 53 e . degré de longitude , le 24*. et le 33 e . de latitude nord. La qualité et la nudité du sol, son peu d'élévation au-dessus du niveau de la mer et son exposition aux rayons d'un solei) vertical , tout concourt à rendre l'Egypte beaucoup plus chaude que la plupart des ectâtrées placées sous la même latitude. La daison des chaleurs dure depuis mars jusqu'en novembre. Pendant tout ce temps l'atmosphère est embrasée , le ciel brillant sans le moindre nuage , et le chaud devient insupportable seulement par l'excessive transpiration qu'il excite. Au milieu de Tété , la chaleur monte , au Caire , de 90 à 92* , et en hiver de 58 à 60* seule-
:( iSfi )
ment ; airçsrles différences entrâtes extr.êmes excèdent raretrjbept 5e, degrés du thermomètre , jcle Fahrenheit. ;' cependant * il s'est quelquefois élçyé à i 12 fjegrés ; mais une si extraordinaire chqlepjr àurft» en gélierai, trèsrpeuet.nlaguène lietj que dans le Sahid (îj. Au coucher ài\ soleil , le vent cesse, la température dévierai plus fraîche, et l'humidité surabondante que la chaleur pompe mai$ n'absorbe pas entièrement , retombe en forme de rpsée ; au moment du crépuscule un léger brouillard enveloppe rhorison , bientôt les ténèbres permettent à peine de l'apercevoir, et les
premiers rayons c^u, soleil Je dispersent en petits nuages . qu'ils dévorent en un moment. Cependant ces nuages ne disparais-
' j • .. 1 1 ii
' (i)^oici la chaleur moyenne du Caire pendant les différens mois de l'année, suivant -le thermomètre de Beau mur et d'après les notes de M. Cotte excellent observateur : Janvier, 11 oV — Février. 10 6 9'. —Mars, i4* 5'. — Avril, »6° .5'. — Mai, 20 5'. —Juin , 12* j\ -1 Juillet , a3° 7'. — Août , 2^0 2 ^ — Septembre , 21 6'. — Octobre , 19* //. — Novembre , 17 4'« — ' Décembre , ia° 5'. Chaleur moyenne de bannie: 17* 9'. Journal de Physique , cahierde Juillet 179t..
seftt pas fôivjours devant les rayons du so~ leit ; quelquefois fat Biosphère 1 fehdr'g^e mdtvtré tdii» lé?s sVriiptômeé météorôlogiquës'p^cWl^eûrt déMà pliïiè/rfans qifH eti résulte âtieAri changetfiehï de temps. : * lies vèntsv'si variables dans nos climats ; sohf réguliers et .tiéribdiVjufcs en Egypte f soft polir laf Force, soit pour'là'dhrée ; 1# vent ch^ncril prédoWÏTÎe^ tôrtime il souffle perïtî&rit heuftnois ènvïrcfh : et surtout deptifëWiaî jilsqiï'à k fin de 'septembre , sans la'riVtVîndi-'ë ïnterrtfpfioh , les 'branchés ef les-aH^ès «tox-tnêmes Sont inclinas dans cefl^ tilrëWrotî. Vfett là f itfï de septembre , lorsqite Iê sbleïï ïepasséla ligue, le vent totïrtW ii'tfest tft Té&evïerit'H6rô ëkrhoVémbi*"; ïTpassé ait sud* de'là fitr de févtW
tf« 5*") * *
jris^àiJi derniers' jours *' d'avril ;' é*pôq\.iiè' t 8 laquelle il fatffiœ âTest. Be ïôtts lès Vente / le plus 5 inebhstàfit cofntflfe iep\iû r pèi^ cieiut i t'est -1e Vent tlu'knidi': traversant lés sableâhritffc* et'bràlâns aéTÂrriqùë, j san<? êïrë' ùh " friotiiétit rafraîchi ; pair dés' là'éH J dë& rivières; ou ^fanié' par des forêts 1 ; ïï arme f saturé ; des* f êfntânations embrâèéè^ d« désert. A son approdte ,-le ciel , si l*rillant , s'obscurcit soudain ; l'air s'appesan*
tit ; le soleil ,. privé de son éclat, prend, une teinte violâtre ; une brise tiède s'élève; et bientôt acquiert une , chaleur égale à celle d'un four : quoiqu'aucune vapeur n'envploppe i'frprisqn f ; les masses flottantes de sables impalpables rendent L'atmosphère si grisâtre % si épaisse lr qu'on est quelquefois obligé de se servir dp lumières en plein midi (j). ,JStfcfw instant «toute la verdure est grillée , tous les bois se crispent ou se fendent. Ce vent : n'est pas moins pernicieux aux êtres animés;; ,et; lorsqu'il souffle par raffales soudaines, quelquefois il tue sur-le-çb£U(*p : la respiration Revient courte et embarrassée,, les pores $e ferment .une fièvre ardente succède.; un feu dévorant circule daqs.lgs veines t etjt'eaa t privée de sa frafcjiepr, ne peut plus calmer rinsûpportybje tfMirnjeqt q^op éprouve.
Le silçnce de la mort règne dans les rues:
les habilans^ .en; se , tenant, herpiétiqueméqt rçafermps dans. leurs y ma^pn§ t ;espèrent vainement se soustraire , à ce. jdélnge pénétrant de subtile poussière qui ; suiyant l'expression orientale , s'introdui-
. (i) An té, Obsérva&ajfe tfiw rjEgypte , pag. 94.
( '5 9 ) rait dans un œuf, k travers les pores de \ la coquille. Tel est le vent brûlant du dé* sert, nommé par les Arabes* Sirnoum et par les Turcs Samiel Ou l'appelle aussi quelquefois, vent des cinquante jours % parce qu'il souffle principalement entré Pâques et la Pentecôte , ou pendant les cinquante jours de la période éqùiooxiale. Lorsqu'il ( -continue plus de trois jours, il devient insupportable, surtout pour les personnes de complexion pléthorique (i). Ce vent ai pernicieux par sa chaleur dans le prinr t^mps, est remarquable au contraire par sa froideur piquante depuis le commencement de décembre jusqu'à la fin de janvier. Le soleil se trouvant alors ; dans le tropique méridional , ses raypns frappent plus obliquement les sables du désert , et les vents arrivent en Egypte refroidis par les neiges entrées sur les montagnes abyssiniepnes. Les ouragans soudains sont peii communs sur la cdte, dont la tempérar ture régulière s'oppose à toute raréfaction ou condensation subite, Les vents du nord
(i) Voyage de Volney en Egypte et en Syrie ; vol. i,pag.6a. .
( iBè )
et- de <T{st,' surnoihitiéà par les Arabes përexties In pluie \ err ptddùisèfittarfcmfetit, H jamais ei* abondante eti Egypte, malgré A'btimiditê dont ils sorft imprégnés:
lorsque la pluie tombe , c'est ptHltf;qtièlquçs ihrnute6 j il semblé qù^iriTobàtâcié la retienne suspendue < flairs les airs. Il-pîieut dans le Delta,- iîwi$ &êàkto€tit ea- W^ër ; au-dessus du Caire, •tfè&'uwfcsé&ptoe-âè miracte; Le tb»n«Crfresfc motos fréqueùt <]ùe ta pldié ' \ et tçtiettiéttt; dépouillé de ses tpialitéfc terribles,' <$ue< le* JJgJptfèiiè né peuvent concevoir i?id;ée dfe>'Ses effets , ni croire qa'iUoit Cfp&blè. tte (Wif e'te moindre -maj. DeKIge'ré njuagies de ^éte descendent deà^mbntâgrte^ r tf^^'rsént ies plai'neâ de
la J^îestine •* \et étendent 'fondit qtfèîquefoig mt le&*fotiTÂlhtei< de -^Egypte. La* glace •est bSeii ijplus ' *gi£ érrtfcJë j le fait suivant leiptmtKÇ : ûntè^&is îl *fii ■ parat dans la basîsfeEgyptev 1 et lê£ Aïàfbés Vemprèssèrerit de ï$ tirer defe tfossés ^oi jind d'Alexandrie fwjiipila tendre dUK' Européens^ : ;; l SMfcs nuages» ^û^^è [<roïhèneht Quelquefois au-dessus., d s l'Egypte , ne fournissent pas une qu^ntjté de pluie syftisante pour fertiliser le sol , ils n'en contribuent
( •«' ) pas moins , sous diverses forints , à la richesse de la végétation : glissant sur la surface plane d'une contrée où les courans d'air ne leur permettent pas de séjourner, et poussés par les vents do nord , ils s'accumulent sur les hautes montagnes de l'Abyssinie , où , refroidis et condenses , ils forment ces pluies du tropique qui vont grossir les flots du Nil , et couvrir l'Egypte d'une inondation salutaire. De cette inondation périodique dépend non -seulement la fertilité du sol , mais l'existence physique et politique de la contrée : sans elle point d'engrais , point de culture , point de récolte ; sans elle la disette aurait bientôt converti en un vaste désert la riche et populeuse vallée de l'Egypte.
De-là cette profonde vénération dés Egyptiens pour le Fleuve sacré , « chéri le jour » et favorisé la nuit par le ciel , qui élève » et abaisse ses flots suivant le cours du « soleil et de la lune ; » de-là ces éloges outrés de sa beauté , cet enthousiasme qui , dans tous les temps , dégénéra en culte.
Mais un Européen préfère toujours les rivières limpides de sa patrie aux flots troubles et limoneux du Nil, et quiconque a i. ii
( i& ) vu les fleuves majestueux de l'Orient sera peu frappé de l'aspect du plus grand fleuve de l'Afrique septentrional^. Au plus haut point de l'inondation , la plus considérable largeur du Nil est d'environ deux mille pieds , et la rapidité du courant n'excède pas trois milles à l'heure (i) ; l'inondation commence ordinairement vers le 17 juin :
les eaux qui croissent graduellement , sorlent de leur lit au milieu d'août , atteignent le dernier terme de leur élévation en septembre, et baissent par degrés depuis la fin de ce mois jusqu'au solstice suivant.
L'époque de la crue est extrêmement régulière ; sa durée est plus incertaine , et souvent les eaux se retirent avant que le sol en soit complètement imbibé.
Aprèë l'inondation annuelle , la terre est couverte d'une couche de limon noir plus ou moins épaisse , proportionnellement à la colonne d'eau qui l'a déposée. Ce limon, visqueux, gras -, tenace , a une grande affinité avec l'eau. Il éprouve une réduction considérable dans le feu ; desséché à l'air, il change graduellement de couleur et ~ — ■ — ~~ — - — ■ — — 1 — - - — — - — - — — - -
(1) Voyages de Browne en Afrique , etc. pag. 65.
prend une teinte de brun jaunâtre. Au moyen de l'analyse chimique, on le trouve compose d alumine ou dépure argile , mélangée d'une petite quantité de silei : mais la proportion de cesélémens varie suivant la localité (x). Dans le voisinage imihédiat du TSil , il contient une quantité considérable de sable siliceux qui se dépose plus vite à raison de son poids. Ce limon est d'une nature si adhérente que le mélange du sable est indispensable pour le rendre fertilisant ; aussi l'Egypte tire-t-elle quelqu'avantage des rapides vents du midi, qui/ du fond des déserts , apportent le sable nécessaire,
A mesure que les eaux se retirent la culture commence. Si le terrein est suffisamment trempé , les travaui agricoles ne sont ni longs ni pénibles ; le grain, semé dans une vase molle , croit avec une extrême rapidité , et l'air imprégné de parties salines , contribue puissamment à l'activité
(i) Suivant l'analyse de Regnault, le limon du Nil , sur cent parties , contient : Eau , 1 1. — Charbon ,*ç.- Oxide de fer, ti.— Silex , 4* — Carbonate de magnésie , 4 — Carbonate de chaux, 18. — Alumine , 48. (Mémoires sur l'Egypte , 391.)
( i«4 ) de ïa végétation. Si quelques parties n'ont pas élé couvertes par les eaux , on y dirige d'abondantes irrigations au moyen desquelles ojï obtient une grande variété de végétaux, même pendant la sécheresse.
lfbivfer s'étend de la tin de no^ embre à la fin de janvier. Dans les premiers jours de février commence le printemps ; l'air s'échauffe par degrés et les arbres fruitiers se couvrent de fleurs. Du milieu de juin à la fin de septembre dure Fêté, pendant lequel la chaleur règne sans interruption ; ïeè campagnes brûlées offrent Faspectd'un désert , à l'exception de quelques places vertes dues à la perpétuelle irrigation ; enfin l'automne , qui peut être considérée plutôt comme une continuation de Fêté , commence en octobre avec la diminution de la chaleur, la chute des feuilles et le décroissement du Nil , et finit en novembre , époque & laquelle la contrée ressemble à une vaste prairie émaillée dés plus belles couleurs.
Tels sont les principaux phénomènes qui caractérisent le climat de l'Egypte , contrée dont la nature semble avoir réglé la constitution atmosphérique d'une ma-
nière neuve et singulière. Dans cette contrée, remarquable par l'extraordinaire régularité de» saison* et par le retour périodique de toutes les mutations de climat i tous les phénomènes de l'atmosphère furent dès les premiers temps,ëxaminés avec soin et constatés dans des ^observations qui, gravées par les sages de 'Çbèbes et de Memphîs sur d'impérissables granits y ont bravé l'effort du temps et la main plus destructive encore de l'homme. Mais à Tispect de ces caractère? inexplicables aujourd'hui r on n'éprouve qu'un sentiment pénible, et l'on regrette amèrement qu'une nation si éclairée n'ait pas survécu à ses momlunens.
La configuration générale du pays est celle d'on plan si doucement incliné T que le Nil, en la traversant , obéit à peine aux lois de la gravité. Dans les cantons cultivés on croirait le ter rein nivelé ; quelques par* lies rares, et isolées excèdent t à la vérité , la hauteur de l'inondation : mais presque toutes sont susceptibles de recevoir les irrigations. Ces petites élévations proviennent en général des irrégularités de l'immense lit de pierre calcaire qui s'étend de
Syène à la Méditerranée. La même espèce de pierre forme la base du sol depuis Alexandrie jusqu'à la Mer-Rouge dans le voisinage de Suez. Les montagnes* à Test du Caire consistent, pour la plus grande partie , en lits horizontaux de pierre de taille et de terre argileuse , dure , contenant divers fossiles comme coquilles pétrifiées , agates , gypse crystallisé etc. (i). La haute chaîne de montagnes qui s'étend parallèlement à la Thébaïde, entre le Nil et la Mer- Rouge r se compose principalement de marbre , de porphyre et de granit. Les roches granitiques se dirigept ordinairement du Nord au Sud, et les blocs immenses qu elles renferment approchent quelquefois d'une stratification régulière. Le granit est rouge et semé de taches brunes ; la surface exposée à l'air se grène en une espèce de sable brunâtre qui fait distinguer facilement le granit du porphyre avec le* quel on le confond quelquefois. Le porphyre , soit rouge > soit vert , se trouve en masses énormes, mais moins fréquemment que le granit ; on le prend souvent pour
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(i) Magasin Encyclopédique , vol. xxxiu
( i67) le marbre nuancé de vert , qui lui ressemble par la dureté et la cassure. Le marbre vert , selon Bruce (i) f est presque toujours traversé par dès veines d'un marbre nuancé de bleu et de jaune, où d'un jaspe de la plus belle espèce ; le jaspe \ert, transparent et d'un grain très-serré , est inférieur cependant au cristal de roche pour la dureté. Ce minéral , nommé par les Bédouins natifs sibergetel bilur, par les Mauressumrud, parait être le même que- le minéral connu des Grecs et des Latins sous le nom de smamgdus. Les roches de marbre, les plus voisines du Nil fournissent le vertantique dont la couleur sombre est irrégulièrement tachée de blanc. Le caillou d'Egypte , pierre siliceuse, remarquable par la variété et le brillant de ses nuances , se trouve , pour l'ordinaire , dans un fond de pierre calcaire.
