‹ Histoire complète et méthodique des théatres de Rouen (volume 2)Chapitre 14 sur 23 · TALMA A-T-IL ÉTÉ SIFFLÉ A ROUEN?— NON · texte numérisé non relu

TALMA A-T-IL ÉTÉ SIFFLÉ A ROUEN?— NON

Talma a-t-il été sifflé à Rouen?

Nous avons, pour faire jusqu'ici V Histoire des Théâtres de Rouen, lu et relu tous les journaux, fouillé dans toutes les archives, puisé à toutes les sources de renseignements, et nous n'avons Irouvé nulle part trace de ce prétendu outrage fait au talent sublime de Talma.

C'est donc avec assurance que nous répondons : Non ! non ! Talma n'a pas été sifflé par les Rouennais.

Loin de là, dans aucune ville il n'a reçu un meilleur accueil qu'à Rouen. Nous avons parlé de tous les voyages qu'il y a faits, et l'on a vu qu'à tous sans exception il a reçu l'accueil enthousiaste que commandait son talent. Malgré l'augmentation du prix des places, la salle n'a jamais pu contenir la foule qui s'est pressée aux bureaux (i). Une fois même, pour essayer de satisfaire à toutes les demandes de billets, on a été obligé de faire, comme pour certaines représentations de W^^ Mars, dresser des échafaudages sur les côtés de la scène, dans les coulisses. A son dernier séjour à Rouen, il avait clô* turé l'année théâtrale 18!25-18a6 par d'éclatants triomphes. Ce ne fut pas assez ! Après la fermeture, on a ouvert deux fois la salle pour permettre qu'il reparût dans Charles VI (2). Acclamations et bravos frénétiques ,

(1) Voir tome II, page 501.

(2) Pages 253 et 273 de ce volume.

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enthousiasme impossible à contenir, triple salve d'applaudissements après chaque scène. Talma a été redemandé après la chute du rideau; alors une Téritable nuée de couronnes est venue fondre sur le théâtre, au milieu des applaudissements, des bravos et des trépignements de rassemblée enivrée.

Gela se passait à la fin d'avril 1826. Le 20 octobre suivant, on apprenait à Rouen la mort de l'illustre tragédien.

Nous ne sommes pas le premier à repousser Taccusation portée contre le goût des Rouennais. On lit, en effet, dans le Journal de Rouen du 22 octobre 1861 , sous le titre: Talma à Rouen --une histoire du Monde illustré :

« Nous avons dit bien des fois déjà combien était fausse et ridicule l'imputation faite au public de Rouen d'avoir sifflé Talma; mais précisément parce que la chose est moralement impossible, parce que cet acte, grossièrement bète, n'a jamais été commis, il semble que certaines personnes se fassent un plaisir de propager une erreur dont nous cherchons vainement le côté divertissant.

(( Le Monde illustré, dans son dernier numéro, revient encore sur cette sotte accusation adressée au public rouennais, que l'on transforme, pour les besoins de la cause, en cohue imbécile.

« Voici la belle histoire que raconte le Monde illustré. Un jour, un Rouennais, membre du conseil municipal, mai^uiUer de sa paroisse et fondateur du cercle des Beaux-Arts, se trouva en diligence avec Talma^ qui venait à Rouen pour la première fois.

a Ce Rouennais, nécessairement idiot, ce fondateur

DES ARTS. 3tt

d^uii cercle qui n'a jamais existé, interrogea vainement Taima pour savoir qui il était et ce qu'il venait faire à Rouen. Talma se garda bien de le satisfaire, et avec un esprit tout-à-fait à la hauteur d'un loustic de bas étage, il se contenta de répondre: a Je vais montrer aux Rouen- « nais ce qu'ils n'ont jamais vu. »

c On arrive à Rouen. Des artistes attendaient Talma; ils le reçoivent avec toutes sortes de démonstrations flatteuses, pour le plus grand dépit du conseiller muni» cipal rouennais, qui porte le nom gracieux de Roussin. Il fallait que tout, dans cette histoire, fût frappé du même cachet.

« M. Roussin se retire humilié de la réserve qu'un acteur a gardée vis-à-vis de lui, et, dôs le lendemain matin, il organise une formidable cabale. Talma jouait le soir même, et ce soir-là Talma, raconte le narrateur, fut sifflé, hué, conspué pendant toute la représentation.

M Gela révolte le bon sens ; mais ce n'est pas tout encore, et voici le bouquet : « A la fin de la soirée, M. Rous- « sin va trouver Talma dans sa loge et lui dit : — Mon- « sieur, vous vouliez montrer aux Rouennais ce qu'ils « n'avaient pas encore vu ; ils vous ont fait entendre ce « que vous n'aviez pas encore entendu ! » Puis il ajouta : « — Gela ne doit pas vous empêcher de venir souper a avec moi et quelques amis. » Et Talma accepte, et Talma s'en va festoyer avec ce malfaisant crétin, et Talma, descendu encore plus bas que le Roussin si habilement mis en scène, mange beaucoup, boit force Champagne, est de charmante humeur, et reçoit avec une vive émotion l'assurance qu'il peut jouer le lendemain, qu'on ne le sifflera plus.

u Le lendemain, ajoute le Monde illustré y les applau- <( dissements furent aussi bruyants que Favaient été les f( huées de la veille. Le parterre, ému, délirant, dévora « sa honte... et ses pommes ! >»

(( Ce dernier trait d'esprit est certes du plus fin, mais il n'empêche pas que l'histoire toute entière ait le double tort d'être entièrement fausse et de n'avoir pas le sens commun. De plus, elle est fort irrévérencieuse pour la mémoire d'un grand artiste qui n'aurait certes pas tenu, en face des sifflets et des huées du public, la conduite étrange qui lui est imputée. — Beuzeville. »

Toutefois , il n'y a pas de fumée sans feu !

Nous avons recherché ce qui avait pu donner lieu à ce bruit tant de fois répandu et malheureusement trop ac* crédité encore aujourd'hui. Nous en avons découvert trois sources quand nous n'en cherchions qu'une.-

Il parait qu'un jour un habitué du Théâtre-des-Arts, interprète de quelques abonnés, demanda à M. Morel, alors directeur, jusques à quand il ferait ainsi venir Talma tous les ans ; ce à quoi M. Morel répondit : « Tant «que je serai directeur du théâtre de Rouen et tant que « Talma voudra bien me favoriser et honorer la scène « rouennaise de sa présence, je me trouverai fort satis- « fait, ainsi que tous les gens de goût. » (Textuel.)

Celui qui fit cette réponse si sensée croit se rappeler que ces paroles furent échangées sous forme de conversation^ sur le théâtre^ pendant un entr'acte, et qu'elles ont été entendues de tous ceux qui vont et viennent sur la scène pendant qu'on change les décors.

D'autres nous ont affirmé que cet habitué qui se lassait de voir Talma tous les ans avait, de la salle, appelé

le régisseur sur la scène pour lui adresser cette inter-* pellation saugrenue : « Ah ça ! est-ce que vous ne cesse- <( rez pas de nous donner Talma tous les ans ?» — Une troisième version consiste à rapporter que le régisseur, s'étant rendu sur la scène pour une autre affaire que celle des représentations annuelles de Talma, a été, par quelques personnes, mis en demeure de répondre à la question que nous venons de transcrire.

Que ce soit sur le théâtre pendant un entr'acte , ou dans la salle, ce qu'il y a de certain c'est que l'interpellation a été faite, ainsi que la réponse qu'elle méritait si bien. lia chose a été répétée ; puis, altérée de bouche en bouche, elle aura donné naissance à cette fausse assertion : Talma a été sifflé à Rouen.

Un deuxième fait est, dit-on^ à la charge des Rouennais. Lorsque Talma venait à Rouen en représentation, il ne pouvait attirer la foule plus de quatre, cinq, six, neuf fois; tandis que Jouanny avait un succès prodigieux, jusqu'à quinze et vingt fois de suite; ou bien encore c'était Saint-Eugène, ex-jeune premier à Rouen, ex-sociétaire du Théâtre-Français, qui faisait salle comble pendant neuf soirées consécutives.

Soit! mais il faut tenir compte de deux circonstances capitales : pour Talma, le prix des places était augmenté; il ne l'était ni pour Jouanny, ni pour Saint- Eugène. ~ Jouanny et les autres acteurs tragiques donnaient leurs représentations dans le cotirant de Tannée théâtrale, tandis que Talma ne «venait qu'à la fin de l'exercice, dans les derniers jours du carême, alors qu'il lui fallait lutter contre la préférence qu'à cette époque l'église obtient sur le théâtre. Q n'en est pas moins vrai

qu'il s'est trouvé des sots pour assurer qu'à Rouen on avait préféré Jouanny à Talma.

Le troisième fait est plus grave. Nous avons dit plus haut que le jour où Ton a reçu à Rouen la nouvelle de la mort de Talma^ les artistes qui parurent sur la scène portaient un crêpe au bras. Cette démonstration fut applaudie par tous les spectateurs, excepté un seul, qui se mit à siffler.

De là aussi peut-être est venue cette fable stupide des Rouennais sifflant Talma. Qu'elle soit oubliée à jamais.

Rentrons dans le domaine de l'histoire. Gela nous est d'autant plus facile que nous avons entre les mains deux lettres autographes de Talma. Elles prouvent que, dans la dernière année même de sa vie, il n'avait rien plus à cœur que de venir jouer à Rouen.

Voici ces deux lettres :

a Paris, ce 9 mars 1826.

« Mon cher Morel,

« La pièce nouvelle a eu beaucoup de succès, malgré toutes les critiques qu'on en peut faire ; mais j'en ai eu un si grand dans le rôle de Charles VI, qu'il est tout naturel que je désire me montrer dans ce rôle à Rouen. Le seul inconvénient pour la province est que les deux premiers actes, où je ne parais point, sont fort longs; mais je me suis arrangé avec l'auteur, afin qu'il y fasse des coupures telles que les deux actes auront à peine la valeur d'un. Ainsi, de cette manière, l'inconvénient sera levé, et la mémoire de vos acteurs en sera soulagée, t^u'ils commencent donc par apprendre les trois derniers

DES AftTS. 345

actes, excepté cependant la scène du troisième acte, entre Henri V et le dauphin, qui sera aussi raccourcie de beaucoup ; cela leur épargnera une étude inutile. Dès que les coupures seront faites, je vous les enverrai. Quant à Claudius, de Sylla, que Saint-Elme doit jouer, ne pourriez-vous pas le donner à un jeune homme qui part ces jours-ci pour le Havre et qui doit y jouer le même rôle? Il y va seulement pour ses frais de voyage, et il ne vous en coûterait rien ou presque rien pour le faire venir à Rouen. Alors Saint-Elme aurait le temps d'apprendre le rôle que vous lui destineriez dans Charles VI, J'aurai les habits nécessaires pour habiller les acteurs. Il n'y a pas un mot dans l'ouvrage qui puisse effaroucher votre cen* sure; ainsi vous n'avez rien à craindre de ce côté. Je tâcherai cependant de vous envoyer le manuscrit ]e plus tôt possible.

« J'irai donc, comme vous me le conseillez, loger à l'hôtel du Midi. Je prendrai l'appartement que j'y occupe ordinairement, et peut-être une chambre de plus dans le corridor du même étage.

(f A vous de tout cœur^ mon cher Morel.

« TiLHi.

« J'aurai bien de la peine à partir vendredi pour jouer le samedi ; je ne désespère pourtant pas. Si je ne partais que le samedi, me feriez-vous jouer le dimanche? Un mot là-dessus. »

Un mois après^ Talma, sur le point de revenir à Rouen, écrivait :

« Havre, ce iO avril 1826.

« Mon cher Morel,

« Je n*ai pas été eu état de vous répondre moi-même, et je ne le puis guère encore. Je joue ce soir, depuis mon malheur, pour la première fois(l), et Dieu sait comment je pourrai m'en tirer! J'avais d'abord eu l'idée de partir de suite pour Paris, tant nous étions anéantis par ce coup imprévu ; mais j'ai senti que je lésais vos intérêts, ainsi que ceux de CoUignon. D'ailleurs, la ville entière m'a donné tant de marques d'intérêt, grands et petits ont tellement paru compatir à ma peine, que je n'ai pu résister aux sollicitations qui m'ont été faites par toutes les personnes qui ont pris part à ma douleur. J'ai donc consenti à rejouer, et, tout en prenant aussi en considération les intérêts de Gollignon, je mettais en même temps les vôtres dans la balance ; car si je n'eusse pas rejoué au Havre, je ne le pouvais pas non plus à Rouen, attendu que, si je faisais un grand effort sur moi-même, les habitants du Havre avaient droit, avec toute justice, aux représentations qui leur étaient promises, et cet effort devait être fait autant pour eux que pour Rouen.

« Ne pourriez- vous pas prolonger mes représentations par-delà le 20 avril? Qui vous force à fermer? Votre jeune premier s'en va, dit-on ; mais on m'assure qu'il n'a point d'engagement. Ne pourriez-vous pas le retenir pour quelques jours, moyennant un dédommagement? Si, par hasard, votre nouveau jeune premier est celui

(i) La perte de son fils, croyons-nous. (Note de Vauteur,)

qui était à Lyon, il y a dix-huit mois, lorsque j'y fus, il sait tout mon répertoire, puisque j'ai joué avec lui vingttrois représentations. S'il vous manque quelques rôles, le jeune homme qui doit aller vous jouer Henri V dans Charles VI vous apprendra tout ce que vous voudrez. CoUignon, d'ailleurs, vous offre tous les œteurs dont vous pourrez avoir besoin. Marquez-moi sur-le-champ, tous les rôles qui vous manqueront, et nous tâcherons de vous compléter ici. J'entrerai pour la portion que vous voudrez dans les frais que cela vous occasionnera, pour la totalité s'il le faut^ mais ne perdez pas un moment pour m'instruire de tout cela. J'ai demandé quelques jours de plus au commissaire du roi, et je ne rentrerai à Paris que vers le 5 ou le 6 de mai. Ainsi nous aurions le temps de donner le nombre de représentations qui vous conviendraient.

« Je finis ici, mon cher Morel, car je n'ai guère la force d'aller plus loin.

<K Tout à vous de cœur. Tàlha.

« Soyez bien persuadé que j'ai particulièrement considéré votre intérêt en résistant au besoin que nous avions de partir sur-le-champ pour Paris. »

Après cette longue digression au sujet de Talma, reprenons le cours habituel de nos études historiques.

Direction Saint-Elme.

Saint-EIme^ ou plutôt J. Leroux dit Saiut-EIme, a d'abord exercé la profession de garçon pâtissier. Se sentant une vocation prononcée pour Tart dramatique^ il prit des leçons de Berard, le jeune premier du théâtre de Rouen, à la fin du siècle précédent.

Après avoir, comme on le sait, tenu longtemps à Rouen l'emploi de premier rôle, Saint-Elme a été, le SO juillet 1826, par arrêté du ministre secrétaire d'Etat au département de Tintérieur, nommé directeur des théâtres de Rouen, de la Seine-Inférieure et de TEure, à dater du mois d'avril 4837.

année tiiMtrale fMY-fM8.

L'ouverture de Tannée théâtrale a été faite le samedi 5 mai 1827^ par le spectacle suivant :

lo Le Jeune Mari, comédie ;

âo Les Voitures versées, opéra.

Au lever du rideau, Saint-Elme, directeur, s'est avancé sur la scène et a sollicité, comme directeur, la bienveillance dont il avait eu Thonneur de jouir comme comédien. Les applaudissements du public ont été pour lui la plus flatteuse promesse.

Les débuts et les rentrées ont eu lieu :

Pour la comédie, le vaudeville^ etc., dans le Jeune Mari, le Pkilinte de Molière, le Secret du Ménage, le Dissipateur, le Roman d'une heure. Guerre ouverte, les Folies amoureuses, le Mari à bonnes fortunes, les Rivaux d'eux-mêmes, le Capitaine Belronde, Y Acte de naissance, le Misanthrope, les Fausses infidélités, YAmant bourru, Tartufe, les Deux Frères, le Dépit amoureux et Y Bétel garni.

Pour l'opéra, dans les Voitures versées, Zoraïme et Zulnar, le Délire, Biaise et Babet, Gulnare, la Vestale, le Prisonnier, Sylvain^ la Fausse Magie, le Tableau parlant, Joconde, le Nouveau Seigneur du Village, le Barbier de Séville, Une Folie, le Pensionnat et la Dot,

Par suite des débuts^ la troupe a été constituée ainsi :

Ck)médie :

Charles Mangin, premier rôle (1) Fr. 6,000

Ernest^ jeune premier 5,000

Delacroix, deuxième et troisième amoureux . 3,800

Roblin, raisonneur 3,600

Massin, père noble 5,000

Louis, financier manteau 5,000

Tiste, premier comiq[ue 5,500

Mouchot, second comique â,700

Raynal, second père 2,700

Leprince, Ricquier, Gollange, Jules, Philippe, utilités.

M™« Simonet, premier r61e Fr . 6,000

(i) Il venait de Saint-Pétersbourg. Avant lui, Desbordes avait échoué.

M"« Georges cadette, jeune première (1). . . 4,300 W^ Joséphine, amoureuse.

M"« Mouchot, amoureuse.

Mme Duversin, mère noble 4,000

M»« Dupuis, soubrette (2) 4,200

M™« Saint-Estève, second caractère 2,200

Mii« Chevalier, jeune amoureuse, ingénuité (3) 2,200

Mii« Charlotte Kerkoven et les petites Mouchot, utilités,

Opéra :

Andrieux, première haute-contre, Elle-

viou Fa. 11,000

Edouard, Philippe (4) 7,200

Léon Chapelle, deuxième haute-contre, premier Colin S,SOO

Roche, troisième haute-contre, deuxième

Colin 2,400

Baptiste, Martin (5) 15,000

Boulard, première basse-taille 7,800

(i) Sœur de la célèbre tragédienne.

(2) Après réchec de M*»* Vochez, qui était dans un état de grossesse très-visible.

, (3) Fille de Chevalier, laruette. Reçue après Téchec de M»« Camille.

(4) Avait été à Rouen Colin, puis Philippe déjà. N'a fait qu'une rentrée. ^ C'était Edouard Bruillon.

(5) Ou Batiste. N'a fait qu'une rentrée. Il avait été l'émule du célèbre Martin.

' Gondouin, deuxième basse tablier (i) 5,400

Lemaire, troisième basse â,400

Chevalier, lamette 5,000

Jouanno, trial 4,800

Leprince, Ricquier, GoUange, Bertrand, Durbec et

Valette, utilités.

M™« Dangremont, première chanteuse à roulades Fa. 10,000

M»e Langle, première chanteuse sans roulades 6,000

Mm« Certain, première Dugazon 6,000

M"e Boyer, deuxième Dugazon 4,200

M"e Joséphine, troisième amoureuse.

iMrae Louis-Fabre, duègne 4,500

M°>e Percilliée, mère Dugazon 4,000

Charlotte Kerkoven et Clément, utilités-

Philastre, peintre décorateur.

Collet, régisseur.

Fortin, contrôleur principal.

Schaffner, chef d'orchestre.

• Bidal, première flûte.

H. Lelièvre, souffleur du grand théâtre.

Pour ne rien omettre, disons que Baptiste n'ayant pas été aussi favorablement accaeilli qu'il l'espérait, a manifesté le désir de rompre son engagement; que, pour

(1) Chardon ayant échoué à sa rentrée. Gondouin était fils (l'un marchand de meubles, rue de la Grande-Mesure, n® 21 , à Rouen.

T. III. ai

32â THÉÂTRE

ne pas le contraiiKlre, la directio» a cherché à lui donner un successeur, en septembre i8S7, dans la personne d'un M. Edouard, venant de Dieppe, niais que le débutant est tombé à plat. Baptiste est donc resté. — Disons aussi qu'un nonuné Mercier, qui, ea novembre 18â7, a tenté de se faire admettre comme Laruette en double, pour seconder Chevalier, n'a pu y réussir, malgré cinq débuts.

On a remarqué que l'orchestre était maigre dans les masses On a déploré surtout le petit nombre de violons et de basses. Il y avait trop peu d'instruments à cordes pour tous les accompagnements qui demandaient à être larges et simples tout à la fois. H aurait fallu un renfort de quatre violons, d'un alto et d'une basse.

Les costumes des figurants et les décors laissaient beaucoup aussi à désirer.

LA POLITIQUE AC THÉÂTRE — L'CSprit pubUc u'attCUd

au théâtre qu'une occasion, quelque légère qu'elle soit, pour se manifester; en septembre 1S27, M"® Georges, de la Comédie-Française, a joué la Jeanne d^Arc de Soumet. Plusieurs vers ont soulevé de frénétiques applaudissements, mais aucun plus que celui-ci :

L'air ds la servitude est mortel aux Français.

Le dimanche 4 novembre 1827, jour de la fête du roi, on a donné à dessein :

1« L'air Vive Henri IV!

2o La Partie de chasse de Henri IV, comédie ; 3o Le Déserteur, opéra.

DES ARTS. diiS

Le lundi 21 janvier 1828^ à cause des anniversaires réunis dek mort de Louis XVI et de Marie- Antoinette, les spectacles et autres lieux de divertissements publics ont été fermés pendant toute la journée, par ordonnance du maire de Rouen.

CENSiTRE. — Voici fe visa pour 1827-1828 : « Vu au ministère de l'intérieur, conformément à la décision de Son Excellence, à la charge : lo de ne point jouer Y Indigent, le Mariage de Figaro, Médiocre et rampant, Pierre-le-Cruel , les Précepteurs, Pinto et le Roi de Cocagne, dont la représentation est ajournée ; 2» de ne donner les Châteaux en Espagne, Charles et Caroline, Othello, le Comte d'Albert et le Mariage de Scarron, que d'après des exemplaires semblables à ceux qui ont été visés pour les théâtres de la capitale. — Paris, le 1S mai 1827, — Signé, le Chef du bureau des théâtres. »

REPaÉSENTÀTIONS EXTRAORDINAIRES. — EiNïS Ont COm-

mencé dès le ]»ois de juiA et par la tragédie. Le 18 de ce mois, Lafond, premier acteur tragique du Théâtre- Français, a inauguré par le rMe d'0ro«nase^ de Zaïre, une série de représentations (sept), pour lesqueUes on avait engagé, pour le seconder, Decallian, jeune artiste amateur (emploi des pères et des rois), ex-élève du Conservatoire. Lafond a joué à ce voyage :

Zaïre, Iphigénie en Aulide.

Œdipe. Mahomet,

Pierre de Portugal, Nicomède,

Lafond a terminé le l«r juillet.

3i4 THËATItË

La présence de Lafond a été un grand attrait à la celébration de la fête du grand Corneille, le 29 juin 1827 ; le spectacle a été composé de :

lo Ouverture du Jeune Henri ;

2» Nicomède, avec le concours de Lafond ;

3o Le Triomphe du Cid, à-propos anecdotique en un acte et en vers, par Ruffin.

4t> Cantate en Thonneur de Pierre Corneille.

Cette cantate était celle de Tannée précédente. Elle a, comme de coutume^ amené le couronnement des bustes des deux Corneille.

Lafond avait à peine quitté Rouen que Potier, premier comique du théâtre des Variétés, y arrivait pour y rester jusqu'au 22 juillet et y jouer 12 fois.

On l'a vu dans :

Le Bourgmestre, Les Inconvénients de la

Le Conscrit. * Diligence.

Les Deux Précepteurs. Recette pour marier sa

V Homme de soixante ans. Fille.

Le Ci-^evafit jeune homme. Le Solliciteur.

Le Bénéficiaire, Monsieur Pique- Assiette.

Le Centenaire. VAmi intime.

Les Frères féroces. Le Tailleur de J.-Jacques.

Le Chiffonnier, Werther.

Les Anglaises pour rire. Monsieur de Soi-Seul.

Un M. Armand; passant par Rouen, désirant seconder Potier dans Werther, y a rempli le rôle d'Albert.

En août, on a eu des séances d'illusions vocales avec traveitissementS; de M. Alexandre, qui a donné la pre-

mière le 14 août en jouant cinq rôles dans une pièce en un acte, traduite de l'anglais et intitulée les Buses de Nicolas, Il a fait connaître aussi le Coche d'Attxerre ou les Travestissements, pièce en un acte de sa façon. C'est là tout lé répertoire qui a servi pour six représentations. Ce ventriloque imitait le vagissement d'un enfant, le bruit de la scie, du rabot, etc., etc., Taboiement des chiens et battait le briquet sur son nez. On pouvait se croire à la foire.

A la fin du même mois est venue, à Rouen, M^i» Dupont, sociétaire du Théâtre-Français (rôle de soubrette). Elle a paru cinq fois et a joué dans :

Le Dépit amoureux. Le Légataire universel.

Tartufe. VEcole des Bourgeois.

Les Rivaux d'eux-mêmes, La Femme juge et partie (1 )

Les Femmes savantes. Le Roman d'une heure.

Les Fausses Infidélités. Guerre ouverte.

Les Folies amoureuses,

W^^ Dupont a cessé ses représentations dès le 5 septembre 1827.

Six jours après, le théâtre de Rouen possédait W^^ Georges aînée, première actrice du Théâtre-Français et pensionnaire du roi, accompagnée de Eric-Rernard, premier rôle tragique du théâtre royal de TOdéon.

Mlle Georges a donné :

(1) De Montfleury, et non pas cette comédie arrangée par Onésime Leroy.

3«6 THÉATRR

Sémiramiê, Les Machabées.

Jeanne dCA rc, de Soumet. Macbeth.

Léonidas, Mérope.

Rodogune.

Mii« Georges qui, à ce voyage, a été secondée aussi par le-jeune Toin, son neveu, et par deux acteurs en sous-ordre étrangers à la scène rouennaise, cachés- sous les noms de Jules et de Leroux, est restée jusqu'à la lin du mois et a donné neuf représentations (Voir plus loin le chapitre de la Tragédie).

Nous devons ajouter que M^^e Georges, attachée alors à la troupe du Théâtre-des-Arts, était la sœur de la célèbre tragédienne, et que le jeune ïom était fils de la pensionnaire de Saint-Elme.

Le lendemain même du départ de M"e Georges, le i»»* octobre, commençaient les représentations de Monrose, premier comique et sociétaire du Théâtre-Français. Elles ont été au nombre de cinq, ont duré jusqu'au 7 octobre, et se sont composé de :

Les Jeux de V Amour Les Trois Quartiers.

et du Hasard. Les Originaux.

Le Légataire universel. VEtourdi.

Le Grondeur.

L'anniversaire de la naissance de Molière a été célébrée avec pompe le IS janvier 1828. La salle a été éclairée à l'instar des bals, et on a donné :

^^ Les Deux Jaloux, opéra;

2» L'ouverture du Jeune Henri, à grand orchestre;

5^ Molière chez Ninon ou la Lecture de Tartufe, comédie en un acte;

4» Uo coQcerto de violoficelie, par Scriwaneck fils; oo Tartufe, comédie;

&> Couronnement du buste de Molière, où tous les acteurs de la comédie et de l'opéra ont paru sur la scène.