Le sol extérieur ou végétal de l 1 Egypte ne ressemble en rien à celui des contrées contiguës» Hérodote observe que cette terre est grasse, noire , légère ; tandis que celle de Libye est d'une argile ferme , nié-
(i) Voyages de Bruce» vol. i, p. 187.
Ci68)
langée de pierres. En, examinant la constitution dn «d'égyptien , on dirait que le Nil, fatigué des solitudes, immenses de la Nu* bie , a choisi cette vallée isolée , et plus sauvage que tout le reste , pour l'embellir des plus riches dons de la: nature. La terre abyssinienne , chariée par lui dans ce lieu > y crée une île fertile au milieu dés déserts , et les alluvions , amenées et déposée* dans un golfe étroit de la Méditerranée f ont enfui terme un impénétrable marais couvert dd canines et de roseaux , le Delta égyptien , dont l'origine, problème géologique difficile , à été et sera long-temps encore t probablement , un sujet de discussion. »
Outre-là division ordinaire en Haute et Ba$se - Egypte , il en est une autre d'une grande antiquité, employée fréquemment parles a nt en rs anciens qui partagent VEgypte en trois portions , savoir : le Delta t THeptanomis el laThébaïde. Suivant cette division , le Delta occupe là côte de la Méditerranée ; ïa Thébaïde , l'étroite vallée de la Haute-Egypte ; tandis que la région in* termédiaire porte le nom d'Heptanomis , province de Sept cantons, ou suivant Denys ^ériégètes , celui d'Heptapolîs ,. pivwnce
des $rpï filles. À une époque plus rapprochée , lorsque l'Egypte était une province romaine , le canton d'Àrcadie correspondait h l'antique Hcptanoinis, ei vers la tin du quatrième aiècle , la partie orientale de la Basse-Egypte comprise entre l'Arabie et une brandie du Nil en remontant jusqu'à Héliopolis y ftif désignée sous le nom d 1 Augustafnnica.'Dans nos temps modernes, le Sahid répond h l'ancienne Thébaïde, Voslani à llleptanomis, et Rabyréh au Délia.
Ce Hernier est appelé Rif par Àbulfeda f Errif par Led , et Rifa par les premiers voyageurs européens qui ont fréquenté la Mer Ronge r dt-nomirtatmn qui signifie , ainsi que Rabyréh r province maritime. Bahyréh se subdivise , a son tour, en trois districts: i°. Bahyréh, le Becbria de Léon, qui s'étend 'dépôts le Nil de Rosette jusqu'à F Ouest de Tolometa , la Ptolémaïs Cyrénienrie , district occidental , appelé aussi quelquefois Mauggrebin ; 2*. CharkiehouSharkin t district oriental, qui comprend l'ancien Àugustammca et la région stérile attehaht à la Mer-Rouge, et nommée, par Léo , Sarrasin e ; 3«. Gharbiéb , compris entre les deux branches du Nil qui
( '7° ) Vont aboutir h Rosette et Bamiette. Le^nciennes subdivisions de l'Egypte en nomes ou cantons sont. enveloppées d'une grande obscurité, et de toutes les opinions f la plus probable peut être , est celle de saint Cyrile ; il pense que chaque ville t avec ses environs et dépendances t forma originairement un de ces cantons. D'ailleurs , les noms des cités, des lacs et des diverses branches dû Nil furent si souvent altérés et dénaturés par les différentes nations qui ont conquis l'Egypte, qu'il est impossible de reconnaître aucune trace certaine de leurs antiques dénominations. Les cités florissantes dans les temps glorieux de l'Egypte , et successivement sous les, go u ver* nemens des Perses , des Grecs, des Romains, des Chrétiens et de* . Sarrasins , non, -seulement s'étevirent sur les ruines de villes plus anciennes , mais; à l'époque des Turcs et des Mameluks r changèrent en partie de situation. Des cités , fameuses dans l'histoire , gisent maintenant ensevelies sous leurs ruines , et le voyageur en cherche quelquefois en vain la trace dans l'enceinte même de leurs anciennes murailles. Les côtes maritimes de l'Egypte
(*7« ) proprement dite, le long d? la Méditerranée, comprennent un espace de 201 milles Ci), depuis la baie de Pltnthine jusqu'au lac Sirbonisdansle voisinage du mont Casius. Non loin de la baie de Plinthine on trouve Taposiris , la tour des Arabes on Abouseïr ; un peu à l'Est le bourg de Niciœ, mentionné par Strabon, et remplacement du Chersonésus Parva de Ptolémée , entre ce bourg et Alexandrie.
Maria , le Palœmaria de Ptolémée* placé par Hérodote sur les contins de l'Egypte et de la Libye, correspond au moderne Mariout au nord du lac Maréotis. Ce lac , probablement un bras de mer dans l'ori*»
gîne , occupait y du temps de Strabon, de Pline et de Ptolémée, un espacé de soixante milles de circonférence , et se prolongeait vers le snd à plus de trente milles: Entouré de villages nombreux et de villes populeuses , il communiquait , par différons canaux , à la branche canopique du Nil, et ses rives fournissaient le fameux vin maréotique ; mais ces canaux n'existent pins depuis long-temps : les vignes sont
Ci) Sjttème géographique d'Hérodote. Rennell.
( *7 a ) remplacées par quelques palmiers ; lp lac lui-même a disparu , et sa place est marquée seulement par une verdure uh peu moins desséchée que celle du désert. A Test de Marioot se dévtlpppe la baie d'Alexandrie , large de trois lieues , et divisée en
deux ports par Me de Pharos qui tient actuellement au continent. La contrée entre la baie de Plinthine et celle d'Alexandrie t retombée dans son état de stérilité première , conserve , en' quelques endroits , l v es vestiges d'anciennes cités presqu entièrement couvertes de sable ; ceux de Taposiris entr'antres, le Bosiri de Marrnoi, qui du temps de cet auteur se distinguait encore *par la .magnificence et la grandeur de ses ruines. Quenot place l'ancien phare d'Alexandrie à Si^ i5' 5'\ lalit. nord. Depuis les envahissemens de la mer , la situation de la touruuulernc n'indique point remplacement de l'ancienne construction, dont les différens étages, supportés par des piliers de marbre, s'élevaien#à plus de quatre cents pieds. On aperçoit à travers les eaux r lorsque la mer est calme , les raines de ee prodigieux éditice , dont l'origine se. perd dans la nuit des temps t
(«75) ainsi que les monomens de la Tbébàïde* et qui passa pour une des sept merveilles du monde (r). Les réparateurs de ce phare, plus d'une fois détruit et relevé, essayèrent d'atteindre, mais vainement, à la gloire des premiers fondateurs. En i5io, un tremblement de terre l'avant renversé, on le remplaça par une tour carrée , également dépourvue d'élégance et de majesté.
A l'exception des ruines qui l'environnent , Alexandrie ne conserve aucun vestige de son antique magnificence: la vaste plaine d'alentour , sillonnée de tranchées, percée de puits sans nombre , divisée par une mftnité de murs écroulés , est jonchée de colonnes renversées, de statues mutilées , de chapiteau! , de fragmens de toute espèce entremêlés de tombes modernes , d'où s'élancent ci et là des palmiers et des lopals. Ces raines qui , probablement, occupent un espace plus considérable que l'ancienne Alexandrie à l'époque même de son plus grand éclat , sont de la plus haute antiquité , et bien antérieures au temps d'Alexandre, comme le
(i) Voyage de Pococke. voL i~3.
( '74 ) prouvent les hiéroglyphes dont elles sont couvertes.
La magnificence d'Alexandrie , sous la dynastie grecque , fut digne de la renommée du héros dont elle portait le nom.
JBàtie dans la forme d'un parallélogramme , ou , comme dit Strabon , d'un manteau ou toge , elle renfermait un terrein de quatre lieues de circuit. Protégée , sur ses grands 'côtés , par la mer et par le lac Maréotis , et n'offrant , dans ses parties accessibles par terre, qu'un front excessivement étroit , sa position semblait la rendre imprenable. Des maisons vastes et solides, symétriquement alignées , des rtjes larges , aboutissant toutes h une immense place centrale , fcsaient d'Alexandrie une des plus magnifiques villes du mpnde. Sous la dynastie arabe, sa splendeur déclina graduellement avec son commerce, dont le génie du fanatisme cause toujours la ruine.
Malgré la diminution rapide de sa population , malgré la démolition de ses anciennes murailles, malgré sa réduction h la moitié de son étendue primitive , elle conservait encore , en partie , ses beaux édi- * iices , ses superbes monumens, ses larges
( 17? ) rocs distribuées en forme d'échiquier % et la lenteur même de sa décadence prouvait son opulence, sa force et sa grandeur premières,
A l'époque de la dernière invasion des Français , les muraillesd'Alexandrie , constrottes avec les débris de Tancienne cité , laissaient apercevoir des fragmens d'architecture et des blocs de concrétions pierreuses 9 comportées principalement de coquillages et de bob fossiles, irrégulièrement entassés les uns sur les autres , et liés par un ciment commun (i). La ruine des canaux, l'empiétement des sables, isolent maintenant la ville dans un désert , et Ton aperçoit à peiqe un vestige de ces jardins délicieux t de ce» campagnes si bien cultivées dont Abulféda parle avec un si grand enthousiasme* Quelques sycomores rabougris indiquent le cours de l'ancien canal de la Basse - Egypte : mais les yeux cherchent vainement « ces rives couvertes d'une » perpétuelle verdure , ces dattiers super-
* bes dont h droe flexible , chargée de
* grappes pendantes, s'incline doucement
(i) Voyage de Sonauû, \. 1+ p, 77,
i) comme la tête d'une belle femme vain- » eue par le sommeil (t). » À mesure qu'il s'éloigne davantage du canal , le sol devient de plus en plus stérile et sablonneux ; il conserve la même caractère entre Alexandrie et Rosette, malgré l'existence de quelques villages et de quelques terreins cultivés. Des ruines magnifiques sont éparses sur cette plaine aride , jadis ornée de villes populeuses , et sur laquelle il faut chercher les emplacemens de Nicopolis , de Zépbyrium , et probablement de Thonis, le seul port de l'Egypte ouvert au commerce À une époque reculée de l'histoire. On croit généralement que Thonis exista dans le même endroit que Canope 6ur le terrein duquel est construit le village d'Aboukir , à quatorze railles d'Alexandrie. Des ruines majestueuses indiquent la place de Canope jadis fameuse , ainsi que Sybaris , par la mollesse et les moeurs dissolues de ses habitans. Sa fondation paraît postérieure au règne de Darius Hystaspes, car Scylax, auteur contemporain , décrit cet endroit
comme un désert. Canope tirait f dit-on ,
(i) Àbulfeda. Descript. iEgypti ; Michœlis, p. 6.
( »77 ) son nom d'un ancien roi d'Egypte qui y ter* mina sa vie. A trois milles environ à l'est, d'Aboukir, un petit lac d'eau douce communiquant avec le Nil , mais pendant la durée de l'inondation seulement y indique l'embouchure de l'ancienne branche Ca~ nopique de ce fleuve. Héracléum, comme ses restes le démontrent, était situé à une lieue environ de cette embouchure. Le Nil, qui changeait quelquefois de cours , s'approchait de tems à autre plus près de cette cité, et prenait alors le nom de branche Héracléenne ; tournant de plus en plus vers l'Est, il décrivit enfin une courbe si considérable , que l'on ouvrit à la mer un canal pour lequel le fleuve abandonna bientôt son ancien lit , plus occidental , de Canope. De Bolbitinum, ville citée par S téphanus Byzantinus , et dent les restes existent , jusqu'à une petite distance audessus de Rosette , ce canal artificiel prenait le nom de branche Bolbiline du Nil; Ptolémée l'appelle Tali.
Rosette, située, selon Niebuhr, à3j*.a4'* lat. nord , et d'origine arabe , est longue , îrréguliere, sans murailles ni forteresses.
Elmacin fait remonter sa fondation à 870.
(17«) Le Nilde Rosetle, à seijse milles de l'embouchure Canopique, encombré de sable ainsi que ses canaux, et profond h peine de six pieds à la barre, est très-dangereux pour les navigateurs. On peut assigner la position del'ancienneMotelis, à huit milles au-dessus de Rosette, à l'endroit où se*séparent les branches Bolbitine et Canopique du Nil. Les environs de Rosette , le plus beau et le plus fertile pays de l'Egypte , offrent un aspect très -varié , eu égard à l'uniformité de la contrée ; ce ne sont point des sites romantiques , de hautes montagnes, de fraîches cascades, des collines boisées , qui rompent la monotonie du passage : c'est le désert rougeâtre de l'Ouest t avec ses monticules arides de sable , qui forme un contraste pittoresque avec les vertes rizières , les sycomores touffus , les rians bosquets d'orangers , et les cassiers couverts de fleurs jaunes. A vingt milles de Rosette , sur les bords du Nil est situé Fouah , jadis rivalisant , pour le commerce, avec Rosette , qu'il surpassa même tant que la branche canopique demeura navigable.
Dans le quinzième siècle, lorsque le naturaliste Belon voyageait en Egypte , Fouah
( «79 ) le cédait au Caire seulement : maintenant il est inférieur à Rosette sous le rapport de la grandeur et de la population. Sur la rire occidentale de cette branche s'élèvent Deirout , Rahmany et Téranè.
Les cantons situés à l'ouest de la branche
canopique, tiennent du caractère du désert Libyen et n'égalent pas , en fertilité , le Delta. Le sol est plus sec et plus sablonneux , et les champs, composés d'abord d'excellente terre végétale, couverts de riches récoltes de légumes et de coton , finissent par se confondre avec les sables du désert. A quelque distance du Nil , commencent des régions de sables et roches entièrement dépourvues de terre végétale ; le terrain s'élève , et , par une pente presque insensible , forme d'abord des côtes , puis des col H nés , enfin des montagnes. On rencontre premièrement un *able fin et mouvant qui se dérobe sous 2e* pieds , mais il se consolide à mesure <jue le terrain s* élève, et renferme une grande quantité d agates et de cailloux de <*spe. Enfin le sable disparaît entièrement, ft des lits de pierres friables occupent les sommités des collines : dans le nombre ,
il s'en trouve de vitrifiables , d'un gris vïo^ lâtre , fortement fichées dans le sol à l'extérieur duquel elles projettent leurs pointe* aiguës! Dans les interstices de ce- sol pierreux et dans les endroits moins élevés où le sable est capable encore de retenir la rosée, quelques arbustes rabougris, hérissés d'épines et presque dépourvus de feuilles , rampent sur la terre , et forment y en se groupant , des retraites impénétrables et solitaires qui servent d'asiles aux lièvres , aux antilopes , aux zébus et aux bœufs sauvages. Tel est l'aspect de cette plaine unie mais>élevée , d'environ trente milles de large , qui sépare la vallée du Nil de celle des lacs de nation. Le vent d'Ouest y souffle avec violence et précipite, du haut de ces érninences, une grande quantité de sable dans la vallée du Nil. A quatre lieues de là une autre chaîne s'élevant parallèlement à la précédente, forme une vallée sauvage , sillonnée de ravines étroites et profondes. Le versant de la chaîne orientale , du côté de cette vallée , est en quelques endroits taillé à pic , en d'autres couvert de sable. La vaste étendue des lacs , la verdure animée des plant es qui croissen l
sur leurs rives et des roseaux qui se balancent sur leur surface , contrastent agréablement avec l'éclatante blancheur des masses de natron et la teinte grise des sables du disert. Les bords de ces lacs sont peuples de caméléons, d'antilopes et d'une foule d oiseaux aquatiques au milieu desquels te flamant se distingue par son brillant plumage.