On sait que la comédie auecdotiquc intitulée Molière chez Ninon, de Chaze't et Dubois, est la mise en scène du tableau de Monsiau.

Elle a été donnée une deuxième fois le 18 janvier, et est restée au répertoire courant.

Les mois de janvier et de février 1828 ont été animés par la présence d'une troupe de ballet: MM. Bénoni, Poulou, Felttman, M°»«s Bénoni et Estelle, premiers danseurs du Tbéâtre-Royal de Bruxelles, réunis à d'autres artistes danseurs du même théâtre. Voici quel a été leur répertoire :

Almaviva et Rosine ou le Barbier de Séville, balletpantomine en trois actes, par Blache.

Un Divertissement asiatique à la fin de Gulnare, opéra.

Les Innocents ou Comme V amour vient au village, ballet-pantomime en un acte, par Duport.

Le Carnaval de Venise, ballet comique en deux actes, par Milon.

Un Divertissement villageois à la fin de la Dot, opéra.

Louise et Alexis ou leDéserteuf, ballet-pantomime en trois actes, par d'Auberval.

Divers Pas de deux dans Gulistan, opéra.

La Fille mal gardée, ballet-pantomime en deux actes, par d'Auberval.

Jennfj ou le Mariage secret, ballet-pantomime en trois actes, par Aumer.

Les Vendangeurs au les Baillis dupés, ballet en deux actes, par Blache.

Monsieur des Chalumeaux ou une Soirée de Carna^ val y ballet comique en trois actes, par Petito.

Les Rendez-vous nocturnes ou les Meuniers, ballet comique en deux actes, par Blache.

Un Divertmement dans le Siège de Corinthe, opéra.

Les danseurs de Bruxelles ont paru douze fois.

Au dernier jour du mois de mars 1828 ont commencé les représentations de M™« Mondoville-Lemoule , de rodéon, première chanteuse, qui avait appartenu autrefois à la troupe rouennaise sous le nom de M^^^^Lemoule. Elle s'est fait entendre dix fois. Voici dans quels opéras :

Le Barbier de Séville. Le Concert à la Cour,

Jean de Paris, Le Calife de Bagdad.

Le Billet de Loterie. La Pie voleuse.

Jeannot et Colin, La Jeune Femme colère.

Cendrillon, Le Traité nul.

Le Diable à quatre. Le Tableau parlant.

Les Prétendus. Le Rossignol,

Euphrosine. Le Bouffe et le Tailleur, . Les Voitures versées.

Mi"« Mondoville-Lemoule est restée jusqu'au jour de la clôture inclusivement.

BÉNÉFICE DE$ HOPITAUX. — La première représentation a été donnée le mercredi 28 novembre 1827. On a joué : lo Le Marin, vaudeville; 2© Les Trois Quartiers, comédie ; 5o La Vestale, opéra.

Produit brut : 3,466 fr. 05 c.

La seconde représentation a été fixée au mercredi 12 mars 1828 et a été composée de :

10 V Amour et la Raison, comédie; 2o Le Pensionnat, opéra ;

3o Le Maçon, opéra.

Blé, ancien acteur du Théàtre-des-Arts , a consenti, pour cette fois seulement et en faveur des Hospices de Rouen, à reparaître dans les rôles de Grégoire du Pensionnat et de Baptiste du Maçon. L'administration des hôpitaux l'en a remercié par une lettre des plus flatteuses.

Après la dernière pièce, Bié a été redemandé et ramené sur la scène par Andrieux et M"« Boyer.

Produit : 4^863 fn 40. Est-ce le produit brut ou le produit net? Nous l'ignorons.

11 esta noter que M. Ch. Durand, professeur de littérature, a bien voulu suspendre son cours ce jour-là pour laisser à tout le monde le loisir de concourir à une bonne œuvre.

TRiGÉDiE. — Nous avous parlé des représentations de Lafond, premier acteur tragique du Théâtre-Français, de la célébration de la fête de Pierre Corneille, des représentations de M"« Georges. Il ne nous reste donc qu'à dresser la liste des nouveautés; elles sont au nombre de trois :

Jeanne d'Arc, tragédie en cinq actes, par Soumet. A la première représentation, en septembre 1827, M^^^ Georges ainée, du Théâtre-Français, y a joué le rôle de Jeanne d'Arc, qu'elle avait créé à Paris, et Eric-Bernard, de l'Odéôu, le rôle du duc de Bourgogne.

830 THËATftË

Léonidas ou l'Héroïsme dts Grrecs, tragédie en cinq actes, par Pichat. A la première représentation, en septembre 1827, M"« Georges ainée y a créé le rôle d'Archidamie, et Eric-Bernard celai de Léonidas. Des symphonies militaires de la composition de Ayttion, chef d'orchestre du Théâtre-Français de Paris, ont été exécutées dans le cours de la pièce.

Les Machahées, tragédie en cinq actes, par Alexan* dre Guiraud, membre de l'Académie française. A la première représentation, en septembre 1827, M"« Georges aince y a joué le rôle de Salomée, qu'elle avait créé à Paris, Eric-Bernard celui d'Antiochus, et le jeune ïom, neveu de Mi'« Georges, celui de Mizaël, le plus jeune des sept frères.

DRAME. — Une seule nouveauté :

V! Homme du Monde, drame en cinq actes, par Ancclot et Saintine. Première représentation en décembre 1827.

On a maintenu au répertoire :

Edouard en Ecosse. V Habitant de la Guadeloupe,

Clémence et Waldémar. \J Honnête Criminel,

COMÉDIE, VAUDEVILLE, ETC. — Dix-huit nouvcautés :

VAmi intime, vaudeville en un acte, par Théaulon, Dartois et Ferdinand Laloue. Première représentation en juillet 1827.

Le Bourgmestre de Saardam, vaudeville en deux actes, par Mélesville, Merle et Boirie. Première représentation le 28 mai 1827. Jouanno y a créé le rôle du Bourgmestre.

Le Centenaire ou la Famille des gaillards, vaudeville

en un acte, par Francis, Théaiilon et Dartois. A la première représentation, en juillet 1827, Potier y a créé le rôle principal.

Le Chiffonnier ou le Philosophe nocturne, vaudeville en cinq actes, en une journée et en quatre changements, par Théaulon et Etienne. Première représentation en juin 1827.

Les Frères féroces ou Bonardin à la répétition, grand mélodrame en un acte, par de la Salle et Carmouchc. A la première représentation, en juillet 1827, Potier y a créé le principal rôle.

V Homme de soixante ans , vaudeville eu un acte, par Dartois, Simonin et Ferdinand. A la première représentation, en juillet 1827, Potier y a créé le rôle du chevalier Saint- Julien.

Le Hussard de FeUheim, vaudeville en trois actes, par de Villeneuve et Ch. Dupeuty. Première représentation en septembre 1827. C'est Tiste qui y a créé le rôle principal.

Les Inconvénients de la Diligence ou Monsieur Bonaventure^ vaudeville en six tableaux, dans le même cadre et en une journée, par Francis, Théaulon et Dartois. Première représentation le 28 juin 1827. Jouanno a créé le rôle de M. Bonaventure.

La Laitière de Montfermeil, vaudeville en cinq années, par Emile, Brazier et René Perin. Première représentation en janvier 1828.

Le Marin ou les Deux Ingénues, vaudeville en un acte, par Théaulon. Première représentation en septembre 1827.

Molière chez Ninon (Voir les représentations extraordinaires.

Monsieur Pique^Assiette, vaudeville en un acte, pari Dartois et Gabriel. A la première représentation, en juillet 1827, Potier y a créé le rôle principal.

Monsieur de Soi-Seul ou V Egoïste par régime, vaudeville en un acte, par de Longchamps et Ferdinand Laloue. A la première représentation, en juillet \9Sn, Potier y a créé le principal rôle.

Les Petites Danaides ou Quatre-vingt dix-neuf vic^ times, imitation burlesco-tragi-comi-diabolico-féerie de l'opéra des Danaides, ornée de tout son spectacle et de six décors nouveaux, par Philastre, peintre-décorateur du théâtre, et mêlée de vaudevilles. Première représentation le 18 février 1828. Sournois, Jouanno ; Pincée, Tiste; TA mour. M"»» Certain ; l'Hymen, M^** Joséphine ; Mme Pincée, M*ie Boyer. Les Petites Danaides sont de Désaugiers et Gentil.

La Première Affaire, comédie en trois actes et en prose, par Merville. Première représentation en octobre

Recette pour marier sa Fille, vaudeville en un acte, par Mêles ville et Raoul. A la première représentation, eu juillet ,1827, Potier y a créé le rôle de M.Mathieu.

Trilby ou le Lutin du foyer, vaudeville en un acte, par Théaulon, Lafontaine et Jouslin. Première représentation en octobre 1827.

Les Trois Quartiers, comédie en trois actes, par Picard et Mazères. Première représentation en août 1827.

Aux pièces déjà citées dans le récit de cette campagne, il faut ajouter :

Les Amants Protïiée, Y Avare, V Avocat (reprise), V Avocat Patelin,

Le Barbier de Séville, la Belle-Mère et le Gendre, Brueys et Palaprat.

La Carte à payer, le Célibataire et (Homme marié (reprise), les Châteaux en Espagne, le Chevalier d'industrie (reprise), Claudine de Florian (reprise), le Code et l'Amour, le Collatéral, Crispin médecin, Crispin rival de son maître.

Les Deux Figaro, les Deux Ménages, le Distrait,

V Ecole des Femmes, Y École des Maris, V École des Vieillards, Y Enfant trouvé, Y Epreuve nouvelle, YEpreuve réciproque, les Etourdis.

Je fais mes farces, la Famille bretonne (reprise), la Fausse Agnès, les Fausses Confidences, le Festin de Pierre, la Fille d'honneur (reprise), France et Savoie, les Fourberies de Scapin.

La Gageure imprévue, le Glorieux, — YHomme du jour (reprise), Ylntrigue épistolaire, YImpromptu de campagne.

La Jeune Femme colère, la Jeunesse de Henri V, Une Journée à Versailles, — Kettly.

Le Legs, — Marton et Frontin, le Médecin malgré lui, le Mercure galant, Monsieur Vautour.

NaninCy — YObstacle imprévu.

Le Philosophe marié, le Pied de Mouton,

La Revanche (reprise), la Somnambule.

Tom Jones à Londres (reprise), Tur caret,

Valérie, le Vieux Célibataire,

Sai THEATRE

OPÉRA. — Trois nouveautés seulement :

Le Colporteur ou l'Enfant du Bûcheron^ en trois actes, par Hanard et Ouslow. Pretniëre représentation en mars 1828.

Fiorella, e& trois actes, par Scribe et Auber. La première représentation, en décembre 1827, a été égayée par une négligence dans la décoration. Le décor qui servait, dans le vaudeville le Chiffonnier, à représenter la salle des Pas*Perdtts, a été emplayé pour figurer dans Fiorella l'intérieur du couvent; or, sur un décor, on avait laissé les mots : Tribunal de première instance, singularité qui a beaucoup fait rire.

Parmi les refrains de cet opéra, celui-ci a été le plus goûté :

Au plaisir, h Tamour Ne soyons plus rebelles :

Le p]aisir a des ailes Et rameur n'a qu'un joiur.

Le Loup (jarou, en un acte, par Scribe et Mazères ; musique de Mii« Louise Bertin. Première représentation en octobre 1827.

Voici le complénaent da répertoire lyrique : Adolphe et Clara, Aime, Ambroise, ï Amour filial^ Beniawski, —

Camille, la Caravane, la Caverne, la Clochette (reprise).

La Dame blanche, les Deux Avares, Deux Mois, Emma (reprise), — la Fête au Village voisin, Françoise de Foiœ.

Gulislan, — V Intrigue aux fenêtres (reprise).

Joseph, — Lcocadie (reprise), Léwi, la Lettre de change, LodoïsJca, Lulli et Quinault,

La Maison à vendre, la Maison isolée, Marie.

Les Maris garçons^ Ma Tante Aurore.

Michel-Ange (reprise), Montano et Stéphanie.

La Neige, — Œdipe à Colonne,

Paul et Virginie, le Petit Chaperon rouge, Philippe et Georgette, Picaros et Diego, Pygmalion.

Les Rendez-^vous bourgeois, Robin des Bois, Rose et Colas.

Le Secret, le Siège de Corinthe (reprise), le Solitaire (reprise).

Le Tonnelier, — la Vietlle (reprise).

Zémire et Azor.

CONCERTS. — La réclame suivante était publiée le samedi 19 mai 1827 : « iM. Lafont, premier violon de la chambre du Roi et de S. A. R. Madame, duchesse de Berry, passant quelques jours dans notre ville, doui^ra aujourd'hui samedi im grand concert vocal et instrumental, dans lequel il jouera la grande fantaisie nouvelle qu'il a composée et exécutée avec un si grand succès au concert spirituel donné le vendredi saint de cette année, au grand Opéra, à Paris ; il terminera par des variations brillantes. Avant le concert, M. Desbordes, ex-officier de l'ancienne garde, fera son troisième début dans le rôle de Derville du Man à bonnes fortunes. Ne s'étant livré aux études de ta scène que depuis 1814, M. Desbordes a cependant été accueilli avec succès dans les différentes villes où il a été engagé. Il est à espérer que, remis de l'émotion qu'il éprouvait à son deuxième début.

il méritera cette fois J'indolgeoce et les applaudissements des Rouennais^ comme il les a déjà obtenus dans les autres yilles de France et de la Hollande.

« Le talent si connu de M. Lafont^ se joignant à cette représentation pour la rendre plus brillante, semble assurer aux vrais amateurs un concours de plaisirs pendant toute cette soirée, qui sera la seule dans laquelle M. Lafont pourra se faire entendre. »

Tout ce protocole n'a pas empêché Desbordes d'être refusé^ ainsi ^ue nous Tavons dit plus haut. Quant à Lafont, il a fait le plus grand plaisir et a été très-applaudi. 11 s'était d'ailleurs adjoint Andrieux, première haute-contre; Scriwaneck, artiste de l'orchestre, et M"« Schaf&ier, fille du chef d'orchestre. Cette dernière, âgée de seize ans, chantait pour la première fois en public et s'en est fort bien tirée.

iNTEBMÈDEs. — La musiquc a fait tous les frais des intermèdes :

Ouverture du Jeune Henry (souvent) ;

Ouverture de Charles de France, par Bojieldieu et Hérold (octobre i827) ;

Ouverture A'Euryanthe, par Carl-Maria Weber (novembre 1837, puis souvent);

Ouverture d'Iphigénie (décembre 1827) ;

Un concerto de Kreutzer et des variations de RoUa, exécutés par le jeune Camille Sivori, de Gènes, âgé de onze ansy élève de Paganini. Cet enfant, amené et dirigé par un monsieur Dellepianne^ était avantageusement connu dans les concerts de la capitale par son talent sur le violon (avril 1838);

Un concerto de Rode et VAdagiOj polonaise ilu concerto de Rode, par le même (même époque).

BALS. — Le premier grand bal de nuit paré et masqué a été donné le dimanche 3 février 1828, après Je spectacle. On a pris 3 fr. 50 c. par personne. Le dimanche 10, le jeudi 14, le dimanche 17 et le mardi 19 même fête de nuit (1).

La clôture de Tannée théâtrale a été faite un dimanche, le 20 avril 1828. On donnait ce jouHà :

lo Le Bouffe et le Tailleur;

2» Les Voitures versées;

5o Le Billet de Loterie,

M>°« Môndoville-Lemoule, alors en représentation à Rouen, a chanté dans ces trois opéras.

mCIMIITS.

En 1827, le public, même celui du dimanche, était fort sévère. Le dimanche 13 mai, quoique Taffiche eût annoncé qu'en attendant les prochains début§^ d'une basse-taille comique Lemaire remplirait, dans la Dame blanche, le rôle de Mac-Irton^ les partisans de Chardon, qui avait échoué quelques jours auparavant, à sa rentrée, n'ont pas voulu entendre Lemaire et ont interrompu le spectacle. En vain le commissaire leur a-t-il » ■■ »i ' ' Il I I ■ 1 1

(i) En 1828, P&ques était le 6 avril. On a fait relâche le 3, le 4, le 5 et le 6. .

Tflfi;4Tiie

deswinjoMclîofis et a*t-il argué de la niptare de rengagement de ekaidoD et de son prochain départ de la Tille, le calme n'a pn se rétablir. La toile a été baissée, mais le brait a continué; enfin, après nne nonrelle allocation de Tofficier de police, la garde a été introduite dans le parterre, qu'elle a fidt Tider non sans quelque peine. Alors on a repris le final do second acte et joué le troisième. La pièce s'est terminée en présence du taUeau aaseï étrange d'une foule de spectateurs remplissant les loges et d'un parterre désol ou plutôt n'olErant que deux factionnaires.

L'incident le plus original de Tannée a été la présence au spectacle, pendant quatre représentatims, de six Indiens de la tribu des Osages, en costume de leur pays, qui, venant du Harre, sont arrivés à Rouen le 7 août 18S7. Les hommes étaient revêtus d'une redingpte bleue et d'nn pantalon; les femmes portaient une espèce de mante ronge dont elles étaient enveloppées, toutefois ce vêtement n'était qu'accidentel et seulement pour le voyage. C'était un prince de la tribu des Osages, accompagné de son épouse et d'une confidente, d'un général et de deux aides-de-camp. Le colonel Delaunay les accompagnait. On les a placés dans la loge du général.

Le premier jour on leur a fait voir le Médecin maigre Itdy comédie, et Lodofska ou les Tartares, opéra. Dans ce dernier ouvrage, les combats et l'embrasement du château de Boleslas ont surtout excité leur étonnement. Pendant le cours de la pièce ils ont bu, à la santé et à la prospérité de la nation française, du vin et de l'eau.

DBS ARTS. 388

boisson qu'ils préféraient à toute autre. Dans un en* tr'acte, le chef s'est levé et a prononcé quelques nots que son interprète a rendus ensuite en ces termes : n Mes frères, le bon accueil que nous fait le peuple français est entré par mes yeux dans mon cœur. Le souvenir de mon passage ici ne sortira jamais de ma mémoire, ainsi que de celle des personnes qui m'accompagnent. Je salue le peuple français. » En se retirant^ ils ont tous répété leurs saints de la main et de la manière la plus affectueuse.

Le deuxième jour, les Osages ont vu le Dépit amoureux, comédie, suivie de Robin des Bois, opéra. Le tableau infernal de la fin leur a fait une grande impression. Pendant ce temps, on leur a servi des glaces, qu'ils ont mangées avec avidité.

Le troisième jour : Y Impromptu de campagne, comédie, et Zoraïme et Zulnar, opéra, dont la musique et les costumes étaient bien faits pour les intéresser.

Le quatrième jour : la Jeunesse de Henri V, comédie, et Peml et Virginie, opéra.

Pendant les entr'actes, on levait le rideau, afin que la portion du public réfugiée sur le théâtre pût apercevoir les nobles étrangers : le prince héréditaire de la tribu des Osages, l'Ësprit-Noir, le Petit et le Gros-Soldat, et les deux compagnes de ces quatre messieurs.

Ajoutons que ces six Osages étaient arrivés du Missouri au Havre, le 17 juillet précédent, sur le navire américain New^Enfiand^ capitaine Hunt. M. Anduze, missionnaire américain, arrivé au Havre le 90 juillet; MM, David Delaunay et Francis Tesson» émargés de la direction de ces voyageurs, et M. Paul Loise, leur inter-

prête, ont rédigé sur eux une brochare in-H»^ qui se vendait alors 75 centimes.

Rossini assistait à la représentation du Théàtre-des- Arts, le mardi 4 septembre 1827. Il était alors, si nous ne nous trompons, inspecteur générai du chant. Il avait quarante ans environ, une taille moyenne, de Tembonpoint, des traits réguliers et une large ligure, dont l'expression était aimable et douce.

Ce soir-là on donnait les Femmes savantes et Guerre ouverte, avec le concours de W^^ Dupont, de la Comédie- Française^ et on finissait par Sylvain, opéra. Rossini a pu, dans ce dernier ouvrage, applaudir Boulard et M™<^ Percilliée.

On est allé demander au directeur l'ouverture de la Pie voleuse, mais l'absence de plusieurs musiciens a rendu impossible l'exécution de ce chef-d'œuvre. En somme^ Rossini a été reçu avec une froideur qui ne fait pas précisément l'éloge des habitués de ce temps-là.

On n'a pas oublié la catastrophe de la maison écroulée, sur laquelle nous avons tant insisté.. Cette même maison, réédifiée sur un plan tout nouveau, était arrivée jusqu'au-delà des cintres de l'entresol, sur lesquels on avait posé les consoles destinées à soutenir le balcon, quand tout-à-coup, le 6 septembre 1827, très-peu de temps après la cessation des travaux, le faux aplomb de ces corps saillants a déterminé leur chute. Un ouvrier a été gravement blessé. Le directeur Saint-Elme s'est empressé de lui faire donner les premiers soins, et, comme son prédécesseur Morel, a montré dans cette circonstance le plus louable dévoûment.

La fÎMXieme cantatrice, W^ Giiiti, Tenant du Havre, est arrivée à Rouen, le 30 septembre i827. La direction ne l'a pas engagée. U ne faut pas Ini en faire reproche. Mii« Ginti, en effet, était rappelée à Paris par ordre de M. de Larochefoucanlt.

Nous avons enregistré les représentations données à Rouen par Mii« Georges, de la Comédie-Française, en septembre 1827. Un petit incident s'y rattache. Un vol de plusieurs diamants a été commis à son préjudice, à rhôtel du Midi, rue des Charrettes, tenu par Meriotte. Un seul peigne en diadème, orné de brillants, était d'une valeur de près de 3,000 fr. Pour la bonne réputation de sa maison, Meriotte a fait savoir, par le journal, que l'auteur du vol était Henriette Zanoli, fille de service étrangère à l'hôtel, attachée à la personne de Mii« Georges. Les objets volés ont été retrouvés cousus dans la coiffe d'un chapeau appartenant à cette fille, que l'on a arrêtée, bien entendu.

La direction avait affiché au foyer, le vendredi o octobre 1827, relâche pour le lendemain samedi, mais l'usage n'admettait alors de relâche au théâtre le samedi que jusqu'au 1er octobre. On est parti de là pour exiger la suppression de ces vacances hebdomadaires, dont les abonnés ne s'accommodaient pas. Après quelques pourparlers, le régisseur a fait droit à la réclamation.

Que dire d'un directeur qui cherche à réduire le nombre des représentations? Qu'il dirige mal, parbleu!

La soirée du 2 novembre 1827 a été très-agitée. Une •mesure émanée de l'autorité a été la cause du plus grand

ut THfiATflK

tomHe. l«e résultat d« cette mesvre était qm, doréaavant^ on n'affidierait plus chaque soir, an foyer «t dans le vestibule, le spectacle da lendemaiii On yonlait éri* ter par là les réclamations qui surgissaient souvent. — Le 30 octobre précédent, par exemple, on avait sifflé par anticipation la Maison isolée, que l'on a jouée le 51 . — Le 2 novembre, on a invoqué l'usage depuis longtemps institué. 11 a fallu, pour rétablir Tordre, que le commissaire annonçât qu'on en référerait à M. le maire, et que probablement la nouvelle mesure serait révoquée. Elle l*a été, en effet ; seulement, au lieu de dire comme par le passé : Demain on jouera, on a mis : Spectacle provisoire ; on se propose de donner demain, etc.

Les ardstea du théâtre, quelques professeurs et plu* sieurs amateurs de la ville ont exécuté, le jeudi 32 no* vembre 1827, dans l'église Saint-Godard, une messe en musique en l'honneur de sainte Cécile. Boulard y a chanté un motet de Mozart. On y a entendu Scriwanecli, violoncelle, et Bridou^ contrebasse.

Au commencement de décembre 1827, une souscription a été ouverte pour placer au foyer des premières loges le portrait à l'huile de Bié (Grégoire du Pensionnat) et de M'ne Duversin, tous deux par Malecy. On souscrivait tous les jours au bureau de Fortin, contrôleur principal, au bas de l'escalier des premières. Chacun des souscripteurs a reçu une épreuve lithographiée de ces deux portraits. Après cette distribution, la pierre a été cassée. •

A cette occasion, on a dit que l'on ferait également bien de placer au foyer au moins une glace; que ce

MBS ARTS. 343

meuble était indispensable dans un lieu fréquenté par le beau sexe, et que les élégantes rouennaises en sauraient gré à Saint-Elme.

Kacore un incident qui prouve- la sévérité duyubUe... en ce temps-là. Le 29 janvier 1828, on représentait les Deux Mots. Une faute légère échappe à Edouard. On le siffle. Déconcerté par i'attitnde menaçante de quelques spectateurs, Jouanno se trompe à son tour. On le siffle. Sa scène achevée, il sort par la porte du fond. Un geste fait croire à plusieurs personnes que Tacteur a eu l'intention de montrer au public la place où les reins perdent leur nom, le rez-de-chaussée de la colonne vertébrale^ Jouanno dut, pendant le reste de Touvrage, essuyer d'énormes bordées dé sifflets. Le lendemain, même accueil. On exige des excuses. Jouanno en fait de complètes, et dit qu'on avait mal interprété un mouvement qu'il avait fait pour remettre son mouchoir dans sa poche.

Mais voici bien autre chose ! Une partie du public a remarqué que certains artistes de l'orchestre, s'arrogeant un droit qu'ils n'ont jamais eu, qu'ils n'ont pas et qu'ils n'auront jamais, avaient pris fait et cause pour Jouanno et gourmande vertement certains spectateurs du parquet de la nouvelle récrimination et correspondance échangées dans les journaux. On n'avait pas froid aux yeux en 1828!!!

344 THÊATRF.

Mrectton Saint-Elme et de ttalnt-Victor.

Saint-Elme n'a pas dirigé seul pendant cette campagne. Il avait fait les engagements; les artistes étaient liés envers lui, mais il Tétait à son tour envers de Saint-Victor.

De Saint- Victor Nauthon, ex-directeur à Liège, Gand, Toulouse, Lille et Orléans, a été proposé au ministre le 29 mai 1828. Le 6 juin suivant, il a été nommé, en remplacement de Saint-Elme, directeur des théâtres de la Seine-Inférieure et de TEure.

Le 10 décembre 1828, le ministre le maintint en possession de ce privilège pour trois années, qui devaient commencer du mois d'avril 1830.

Nous verrous que ce directeur s'en est désaisi bien avant l'expiration du terme qui lui était accordé.

Année théâtrale lS9S-lfl99.

Après s'être excusé^ le 6 mai 1828, par un avis inséré au journal^ du retard apporté à la réouverture, sur la difficulté de réumr plusieurs artistes venant de l'étranger, Saint-Elme a commencé seul Tannée théâtrale jusqu'à

ftES ARTS. 345

la nomination de sou fatur successeur^ et il Ta inaugurée par le spectacle qne voici :

i* VAhbè de VÉpée, comédie;

2o Les Deux Frères, comédie.