Les lacs Natron , au nombre de sept pendant la saison sèche et séparés par des bancs de sable , se réunissent lorsque les eaux atteignent leur plus grande hauteur , et forment alors un seul grnndtac, long de six lieues , et occupant toute la largeur de la vallée. Quand les eaux se retirent, le terrain mis à sec reste couvert d'nn sédiment salin qui se durcit et se cristallise ati soleil : c'est le natron. L'épaisseur de la couche saline varie suivant la durée de l'inondation. Si elle est courte , le natron paraît en légère efflorescence semblable à des flocons de neige ; d'autres fois l'eau même est couverte d'une croûte épaisse :
Granger rapporte que , visitant ces lacs à Ja tin d'août , il en trouva la superficie assez consolidée pour supporter ses cha-
m eaux. L'inondation de ces lacs correspond à la décroissance du Nil ; et , par cette raison , les Egyptiens modernes! l'attribuent à ce fleuve. Cette opinion est très ancienne, car Pline, confondant la concomitance avec la cause , assure que le Nil inonde les lacs Natron , comme là mer débordée forme, en se retirant ; un lac salé.
Mais la nature même des choses rend cette solution impossible. Les ruisseaux qui alimentent les lacs sortent des hariteur's de* la vallée ; s^ils provenaient des infiltrations du Nil , l'inondation des lacs correspondrait à cfeile du fleuve. Si ces, ruisseaux , toutefois , tiraient leur source du désert , on pourrait -, ainsi que le pense Sônnini t attribuer leur débordement aux pluies locales qui. tombent après l'inondation du Nil , lorsque la chaleur 1 du solstice d^étt* diminue. Le natron teint d'un rouge foncé Teau des lacs dont les rives sont imprégnées de particules salines, et, même à une distance assez considérable , le sable est couvert , par places, d'une couche de natron. Les rives des lacs sont sillonnées de petits canaux par où descendent ces ruisseaux qui , dans la saison des pluies, char-
C «83 ) rient la terre des hauteurs , également imprégnée de parties salines. On voit ordinairement croître autour de ces lacs , les , roseaux à tige platte , les tamarins et quelques palmiers qui dégénèrent bientôt sur ce sol aride. Le muriate , le carbonate et le sulfate de soude, telles sont les substances salines qui saturent leurs eaux, mais la dernière en moindre quantité ; les deux autres prédominent tour-à-tour , suivant la nature des ruisseaux et la qualité des terrains adjacens. Beribollet regarde le sel marin commun comme la matière première dont se forme le natrotr dans cet immense laboratoire de là nature. Les Arabes prétendent que le sol est imprégné de natron jusqu'à la distance de vingt journées dans le désert. C'est au mois d'août, entre les semailles et la moisson , qu'on recueille cette substance dont les habitans de Téranè faisaient jadis presqu exclusivement le commerce -, ils en débitaient annuellement trente-cinq mille quintaux en- viron , dont la plus grande partie s'exportait à Venise f en France et en Angleterre.
L'usage du natron remonte à la plus haute antiquité ; Pline préfère celui de Ma-
cédoine à cauàe de sa pureté et de son briîlarot. Il exalte ses qualités médicinales et rapporte qu'on le mélangeait avec du soufre pour en faire des vases. Tout près de Fui* deslacs-, desfragmèns de scories, desrestes de fourneaux indiquent l'emplacement d'une manufacture de verre. Jamais , peutêtre, situation ne fpt mieux choisie pour se procurer facilement les deux élérftens nécessaires à la fabrication du verre :1a soude et le sable vitritiable.\
A l'ouest , et dans la même direction % se développe la vallée de la rivière sans eau , dénommée par les Arabes Bahar- Bêla - ma , et , suivant les plus générales conjectures, l'ancienne communication entre les lacs Mœris et Maréotis. Une chaîne de roches calcaires , couvertes de sable , la sépare des lacs. TA , toute végétation est étouffée par l'accumulation des sables qui s'y amoncèlent en arrivant du centre de l'Afrique. Cette vallée , barrière occidentale de l'Egypte, arrête les progrès de ce fléau dévastateur, atténue l'action du vent . et préserve d\me ruine certaine les rives cultivées du Nil dont les superstitieux habitans attribuent leur salut au pouvoir ma-
gique du sphinx des Pyramides. Etans \a vallée de la Rivière Sèche, on trouve une grande variété de pierres qui semblent avoir été apportées des montagnes de la Hautç-Egypte , telles que le silex , les pierres siliceuses , le gypse , le quartz , les cristallisations quartzeuses , les géodes , le jaspe et le caillou égyptien. Mais les plus curieuses productions de la vallée sont les bois pétrifiés dont elle abonde. Andréossi vit des arbres entiers 9 de dix-huit pas de longueur,dans un état de pétrification complet te; la dernière transformation change le bois en agate ; quand la cristallisation est moins parfaite, la partie qui formait la substance du bois devient un tissu écail-
. leux revêtu à l'extérieur d'une enveloppe très-dure. Andréossi trouva dans le même endroit les vertèbres d'un grand poisson
* dont la pétrification commençait. Sicard dit avoir observé , dans cette vallée , des mâts et d'autres débris de vaisseaux pétrifiés: mais son rapport» n'est pas confirmé par Andréossi. .
La grandeur de cette vallée , sadirection vers Fayoum, saliaison apparente avec le lac Mœris , donnent du poids à une an-
( «86) ciénne-tradhion , suivant laquelle le Nil ou Tune de ses branches aurait traversé ces lieux actuellement déserts , ainsi que la vallée de natrori ; le sol alluvial du canton de Marioui, à l'ouest d'Alexandrie, corrobore cette opinion. Les habitans de Téranè s'avancent quelquefois dans le désert à trois journées plus loin que la vallée de la Rivière Sèche , pour couper une espèce de joncs dont ils fabriquent les plus belles nattes.»
H n'existe, dans cette contrée /d'autres habitations que certains monastères coptes dont les moines sont aussi sauvages que leurs solitudes. Une muraille haute^épaisse, rongeât re forme la première enceinte du monastère. Dans l'intérieur s'élève un petit fort entouré d'un fossé qu'on passe à VaMe d'un pont-levis ; ce fort renferme une citerne , des provisions et une église que ces moines superstitieux regardent comme aussi nécessaire que le magasin, pour les mettre en état de soutenir le blocus dont les Arabes les menaient continuellement. À catfse de ; ces hordes erran tes dans le désert > le*n«r> au lieu de porte, nV qu'un petit guichet que l'on n'ouvre
jamais sans d'extrêmes précautions. Sur le haut du . mur extérieur règne une plateforme garnie de tourelles d'où Ton peut observer au loin la campagne. La première enceinte renferme un petit jardin où les moines cultivent d'excellens légumes et quelques pieds de dattieré et d'oliviers* Leurs bibliothèques contiennent peu de livres intéressans ; ce sont , presque tous , des traités ascétiques, en langue arabe , syriaque et copte. Dans tous les temps , ces lieux effroyables parurent convenables à la vie monastique ; le triste aspect , la nudité , le silence du désert nourrissaient une noire misantropie, et les plus aimables attributs de Thumanité , la douceur , la bienveillance i étouffées par d'excessives austérités , .dégénéraient bientôt en humeur chagrine et farouche. Dans leurs cellules étroites et sombres, capables à peine de contenir un corps humain , ces solitaires vivaient séquestrés de toute société et s'infligeaient volontairement les plus rudes pénitences.
Dans le quatrième siècle , le désert de Natron se peupla de - reclus et reçut un nouveau nom de saint Macaire qui vint s'y
fixer. Participant au caractère des animaux féroces , habitans de ces affreux déserts , ces moines atrabilaires, en quittant leur solitude pour prendre part aux querelles religieuses du temps , remplirent l'Egypte de trouble -et de consternation. Depuis cet te époque, leurs dogmes ont varié : mais leurs habitudes et leur caractère he se sont «pas améliorés..
On quitte volontiers ces régions saunages pour jeter un coup -d'oeil sur la belle et fertile province de GharbMh dont la partie maritime s'étend, de Rosette à Damiette. Plus fertile qu'aucun autre quartier du Delta, le sol , en même temps plu»
uni, est coupé par de nombreux canaux ; l'oranger , le citronnier, le grenadier , plantés en bosquets ïrréguliers , l'ananas parfumé , embellissent les campagnes dbuveiv tes de productions variées, et Ton aper- • çoit, à travers les cimes hautes et mobiles des palmiers, les pointes des sveltes mi- « narets qui dominent sur les cités. Cependant la population actuelle de ce fertile canton n'est pas comparable à l'ancienne.
Les ruines antiques.y sont moins nombreuses et moins importantes que dans
quelques autres provinces. La diflicullé de se procurer, de» matériaux propres à bâtir détermina les habitans à détruire les monumens antiques ; la plupart gisent ensevelis sousles sables etla vase, les autres sont tombés < sous les coups de la susuperstition (i).
De l'embouchure du Nil au cap Bourlos ou Berelos, pointe extrême du Delta, le sol est stérile et sablonneux.il conserve le
même caractère dans cette barre étroite
et basse qui sépare le lac Butos ou Bourlos de la mer. Ce grand lac, voisin de l'extrémité du Delta, et contenu dans la terre ferme par un banc de sable , fait comprendre l'imparfaite consolidation de ce quartier formé d'alluvions. Entre ce lac et la branche Canopique du Nil, une muraille fut élevée par les Grecs Ioniens auxquels on permit de s'établir à Naucratis. Il y avait,
(i) Selon Volney, les vestiges des cites et des temples antiques n'ont pas été seuls outragés par la barbarie des Egyptiens ; on trouva près de Damjette , dit-il , quelques années avant son voyage , une centaine de volume» que les chéiks du Caire firent brûler sur-le-champ.
( *9 ) dans la ville de Butos, un célèbre oracle de Latone (1) ; le temple Monolithe était composé d'un seul bloc de granit d'environ soixante pieds cubes. Cette masse énorme , extraite des carrières de Philae , voisines
des cataractes du Nil , fut amenée sûr des radeaux de deux cents lieues. Les travaux immenses d'une pareille entreprise , caractérisent parfaitement le génie deshortimes qui ont bâti les pyramides. Au temps d'Hérodote , le grand Butos s'élevait sur la branche Sebenitique du Nil; cette branche paraît avoir changé son cours ou s'être divisée en plusieurs canaux : car , selon le même auteur, elle se déchargeait datis la mer à l'extrême pointe du Delta , distante de trente-^six milles environ du Nil de Rosette. Saïs (le Sah d'Edrisi et des Egyptiens modernes) , jadis métropole de la Basse- Egypte et célèbre par son temple de Minerve, était située à huit milles deNaucratis. Dans la région orientale de cette province, et sur les rives du Nil de Damiette , se trouvaient les villes les plus considérables : mais les cités florissantes et populeuses des
(i) Strabo , Casaubon. — p. x 1 54.
( «9» ) périodes égyptiennes , grecques et mêmes arabes , montrent -à peine aujourd'hui U trace de leur grandeur première. Bu si ris conserve son ancien nom , mais non le moindre y es tige de la splendeur dont elle brillait lorsque le peuple accourait enfouie à soi) temple d'Isis pour célébrer les fêtes de la déesse. Sebennylus ( le moderne Semenud ) , dont une branche du Nil tirait son nom , est situé au - dessous de Busiris : mais ces deux villes antiques sont éclipsées par la moderne Mebala, capitale de Gbarbiéh. A l'ouest de Sebennylus se trouTe un monticule couvert de ruines , appartenant, selon Danylle, à la cité dlsis : au milieu de ces débris , les restes do temple d'Isis se distinguent par le goût et l'élégance de leurs sculptures. Au point où la branche Mendésiene du Nil se sépare de celle de Damiette , on rencontre Blansura qui fut , à l'époque du siège de Damiette par les Arabes (i) , un eamp retranché , et devint célèbre par le désastre de Saint- Louis. Damiette , entrepôt du commerce
(i) Abolfeda Descript. JEgypL p. 5i , Yid. d'Herbelot, Bibl. orient, ad Verb. Man$ura.
( *9 2 ) entre l'Egypte et la Syrie, sur la branche phatmétique du Nil, est placée, suivant Niébuhr, à 3i° a5' latit. nord. Cette cité, sans murailles , s'élève en forme de croissant sur le bord sinueux du fleuve , à six milles de la mer ; sur Tune et l'autre rive du Nil , le sol fertile produit , avec une étonnante profusion , des fruits et des fleurs pendant toute Tannée. Autour des villages voisins, on trouve d'agréables ombrages sous des bosquets où croissent l'élégant' cassier avec ses grappes de fleurs jaunes , le sycomore au vert feuillage , le dattier à la tige élancée , et le mélancolique tamarin. Les cuisseaux qui. arrosent les rizières sont bordés de roseaux dont les feuilles étroites , longues , et les fleurs blanches produisent un effet vraiment pittoresque. Auprès de Damiette, l'ancien papyrus croît en abondance et s'élève à la hauteur de neuf pieds. Au milieu des marais , des canaux , lç lotus ( nommé Nuphar par les Arabes), semblable au Roi des plantes aquatiques» dresse majestueusement sa tête au-dessus des eaux et déploie son large calice d'un bleu d'azur ou d'un blanc de neige. Le Nil de Damiette , dans
sa plus grande largeur , excède rarement sept cents verges. Malgré sa situation suc une des principales branches de ce fleuve, D a miette n'est citée par aucun auteur de la haute antiquité. Stepbanus Byzantinus nomme , il est vrai , Thamiatis comme une ville d'Egypte : mais il appliquait probablement cette dénomination au district de Tamiéh dans la Haute-Egypte. Toutefois la ville moderne est construite plus loin de l'embouchure du fleuve que l'ancienne , près de laquelle les Arabes et les Croisés livrèrent tant de combats. Après le départ de Saint* Louis ,»les Arabes , menacés d'une nouvelle invasion , la rasèrent de fond en comble , et en' élevèrent une seconde à quelque distance , qu'ils nommèrent d'abord Manchiè : mais ils lui rendirent ensuite son ancienne dénomination. Les bancs de sable ou barres, nommés par les gens du pays Bogas , rendent cette embouchure, dangereuse pour les navigateurs.