Les débuts et les rentrées ont été très-orageux. Un soir, . c'était un spectateur du parterre qui se ruait dans le parquet pour imposer silence aux amateurs qui n'étaient pas de son avis. Le lendemain, c'était plusieurs per- ^nnes du parterre également qui envahissaient les premières places et les galeries pour imposer leur .opinion sur tel 00 tel débutant. Une autre fois, un habitué des premières jetait ses gants dans le parterre, en guise de défi porté à la foule. Ou bien encore il fallait que la garde royale et la gendarmerie fissent une apparition dans le parterre et menaçassent de l'évacuer pour rétablir un peu de calme et faire taire les cabaleurs.

C'est à cette époque qu'a été pour la première fois posé nettement un principe qui a toujours été maintenu depuis, à savoir qu'il ne doit pas y avoir de débuts le dimanche.

Les débuts ont été fort longs pour la troupe dramatique et pour la troupe lyrique. Ils ont été effectués :

Pour la comédie, le vaudeville, etc., dans VAbbé de i'Épée, les Deux Frères, le Secret du Ménage, la Fille d'honneur, les Rivaux d'eux-mêmes, le Dépit amoureux, V École des Vieillards, V Honnête Criminel, les Premières Amours, le Philinte de Molière, V Amour et la Raison, Tartufe, le Jeune Mari, les Femmes savantes, Brueys et Palaprat, le Philosophe marié, le Dissipateur, la Carte à payer, Ouerre ouverte et la Fausse Agnès,

Pour l'opéra, dans Biaise et Bahet, le Maçon, le Petit

U^ THËATK

Mûteioi, la FHe au VUlage veisin, V Amour fUM, »09e et Colas, le Petit Chaperon rouge, hi MoUon isoUe, le Barbier de Séville, ]e Bassifiwl, le Frisonnéer, VOféracomique, Camille, le Calife 4e Bagdad, ia Caverne, Euphrosine, le Nouveau Seigneur du village, la Pie voleuse, le Concert à la Cour, la Dame blanche, le Billet de Loterie, Fiorella, Zëmire et Àsor, Beniowski, Montano et Stéphanie.

Les débuts et les rentrées cmt donné les résultats suivants :.

Comédie :

Charles Mangin, premier rôle.

Ernest, jeune premier (1).

liemadre, deuxième et troisième amoureux. Charles, troisième rôle, raisonneur {%.

Michclan, père noble.

Louis, financier, manteaux.

Tiste, premier comique.

Moucbot, deuxième comique.

Raynal, second père.

Lcprincr^ Ricquier, Collange, Jules, Valette, Philippe et Victor, utilités»

(1) Rentré après Téobec de Delacroix, deuxième amoureux de l'année précédente, qui a voulu passer jeune premier, après réchec de Gustave Rey, celui de Florent et celui d*£ugène.

(â) Avait tenu à Rouen, huit ou dix ans auparavant, remploi de troisième basse ou de grandes utilités. -*- Reçu après l'échec die Roblin, à sa rentrée, et celui d'Ëugèae Marchand, débutant.

Ofift ARTS 847

Mo>« Simooet, premier rôle.

Adèle Patrat, jeune première.

M«« Saiut-Angè-Chaproo, ingénoités» rôles travestis (1).

Mme Lccière, amoureuse.

Mii« Fanny Mouchot, troisième amoureuse.

M«« Duversin, mère noble.

Pauline Dupuis, soubrette (2).

M"« Caroline, soubrette en double (3).

Mme Saint-Estève, second caractère.

Mmea Clément, Frits, Aimée, Coralie Mouchot, Emilie Moucbot et Ansoult, utilités.

Opéra ;

Andrieux, première haute-contre, Ëlleviou. Nicolo-Isouard, Philippe et Gavaudan (4). Saiut-Auge, deuxième hautes-contre, premier Colin. Moreau, troisième haute-contre, deuxième Colin. Dabadie jeune. Martin (5).

Serda, première basse-taille.

Leclère, deuxième basse.

(1) N'a fait qu'une rentrée, parce qu'elle avait tenu cet emploi à Rouen.

(2) Rentrée après l'échec de M"» Monligny.

(3) Élève du Conservatoire* Destinée à remplacer M*'"' Dupuis, souvent malade. — M""* Edouard avait échoué avant la réception de M"* Caroline.

(4) Avait tenu à Rouen remploi d'ËUeviou.

(5) Élève de TËcole royale de musique. Reçu après Téchec de plusieurs débutants.

Lemaire, tralsième basse. Joly, laruette.

lôaimno, trial.

Honoré, Adam, Leprince, Jules, Collange et Ricquier, utilités.

M«« Poncbard aîné, première chanteuse à roulades (1). M"« Langle, première chanteuse sans roulades. M«« Certain, première Dugazon.

M™« Dumetz-Fleury, deuxième Dugazon.

M™« Leclère, troisième amoureuse ou troisième Dugazon.

Fanny Mouchot, idem, et Betzy.

Mn»« liOuis Fabre, duègne.

M"« Bernard, mère Dugazon Mmes Clément, Frits, utilités.

Philastre, peintre décorateur.

Collet,- régisseur.

Leroy, caissier général.

Fournera, chef d'orchestre.

Bidal, première flûte.

L'orchestre a été un peu agrandi, mais le nombre des exécutants n'a pas été augmenté. On a déploré de nouveau l'insuffisance des violons. En revanche, on a assigné aux musiciens des places autres que celles qu'ils occupaient précédemment. Cependant la dernière disposition appartenait à Boïeldieu^ quand il vint diriger à

(1) Ex-sociétaire du théâtre Feydeau. Reçue après Féchec de plusieurs débutantes -— Avait déjà tenu à Rouen cet emploi.

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Houen l'exécatioa de sa Dame blanche. C'était, ce uous semble, une autorité ; mais Fournera eo a jugé autrement. — Il n'y avait que huit violons, il en eut fallu six de plus; que deux violoncelles, il en eut fallu au moins quatre; il eut fallu plus d'alto, plus de basse et une contrebasse de plus, au moins neuf archets de plus

Parmi les nouveaux artistes de la troupe, on remarquera surtout Leclère, Nicolo-Isouard et Serda, que beaucoup de personnes se rappellent encore aujourd'hui. Leclère a débuté comme basse-taille comique par les rôles de Jacques de Biaise et Babel, du baron de la Fête au Village voisin, de Sabord du PeUt Matelot, et de Mathurin de Rose et Colas. Nicolo-Isouard, Philippe- Gavaudan, a débuté dans Camille, dans la Caverne et dans Euphrosine avec une particularité extraordinaire, que nous devons renvoyer au chapitre des incidents. Serda, basse-taille noble, a débuté dans la Maison isolée, le Barbier de Séville et la Caverne.

Les emplois de Martin et de première chanteuse à roulades ont fait cette année le désespoir de la direction. Molinier ayant échoué pour le premier et M"^^ Nicolo- Isouard pour le second, on a engagé pour trois mois^ c'est-à-dire jusqu'au i^r septembre, Mondoville et sa femme, ex-pensionnaire de TOdéon. Celle-ci était déjà connue avantageusement à Rouen. Pendant ces trois mois, Dumetz-Fleury (ou Fleury tout court), ex-artiste du théâtre de Montpellier, a fait des débuts malheureux dans l'emploi de Martin, Après lui, Henri Martin a eu le même sort ; puis un nommé Darmand a échoué également. Est venu Dabadie jeune, qui d'abord a tàté le terrain en jouant pour ainsi dire en représentation.

3!M> mfiATRfe

Enhardi, il a fait d^ débat» et a été ve^i. — D'un aotre côté^ on a fait débuter dans l^eMpioi de première cbantense à roulades M<»» Mercier, qoi avait été Dngazon et Philis au Tfaéàtre-des-Arts quelques années auparavanl. Elle a été refusée. C'est alors que M»« Poncbard attné, bien connue à Rouen, a fait des débuts couronnés de succès.

LA POLITIQUE AU THÉATBE* — La première reprise qu'ait faite la nouveUe direclion a été celle du Mariage de Figaro ou la Folle Journée, ouvrage immortel qui était à Yindex depuis deux ans. Le public a accueilli avec un enthousiasme qui sentait de loin le 1830 tous les passages qui ont trait à la politique et à la presse. Cette reprise est devenue par cela même un fait assez important.

Le jour de la Saint-Charles^ fête du roi, le 4 novembre 1828» on a donné :

lo L'air Vive Henri IV, exécuté k grand orchestre;

2o La Partie de Chasse de Henri IV, comédie;

Zo L'ouverture de VHeureux Retour, de BertoD, exécutée à grand orchestre ;

4° Le Déserteur, opéra

Absolument le même spectacle qu'en 1826 et en 1827, à pareil jour.

Le 21 janvier 1829, il y a eu relâche par ordre, à cause des anniversaires réunis de la mort de S. M. Louis XVI, roi de France et de Navarre, et de S. M. la reine Marie-Antoinette.

ocRsuBE. -« Voici le visa pour 1828-4629 : « Vu au ministère de l'intérieur, eonformémeuf à la décision de

Sou Excellence^ à la charge de ne pas jouer YIndigent, Médiocre et Rampant, Pierre-le»Cruel, les Denx Pré^ eepteurs et le Roi de Coeagne, dont la rejniésentattou est ajournée, et de ne jouer les Châteaux en Espagne, Mon» toni, Othello, le Comte d^ Albert et le Mariage de Searron que d'après des exemplaires semblables à ceux qui ont été corrigés pour les théâtres de Paris. A l'égard de quelques autres ouvrages, tels que Nadir ou Thamas Koulikan, le Petit Chemin de Postdam, Sidney, le Satirique de Palissot , V Usurier gentilhomme, l'Arc de Triomphe et la Fille hermite, qui ne sont pcHUt au courant des répertoires, ils ne doivent être donnés que d'après une autorisation particulière. — Paris, le 25 avril 1828. — Signé, le Chef du bureau des théâtres. »

REpaÉSENTiTioNS EXTRAORDINAIRES. — Le jour de la Saint-Pierre (29 juin) ayant été un dimanche en l'année 1828, la direction a célébré cette fête en Thonneur du grand Corneille le samedi 28. Bile a ainsi composé le spectacle :

lo La Jeunesse de Corneille ou le Poète par amour, comédie en un acte, par un anonyme;

2o Fantaisie militaire, de Lafout, arrangée pour le violoncelle et exécutée par Scrivt^aneck fils ;

So Le Cid, Ligier, du Théâtre-Français, jouant le rôle de don Rodrigue ;

4o Une cantate à grand orchestre, paroles et musique de Charles, artiste du ThéAtre^es^Arts ;

So Le couronnement des bustes des deux Corneille, dans lequel paraissaient tous les artistes de l'opéra et de la comédie, et messieurs et dames des chœurs.

Vi^ TAÊATIUi:

Voici les paroles de la cantate :

Des concerts édatanto qu'au sdn de TËmpirée Phébus £ait résonner sur sa lyre sacrée. Grands dieux, nous implorons le charme et les transports ! Flambeau de la patrie, amour de tous les âges. Corneille est en ce jour Tobjet de nos hommages ! Chœurs du séjour céleste, inspirez nos accords!

Honneur, honneur au fils de Melpomènet

Du sol français, amis des arts,

Quel génie épure la scène

Et captive tous les regards?

Favori de la double cime,

C'est toi qui, plein d'un feu nouveau,

D'Euripide rival sublime.

Reproduit son noble pinceau !

Salut, enfant du dieu de l'Harmonie !

Lauriers du Pinde, entourez ses autels!

Fils de la Gloire et du Génie, Solennisez ses accents immortels!

Il n'est plus!!!... Sa muse expirée Du Permesse a reçu les pleurs, lilais sa mémoire consacrée Reste gravée en tous lés cœurs!

Aux palmes que, loin de l'envie, Il recueille au divin séjour.

Joignons l'encens de notre amour Et les palmes de la patrie!

Salut, enfant du dieu de l'Harmonie! etc.

Dans la première moitié du mois de joillei i838, Gontier, du théâtre de Madame, a donué sept représentations- Il a joué dans :

Le Mariage de raison, Michel et Christine.

Le Bon Papa, Simple Histoire (première

représentation).

La Quarantaine.

La Famille normande.

Monsieur Biaise,

Le Diplomate (première

représentation).

La Mansarde des Artistes, Le Menteur véridique.

Immédiatement après Gontier, on a eu M"»® Pradher- More, artiste sociétaire du théâtre royal de TOpéra- €k)mique (Philis et Dugazon). Elle a chanté six fois, savoir dans :

Adolphe et Clara.

Euphrosine,

Le Calife de Bagdad,

La Vieille.

Le Maçon,

Le Nouveau Seigneur, Le Petit Chaperon rouge.

Les Deux Jalouœ, Léocadie, Fiorella.

On se rappelle que M"« More {M«nePradher-More) avait fait quelque temps partie de la troupe du Théâtre-des- Arls, en mai 1816, — tome II, pages 512 et 515 — et avait débuté dans le Calife de Bagdad, une Heure de Ma^ riage, le Médecin turc et Françoise de Foix, Elle dut quitter Rouen par ordre supérieur pour entrer à Feydeau.

Du lerau 14 août 1828, le Théâtre-des-Arts a possédé Lepeintre, premier acteur du théâtre du Vaudeville, qui a joué huit fois. Cela a été dans :

9U TRÊAtftE

PréPiUê et Të^onnet. Les Cancùns.

La Carte à payer. L'Abbé de VÉpée.