La province de Charkiéh , adjacente au Nil de Damiette , est riche et fertile , mais non pas aussi uniformément que celle de Gherbîéh. Dans le voisinage de la mer , les terres d'alluvion paraissent mal con-
aolidees à 6ause du graïkd nombre de marais «t de fl^qiies d'eau répandus sur leur surface. Le grand tec M^uwaléh ( Je Tanis des anciens} occupe oh espace de s<râaMe tailles étalon , eratre Datai et te et JPelose . tanfaàtcoTftme une vaste étendue d'eau, (aintét comme un marais entrecoupé de bants fet de chaussées.; lès eaux , douces durant l'inondation dû NiU dtevitettnent saumâtres le restée de l'aimée ipat* kur communication avec celtes de la<mer(i)jCefaic contient plusieurs îles, cotoveites encore de ruine fc antiques , et tju'Edrisi ctigntroffme sous les noms de Nable ^ Tuna , Samoa ^et ttes/n-Àlroai. Les habitons d'«fantalt>r ap* peUent montagnds celles derces nujntes <qtri s'élèvfent, de beaucoup ay«desâBS«ies'elMx.
Les îles qui se trouvent presque à leur «riveaîu sont inonfoes^ stériles et dépourvues de toute Tiégétatian , dés plahtes <rtiatrine& eaoeâptées. L'eJia Au lac est >extraordhîaèrement phosphorescente ; somlit consiste em argile mélangée de sable s de ImuGxn, de cbanx , de codpiHlages ; des rfroo8Stts<éf Ûes
' (*) 'Geôgraphia Tîùbiensis Edrisii ; "foris ïfrrg y
p. it>B.
( i95 ) roseau* j croissent par places. Comme il communique avec la mer et arec le Nil , il abonde en toute espèce de poissons, et sert de retraites & d'innombrables troupes d'oiseau* aquatiques. Le lac Menzaléh prend , du côté de la terre 9 la forme de deu* l?rge* golfes , divisés par un promontoire et séparés de la mer par une langue étroite et basse dont la formation semble due & 1 action continuelle du courant qui pousse et accumule les terres sur les rivages du Delta, ht lac communique avec la mer par deux chenal* qu'on suppose représenter les bouches Meadésiene et Tan jttque du Nil ; le premier est à trenteun mMles de la boucbe Phatmétique ou de Daroieite ! te second à dix sept milles au-delà. La branche Mendésiene du Nil qui entre dans le lac correspond • dit-on , au canal de. Manasourah, et Andreossi pense que le canal de Moëz qui arrose la province de Obarfciéh représente la branche Taoïtique. Des bas* fonds gênent la communication des chenals avec la mer et n'en permettent l'entrée qu'aux navires légers, Andreossi observa deux autres communications avec la mer qui se trouvaient
( igs ).
totalement interceptées par des amoncelleraens. Le banc étroit ou langue de terre basse qui sépare le lac de la mer et s'étend de Damiette à Péluse , demeure inculte , et , comme les rives du lac , produit seulement quelques plantes marines.
Le lac tire son nom de Menzaléh , petite ville ruinée , située sur le promontoire qui, du Delta, se projette dans le lac entre les deux golfes demi-circulaires. A l'extrémité de ce promontoire se trouve Matharyéh , île habitée par une race féroce de pécheurs qui forment une classe à part, communiquent peu avec les Egyptiens et les empêchent de pêcher dans le lac. Les ruines de San ou Tanis sont éparses sur les rives du canal de Moëz , à deux lieues de son entrée dans le lac. Fertile et peuplé du côté de Damiette, le territoire adjacent à Menzaléh devient mauvais aux approches de Péluse et finit par se convertir en un stérile" désert Le& bouches Pelusiaques du Nil s'ouvraient à trente-trois milles et à Test de la branche Tanitique , et l'ancienne Péluse existait au milieu d'un canton marécageux qui , à une époque reculée, passait pour un repaire de brigands* Comme cette
ville défendait l'entrée de l'Egypte du côlè de la Syrie , les premiers rois égyptiens en avaient fait une place très-forte , et , lors de la. conquête de l'Egypte par Cambyse, un rempart formidable s'étendait entre Héliopolis et Peluse , dans un espace de • quatre-vingt-dix milles. Des bas -fonds, d'impraticables marais occupent , vers ce point , l'extrémité du lac Menzaléh. Le Fararaa des Arabes , situé au-dessous de Peluse , à Tune des bouches du fleuve , par 3o° 48' lat. nord , fut détruit à l'époque des croisades. Le nom copte de cette ville est Baram, dans lequel on reconnaîtra peut-êlre le Paremphis de Stéphanus Byzantinus. Catieh (l'ancien Casium) sur le mont Casius, à trente-cinq milles de Peluse , forme l'extrême frontière de l'Egypte. La partie orientale de Charkiéh, aride naturellement, est devenue un véritable désert par suite de la\ négligence, et de la suppression de la bran elle Pelusiaque du Nil. Dans les premiers âges , cette branche, plus considérable que les autres selon toute apparence, et se divisant à l'orient du Delta en de nombreux canaux , arrosait et fertilisait les cantons sablonneux voisins
de la Mer Rouge ; à la longue tout a disparu. Hormis le temps de l'inondation \ ori n'aperçoit pas trace de rivièfe^ et leSr vertes prairies de Goshen , jadis si abom- , dantes tù pâturages, n'offrent plu* au* « regards que des sables brûlés et stériles.
Les principales tilles de la partie orientale de Charbiéhsont Belbeis etSdlehiéhconte- »anttdit-oa, la première eminûndnqjmille habitait*, la seconde un peu plias. L'isthme étroit qui unit l'Afrique à l'Asie doit aon nom au bourg de Su e'i placé par 3o°. a'.
-latit. nord , près de l'extrémité du petit golfe qui. termine la Mer- Rouge vers le nord.E/ntrepét du commerce de l'Arabie »
jamais Sutë&n'a pudeveniiyoependant, une ville importante , à cause de la difficulté de rapprovisionner, et ce n'est qu'une sta- 1km militaire ; il rf'y a pas d'autre «au que ' celle d'une source saumitre, située à six lieues environ, sur la cale arabique , dans la petite oâsif d'Hooareb ; et l'oft est obligé dy apporter v de l'intérieur de l'Egypte, foutes tes autres choses nécessaires à la *ie. La rétrogradation successive de la mer, qui ne permet l'entrée dés havres qu'aux petites embarcations » même à haute ma-
rfe , prive Suez du seul avantage qui pourrait le dédommager de sa désagréable po« sitîon. Sauvage , aride, stérile, la contrée qui l'environne n'offre pas la moindre apparence de verdure , et l'œil , après avoir erré tristement sur d'immense* plaines de sable jaune, ou sur des flots verd&tres, n'a 4 autre point de repos que les rochers nus f t bUncs de l'Arabie. Tout près et au nord de Suëx , des monceaux de ruines indi* quent remplacement de l'ancien Clysma , le Kolzoum * de» Arabes , duquel la Mer* Rouge a tiré son nom arabe. A l'extrémité, nord , du golfe , est b place d'Arsinoë , depuis long-temps inaccessible aux naviga* leurs , à cause des bas-fonds impraticables , et de& marais salés t formés dans son voisinage, hes bancs de corail , très*noih* breux dans la Mer-Rouge , sont les écueils les plus dangereux ; quan d la mer est calme , ces baocs de corail offrent un spectacle merveilleux qui réalise les brillantes fictions des anciens relativement aux palais , aux. jardins des Nérffdes. Jjt promontoire de Tor, continuation d'une branche du mont Sinaï , divise l'extrémité dé la Mer- Houge en deux golfes profends : à la
pointe orientale ou golfe Elanitique s r élevait Aïlah qui lui donna son nom ; Kolzoum est situé près du bout du grand golfe que les anciens auteurs désignaient ordinairement sous celui d'Héroopolis.
Les auteurs arabes renferment ces deux villes dans les limites de l'Egypte. La retraite de la Mer-Rouge vers la côte d'Arabie accroît insensiblement la largeur de l'isthme , quoique les géographes arabes et grecs, observateurs peu exacts sans doute, semblent établir que la mer a plutôt empiété que reculé , du côté de Fisthme.
Egarés par Pidée que le mont Casius , et Héroopolis, ville voisine de l'extrémité du Golfe, se trouvaient sous le même méridien, quoiqu'il y eût réellement entr'eux près d'un degrés de longitude , Hérodote et Ptolémée ont porté la distance existante entre le mont Casius et la pointe du golfe Arabique à trente-trois au lieu de soixantequatre milles. Par les latitudes respectives de Suez et de Farama (l'ancienne Peluse ) la plus petite distancé entre la Mer- Rouge et la Méditerranée paraît être de quarante - huit milles ; l'espace intermédiaire est occupé par une plaine de sables
rnouvans , si platte que l'œil du voyageur qui la traverse peut apercevoir les deux mers. Les avantages d'une pareille position n'échappèrent pas, aux anciens, et , dans des temps très-reculés ♦ un canal fut pratiqué pour unir la Mer-Rouge à la Méditerranée : mais comme le sol mobile«et sablonneux de l'isthme ne permettait pas d établir un canal direct , d'une manière durable , on tira parti du canal navigable de la branche Pélusiaquc du Nil , qu'on remontait jusques vers la tête du Delta , et l'on établit une communication entre Suez et ce canal. C'était probablement la rivière Ptolemaeus de Pline, qui passait par Arsinoë et que Strabon appelle Cléopatris. À cause de la direction circulaire de cette navigation intérieure , le voyage , selon Hérodote , exigeait quatre jours. La navigation de ce canal parait avoir été fréquemment interrompue , mais rétablie de tems à autre par différens princes , ce qui a jeté de la confusion dans les récits des historiens. Le Caire , capitale de l'Egypte , que les naturels nomment Misr la maltresse du monde , et Misr sans égal , est situé sur la rive orientale du IN il au-
quel touchent les faubourgs de Fostat et de Boulac. Quoique la grandeur du Caire , sa nombreuse population , la diversité des costumes , du langage , des traits et des mœurs de ses habitans soient faits pour produire une vive impression sur l'esprit d'un Européen , cette impression ne peut être comparée à l'admiration qu elle devait nécessairement exciter à l'époque de son ancienne splendeur , lorsqu'elle pouvait se vanter d'être U métropole de l'Afrique, la seconde capitale de l'orient , le théâtre des merveilles imaginaires des Arabes et des merveilles réelles de leur histoire, aussi incroyables, peut-étre, que leurs fictions. Du château du Caire , élevé sur le mont Mokattam, on embrasse, d'un coup d'œil, l'immense croissant que forme la ville : mais pn n'aperçoit aucun de «ces édifices publics ou particuliers où brille le génie de larchitcct ure, aucune de ces belles places, de ces rues larges et régulières, et c'est en vain qu'au milieu d'un amas confus de maisons, à travers les sinuosités de rues étroites. dont la trace se perd quelquefqis, ou cherche quelque monument qui dénote le bon goût d un peuple éclairé et
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poli. Des espaces vides , répandus çà et là , forment des lacs au moment de Finondatiou, et des jardins pendant le reste de l'année; en septembre , les habilans naviguent sur le même lerrein où ils se promènent en avril au milieu des fleurs et de la verdure. Une multitude de tombeaux environnent la ville qui n'a ni pavé ni murailles ; les* décombres , accumulés depuis dessiècles» s'élèvent autour de son enceinte comme autant de collines ; les batits minarets des nombreuses mosquées interrompent seuls le monotone aspect des terrasses uniformes qui couvrent toutes les maisons. Deux ou trois étages composent ces maisons , bâties la plupart en terres et en briques , et quelques-unes avec une espèce de pierre d'un grain très fit!; sans aucun jour sur la rue , percées de fenêtres petites, basses et peu nombreuses du côté des cours, elles ressemblent f en général, à de sombres prisons. Le château du Caire, construit sur. un rocher inaccessible, a prèô d'un quart de lieue de tour ; d'épaisses murailles le défendent , mais une montagne voisine en commande la position* Les deux grands faubourgs du
£aire, qu'on peut regarder avec raison comme des villes détachées , sont Boulac et Fostat , situés sur la même rive , le premier au-dessous, le second au-dessus du Caire. Fostat porte aussi le nom de Misr Ëlattikè (ancien Misr ou vieux Caire) ; il occupe, sur la rive orientale , un terrein voisin de remplacement de l'ancienne Babylone. Sur la rive occidentale se trouve Gtsèh jadis faubourg de Fostat : latitude nord du Caire , 3o° 3' ; longitbde est 3i° 20'. Dans la. vingtième année de l'hégire, Fostat fut fondé par Amrou , conquérant de l'Egypte , dans la même place où il avait assis son camp avant de marcher au siège d'Alexandrie. Selon Elmacin , -il tire son nom de la tente du général arabe que ce • dernier laissa dressée pour ne pas déranger un nid que des pigeons y avaient construit.
L'origine du grand Caire est bien plus moderne : Gauhar, général de Moaz souverain de la Barbarie, prince de la race Fatimite , en jeta les fondemens en 969; Cette fondation , commencée pendant l'ascension de Mars , fit donner à la ville le nom arabe de cette planète, Kahira le victorieux» Environ deux cents ans après ,
la population du Caire s'accrut de celle de Fostat qui . fut livré aux flammes par son faible prince Shuwar à l'approche des Croisés. Huit ans après cette catastrophe , l'illustre Saladin f qui releva la gloire des Arabes , lit élever le château et les murailles du Caire (i). Quoique qette ville ait perdu sa première splendeur et les immenses richesses dont elle jouissait avant la découverte du passage aux Indes par le cap de Bonne-Espérance , elle renferme encore une population considérable; en 1785, Volney l'évaluait à deux cent cinquante taille habitans. Elle est l'entrepôt de tout le commerce de l'Afrique orientale y et entretient de grandes relations commerciales avec l'Arabie , le Maroc et divers pays du Levant ...
En remontantle Nil, le voyageur, bientôt après son départ du Caire , entre dans la.
plus étroite partie de la vallée du Nil , dont les montagnes, d'Arabiç et «de Libye sem*i blent lui interdire le passage. A, travers les palmiers qui ombragent les rives du
• (1) Aljulfeda excerpt. -Hist univ. p. jb3 , ad Rn* Bohadini , Hist Saladin i à Schulteus.
fleuve , il contemple avec étonnement ces masses «énormes qui , d'espace en espace , se détachent de l'horizon comme dos montagnes, et dont la régularité atteste cependant le travail de l'homme. En observant les vastes soKtudes qui environnent ïa plaine des Pyramides, il se croit arrïvé aax bornes* de Tanivers et devant tes ruines d'un ancien monde ravagé par l'invasion des fiots/ Les pyramides apparaissent de très-loin au voyageur ef semblent ,'à mesure 'qu'il avance, reculer dans les profondeurs du désert : taàis de près, la' hauteur gigantesque , >la 'prodigieuse largeur , l'immense frase dte* cësmonumené'/lui impriment un sentiment' d'admiration et de respect en rappelant à sir mémoire les siècles écoulés depuis leur fondation , tandis que l'étonnante ^bfidité de : leur structuré promet tin'e impérissable durée.