Les Deux Edmond. Le Hwsard de Felsheim.

Le Précepteur dans Vem- Le Soldat laboureur.

barras ou M. Job. Monsieur Boite (preoilière VOncle mort et vivant, représentation).

drame. La Danse interrompue.

Le lendemain du départ de Lepeintre^ la scène a été livrée à MM. Franconi, qui ont monté :

La Diligence attaquée ou V Auberge des Cévennes, mimodrame équestre en trois actes, par Ferdinand Laloue, Menissier et Ernest, musique de Sergent, ballet de Jacquin, et mise en scène de Franconi.

Le Drapeau, mimodrame militaire en deux actes et à grand spectacle, orné de danse, charge de cavalerie, combats et mêlée, à pied et à cheval, etc., etc., par Louis Ponnet et Anieet, musique de Sergent, mise en scène de Adolphe Franconi. Signol, l'ancien trial de Rouen, y jouait un rôle important.

Irène ou la prise de Napoli, mélodrame équestre en trois actes, à grand spectacle, orné de danse, combats, charge de cavalerie, mêlée à pied et à cheval, par Saint^ Hilaire et Antoni, musique de Sergent, mise en scène de Franconi. Dans cet ouvrage, à côté de la troupe de Franconi, Mm« Simonet a personnifié Irène. Ernest, Charles et Michelan y p^uraissaient aussi. L'ouverture du Siège de Corinthe a été placée en tête de la pièce.

En tout cinq représentations.

Dans ce même mois d'août 1838, les acteurs anglais du Théàtre-Royal, à Paris, sont venus en représentation à Rouen. Ils ont donné :

|o Jane Sk^e, tragédie en cinq actes, de Nicolas Rowe. — Miss Smithson, Abbott, Tbompson et misa Pelham y remplissaient les rôles priocipaux. Avant cette tragédie, par laq[uelle les acteurs .anglais ont débuté, Abbott a fait le compliment d'ouverture en français.

âo Bornéo et Juliette, tragédie en cinq actes, de Shakspeare, jouée par miss Smithson et Abbott, et par Date, Grant, Thompson et miss Broad.

3o Venise sauvée, tragédie en cinq actes, d'Otway, un contemporain de Racine. — Abbott^ Mason et miss Smithson.

4o Matrimony ou le Jour des Noces, petit acte de comédie qui rappelle la Femme juge et partie, — Chippendale y jouait le rôle* de Grime.

5o Hamlet, tragédie, de Shakspeare. — Abbott^ Younger, miss Smithson et miss Pelham.

6° Anglais et Français, comédie, par Bayard et Gustave de Wailly, joiiée par Abbott et les acteurs du Théâtredes- Arts.

7o Trois semaines après le Mariage, petite comédie qui est la suite du Jour des Noces et qui rappelle Adolphe et Clara, — Chippendale, Dale, miss Smithson et miss Broad

En tout cinq représentations, qui ont été fort suivies. A la fin de la dernière, Abbott a fait un compliment de clôture.

On a remarqué que les acteurs anglais avaient l'habitude de faire leurs entrées et leurs sorties par la première coulisse placée à droite du spectateur. Leur souffleur se tenait dans la coulisse opposée.

Le prix des places, pour les représentations des Anglais, avait été ainsi fixé :

Premières et parqnet Fa. 4 50

Galeries 5 »

Secondes 2 40

Troisièmes 1 60

Parterre i 25

Quatrièmes »» 80

Leurs pièces se trouvaient, avec le texte français en regard, chez Édet jeune, libraire, rue Beauvoisinç, 3, et chez Ed. Frère, libraire, rue Grand-Pont, vis-à-vis la cour Martin. Prix, 3 fr. Les pièces tout en français ou tout en anglais, i fr. 50 c. De plus^ on trouvait sous le vestibule du théâtre des analyses pour 25 c.

Enfin, voici le compliment d'ouverture prononcé par Abbott :

« Messieurs,

« Aecueillis avec une faveur extrême par Turbanité parisienne, les artistes dramatiques anglais aspirent aujourd'hui aux suffrages d'un auditoire non moins éclairé, dont le goût sévère ne se laisse pas dicter des lois par l'exemple de la capitale. Rien ne manquera désormais à notre bonheur, si nous sommes reçus avec iudulgence dans la cité qui vit naître le père de la tragédie française. A l'époque où ce puissant génie créa votre théâtre, les progrès de la civilisation n'avaient pas encore état)li^ entre les divers peuples de l'Europe, les rapports intimes que nous devons à l'in-. fluence bienfaisante du commerce et des arts. Si notre langue n'eût pas été alors généralement ignorée sur les

bords de la Seine, rimmortel auteur des Horaces eût applaudi sans doute aux conceptions hardies de Tauteùr A'Hamlet Puissions-nous être protégés par Tombre do poète sublime qui est à jamais l'honneur et la gloire de vos murs! Les interprètes de Shakspeare et de ses imitateurs osent invoquer auprès de vous, messieurs, avec confiance, le nom du grand Corneille. »

Le prix des places a été encore augmenté, en septembre 1828, à l'occasion des représentations de W*^^ Damoreau-Cinti, premier sujet de l'Académie royale de musique, et de Léon Bizot, artiste de l'ex-théàtre de rodéon, emploi de Martin. On a porté

Les premières et le parquet à Fb. 4 SO

Les galeries à 3 »

Les secondes à 2 40

Les troisièmes à i 60

Les quatrièmes à » 80

Le parterre 1 25

M*ne Damoreau-Cinti, secondée par Léon Bizot, a chanté dans :

Le Barbier de Séville. Le Nouveau Seigneur du

Le Calife de Bagdad, village.

Le Rossignol. La Pie voleuse.

Le Concert à la Cour. Le Siège de Corinthe,

En tout huit représentations, qui ont fini juste avec le mois.

Dans le Barbier, Min« Damoreau a chanté 0 patria et di Tanti palpiti du Tancrède de Rossini, et, dans le Cow cert à la Cour, elle a chanté un air d'il Crociaio, musique de Meyer-Beer.

mê THEATflE

. Le 15 janvier 1889, pour célébrer l'anaivenaire àê la naissance de Molière, on a donné :

lo L'oiivertare à'EuryatUhe, de Berton, à grand orchestre ;

9<» Molière chez Ninon, c<Mnédie ;

3» L'ouverture Hlvanhoë, de Rossini, à grand orchestre ;

4« Tartufe;

So Cooronnement du buste de Molière par toute la troupe, comédie, opéra et chœurs ;

&> Les Précieuses ridicules.

En février 1829, la première scène de Rouen a été malencontreusement occupée pendant une soirée par les Alcides du Nord, qui ont exécuté leurs exercices avec accompagnement de sifflets. Les sieurs Manche et Darras avaient cependant donné à Paris, au Cirque-Olympique, cinquante représentations.

Le directeur a pris une belle revanche en faisant venir, au mois d'avril 1829, Ligier, pensionnaire du roi, acteur tragique du Théâtre-Français, et M>o« Cosson, expensionnaire du même théâtre. — En quatre représentations au Théàtre-des-Arts, ils ont joué :

Clytemnestre, de Soumet. Elisabeth de France Britannicus. (première représen-

Iphigénie en Aulide. tation).

BÉNÉFICE DES HÔPITAUX. — La première représentation, donnée le mercredi 3 décembre 1828, a été composée de .

io Le Roman d*une heure, comédie ;

2« Fiorella, opéra;

9f QjQe 9uv#rtnre exéoqlée à grwcid orçbestre ;

4o La JDavt« cki belles Cousines, vaiideville.

La recette a été de 3,081 fr. 80 c. et le produit net de 2,500 fr. environ.

La seconde représentation, à la data d^ mercredi 18 mars 18^, a été très-attrayante. On a donné :

1o Shakspeare amoureux, comédie;

3o La sixième représentation de la Muette de Portici.

Les bureaux ont été ouverts dès quatre t^eures et on a commencé à six heures un quart.

La recette a été de 3^737 fr. 10 c, mais le produit net n'a guère dépassé S>400 fr.

BÉNÉFICE DES ARTISTES. -^ DOpUÎS lOUgt^XipS, l'USag^

des bénéfices des artistes était abandonné. ]Wi»« Puversin a eu le privilège d'en obtenir un cette année, le 30 mars 1829. 11 a été composé de :

lu he Jeune Mmri, comédie;

2o Neuvième représentation de la Muette de PorUâ, grand-opéra.

Les bureaux ont été ouverts à quatre heures et on a, CQf^mencé à cinq heures trpis quarts.

TRAGÉDIE, -*- Ia tragédie n'a encore été jpuée qu'exceptionnellement : lo à la Saint-Pierre, po^r honorer la mémoire de P. Corneille; 2* Ligier et M°)« Cosson étapl venus en représentation.

La présence de ces deux artistes a permis de donner une tragédie nouvelle pour Rouen :

Elistiibeth de France, tragédie en cinq actes et en vers, par AlBxandne Soumet. Première re^ésenftation e<i

avril 19S9, Ligier a créé le rôle de Philippe II, roi d'Espagne, et M«« Cosson celui d'Elisabeth de France.

DRAME. — Une seule nouveauté :

V Espion, drame en cinq actes et en prose, de Ancelot et Mazères. Première représentation en février 1829. On a maintenu :

Clémence et Waldemar, V Honnête Criminel. V Habitant de la Guade- V Oncle mort et vivant, loupe,

COMÉDIE, VAUDEVILLE, ETC. — Quinzc nouvcautés :

Chacun de son côté, comédie en trois actes, de Mazères. Première représentation en octobre 1828.

Charles II ou le Labyrinthe de Woodstock, comédie en trois actes et en prose, par Al. Duval. Première représentation en novembre 1828.

Le Château de mon Oncle ou le Mari par hasard, vaudeville en un acte, de Désaugiers et Armand. Première représentation en octobre 1828.

La Dame des belles Cousines, vaudeville en un acte, par Achille' Dartois. Première représentation en octobre 1H28.

Le Diplomate ou les Ambassadeurs, vaudeville en deux actes, par Scribe et G. Delavigne. A la première représentation, en juillet 1828, Gontier, du théâtre de Madame, y a créé le principal rôle.

Jean, vaudeville en quatre actes, de Théaulon et Alphonse Signol. Première représentation en mars 1829.

La Maison du Rempart ou une Journée de la Fronde, comédie historique mêlée de chants, en trois actes et à

spectacle, par Mélesville. Première représentation en janvier 1829.

Malvina ou le Mariage d'inclination, vaudeville en deux actes, de Scribe. Première représentation en février 1889.

La Manie des Places ou la Folie du jour, vaudeville en un acte, par Scribe et Bayard. Première représentation en août 1828.

Le Mariage d'argent, comédie en cinq actes, par Scribe. Première représentation en décembre 1828.

Monsieur Botte, vaudeville en trois actes, tiré du roman de Pigault Lebrun, par de Villeneuve et Dupeuty. A la première représentation, en août 1828, Lepeintre, du Vaudeville, y a créé le rôle de M. Botte.

Une Noce au Mont-Saint- Bernard , vaudeville en deux actes, de Dumersan et Brazier. Première représentation en décembre 1828. (Voir les incidents.)

Simple Histoire, vaudeville en un acte, par Scribe et deCourcy. A la première représentation, en juillet 1828, Gontier, du théâtre de Madame, y a créé le principal rôle.

Les Suites d'un coup d'épée, comédie en un acte, de Ader et Emile Brousse. Première représentation en janvier 1829.

La Villageoise somnambule ou les Deux Fiancées, vaudeville en trois actes, par Dartois et Dupin. Première représentation en juin 1828.

Outre les ouvrages déjà cités, ou a joué cette année :

L'Acte de Naissance, Y Amant bourru, V Avocat, VAvocat Patelin.

Le Barbier de Séville, la Belle-Mère et le Gendre, le Bourru bienfaisant.

9â^ TltATIIE

Les CheviUes tk maUre Adam trefrm), 1« CotMérol» Cnspin médecin.

Défianee et Malice, les Deux Gendres, les Deux Ménages, le Diner de Maddon, le Distraie,

VEcoie des Femmes, YÉcole des Maris, Vf preuve nouvelle, les Étourdis.

Les Fausses Infidélités, la Femme jalouse^ le Festi»^ de Pierre, de Thomas Corneille, le Fou raisonnable, 1^ Fourberies de Scapin, France et Savoie.

La Gageure imprévue, le Gastronome sans argent, le Glorieux.

VHomme à bonnes fortunes, Y Hôtel garni, — les /«eonvénients de ta Diligence.

La Jeune Femme colère, la Jeunesse de Henri V, les Jeux de l'Amour et du Hasard^ le Joueur, une Journée d Versailles.

Kettly, ^ le Legs.

La Maison en loterie, le Malade imaginaire (i^vec la la cérémonie, tons les artistes paraissant)» le Marin, Marton et Frontin, le Médecin malgré lui, le Misan^ thrope, Monsieur de Crac, Monsieur de Poureeaugnac.

Nanine, -^ le Petit Enfant prodigue, les Petites Danaïdes. Pierrot, les Projets de Mariage,

Jlataplan, la Revanche.

Sans Tambour ni Trompette, la Somnan^le.

Le Tartufe de mœurs (reprise), Tom Jones àJiondres, Turcaret, le Tyran domestiqua,

Werther.

opÉai. -r- Quatre nouveauiés, dont deux chrfs^*<iBuvre : Guillaume Tell, drame lyrique, d'après Sedaiiie, p^r

Peliflsier, musique de Grétry, arrangée par Berton. Première représentation le 11 novembre 1828. '

Le Mariage à l'anglaise, en un acte, par Vial et Justin Gensoul, musique de. Frédéric Sxeubé. Première représentation en octobre 18S8.