La plus grande dés pyramides s'ëlève à Tentrée delà plaine des Momies , couverte des sépulcres dfeshridiéris Eg^ptieris; ces sépulcres sont formés d'un seul bloc, fermés d'une large pierre et enterrés sous le sable. On distingue les pyramides par le nom des yillages qui les-avoistnerrt , tels
( ao 7 ) qneGittéh, Sakkara, Dashor ; elles s* élèvent de distance en distance , le long «des dunes sablonfieusei qui bordent les rives du Nil depuis Giséh jusqu'il Medura 9 sur uu. es«pace dé trente* six milles. Sur la rive occidentale du Nil t entré «ce Jleuve et la ligne des: pyramides qui formé, de ce côté la limite du désert libyen , les vidages de Metraheuny et de Môbana« indiquent remplacement de l'ancienne Bf emphis * vers rç 53' latitude oord ; ils sont environnés d'une forêt de palanett qui dérobent à la wue les refetes.de celte grande cité dont les débris raémfe wt presque entièrement péri; aveclenéut dti Mmf ou Ménouf , doMké par les Arâbes i.Fem?
placement dans lequel Jc$ rttinease,rat>fotraient naguères y quelques monceau* de décombres informe* „ fco&eveUs sot»* tes chardons f des canaux bordés ide piecnèa mais «*n«ftmïbrês de. sable* '.ton* les tJeab vestiges ik IMtampbte * icfette vitte fameuse qui avait qnMm*trn*Aé de citait (i):Oa y a tnou^ie quelques fragment de pierre^ sculp*ée8,maJ6 point d'obélisques nifi'hté-
( i)Diodorc lie Sicile, 1. i, §û. , *
roglyphes ; on n'y reconnaît pas même la moindre trace d'un temple ou d'un monument public. Toutefois dans les eaiui jd'tsm petit lac qui se rétrécit lorsque l'inon- <tetion du Nil n'atteint pas sa hauteur ordinaire;- on a découvert des ruines plus belles et -mieux conservées (t). L'histoire de Meniphfe est très - incertaine. Moins Qfictennemfctot >célébre ;que Thèbes, son origine remonte à <des tetftps ^placés hors d^lhrtite^d^rhistoireauthéntî(Jue; qu'elle ait étéfondéfepar Menés comme leprétend Héiotloté , ou p&rUbhoreus sfelori Dîbdore, elle fut probablement la plus ancienne ville de*la Bassfc^Egypte. C'est un peu au-dessus <te Memphisy <en sortent de fo partie la plu* /étroite <te la vallée ,' qiïfc le Nil naraît avoir, pour la première fois ; mêlé se?nôts auxvasles^afais d'eau salée qrn couvraient alors le sol actuel de la Basse* Egypte : des sièctesV écoiilèmii; avant qu'il pût se former **n lit durable à travers cette plaine mobile et inhabitable. Memphis fut fondée v sans 'driûté, aussitôt que le terrein eut pris une solide cbhsistance. Située près
(i) Description de l'Egypte , par Maillet , p! 27^.
de la tête du Delta { elle fat d'abord environnée par les eau* du Nil qui , divisant son cours au-dessus de la ville , passait à Test et & l'ouest de ses murailles- À cette époque , les plus considérables branches du Nil semblent s'être dirigées h l'ouest de Merophis f vers cette région stérile qui s'étend à l'occident d'Alexandrie. Là, perdues dans des bca saumfttres , absorbées par les sables brûlans du désert , elles ne pouvaient fertiliser suffisamment la contrée. Menés f le premier souverain de l'Egypte, selon Hérodote (i) 9 en élevant à l'ouest de Memphis une immense barrière, força le Nil à se rejeter dans son canal oriental. Pocoke reconnutrles restes de ce grand travail dans une espèce de muraille en pierres taillées , longue d'un millier de verges et large de vingt pieds, qui traverse la partie basse de ce canton et finit à un mille environ , au nord-est des pjra* mi des (a).
Le Nil , exclus de l'une de ses branches , ne se renferma pas long-temps dans l'autre
■■MMMB^hMMMM^MahMnM«MM*Mi
(i) HérodoL Euterpe , 99.
(a) Voyages de Pocoke, vol. j y p. {a r
y,çjrs;i;ppef t.^tf>f é tf!P^ latente, du tcvrcia, î 1 «^àw^4fV¥PWVe>»-da[U^ le voisinage
4W«P.«ftlft W I 1 ^ < f 9TO* nft. second J)pUf* r p|u£ .wi^^l, œ^fjont te hraoçbe
.pççidçnjple A'^^t.p&J'tuua* ft Pelta. La t,èle à^XhQuyepxx , traflsgoçléçdc Mçmpjhis à Hf liopoJis(, jçta unfi t^l« co^fusiojp, dans Ifrïéçit des histoçi^ns ^qlufil devint impossfrlt d'a^sigiae.r.ty y4gît»ty e ppsiiioij.de Mejnpji^, qpowjrçe cette ville ait été trèaftoriss^te long-temps apcàs ce changeront. En ^ffct; sa position cep traie la vendait égaiepiçnt propre à détour la ca r pi taie d,' un puisant empire et F entrepôt d'un corajneiwe imraen$*v Los anciens monarques de l'Egypte abandon gèrent , îhèbe3 a/ax cent portes pour la wm.vellç capitale, auprès de laquelle ils éleyèrent bientôt lçs pyrarnides , le plus prodigieux monument de l'antiquité, l^çnqpbâs grilla pendant plusieurs siècles,' et son éclat se soutint yaêxv,£ après Içs ravages du persan Can^byse. LaTqndatipn d'Alex^n déporta le premier coup à sa prospérité i et la capitale de 1 Egypte moyenne ne tarda pas . à éprouver le sort fie Thèbçj. Abandonnée
(an )
par une grande partie de sa population, Memphis, sous le règne d'Auguste ; était encore. la seconde vîlfe. de l'Egypte, rang qu'eDe conserva jusqu'à sa destruction totale par les Arabe* d!Amroo. Après, une longue et vigoureuse résistance , (Ue fot !
prise d'assamt, ratée jusqu aux fondèineàs, et le nom de, Misr, sous lequel elle était connue dés Arabes , fut transféré & Fostat (i). A quelque distance au -. dessus du canton de Fayoum commence foncienne province de Grocodilopolis , appelée ensuite Arsinbë. En cet endroit , la chaîne de montagnes qui accompagne le cours dp.
Nil depuis les Cataractes, s'abaisse tout & coup vers le désert et. y forme l'immense bassin qui contient le lac Moeris f ce lac dont Strabon parle avec tant d'enthou^ siasme (2). Cette province , célébrée par Iris anciens auteurs, surpassait le reste de l'Egypte par la beauté , la richesse et la variété de ses productions ; c'était le $eal canton propre à la culture de l'olivfoi.
Fayoum conserve encore des traces de
(1) ÂbùIfedaeDesrript. /Egyptî, p. aX (a) Strabo , éd. Casaub. p. n63.
cetie fertilité, quoique la négligence, le mauvais é^tai das canaux et T empiétement de& saWes aient dimiuué de^ deux tiers le terreiji^cultivabLe. Le climat* le. 90), les eaux, sont les, rç^ines > rhom«ae seul a change Ge cantqo produit . d.a bled en abond^pce ; il y existe eçcprç 4es vignes et des oftvieir^ d$s bosquets ^'ùfipses fruitkrè etrde gosiers: çmliflliase^t les bords du fleuw ♦ «Afayouw ^seul fourmi à Timipeose ainsamprx^tipBr. d'e^u-ro^e qtri se |ait e» JEgygt e. Les villes de Çnpçodilp-
• poKs^4'H^ a ^e, de Ptplé^aïs n existent plus. Çayoom m^rne, ville florissante an Jewigf ^lA^ùJJfeda f e$t presque réduit à i i«n. Le lac Mœris, aujourd'hui K^roun v Caiwnou Kern » a beaucoup perdu de son ancienne, étendue, quoiqu'il ait encore trente lieues, de tour j sa longueur est de quarante milles environ ,. sa plus grande largeur de six. à peu pi;ès (*). Du çAté de Çayoum sa rive est plate et sablonneuse , et bardée de plusieurs îles ; du c6té de la
. Libye, non loin de F extrémité occidentale du lac 9 se trouvent les ruines de la ville et
■ t i " ■ ' j ■■ ; ■#■■■ . i i i ■ i , i ii i i ! m
: ; (i) Vxtyagçs die J&tqyt ne , p. j 69.
( aiS )
du palais de Kèrouto d'où le tac lire >dn nom atabe. On suppose qu'elle? ihdKfuent, le site du labyrinthe ; iet ertraordhïafhr^ et magnifique édifice que fclfné regardait comme la* plue 4tottnanté 4êréatitin< du ^e'm'e humain ; qdiseWit dfe modèle aux labyrinthe^ de Crète; de Lèmnos èidltà* lie, et dont la destination est encore un problème. Selon Hérodote, te* afppartemens souterrains renfermaie«tdeyrfKMrii l e^ des anciens roîs d'Egypte et dès crocodile»!
sacrés : mais Pline ; d'adirer unie opifciotr plus généralement répandue, dit que; cet édifice était consacré au soleil. Le canal
qui descend de la Tbébaïde dans le lac
Kèroun % porte encore le nom de canal dfc Joseph ; entre cettaxlérivation artificielle, et Te Nil, est compris un petit lac étroit et long , nommé Bat hen par les 1 Arabes.
Au-dessus de Fàyaum, les chaînes de mon* tagnes au milieu desquelles coule le Nil depuis les Cataractes, se rapprochent de.
ses rives , celle de Test , sur-tout , composée) de roches nues et stériles. Le nombre des villes et des villages diminue , tandis que les ruines antiques se multiplient à mesure qu'on avance. Au milieu des misérables
cttoAtitàùeMGbptw&ikt» Arabe? , hftqyfi* gpuft^BfcttfiKf ta» jved*ig<eft d^rtjfisfS/ftPnap^ tiïwxc^ui^semWQnt qvQir^^^j^h^itation aàrfçégies j H neo contre ;tAr^ route *;eo anrbnçan* Vers la rraÛ»^ tBénrf tyti/éf ><>Mopfalout*Àssit)t <ki Syosfhet JDpi>djéh , capitfclëde la Haute-Egypte Deb raine* entourent ces» villes* r mai$ft#UfSjde. Deti derah méritent seiiles de fuet.rftttkntion.
Deroderah., VÀvukn Teniyra ,. Prélève 5 w la rive gauche dv -Nijl r àîlkxtrémiU^ 4Vne plaide / fertile eô*yette ji'iiqe fcwte iQrêA de . palmiers et Ide < dattiern 4*w fournit de charbon Japlus gmmdfeopartie.de l'Egypte (i)/LesaNdnës.kiè l'ântiqUe Tentyra, placées an peail-coèst de lawUemoderne, occupent un espacchttrttafcléra'hle. On y Moitiés reste g de trois temples dont le plus gtend subsiste presque n tîer ; oe dernier et l'un des deux autres v étaient consacrés à Isis ; le troisième, selon toute apparence, à Typhon (a). Il- règne V dans Texëcation dtes sculptures de ces temples , une pureté,
(i) Voyages de Sonnîni , p. 58ç , 4". yoL (a) r Rapport sur les antiquités de la Haute-Egypte* Biparti d. p. 49* »
une délicat me que les Egyptiens ofil rare<< ment portée? a un an$çi, haut dçgré ; jtal sculptures d^ portiques représentent des sujets astronomiques», ,, :| ., ~ ; ,,-. .
, Les habitais, i)e Tentyra ,sqnt ^fameux
par leur haine pour le £ro/ro4^^W Iw*^ ils exerçaient uq pouvoir semblable à f elui des Psylles de l'Iode sur le serpent Quel fui leur secret? on Yigppçe .; tp^is on peiXÇ difikilcment révoquer ,en. do*te ,un* f&% dont Hqipe fut pluftd'im^fojst^fnoin dans ses jeux publics (i). Pline rappqrje qne,l$ robuste et intrépide Tentyrit* poursuivait le crocodile daw Veau; s attachait à son dos écail)epx % e 1 1 après lui avoir enfoncé un épieu entre le* mâchoires , le conduisait comme par la brûjfl . WT' h" rivage v el forçait le monstre tremblant et soumis à sa yoix 1 4e restituer a^tombeau les corps de ceux qu'il avait dévorés (a). Lorsque Sonninî visita ces ruines , le gouverneur arabe , bien différent de $es compatriotes qui croient un trésor caché dans chaque tombeau , justifia les recherches du voya-
^mmt
(i) Strabo h Casanb. p. 1169.
(a) Pline Nat But. , 1. vm , c. aS.
geur f et détourûa les soupçons en disant :
« Vous ne savez donc pa$ cjue les ancêtres m des Francs ont* régné dans ce pays , et « que c'est par respect qu'ils visitent cesr « ruines, monutnens de leur antique « grandeur » (1). Cette opinion paraîtra noble dans un arabe . si Ton considère la force despréfugéf , et surtout à cette époque où \e& Egyptien* redoutaient la des* truction totale du, pouvoir mahômétan , et l'établissement de l'empire du Rai jaune ou Czar de Russie. , ..•*•,
Vis-à-vis Denderah , sur une érainence delà rive orientale du Nil t sont Kepii^ v Gipnah ou Çienè, l'ancien Çoraopqlis, et, à quatre lieuies au-dessus t du même eAté , les ruines de Coptos ou Keft. Elles occu* pent qq tertre 4e deux milles de circon^ férence environ, et n'offrent rieto de f exn^rquable sjnon quelques sarcophages d& granit , mutilés et enfoncés dans la terrer Sous le règne des Ptolémées , cette ville^ traversée par un canal du Nil, habitée par des Egyptiens et des Arabes » faisait un
(i) Voyages de Sonnini , p. $9* , 4'- voi«
commercé considérable et fréperidait en Egypte lés produite de TÀtfibie, dé W^ f biopie, dèl'Inde , dëba^ués d'abord tfârâ le port de Cosei* plbeé SUr la îirief Rfttige ' K à trois jours de marche. Elfe «toûsdWà iofr opulence jusque Dioctétien qui là détftiteHF et en chassa les habitons à cause ideieu* attachement au christianisme \àa temps d'Àbulfedà elfe n'était plus qu'un hameau.
Cous ou ' Kouft ; \ ApoUinopoHs parte dés anciens , succéda au commercé et k Popolence des Goplos, et jouit de tous ces avantagea durant là domination des Arabes; Elle devint , selon Àbulfeda f l'entrepôt du commerce «TAden; capitale de rXemen v qui / pendant le treizième ^èdë ; s'empara du cèmmerce de PInde a*ec l'Egypte; Après l'invasion des Turcset la découverte du cap de Bonne - Espérance , les ports de la Mer-Rouge furent peu fréquentés ; Cous déclina , et Kenrtë recueillit les débris de son commence. Il n'existe à Cous d'autre reste important de l'antiquité* que l'enta* bleméiît d'une porté dont là corniche porte une inscription grecque (i).
(i) Rapport sur le» antiquités de la Haute-Egypte» Ripaud f p. 4&
frl4;aMi4a1« Hau*e-Egypl« deviçn* plu»
f&tf 1«;& iwfow ^ulpn approche de Tan-
pli^îf^rsf naissons *lans la m^me année ffcdja^l^.psQpprtion de trente à quarante p^Ur^On £r). Sous cette atmosphère .ardénie, ' les fleMr,s.pUi$ odorantes > \t$ ambres étages eptQitf temps de fruits et 4e fleurs ei&bfKunenl l'air dçs plus suaves parfums, eb&iwent \s$ yeja*,par la variété de leur* ftwjJJages* et fournissent up délicieux abri cwtreJ* chaleur. L'acacia qui produit la gt^ntô arabique abonde dans les plaines sablonneuses ; de sa tige basse f . maigre »
tortueuse, sortent de longues branches armées de fortes épines blanchâtres, garni^ de feuilles étroites et de fleurs petites et blanches ^quelquefois teintes de jaune; son> poorce est biune et rude (51). «Si l'on ferait àç vastes plantations d'acacias dans les plaines sablonneuses de l'Egypte, dont lp base consiste souvent en terre végétale , on rappellerait probablement ces cantons arides à leur fertilité première*
(i) Voyage$ de SQnnini, p. 6iç f , 4 e - vol* (i) Idem , Idem 63; , Idem. * k
< **9 ) . he$. } «oiftCft de [h g«Mi|*JqTO Tfcèfeea * cet** ancifenn* c^pit^ de D9gypte*to ciïé de Juptqr», > vilfe jj»^ çept porte* par chacun 3 rdesqueUffl peuvent ^ortifàM ibis dç\)x r cet\t& giu£rièr& pvec Jeprs^barai
étoiv^n^ ^ ^rr^$^f>t l'iwgîfitfîw.pav
la grapdfflir <*;!$ nfl0gtôte<mttt »»mKi* , t*r btaau frappa de l'ittstahiftHé des «bote* fcunaim* , tUf b fp» priaient en raéflneiwnpa
w>j9gWK.iNiP*Pt ^«|>p0nfa«r:#VpnnivW W ^PHriiou profonde % npç ftWMHtevçaér rtS^io^jerç parcourant les raines defThèbesi çn coBte^p^anotcrtA^(çu€ berçea? <4* l*t race hqif aine. Si jam3Hrpati{Mp ge.jnpulstf jaloqsc- jl'Aure ûninoftgl* reJW>*Dipé« f «fr ç'efîorç* d'étAnn^r çt ,dtt}9WF#P$4iït' patf la grandeur de r s#$ mo^na^ns t les |jéné{ ration* qui ^^aia t Jpi Émçeéder ., ;<*, fttf fe patiqfi qjui$pn$truisit teThèbesegyptwtiBt { et ftndfc que son origine pe perd dajas, 1% nyitdes temps) son histoire; ses coutumes, ses lois, tQPM péri, et son nom seul * traversé les siècles : la grandeur, la' quantité, la beauté, remarquable dé ces ruines maje6tueu£cs; le* gigantesques proportions des édifices font paraître mesquins les mp^
nuréens In plus -vantes dés antres nations.
Ses ruinés s'étendent ■ sur tes deux rives du Nil pendant trots lien es ; , et ; sé pr<v> longeant jusqu'aux rrfortttfgrt es, embrassent un espace de Vingt-sè^ nilBésa'ë tëur enlieremerihcbuveîrt de dôlbrittes rerifvéf-. sées d We^imen^ori énortne , de itàtdés colossales, d^reViees 1 {tfrnïe'es par " dés sphinx et de^ ôttétïsques, énfiïide portiques d'une élévation pifKlIgiedsë. fcëurna et Médinet-Abu '. àfoècWerit , fcbxbr et Gai* nac, à ^orient /fôtment les MfilfeJ dé des ruinés âohf far majeure 'partie' se 1*'ôuvé : suï*W rive orîetifâhiA Nil. En cet endroit le HeuVé àf trois centS verges'dè large W-" ▼hron- Orivoit à Kodrnà ùtfMemple dont' l'architecture différé de ceux de Thèmes (t% Les habitârti dé ce càfnfon ; race sanvage et crbeHfe ; #ttn teint noir, nétessiéirib'Ieftt pas aux autres Egyptiens par' lès traits dû visage , etirîverft 1 ,' comme lés'anèïeris'TroJ gtod ytesi dans les cavérnés/Quand If rownë visita Kourtia '\ urtéfemmë lui *t r« Avez- J
(i) Antiquité» de la Haule-Egy pte , B?p*i*4y
* vous peur des crocûdik*?nàii* somme»
* des crocodiles.» (i). On feppliqpe eette déAooqûa^Uon au* happas de tous les vil * Jauges <k;^Théhaïde. ;^, ê
1^, ru tqe* occidentales sont moins eon Jièimet pins c&nfuse&qiie Je», premières, tasjoitu* cojr^cjcvé^a&cwt leMç maooium m palw de Mewnon ♦ le palais de JUted** net T At)ii, a fJnu* statue» ootosatea; fer meuses, pw leor merveilleos* ; hauteur.
QpjeigMesrièqqp des cotyjfenea du Memno- Hium, r ont encore quarante pieds de haut sW-dî* dt dfewfetre ; datwt use des cours gjaenjt Jtgp fagtaeR*d'aaa iauaaeoae tfatue, dojftt uq„pied intact a près .de. deux toises «l« lqng, ype statue colonie , mai» d'one pjbç petite dimension, placée à Type des portes » offre un admirable échantillon de JbMSfltpU)r& ^Égyptiennes te corps e$t noir joaajs fe;t$$ cet formie d'un, bloc 4e granit rose. Le péris^jjle du palaiade. MédiaetjU*u„ Jpng de spUaate-cinq pas; lar.gé\de ^înqpîiute^ci^^ est déqor^ M <ju&*c* rangées de colonnes de quarante - cinq pieds
«**HM^«H^^MÀM»flMkp4MMiM«*
(i) Voyaget d* Bfownt eo Afrique, p, 1S8.
< ooa)
éti haut ictfngkcs septiide diamètre ; lq» soaflptores tfemjppptent sm\ celles du Me m h o* ii\um^le5vpetila^(jjj(faglypke8 sbnft cveos^* dans la pierre, d<0p*ns an jusqu'à &i*j>ox*Çê% de profonde*»*, tandis que le* ^gûmd* 6nt deux pouce? do 'ipttef. liée dëi^J &t£fl*£ CGk)BS2fa& y généra\t*ûeMl iroitiméB*£taàâi* et Tkània v s-él^verU^ Bhtre le Menvnttfcfi ilta «t~M«âif>eV*Àbi> ; elktfrfeiit , qttôiq6fassises, e^vïroricitiqUaate-lwit pieds de î|a#t; leur base , haute de dqoze pied& , est eto#*fjée de près de six pieriê dgms te -seÀ>Ve«" Lfe «o 1 Joese méridional est intact^ fbutue'Jest mutité ; une feule d'inscriptions gfrééqtoei et latiives, gravées^pr sabafse, rap^ëWeftt les sors- harmonieux de la statue dê&fëtttndtf.
Tout ïk>tervalle entre ïe Memnodnàra? et Medin^Àbu est couvert d'une immense quantité de ruiwes magnifique^, de Stàff tfek; de fragmens sculptés , dont quekjues-tins représentant des sièges ef dés, batailles ; semblent indiquer le tombeau d'Osytiiandia^probablemeni le même q«fe Mèrtittort.
Dîodof e de Sicile donne une descriptioé de ce merveilleux édifice. Les monutneps les plus import ans et les plus fameux , actuellement , de Fan tienne Thëbes , s étëh-
dent sur la fjve orientale du NU depuis le village arabe de Luxor ou Askor , cité par Abulfeda , jusqu'à Carnac. Luxor est pro bablement le Diospolis des Grçcs : mai* Carnac semble avoir fait partie delà grandç cité de Jupiter dont parle Ptoléinée. Lorsr qu'on approche des ruines du palais dç Luxor w venant de la rivière , on découvrf d'abord deux immenses obélisques , eatre eux, et le palais deux statuts colossales de granit noir, de trente- huit pieds dç hauteur à peu prèsile&ipagqifiquescoloar nades du palais existent encore ,mais la destruction d'un* partie des ailes, permet difficilement de reconnaître la forme exacte derédiikeent ier. À Carnages ruine* sont plus, bel les : qtiaUeàve&ues* doat trois se composent de rangées: :de sphinx» con?
dujaeot à quaUe portique* superbes qui pcécè*fcmt une salle iiâmense , soutenue paii.deà coton nés énormes; une, foule dq sphinx,, de statues mutilées, d'obélisques «t de cokmoes brisés.» tous chatgéa de ligures hiéroglyphiques entourent ce monument. Les montagnes dé Libye," à Fouesc de T^èbes, contienne^, une multitude de cavernes jusqu'à près dçs trois quarts de
leur hauteur : mais l'entrée du plus grand nombre est maintenant remplie de sable.
Les cavernes les plus spacieuses et les plus
ornées sont placées au bas des montagnes; celles de la partie élevée, faites sur le même plan , n'offrent ni le même soin ni la même élégance dans l'exécutioà. Un corridor très-large conduit à la première chambre et , tournant subitement à droite , mène à là grande chambré sépulcrale au milieu de laquelle se trouve un sarcophage de granit rouge (t). Les cavernes lés moins ornées offrent la représentation des arts , des métiers , des usager existant k l'époque de la construction; dçs cérémonies funèbres , la chasse , la pêche , les travaux agricoles ,1a poterie et les arts qui se montrèrent les premiers dans Tordre de la civilisation, tels sont les sujets des basreliefs sculptés et des fresques peintes dans l'intérieur de ces cavernes (a). Les tombes des rois sont'couvertes entièrement de peintures et d'hiéroglyphes, parmi lesquels
(i). Voyagea de Brovrne, p. iSj*
(a; Antiquité* de la Haute-Egypte , Ripead f p. 44
(' aa5 ) on trouve des modules du style grotesque employé à Herculanutn (i). Us caractères inexplicables , gravés sur les parois de ces cavernes, ont rapport, suivant Us conjectures les plus généralement répandues, aux règnes à peu près inconnus des anciens monarques Thébains dont l'autorité s'étendait de l'Ethiopie jusqu'à l'inde. Dans une de ces cavernesse trouvent les portraits de deux joueurs de harpe, décrits par Bruce : Browne croit qu'ils ont été traois de mémoire et non d'après nature ; cependant les savans français qui ont examiné <:es cavernes mieux et plus tranquillement qu'aucun autre voyageur, ne les accusent
l « ) Dan» quelques cavernes de momies , dit Vans. Icb , il existe de grandes tombes-de pierres , chargée» déchiffres, de figures énigmatiques analogues, à la chimie et a d'antres sciences mystérieuses , et de caractères singuliers qui ne sont pas des hiéroglyphes. — Voyage» d* V&nsleb en 167a, p . 9 ,.
Le» sépulcres desjroissont nommés Biban-el-Moluk, I«s Portiques ou Portes des Rois ; delà dérive" selon Bruce , l'épithète : £«,-,„*,*.,, araot cent ^ tes, employée par Homère poor désigner la ville de* Thèbes. Volney pense que ce mot signifie la ville aux cent portiques. — Voyages de Bruce , vol. 1 , p . • 36. — LesfiuinesdeYolAey, . • ■■ - •
point d'inexactitude. .Dans plusieurs de ces souterrains, les sculptures représentent
des sacrifices humains. Strabon porte le nombre des sépultures Royales à quarante; Ditidore de Sicile, d'après l'ancienne tradition égyptienne , en compte quarante* sept, mais il ajoute que, du temps de Ptolémée - Lagus , dix - sept seulement étaient ouvertes (1), les Egyptiens ayant fermé les autres pour les préserver de la violation : à présent, il n'y en a que neuf accessibles* On se procure encore des rao- - mies en faisant des fouilles dans la partie supérieure de la montagne (2). Pline fait mention de }ardins*suspendus (3), mais il n'en donne pas une description détaillée.
L'ancienne Thèbes fut détruite avant l'ère de l'histoire authentique , et les auteurs qui ont parlé de sa puissance, de sa grandeur, de sa magnificence n'ont vu que ses ruines. I^es Egyptiens eux-mêmes, au rapport de Diodore, n'étaient pas d'accord
(1) Diodor. SicuU à Heyne. vol. 1. p. 14*.
(?) Selon Nord en , la grotte ou sépulture de Ptolémée Lagus, dans le voisinage d'Assiut , se nomme Sababinath. — Voyages de Norden. vol. n. p 33*
{$) Plin. hist. nat. L. xixm. c. i£.
sur la fondation de Thèbes; la plupart cependant l'attribuaient à Qsiris, d'autre»
au second Busiris dont l'histoire n est ni plus claire ni plus certaine que celle d'Q* siris. La signification et l'étymologie du nom même de la ville , objet peu important ï la vérité , sont un sujet dtf doute et 4* discussion.
Thèbes fut quelquefois désignée 6QU3 H nom de ville du Soleil, à cause d'un temple célèbre dédié à cet astre. La fondation 4e Memphis porta le premier coup à la gran* (leur de Thèbes qui avait déjà été pillée par Salatis , et ^nsuite par Sabacon , rois pasteurs de l'Ethiopie. Ce fut probablement la fréquence de ces rapides et terribles in* mirsions qui détermina les anciens mo narques égyptiens k transférer le siège de leur empire à Memphia. Les antiques monumefts de Thèbes tombèrent souala ma'|n barbare dq dévastateur Cambyse , et depuis, jamais cette ville superbe ne si releva de sa chute; Fait extraordinaire et digne de refna*qoe : Ammien MarcelHn attribue la ruine de Thèbes à une subite incursion 4ç s C^rthffcginQis f agféiri^urç à l'invasion de Ciiftifey&e çq Bgyptç.
Non loin de Thèbes, dans une grande Jle formée par doux branches dn Nil, divisées h Ermenth et réunies à la hauteur de Memnonium , devait êlre le Tathyris de Plolémée (i), le Palhuris de Pline, le Pat hros des Hébreux et le Pathures des Septante. Le chahgement du P en T cqhvicnt à la prononciation éthiopique. Ermenth , l'ancienne Hermonthis , à douze milles au-dessus de Thèbes, renferme les ruines d'un temple magnitiqute. Dans cette ville, suivant AElicn , on adorait le bon génie sous la forme d'un taureau et sous lu dénomination d'Onnphis(a]j. Entre Ermenth et Isna se trouve Asfun, petite ville bâtie sur les ruines d'Aphrodilopolis, quelquefois appelée Asphinis d'après ,1e mot sanscrit Aswini, suivant l'opinion de Wilfnrd.
Esneh ou Latopolis , ville considérable encore; devenue un objet de vénération particulière pour les Coptes depuis la, persécution de Dioctétien , possède un \$ inpk»
ancien d'une belle conservation \ Norden assure que chaque colonne porte un clia-
(0 Plolerheei Geogr.îiBeni'o , t>: ia^. ' (t) AElitn. hUt. animal, t. xn.
( «9 ) pileau différent ;les sculptures représentent diverses cérémonies du culte du bélier t du crocodile et du NiL Dans le voisinage de cette ville existent plusieurs ruines de temples et autres grands édifices consacrés, aiftsi que l'annoncent les sculptures , au crocodile qui y est figuré quelquefois avec une tête d'épervier. Si les habitons de ce canton ont abandonné le culte du crocodile f ils n'ont pas renoncé à diverses croyances superstitieuses relatives à ce redoutable amphibie ; ils disent que le roi des crocodiles résîde auprès d'Esneh , que , différent des animaux de sa race , il n'a pas de queue, mais qu'en récompense il est pourvu de larges oreilles; ils ajoutent que jamais il n'attaque , jamais il ne blesse personne , circonstance aussi croyableque le reste. Cette superstition ressemble à telle des Nègres de l'Amérique h l'égard du Caïman. Selon Strabon, il y avait audessous d'Esneh une ville antique cfu nom de Crocodilopolis. Une vaste enceinte , jonchée de ruines à El Kab (1) sur la rive orientale du Nil , indique l'emplacement
(i) Antiquités de la Haute-Egypte. Ripaud. p. *5.