Mazaniello, opéra historique en quatre actes, è grand spectacle, avec décors et costumes neuDs, paroles de Moreau et Lafortelle, musique du chevalier Carafa. Première représentation le 16 juillet 1828. — Mazaniello, Andrieux ; le gouverneur, Nicolo ; le comte, Saint^Ange ; Rufûno, Serda; Matteo, Jouanno; Jacomo, JoUy; Calatravio, Lemaire; Leona, M"«Langle; Theresia, M»« Dumetz Fleury; le marquis, Lemadre; la duchesse, M»« Leclère.

La Muette de Portici, grand-opéra en cinq actes, par Scribe et G. Delavigne, musique d'Auber, avec décors nouveaux de Philastre, peintre du théâtre. Première représentation le samedi 28 février 1829. — Mazaniello, Andrieux; Alphonse, Nicolo; Pietro, Serda; Borella, Leclère; Lorenzo, Moreau; Selva, Lemaire; Fenella, M«« Certain ; Elvire, M™» Ponchard. Philastre a été demandé après Téruption du Vésuve, et il a paru sur la scène.

Aux opéras cités déjà, il faut ajouter :

Ambroise, Y Auberge de Bagnères.

Cendrillon, la Clochette (reprise).

Le Délire, les Deux Journées.

La Fausse Magie, Françoise^ Foix, -^ GuUstan, - Héléna (reprise), une Heure de Mariage.

Jean de Paris, Jeannot et Colin, Joseph. ' Léon, la l^eUre de change.

Ma Tante Aurore, le Maître de Chapelle, en deux actes, la Maison à vendre, Marie, les Maris garçons, la Mélomanie, Monsieur des Chalumeaux (reprise).

Œdipe à Colonne, — Paul et Virginie.

Les Rendez-vous bourgeois, Richard Cœur-de-Lion, Robin des Bois.

Les Sabots et le Cerisier, le Secret, Sylvain.

Le Tableau parlant, Traité nul, le Tonnelier, le Trésor supposé.

La Vestale, les Voitures versées.

Zoraïme et Zulnar.

CONCERTS. — 11 n'y a pas eu de concert au théâtre, mais plusieurs artistes de la troupe lyrique ont bien voulu concourir à un concert vocal et instrumental donné par des amateurs, le 28 janvier 1829, au bénéfice des pauvres, dans la grande salle de l'Hôtel-de-Ville (mercredi à 7 h. i/2). Nous citerons un air de Mozart, chanté par Serda ; un air de Winter, chanté par Dabadie jeune; le duo du Comte Ory, de Rossini, chanté par Andrieux et M™e Ponchard; duo italien de la Sémira^ mide, de Hossini, chanté par Serda et Dabadie jeune ; air de Jeanne Darc, de Carafa, chanté par M™« Ponchard; des variations sur le violon, par Lamanière; morceaux sur le violoncelle, par Scriwaneck.

700 billets ont été placés. La recette a dépassé 5,500 fr.

INTERMÈDES. — Ils Ont été pcu Hombrcux et peu variés -.

Ouverture du Jeune Htnri (plusieurs fois).

Un air varié, par Baillot, et une barcaroUe française variée, par F. Mazas, exécutés par Thillon, artiste, premier violon, passant par Rouen (octol?re 1828).

DES ARTS. 30ft

Ouverture de Délia et Verdikan (plusieurs fois). Ouverture i'Ivanhoë, de Rossini (janvier i829, etc.).

BALS. — Le premier grand bal de nuit paré et masqué a eu lieu après le spectacle du dimanche 15 février 1829; le deuxième, le dimanche 33; le troisième, le jeudi gras 26; le quatrième, le dimanche gras i«r mars, et le cinquième le mardi gras 3 mars (1).

C'est le lundi de Pâques 20 avril 1829 qu'a été faite la clôture de l'année théâtrale^ par :

lo Jean, vaudeville;

2o La treizième représentation de la Muette de Portici, grand-opéra.

Ces deux ouvrages étaient les deux grands succès de la campagne, chacun dans leur genre.

IHGIOEHTS.

La sévérité du public rouennais était autrefois proverbiale, et le bruit le moins fondé était à ce sujet bien vite accrédité. Au commencement de la campagne, à l'époque des débuts, l'un des journaux de Paris, le Corsaire, a donné la nouvelle suivante : <» On prétend qu'un acteur du Théâtre -des- Arts de Rouen, nommé Michelan, effrayé par les marques d'improbation un peu trop sévères avec lesquelles le public accueillait ses débuts, a

(1) Pâques, en 1829, était le 19 avril. On a fait relâche ce jour-là et les trois jours précédents.

coiffures pyramidales et leurs immenses chapeaux formaient une sorte de palissade et dissimulaient la scène aux spectateurs placés derrière elles. Ce qui achevait de rendre leur présence insupportable, c'est qu'elles affectaient de ne gagner leurs places que lorsque les acteurs étaient en scène, et, le plus souvent, juste an moment le plus intéressant de l'action. Alors le parterre vociférait, et quelquefois le commissaire de police était obligé d'intervenir. Un chroniqueur s'est demandé si on n'aurait pas pu, sans manquer aux égards dus au beau sexe, obliger ces Laïs à retirer, pendant la durée des pièces, l'édiûce chargé de plumes et de rubans dont elles couvraient le sommet de leur tète

Nous avons dit que les débuts avaient été très-qrageux. Or, le sage n'avance rien qu'il ne prouve. Donnons donc un échantillon des gentillesses de ce temps^-là. C'était en octobre 1828. Un nommé Darmand, qui avait rempli à à Rouen, cinq ou six ans auparavant, un emploi plus que secondaire, s'avisa de débuter dans l'emploi de Martin par le rôle de Frontin du Nouveau Seigneur du village On le siffla à tel point qu'on dut renoncer à continuer cet opéra. On demanda une autre pièce, et le brouhaha allant toujours crescendo, des gendarmes, conduits par des commissaires, ont paru dans les loges d'en haut et les ont fait évacuer. Alors les plus turbulents ont lancé des chaises et des tabourets sur le théâtre et sur les pupitres de Torchestre, dont plusieurs ont été brisés. Des dossiers de banquette ont été arrachés au parquet, jusqu'à ce que, soutenus par un piquet de la garde royale de service, les agents de l'autorité fussent

parvenus à faire évacuer entièrement la salle et à mettre fin à une bagarre effrayante.

A la messe de Sainte-Cécile, exécutée à Saint-Godard le 22 novembre 1828, des artistes de Torchestre du théâtre ont fait leur partie sous la direction de Walter fils, professeur de musique ; mais on n'y a pas entendu de solos de chant, parce qu'un personnage éminent s'est opposé à ce que des artistes se fissent entendre dans une église. On a été forcé de chanter en chœur des passages écrits pour des voix seules.

Les soirées du 28 et du 29 décembre 1828 ont été infernales. Le dimanche 28, le premier acte de la seconde représentation de la Noce au Mont-Saint-Bernard, pièce tombée à plat Tavant-veille, avait été joué au milieu des sifflets, lorsqu'au lever du rideau pour le second acte des pommes et des marrons ont été lancés du parquet sur la scène, et du parterre sur le parquet. Alors le parterre a demandé que la pièce ne fût pas interrompue. Des propos violents ont été échangés. Les débris des bancs du parquet ont volé en éclats. Des personnes du parterre ont escaladé la barre, et le parquet est devenu un véritable champ de bataille, sur lequel plusieurs spectateurs ont reçu des blessures graves. C'est alors que des gendarmes et des militaires de la garde royale sont entrés dans le parterre pour le faire évacuer. A huit heures et demie, la salle était vide. — Une vingtaine de personnes ont été arrêtées, mais bientôt mises en liberté provisoire. Les blessés ont reçu immédiatement les soins des docteurs Blanche et Pihorel.

Le leademaifi lundi, à la fia du Collatéral, une bordée de sifflets s'est fait entendre, et après l'ouverture de Jean de Paris elle a recommencé avec force vociférations partant surtout du parquet. Quelques gendarmes se sont installés aux secondes loges et une douzaine au parquet. Us avaient la baïonnette au bout de leur carabine et ont occupé tranquillement les premières banquettes. Un spectateur a été arrêté. Cependant le calme s'est rétabli, et la représentation a pu être menée à bonne fin.

Immédiatement après ces désordres, une instructicHi a été poursuivie avec activité. Un grand nombre de témoins ont été entendus, et un jeune homme de Rouen^ U. A...n, a été mis sous les verrous, puis rendu à la liberté sous caution. Enfin l'affaire est venue en police correctionnelle, aux audiences des i7, i8 et 19 février 1829, où comparurent neuf jeunes gens, tous exerçant des professions distinguées. Hu't ont été acquittés, mais M. A...n, a été condamné à 25 fr. d'amende pour port illégal d'une arme prohibée.

Ce qui est le plus grave dans cette affaire, c'est que Ton a accusé la direction Saint-Elme et de Saint- Victor d'avoir introduit dans le parterre et dans les petites places une contre-opposition, pour donner une leçon aux habitués et abonnés turbulents du parquet, et, d'après certains on dit, la police aurait trempé dans cet arrangement. ^

Le dimanche 22 février 1829, Dabadie, de l'Opéra, frère aîné de Babadie, alors Martin à Rouen, assistait à la représentation du Théàtre-des-Arts. La direction n'a

DES ÂRT8. 37i

pu obtenir du digne successeur de Lays qu'il se fît connaître aux Rouennais.

Les abonnés, à Tépoque qui nous occupe, débattaient vivement la question des relâches; ils ne voulaient pas que Ton fit relâche le samedi une fois le mois d'octobre arrivé. De son côté, la direction réclamait ce jour de repos, soit pour réparations .dans l'intérieur, au bâtiment ou aux manœuvres du théâtre, soit pour maladies ou indispositions des artistes, enûn pour les répé étions générales d'ouvrages nouveaux ou remis, ainsi que pour le placement et ajustement des décors nouveaux. iMais les abonnés criaient quelquefois si fort, que l'on était forcé de leur donner une représentation le samedi, fùtelle des plus insignifiantes.

Nous avons appris, à propos des premières représentations de la Muette de Portici {îévriev et mars 1829), que l'on ne connaissait pas encore à Rouen les barrages pour contenir la queue. En effet, un journal de l'époque dit qu'il serait à désirer que l'on prit des mesures pour empêcher les embarras, la confusion et le désordre. « Le meilleur moyen, dit-il, d'arriver à ce résultat, serait d'établir des barrières pour contenir la queue, c'est-àdire la foule, et assigner la place que chacun doit occuper à l'extérieur avant d'entrer dans la salle. Ces barrières, travées ou balustrades, comme on voudra les appeler, seraient mobiles et serviraient seulement dans les grandes occasions. » Aujourd'hui (1866), depuis plusieurs années déjà, ces barrières sont mises sur la voie publique, même dans les petites occasions; elles sont une réclame, un appât, une espèce d'hameçon.

Et les affiches donc!! Au commencement de cette année tbéAtraIel^8-1829, leur dimension a été réduite de moitié. Od a blâmé cette mesure d'économie. Voilà an reproche que nos trois directeurs ne veulent pas

Direction ffélix-Pani Dutrcili.

C'est bien direction FéUx^Paul Dutreih qu'il faat inscrire en tète des pages qui vont suivre, si on s'en rapporte à cette lettre :

« Au rédacteur du Journal de Rouen.

« Rouen, le il juillet 1829.

« Monsieur,

« Veuillez avoir la complaisance d'insérer la présente dans votre feuille de ce jour.

« Espérant qu'une cession en faveur de M. Paul, exsociétaire du théâtre Feydeau, pensionnaire du roi, connu par ses talents administratifs, pourrait ramener au spectacle le calme qui en était banni, et, sans m'accuser en rien des motifs qui avaient fait naître des scènes tumultueuses et troublé la paix, j'ai cru néanmoins devoir l'appeler à mon remplacement et solliciter, à cet égard, l'approbation des autorités. En me l'accordant, elles m'ont mis à même de céder à mon successeur ma place et tous mes droits à l'entreprise des théâtres de

dn THEATRE

Rouen, dont il me relève dans toutes ses parties, à dater du 21 avril dernier, et de prouver au public que j'ai su sacrifier mes intérêts à celui de ses plaisirs. <i Agréez, etc.

« De Sauit-Yigtor Nauthou,

« Dûr«etear d« tpccUde »

Mais d'une part, Paul n'ayant fait sa profession de foi, sa proclamation directoriale que dans le journal du 10 juillet 1829, et de l'autre, de Saint- Victor Nauthon ayant signé seul les lettres que Ton a publiées en di- Tefses occadions et notamment à l'occasion du tumulte suscité par les débuts, il serait plus exact de dire : Direction de Saint-Victor, puis Paul Dutreih.

Ce fut, en effet, le 25 juin 1829 seulement que le préfet demanda au ministre le changement de direction, et le 7 juillet suivant que Paul Dutreih a été nommé. — A cette époque, le déficit de Saint-Victor était de 58,000 fr. (1).

Le privilège avait été conféré à Paul Dutreih seul; mais le directeur concédait la moitié des bénéfices à Huet, ancien artiste d'opéra à Rouen et de l'Opéra- Gomique de Paris, pour les soins qu'il donnait à l'entreprise. Bientôt Huet prétendit avoir un droit égal à celui de Paul dans l'administration. Il en résulta qu'au moyen d'une indemnité ce dernier se débarrassa complètement de son collaborateur dès le mois de septembre 1829.