( *5ô ) de l'Eileithyie de Ptoléméè ou Bubastfe ; la montagne qui favoisine est percée de nombreuses cavernes sépukràles , ornées de sculptures représentant des scènes de la rie rurale et domestique , des cérémonies funèbres et religieuses, et enfin les procédés de l'embaumement dans le plus grand détail ; les figures d'hommes sont peintes en rouge , celles des femmes en jaune. Edfou , l'antique Apottinapolis magna, jadis renommée par son temple d'Orns , l'Apollon égyptien , était une des villes destinées à la céléBration des grands mystères. Ce temple, quoique dégradé considérablement , est , après celui de Den* dera , le plus parfait modèle de l'architec-* ture égyptienne. A quelques lieues au-delà d'Edfou, le lit du Nil fie trouve resserré par là montagne delà Chaîne , ou Gebel-el- Silfili , située sur sa rive occidentale. Cette montagne paraît tirer son nom de la chaîne qu!on tendait,. a une époque très-reculée, au travers du Nil , pour arrêter les incursionsdesNubiens qui descendaient le fleuve dans des barques et ravageaient les plaines de la Thébaide. Le rocher, formé en cet endroit de pierres de taille , contient un
. ( 2 3i ) grand nombre de caves sépulcrales. Audessus de cet étroit passage du fleuve , on découv/Ç les ruines d'Ombos , appelées maintenant Koum-Ombu ou le Tas d'Ombos. Ses ffnonumens semblent avoir croulé sous le poids énorme des matériaux employés à leur construction , et les ruines de deux temples dont les sculptures indiquent le double culte d'Osiris et du crocodile , suffisent pour donner une idée imposante de leur ancienne grandeur ( t).
Dans les temples d'Ombos, typhon , le mauvais principe est désigné par un ours à tête de crocodile. Comme les rives du NU, en ce canton , sont presque désertes, les crocodiles abpndent dans les îles de sable, et semblent avoir adopté pour séjour les environs d'une ville qui leur fut jadis consacrée. En dépassant Ombos on arrive à Syene ou Assuan,Elephantine et Phil&, nommée par Tacite la barrière de l'empire 1 romain. Syene a changé trois fois de position. La ville actuelle , bâtie sur le bord oriental duNil, est, suivant les observations de Bruce , à 24°. ô\ 25". latitude nord, et
- - 1 — r r — « im 1 i 1 1 1 1 ■■■ +*i^m~**
(1) Id. p. *%>
( a5a ) • W. 3o\ long, est (i), tandis que le Syene antique des Egyptiens , des Grecs et des Romains paraît avoir existé sur (es' hauteurs qui commandent la ville tnodcrne.
11 fut pris et détruit par Caled que Mahomet nommait répétée Dieu.LeSyenedes Arabes bien qu'il occupât une partie de l'antique Syene, était dans une position plus méridionale que les villes ancienne et moderne.
L'île d'Eléphantine placée vis - à - vis de Syene , et formée probablement par des alluvions successives du Nil , a trois cents toises de longueur environ sur quatre cents de largeur; elle renferme les restes d'un petit temple consacré à Orus, décoré de sculptures dont les personnages ont les traits caractéristiques de la race negre (2). Une chose remarquable, c'est que les habitans modernes offrent la même ressemblance (1). À six milles plus haut „ V>n trouve Termissi et Marada , petits vit* lages construits au bord de la première cataracte , ou plutôt du premier rapide du
(i) Voyages de Bruce, vol. 1. p. 160.
(a) Antiq. de. la Haute-Egypte. Ripaud. p. 2X
(3) Voyages de Browne.
( 2 33) Nil nommé par les Arabes ShelaL En cet endroit , le fleuve f divisé par une multitude d'îlots et de roches granitiques qui barrent son cours, se partage en nombreux ruisseaux , et n'a tout au plus qu un demimille de largeur. La contrée , formée d'un amas confus de rochers nus, de monticules de sable, entrecoupés de précipices, offre un aspect sauvage. Norden dtfnne à cette chute quatre pieds de hauteur seulement; Pococke, qui paraît l'avoir observée dans une saison plus favorable , parle dé trois chutes différentes , la première de trois pieds de hauteur, la seconde dé cinq et la troisième de plus de huit (i).
Les Arabes remontent et descendent avec leurs barques ces rapides qui ne répondent pas aux pompeuses descriptions des auteurs anciens , surtout des poëtes parmi lesquels Lucain se fait remarquer par son enthousiasme (a). Les' historiens , les na-
(i) Voyages de Pococke en Egypte. voL i. p. 121. (2) — Quis te 9 tant lenè fluentern , tfoturum tantôt piolerttis gurgitis iras tfOeputet f Sed cum lapsus dbrupta çiarum Excepere tuos et précipites cataractœ, Ac nusifuàm vetitis ullas obsistere coûtes
( 2 34) turalistes eux-mêmes n'ont pas sa s'en
défendre et déploient la plus brillante imagination dans la description de la chute impétueuse, du mugissement terrible» des tourbillons redoutables de cette cataracte écumante f dont ils comparent la rapidité à celle d'une flèche. Sénèqué dit que la garnison persane , assourdie par lé bruit épouvantai^ des flots» s'éloigna du voisinage de la cataracte afin de pouvoir goûter quelque repos (i). Ces peintures ne rappellent-elles pas plutôt l'imposante et immense chute du Niagara? Si jamais le Nil a produit de pareils effets , c'est à une époque très re* , culée. D'après la description de Diodore de Sicile on peut conjecturer cependant que , par le laps des temps et l'action continue d'une si grande masse d'eau > la chute est insensiblement devenue moins rapide et les ouvertures d/es rochers plus considérables. A quafflev milles au-delà de la
Indigharis açuis , spumâ tune astra lacessis » Cuncta fremunt unâls , ac ruulto murmure mmtes Spumeus invictis eanescîl flactibus amnis* ,
Luran. Pharsal. L. X. 5iS.
(i) Setiecae. nat. queest. l. iv. c. a.
( a35 ) cat&facte, ett El-Heiff, l'antique Philâe, île ou plutôt rocher granitique * long de cent cinquante toises, large de soixante-dix, où Ton voit les plus précieux restes de la peinture égyptienne, trois temples entiers, les ruines d'uhe citadelle roitoaine et les vestiges de deux autrestemples.Ces temples ont été, sans doute , construit* dans des temps difîerens , car leurs plan$ sont très-irréguliers. Des sculptures colossales,, des orhetnens et des chapiteaux , des cokrtines d'un travail exquis en décorent la partie extérieure. Les chapiteaux, de quatrfe espèces , se composent les uns de fleurs de lotus , leb autres de tèttes de palmier \ ceux-ci des calices de lotus, et ceux-là des feuilles du palmier-éventail* unies a celles du lotus ; une des sculptures colossales représente un géant qui, de la main gauche, tient trente hommes suspendus par les cheveux , tandis que de la droite il s'apprête à frapper ses victimes avec une hache. Ta figure de bélier , sculptée sur les murs du grand temple, fait conjecturer qu 11 était consacré à Osiris dont l'île renlerme le tombeau. Par Osiris dans Philœ! tel était le serment solennel des anciens . Egyp*
tiens~(r\ Comme la plupart des édifices de l'île sont construits avec des masses de pierres chargées d'hiéroglyphes, les savans français qui les ont visités pensent qu'ite appartenaient â une classe de nionomens antérieurs à ceux de la Thébaïde et de tous les autres cantons de l'Egypte (2). Norden suppose le rocher de Philœ percé d'un grand nombre de passages et de caveaux souterrains ; conjecture assez probable puisqu'il servait exclusivement d'habitation aux ,prètres , et que l'entrée en était interdite à tout égyptien sous peine de mort.
Cette circonstance lui a lait sans doute donner ^ par Sénèque, i'épithète dïnoccessible. ^îorden dit , en outre , que ses rives sont taillées à pic comme des murailles.
Une autre île plus grande et touchant presque à Phila, est, selon toute apparence, leTacorapsusde Stephartus Byzantinus. De ce nom on ..peut conclure que cette îlefut consacrée au cul te du crocodile qui, selon Hérodote r s'appelait Karma ou Kompso dans l'ancien langage égyptien.
(1) Tzetzes in Lycophroti , Alex. 212.
(a) Àntiq. de la Haute-Egyptç. Ripaud. p. skx
Une lieue à peu près au-dessus de Phil&, les villages de Deboude et de Hindau offrent une grande quantité de ruines, et ; parmi celles du premier, un ancien canal bordé de pierres, et large de quarante pieds (i). A mesure que le voyageur avance, ii aperçoit de magnifiques vestiges, d'énormes blocs chargés d'hiéroglyphes , traces d'une ancienne grandeur ; mais sans pouvoir découvrir les édifices auxquels ces objets ont appartenu. Des hauteurs sablonneuses, des précipices dé granit bordent la vallée du Nil jusqu'au village de Tafla, à neuf lieues au-delà duquel une ligne imaginaire sépare l'Egypte de laTîubie. Bans cette contrée, \k vallée conserve lé même aspect, et sa largeur, depuis les. bords du fleuve jusqu'aux montagnes, èteède rarement cent pas: En certains ërfflrôits/ la côte des montagnes est cultivée à uriè grande hauteur , : tandis qîfë ' leur sommet est couronné de bosquets d'acacias eri fleurs. Au* rbehes granitiques , qui nes'étendent pas au-delà des cataractes, succèdent des cou ebes'de pierres sablonneuses',
(0 Voyages de Norden. vol. U- p. i5o. •
(?3S-) mélangées) duçe grande quantité de $iUt+ Dans la va)léç qui $ 'élargit en montant , des ruines d'édifice* considérables se moutreut encore < particulièrement à Dendaur,
Qikka et Sai}ua ; Qeqdour est k égale distance de la cataracte de Syeue et de Deir ou Derri , une des dernières statjops égyptiennes dans la Nut>ie. ÏSordep visita cette Ration en ijty* et tenta de pénétre? jusqu'à la seconde cataracte : mais U H5 put surmonter les obstacles qu'il rencontra à Derri , ol^t^les provenant moûps 4^ la ûature de lacontreç quedç fo Qflpidité et du caractère soupçonneux des ba^itan* de ce «poste frppijière. I*ei)r .qhef. dit à Horden qu'w dç leurs .prophètes avait prédit « qp'pn jour il arriverait e^i ce lieij des Francs déguisés qui , parvenu? à forcq de prése^.çt d'adresse à traverser lç pay§, examineraient ça situation et reviendraient ensuite , avec un grand nombre de leurs compatriotes, en fairç la capqtôtg ^t eu exterminer les habitant» (j). ^pqsavon* vu récemment cçtte prophétie accomplie dans ses plus essentielles circonstances
fy m*^jmF*mmvmvm—mmm t^mmm —^
(i) Id. p. i5p.
( >39 ) Au-dessus de Dair, on trouve la station
d'Ibrim, nommée Efrim par MaiHet*, et désignée par Sicard comme capitale du sud-est de la Nubie (i), A quelque distance par-delà Ibrim tombe la seconde, ou grande cataracte appelée Mahaslas et Genadil. On connaît si peu le cours du Nil dans ce canton , qu'il devient impossible d'établir une correspondance enfre les stations ïijôdernes et les localités mentionnées par les anciens géographes. Pselcbis et jtfetakompso , placés par Ptolémée k a5\ sud de Philse, semblent , à raison de cette distance , correspondre au Tachompso d'Hérodote. Le Staduûs de Pline , voisin de h cataracte du Nil au-delà de Pselchis, et détruit par Pctronius, préfet romain d'Egypte, paraît avoir été situé près de la grande cataracte.
Après avoir parcouru la vallée, du Nil t « ce paradis traversé par un fleuve dorçi « le Très-Haut semble régler particulièrç- «< ment les mouvemens f rafraîchi par uji m air embaumé, arrosé par des ruisseaux
(i) Sicard , Relation a?*- Lettre* Edifiantes, vol. u. p. 186.
.(( Kmpides, embelli par la plus brillante « verdure » , il faut s'enfoncer dans le désert oriental de la Thébaïde , contrée horrible dont le hideux aspect nourrit la misanthropie, alimente le désespoir, et invite les infortunés à venir chercher la fin de leur misère dans le sein de ses sauvages solitudes. Au milieu de ses rochers nus, de ses sables brûlans,on chercherait vainement des ruines semblables à celles qui couvrent le sol de la vallée du Nil : on n'y apperçoit vestige ni de ville ni de village. Si , par hasard , une source isolée a fertilisé un petit cercle de sable , si un arbre solitaire a prêté son ombre bienfaisante au voyageur fatigué, l'un et l'autre ont reçu des noms comme s'ils eussent été une ville importante. Cette contrée présente la forme d'un triangle ayant Suez pour sommet, et pour côtés le Nil et la mer Rouge qui , dans la parallèle du Caire , sont séparés par trois jours de chemin tout au plus. A Kest la distance s'accroît considérablement ; plus haut elle est de neuf journées, et à Syene de dixsept (i).Cette contrée qui , à causede sa po-
(i) Descrip. de l'Egypte, par Maillet, p. 3i8.
position orientale, portelenomdeSharkin, latinisé par le mot de Saracene , est souvent désignée, par les anciens , sous celui d'Arabie, à cause de la ressemblance des deux pays et de leurs habitans. On la nomme aussi Egypte Asiatique. La chaîne de montagnes qui borde la rive orientale du Nil est tellement roide et escarpée que f dans certains endroits , elle a 1 apparence d'un mur artificiel f brisé par intervalles et interrompu par de profondes ravines : mais cette défense naturelle ne parut probablement pas sufti^nte, puisqu'on y a découvert les restes d'une vaste muraille dV aviron vingt-quatre pieds d'épaisseur , composée d'énormes blocs de pierres , et construite dans la direction du nord.au sud (i). Les Arabes disent qu'elle est l'ouvrage des premiers rois égyptiens , et l'appellent là muraille du vieillard. C'est dans les, grottes de cette région désolée que les anciens Ascétiques , aussi, ignorans , aussi grossiers que 1 es sauvagesTroglody tes auxquels ils avaient succédé, menaient une vie plutôt àngéliquef qu'humaine > selon Ue&pressiànidfe£kflrifiL
(i) Id. p. 3ai.
Mer-Rouge:dans la partie la plus étroite flu golfe de Suez qui , dans cet endroit , n'a pas plus de quatre, lieues de large.* La tradition a conservé lé souvenir de ce mémorable, événement, parmi les. habitans de la côte r jusqu'au .temps de Diodore de Sicile (i), Le long.de la côte africaine r nue et rude, l'eau est si élevée que la sonde ne peut en* atteindre le fond ; sa surface cache^d es roches, dures et pointues- qui rendent la navigation dangereuse.' Du côté de Suez Je rivage est bordé de petites îles , ou plutôt des rochers aussi stériles que la terre-ferme ; les principales sont les îles Jaffatihn au nombre de quatre, placées en demi-cercle et Uées |>a* des bas-fonds et des rochers à fleur d eau. Au sud de .Gebelel-Zeit ou Mont -.Petroleum , par 27V 0'.
latitude nord , on découvre Myos Hormus, port couvert parles îles Jaffatihn et choisi, de préférence à Suez,par Ptolémée Philaddphe ; ce port prit «ensuite le nom d'Aphrodites Hotrmus. Entrepôt du commerce des Arabes pendant; très-long- temps ^.tétte
ville ,.apr.ès; la conquéle, de& Romains ^céda
OlDipfo^:§ic^u.nL<v3 ..
( a45 ) cet avantage à Bérénice. Le vieux' Cosseir, à six milles plus au nord que ' le Gosseir moderne , est ie Leucos-Portus de Ploléniée; il doit ce nom à deux montagnes crayeuses qui le dominent. La ville moderne , bâtie suc le : rivage au milieu de monticules de sable mouvant, est h 26*.
7'. 5i". latitude nord , et 34*. 4'- *5". long, est; ses habitans, par les traits et les coutumes , ressemblent plus aux Arabes de la côte orientale qu'aux. naturels d'Egypte.
Les environs ne sont pas cultivés , et l'eau est tellement sau maire qu'il faut , a pour s'en procurer de potable , la tirer.de Terfovvey à un jour de distancé. Cosséir ne renferme aucuns vestige d'antiquités, et se fait aussi peu remarquer par sa [grau* deur actuelle qlie par son ancienne renommée. Plus accessible que Suez, son seul rival dans la Mer- Rouge , Cosseir doit ses avantages moins au commerce qu'à sa position sur la route des pèlerins delà Mecque. LeMaadanUzzumurud, ou mine d'émeraudes, au sud de Cosseir, visité par Bruce, est probablement YeSmaragdusmorts de Ptolémée ; ce voyageur vit cinq puits creusés au pied de la montagne à
peu de distance du rivage : niais il tt€ fit aucune observation minéralôgiquè.En siïh vaut la rriême côte v toujours hue *t prèsqu'inaccessible f après avoir dbublé Rasel-aus , large promontoire qui correspond à l'antique Lepte , on entre dans le Sinus immtfndus des anciens j ' vaste baie qui , dans les cartes anglaises moderri-es , conserve encore le nom de/bu/ /top* (baie saiè). Au fond s'ouvre un petit havre nommé Mine ou Belled-el-habèsh , à iî\ n%\ lalft.
nord t emplacement de Fantique Béréfttef , d'après la position que lui assignaient les anciens , à plus d'un degré au-delà de la parallèle de Syene : mais l'inexactitude de leurs calculs astronomiques fait qu'il vaut souvent mieux se fier à leurs itinéraires , à leurs remarques sur tes courbures des côtes qu'à leurs observations célestes. Le port de Belled-el-habesh est semé de petites Iles
rocaiHeuses,trop mal observées po'urqu'on puisse déterminer les positions antiques auxquelles elles correspondent. Les anciens font mention d'îles Saphir , Emeraude et' Topaze, dans la Mer-Rouge, mais ne s'accorde^ pas sûr leur situation. Ptolémé<e Pîriladelpbe jeta les fondemens de Béré-
(*47> uicepey après la coastructigru de Myos- Horraus., tit quvrir par une argiée 9 entre cette ville et Coptoa, une route sur laquelle il établît de*, ppstes pour la sûreté de* -voyageurs (i). Ce fajt f pris dans Strabon f s'accorde avec l'iwçf ipHon adulatrice conservée pas Goaraa? % relative *ux conquête* de Ptoléœée J£vej»gtyea qui parait avoir adopté et étendu )ea plpos coronwn&ux de soa. frère. Les Raraaias, conquirent de l'Egypte, sentant UiffipQrMMitie et l'utilité de ces p* ojeta , ftwat <M Bérénice Veotrep^t de leur commerce en Orient , et MyosrJterwn* devint *n; part de second ordre. Strabon eftt^.çeulwtew grec qui parle de $érfoire, tw» le* d#*U$ relatifs à laf-outf de cette vilte h Çopto$ appartiejweot aux, auteùta t^wains. On eœ»
ployait douze jettit* k pirgourir cette route longue de deux cent ci EM|uante- ( huit milles^ soi vaut Pline et le compilateur des tables de Feutioger. I/*tit>érai*e d'Àntdnin lui donne deux cent aoixante-on milles. Le pofct d'fiabesch ; «oui 9chi*rt do 'port con» répondant a Btfréatee, *ied* de la dttoo<>
(i) St*^ à Quant>« p. it£jt
minalion Habesh sous laquelle on désigne Souvent la côte africaine sous la parallèle de Syene. Quoique lés Egyptiens aient fréquemment poussé leurs conquêtes audelà de cette position 1 , b.n regarde -encore Bérénice comme Faritique limite de leur Empire. Suakèm , port vaste et sûr , petit gouvernement semblable à Cosseir, dépendant ordinairement de l'Egypte, et situé à 19°; ao'. latitude nord-, semMecorrespondre au Soter-Limen de Diodorc ; son nom répond, selofi toute apparence , au S lie h e de Pline , placé sur lai même' cAf e, et semblé dérivé dix SukirivdesTroglodytés, ses anciens habit an s : peut-être ést-il' analogue a celui de Suah , dénomination caractéristique des tribut pastorales. Ptokmaïg Epitheras, dernière station de cette côte, établie pour protéger les Egyptiens qui allaient à la chasse des éléphans , paraît avoir iété« située sqr ufc promontoire qui, des forêts de Nabie, s'avance dans la baie à à 7?. --6'. de latitude nord environ. Ces stations éloignées v regardées comme des postes aîvancés et, non comme des villes appartenant au territoire-égyptien , furent occupées, dans tous les temps , pair une race
( *49 ) différente des habitans de la vallée du Nil
par les traits , les mœurs et le langage »> mais sujettes de l'Egypte toutes les fois que le gouvernement de cette. contrée montra de la constance et de l'énergie.
Les Orientaux , dont lîardente imagina ».
tion se plait à établir des rapporta entre les objets matériels .et- les êtres- animés, comparent l'Egypte à leur fabuleux oiseau, le grand Rock : la. vallée du Nil en est lé corps , les déserts de Test *t de» l'ouest sont ses vastes ailes; daprès cette métaphore, nous aurions encore une aile. h décrire r le désert occidental. A l'ouest desrmontagaes qui bordent la vallée. du Nil, se déroule une vaste solitude qpe les. géographes arabes rattachant à l'Egypte et nomment Al-Wahat ; ses limite» sont inconnues :
cependant on prétend quelle a trois cent cinquante milles du nord au sud et cent cinquante milles del'-està l'ouest. Ibn-al- Wardi^et Léon , qui l'appellent Alguechet, en font une contrée intermédiaire entre Barca^t l'Egypte. Au milieu de cette affreuse région où le soleil semble ne darder ses rayons verticaux que pour entretenir brûlantes les cendres d'un monde détruit
( *5ô ) ?a* le feu , de vertes et ît rti les Oasis , tt« do désert , surgissent et apparaissent , aux yeux charmés dii voyageai? % comme par enchantement. L'aspect hideux des sables arides qui les environnent ajoute encore & leur beauté , et la première impression foi si forte que les anciens hitâtana leur donnèrent le titre à>îksJFortmié**(\y Le voisinage des montagnes qui entourent les Oasis fait concevoir fa ci tentent eomment elles se font formées; les voséés, abon-? dan tes, condensées sur te âOtinme£d& ces montagnes , après avoir iiltsé à traders les roches; sortent en vuiteéaux §m srrostfnt et fertilisent les votées ktférieiiras, JUes Oasis égyptienh es * aux. nombre de deux, consistant en une longue filte.ifl'itot* de verdure dispersés dans la partit Jya$se et du désert , pafcaMèkmeni . art cours du 3S"d. Ces fertiles îlotfr sotït entrecoupés 4e plames sablOtweusfcs, pttts ou moins .étendues, Les.deux Oteis sont éloignées «fo quarante mille* , distance pAuft coosi- 4ér*bie qu aucune de celles qni séparent Je* autres îlotft et motif , suivant» ftennelt,
*C0 Ver&fot**, Tbalid aC
( *5i ) de leur division en deux groupes, sous le* noms de grande et petite Oasis (i); 1* grande , communément appelée Ek*Wah > la petite El-Wat-el-^erbé , reçoivent de Léon les dénominations suivantes : la première , celle de Eloacath ou Eloachetb f la seconde, celle de Gerbe (*). L'arabe Ya^ cuti , y comprenant Siwab ou Ammonta , compte troi^ Oasis qu'il distribue en trtoa lignes distinctes, séparées par des. chaînes montagneuses parallèles au cours du Nik la petite Oasis*, très-éloigirée de la reoib des Caravanes africaines > : n'ai jamais été visitée par aucun voyageur toodente ; les Egyptiens etts - mêtrtes la connaissent à peine. Ptolémée la pbrte! h 28*. 45'- laitit» Hord, à soixante -quinze miles h l'est de Bahâaaa, l'ancien Oxyrinchus; position qui cônrêspoAd presque à la distance existante entre Bahoasa tet le Caire , évaluée à sept jourticts par Edrisi.Abnlfeda distingue Bahoasa de Al -Wahat de Bahnasa d'Egypte, et le rejette yefrs la Nîgritie. Maillet» dans sa carte d'Egypte, indique un canton de
(i). Géographie d'Hérôdôte. — Renacll , p. 564. (a) Léo Africain», p. io.
Bahnasa à l'ouest du lac Kèroun, et Brown dit que les Arabes occupent la pointé occidentale de ce lac, circonstance qui démontre la proximité du canton qu'ils habitept. Lucas apprit , dans la provitice de Fayoum, qu'à l'ouest et à quelques journées de distance , il y avait un canton d'une •vaste étendue /abondant en dattes et en palmiers quoique dépourvu «de sources ; eette position et cette description - ne peuvent convenir qu'à la petite Oasis (i).
Brown e sot, par divers rapports , qu'il existait encore des ruines dans cette Oasis (2).
La grande Oasis , par sa position sur la route des caravane&d'Àbyssinie, de Nubie et de Darfouf , est beaucoup mieux connue que la petite. Ptolémée fixe sa latitude nord à 26 . 25'. y latitude .par laquelle > il indique sans, doute le site de la ville principale.
Strabon le place à sept journées d'Àbydus, Hérodote 'à sept journées de Thèbes. Ce calcul est i* peu près exact : mais celui de Strabon est exagéré , puisque l'emplacement d'Abydus se trouve à quatre-vingt-quinze
(j) Troisième voyage de Lucas, —vol 11. p. ao6. (a) Voyages de Browne^p. i3a. . . . •
itiilles seulement de F extrémité de l'Oasis Une colonie Sa mien ne l'habitait r suivant Hérodote, à l'époque de l'invasion de Cambyse , circonstance d'autant plus probable que Samos f à cette époque puissance maritime , jouissait de privilèges particuliers en Egypte. Selon Strabon , cette Oasis, arrosée de nombreux ruisseaux , abondait en vins et autres, productions. Poncet la traversa en 1698 pour se rendre en Abyssinie. Maillet , qui résida en Egypte vers le commencent du. dernier siècle , pense que cette Oasis doit sa fertilité aux eaux du Nil; conduites à traversées montagnes par un ancien canal , et place son extrémité la plus, voisine de l'Egypte dans la direction 'de Manfalout où Poucet commença sa roule : mai s, c'est Browne qui , traversantla m^me Q? t sis lors de son voyage à Darw four, fournit les meilleurs renseignement sur sa position , sa topographie et la nature; du sol ; il fixe la position géographique de: Char je, village .principal à a6°. a5\ latitude nord , çt 39°. 4g'. longitude est ; celle de Mughess , village le plus méridional à a&V 18'. latitude .nord, et a<)V54'-Jongit. est ; et donne les noms de trois autres village? ,
Ainé^Dira , BttUk et Belris (t). Les terrains fertiles , entrecoupes de plaines de sable , répandus sur un espace de ce ni milles de longueur et arrosas par des sources d'eau excellente, produisent une grande quantité de dattes. La plus considérable des plaines de sable a près de vingthhuit miifepdefaf'ge. Les montagnes égyptiennes interposées entre le Nil et le dessert occidental , 'Vers ce point, se composent prineipateçmint d'an tuf grossier. Du sommet de leur des* cente rpde et difficile, i œil décowrfe «une plaine de sable sans bornes, hérissée de rochers et de quelques arbrisseaux ; des palmiers clairsemés se montrent dans le voisinage des sources, La montagne <jue descendent des caravanes d'Egypte pour entrer dans la vallée des Oasis , se nomme Gebel - Ramlie ; «lie fait partie de eette chaîna de montagnes parallèle au cours général du Nil , se prolonge vers l'ouest après avoir côtoyé la petite Oasis , et finit au rivage de la Méditerranée à quarante milles eaviron et à Test de Parœtoniom f dans on endroit correspondant au petit
Catabatharos. La moindre distance entre ta grandi Oasis et l'Egypte est de soixantedix~hoit à quatre-vingts milles. A l'époque do Bas-Empire » la grande Oasis 9 aussi bien qu'Anmioma , servit de prison d'état et renferma d'illustres exilés. Atbanase, dan?
son apologie, se plaint de ce genre de punition, et le digeste fait mention 4e 1?
grande Oasis comme d'an lieu de bannissement (i). G 1 est là que NesJorius paraît avoir été exilé lorsqpe les EAemmye* , tribu éthiopienne, ravagèrent ce canton dans le cinquième siècle* Suivant une tradition arabe, le canton d'JSl-Wabat où sont ces Oasis, contint autrefois un grandi upmtw* de villes, populeuses : qtEdrifâ affirme que, de son temps» on découvrait sou-vent des vestiges d'arbres , df# itftf es d'tobitatwty abandonnées an milieu de ce dfcest*
Rupproeboqs v*vvUx\w\ les 4cwn<to f
et comparons l'ançtepne et Ja moderne popçdatHMà de rjE^ypt^» Lesanci^n^, Jf^w
rodote **t Sâo^pre , portent te n^mbra d*s villes égyptiennes à vingt mille, et Maillet, malgré sa longue résidence dans ce pays ,
(i) DjgesU L. xlviij tit. aa.
adopte cet absurde calcul. Cependant f comme les plus grands efforts d'industrie ne purent jamais mettre en culture plu»
de 225o lieues carrées, une si extravagante exagération qui dopnerait presque dix villes par lieue carrée , ne peut trouver place que dans les fictions orientâtes ; et la nature ne déplacera pas les montagnes, ne
reculera pas les sables du désert pour confirmer les romans de l'histoire ou du voyageur. Le calcul des anciens paraîtra' -plu s incroyable encore Si Ton songe que , du sol cultivé, il faut retrancher remplacement de tant de villes, le terrain occuppé par cette immense « rue de magnifiques édifices » , qui , selon eux , bordait le Nil depuis Syene jusqu'aux ports du Delta.
D'après un auteur arabe digne de foi, Dan ville ré dtfit le nombre des villes et des villages à deux mille six cent quatre-vingtseize, dont une grande partie située audelà de l'Egypte proprement dite (i); un géographe arabe en compte deàx mille
(0 Banville, Mémoires sur l'Egypte , p «9. — M. Browne accorde à l'Egypte une population de deux raillions et demi.
quatre cent quatre-vingt-quinze à une époque où î'Egypfeflorissait encore sous lesdynasties arabes (i). Ainsi l'application de la science géographiqueaide à corriger les inexactitudes des ancien$,dégage la vérité des exagérations de la vanité , des fables de la tradition, et jette , avec le flambeau de l'expérience , un grand jour sur l'histoire même*
(i) Yacuti, ap. Indic. Geogr. Bohadini, ad verb. Mgyplus.
tt*Wto*MrtwMftta^tavwvw^