<U De Rouen, de Saint- Victor est retourné à Liège. Il s'y est brûlé la cervelle.

Cette campagne a donc été conduite par de Saint- Victor, en second lien par P. Dntreib et Hnet, enfin par P. Dntreib seul.

Cela n'a pas, après tout, une grande importance.

Quoi qu'il en soit, on a profité des vacances pour faire de notables réparations.

Aux portraits et aux légendes qui décoraient le devant des loges, on a substitué de simples guirlandes sur un fond couleur chamois très-clair, relevé de dorures. On a reprocbé aux gairlandes des secondes loges de produire un très-mauvais effet avec les arabesques qui les accompagnaient. Le fond des loges est resté d'un gris ardoise par trop sombre.

Le rideau en velours ponceau avec une large frange d'or a été trouvé faible de ton vers le bas et n'avait point le moelleux désirable. Il remplaçait sans grand avantage le tableau patriotique qui décorait le précédent.

Le foyer (petit foyer actuel), entièrement remis à neuf, avait été tapissé de papiers et orné de peintures destinés à le faire paraître plus grand.

L'orchestre n'avait pas été agrandi, mais les pupitres et les sièges avaient été disposés de manière à placer, — au besoin, — quelques exécutants de plus. Les contrebasses ont été enfoncées de manière à gêner le moins possible les spectateurs. On a repris, par la même occasion, le classement des pupitres en vigueur avant Fournera.

Le parterre restait toujours debout.

La salle avait été repeinte depuis le haut jusqu'en bas en 14 jours. — On avait nettoyé le plafond enfumé représentant l'apothéose du grand Corneille.

Un rang de quinquets a été ajouté au lustre. Ces frais ont été payés par moitié seulement par les propriétaires. Le directeur a payé l'autre moitié.

Année théâtrale 1899-18S0.

Le spectacle d'ouverture, le mardi 5 mai 1829, a été ainsi composé *.

lo Les Femmes savantes, comédie;

2o La Maison isolée, opéra.

Les débuts, quoique peu nombreux, ont causé les plus infernales cabales, dont nous reportons le récit au chapitre des incidents, afin de ne pas ralentir notre marche. Ces débuts ont été effectués :

Pour la comédie^ le vaudeTille, etc. , dans les Femmes savantes, la Jeunesse de Henri V, V Ecole des Femmes, Brueys et Palaprat, les Fausses Infidélités, la Mansarde des Artistes, le Tyran domestique, les Etourdis, les DeiLX Frères, Y Ecole des Vieillards, la Fausse Agnès, le Jeu de V Amour et du Hasard,

Pour l'opéra, dans le Barbier de Séville, Jean de Paris, les Prétendus, le Prisonnier, les Maris garçons, le Petit Matelot, la Lettre de change, la Vestale, Ma Tante Aurore, Biaise et Babet, Joseph, Paul et Virginie, l'Opéra- Comique, Sylvain, Bichard-Cœur-de-Lion, les Deux petits Savoyards, Françoise de Foix, V Amour filial, le Nouveau Seigneur du Village, la Maison isolée, Montano et Stéphanie,

Après bien du tapage, la troupe a été constituée ainsi qull suit :

Comédie :

Charles Maogîn, premier rôle 7,000 f.

Ernest, jeune premier 5,200

Hippolyte, premier amoureux.

Blanchard, deuxième et troisième amoureux. 2,700

Charles, troisième rôle, raisonneur 4,200

Massin, père noble (1) 5,000

Louis, financier, manteaux 5,500

Tiste, premier comique 5,500

Sfouchot, second comique 5,000

Raynal, second père 2,700

Prudhomme, grandes utilités.

Valette et Jules, utilités.

M™e Simonet, premier rôle 6,300

M"« Martin, jeune première (2) 4,000

M"« Laignelet, ingénuités, travestis, amour»®. 3,025 Mme Dumetz-Fleury, ingénuités.

Mlle Nongaret, des troisièmes et deuxièmes amoureuses (3).

Mlle Fanny Mouchot, troisième amoureuse. i,800

Mme Duversin, mère noble 4,000

Mlle Pauline Dupuis, soubrette 4,200

Mme Saint Esté ve, seconds caractères 2,400

(1) N'a fait qu'une rentrée, après un an d'absence.

(2) Après réchec de M"* Laignelet — dam cet emploi.

(3) Dans les quatre derniers mois de Tannée seulement. — Elle avait été danseuse en Angleterre. Elle connaissait la pantomime et excellait dans la Muette et dans Yelva.

Opéra :

Aodrieux, première haute-^ootre, Elleviou. 15,000^.

Aazet, Philippe, Gavaudan 7,300

Hippolyte, deuxième hante-contre, premier

Colin 5,300

Jules Morazain, troisième Ck)lin, jeunes

amoareox et des deuxièmes haute-ecmtre (I) . . 4,S00

Valbonte, Martin (2) 13,000

Serda, première basse-taille 9,000

Leclère, deuxième basse-taille 6*000

Lemaire^ troisième basse-taille 3,000

Joly, Laruette 2,700

Jouanno, trial 4,800

Valette, Bertrand et Jules, utilités.

M™c Dangremont, première chanteuse à

roulades (5) 12,000

M'*e Langle, première chanteuse sans roulades (4) 9'W»

M«« Certain, première Dugazon (>,S00

M"»« Demonchy, deuxième Dugazon . 3,400

M"»« Dumetz-Fleury, deuxième Dugazon eu double.

(i; Après Téchec de Gaviniès.

(2) N'a fait qu'une rentrée, après deux ans d'absence.

(3) N'a fait qu'une rentrée, après un an d'absence. Avant son retour, M°»« Saint-Aubin Goossens avait échoué. {Voir aux

incidents.)

(4) Rentrée après l'échec de M"* Viclorine Demonchy, qui n'est pas l'actrice reçue comme deuxième Dugazon, mais sa sœur.

DES AHTS. 379

y"« FaoBy Moachot, troisièine amoureuse et Betzy.

M«»« Louis Fabre, duègne 4,300

Mlle L^nesle, mère Dugazon 4,000

Mme Frits, utitité.

Philastre, puis Dumée, peintres décorateurs.

SchafTner, chef d'orchestre.

Collet, régisseur.

Raynal, régisseur parlant au public.

Ajoutons, pour mémoire, que la fille du chef d'orchestre, Mlle Elisa Schaffner, en passage à Rouen, a tenu, pendant quelques jours, l'emploi de première chanteuse sans roulades, en attendant la rentrée de M^i» Langle.

Parmi les artistes reçus, une mention toute spéciale doit être donnée à W^^ Laignelet, dont la jeunesse, la beauté et le talent font encore aujourd'hui souvent le sujet de la conversation entre les anciens habitués du Théâtre-des-Arts. M"* Laignelet, comptant trop sur ses forces, a débuté dans l'emploi de jeune première parles rôles de Henriette des Femmes savantes, Betty de la Jeunesse de Henri V, et Agnès de V Ecole des Femmes. Le public ne l'y a pas acceptée, mais l'a, au contraire, admise avec empressement dans l'emploi des ingénuités, des travestis en comédie et des amoureuses de vaudeville. M"»? Laignelet, dans ce nouvel emploi, a fait de très-heureux débufs par les rôles d'Angélique Aq^ Fausses Infidélités, Eugénie du Tyran domestique, Julie des

Etourdis, et Charlotte des Deux Frères,

Deux autres artistes ont laissé à Rouen de durables souvenirs. Ce sont Hippolyte, qui excellait dans Louise

ou /a Réparation, et Morazain^ dont nous auroiis bien souvent l'occasion de faire Téloge.

On a remarqué un renouvellement partiel des chœurs. On y a vu. avec plaisir de nouveaux visages^ surtout parmi les dames.

L'augmentation tant désirée des basses, des violons et des altos n'a pas encore été accordée. Au mois de novembre 1829, les habitués demandaient encore :

1o Six premiers violons au lieu de quatre ;

2o Six seconds violons au lieu de quatre ;

3o Quatre violoncelles au lieu de trois ;

4^ Quatre contrebasses au lieu de trois ;

So Quatre altos au lieu de deux.

CENSURE. — Voici le visa ministériel pour le répertoire de l'année 1829-1830 : « Vu au ministère de l'intérieur, à la charge de ne jouer les Châteaux en Espagne, Othello, PintOy le Comte d'Albert, Charles et Caroline, le Mariage de Scarron (1) et les Deux Forçats que d'après des exemplaires conformes à ceux qui ont été visés pour les Théâtre-Français , de l'Opéra-Comique, de l'Odéon, du Vaudeville et de la Porte-Saint-Martin. — Paris, le 14 avril 1829. — Par ordre. — Signé : le Chef du bureau des théâtres. »

En janvier 1830, M. de Murât, préfet, ayant apposé son permis sur la pièce Avant, Pendant et Après, sauf l'agrément de M. le maire de Rouen, celui-ci s'est opposé à la représentation de cet ouvrage, que l'on jouait au Havre depuis quelque temps.

Au commencement de février, on a demandé à plu-

(1) En supprimant le rôle de Giraud.

sieurs reprises^ dans les entr'actes, que l'on montât Avant, Pendant et Après, et que Ton reprît la Maison du Rempart,

M. le maire a en le bon esprit de céder. Avant, Pendant et Après a été joué le 8 mars suivant.

Le vandeyllle la Maison du Rempart avait été repris dès le 90 de février.

LA POLITIQUE AU THÉÂTRE. — La fille de uos rois^ comme on disait alors, S. A. R. Madame la dauphine^ est venue à Rouen en août 1829. Elle est arrivée le lundi 3, et le lendemain 4 elle est allée au Théàtre-des-Arts, où Ton a joué, par ordre :

io Les Projets de Mariage, comédie;

2® La Fête au Village voisin, opéra.

Les bureaux n'ont été ouverts qu'à six heures et demie. Le prix des places a été :

Parquet Fb. 5

Parterre 5

Premières du deuxième rang. . . 5

Secondes 3

Troisièmes 2

Galeries 4

Quatrièmes i 25

Le parterre, devenu succursale du parquet, était occupé par des banquettes et des chaises. La salle était éclairée comme les jours de bal. La loge de Tétfit-major, au centre des premières, était décorée de draperies de velours cramoisi, avec franges et ornements en or.

Son Altesse est entrée dans la salle à huit heures.

L'orchestre, à ce moment, a joué l'air Vive Henri IV! qui a fait éclater les applaudisssments.

Son Altesse avait dans sa loge Hi°<» de Saint-Maur et de Villefiranche, M. le marquis de Vibraye, son chevalier d'honneur, M. le marquis de Dreux-Arézé, M. le comte de Murât, préfet, M. le marquis de Martainville^ maire, et plusieurs officiers généraux. Les deux loges voisines étaient occupées par plusieurs membres du corps municipal et leurs femmes, et les officiers de l'étatmajor.

On a commencé aussitôt la comédie. Quand elle a été terminée, l'orchestre a exécuté l'air Où peut-on être mieux?

Est venu l'opéra. Au quatuor Quand la mémoire est infidèle, on a substitué les couplets suivants, qui étaient censés inscrits sur les tablettes vendues par la petite marchande et qui ont été chantés par Valbonte, M™« Certain et Andrieux. Ils ont été fort applaudis et l'on a fait répéter le dernier.

Air : A Vâge heureux de quatorze ans.

Pour étrenner mon Souvenir Par une époque fortunée, Notons, car il faut la bénir, Notons d'abord cette journée, Et quant au nom de cet objet, Si cher à toute âme française, On le croit bien, c'est déjà fait :

J'ai tracé celui de Thérèse.

Moi, sur le premier des feuillets, Je dessinerai son image.

DES ARTS. 3il

Et pour chacun de ses bieofaits Je veux réserver une page.

Inscrivons-le, qu'à chaque inslani Ce Souvenir me le retrace; J'éprouve une crainte pourtant :

C'est de manquer bientôt de place.

Au jour de nos solennités.

Nous avions conçu l'espérance.

Noble princesse, à vos côtés.

De voir le père de la France.

Plus tard il promet de venir.

A ce bonheur, nous devons croire.

Si vous en gardez souvenir Pour le lui remettre en mémoire.

A la fin du troisième acte, oo avait encore ajouté ce couplet, chanté par Andrieox :

Air : UatMur^ festime et ramitié^ etc.

A peine un jour nous fut donné

Pour contempler notre princesse,

Et parmi nos chants d'allégresse

Une heure fatale a sonné. (Bis.)

Demain, ravie à notre hommage.

Demain vous quittez ce séjour,

Mais tous les cœurs ont votre image.

Achevez le pèlerinage.

Et croyez bien que notre amour ,

Bis,

Vous suivra partout en voyage.

Ce couplet a été redemandé, et les transports les plus vifs ont éclaté dans toute la salle.

En octobre 1829, la reprise du Mariage de Figaro a

été accueillie avec enthousiasme. Toutes les allusions ont été saisies avec avidité. La définition que donne Figaro de la politique a été très-applaudie, ainsi que tout le monologue du cinquième acte. Les bravos ont éclaté quand Figaro a prononcé les mots : Qu'il voudrait tenir un de ces puissants de quatre jours, si légers sur le mal qu'ils ordonnent, pour leur dire, entr'autres choses, quHl n'y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits. Quand il a parlé de la censure, les applaudissements ont redoublé.

Le 4 novembre, jour de la fête du roi, on a donné :

10 L'air Vive Henri IV;

2o La Partie de Chasse de Henri IV;

3o La Fête au Village voisin.

Le public, nombreux au parterre, rare aux autres places, a été fort calme pendant toute la soirée.

Lors des premières représentations d'Fe/va, en novembre 1829, le dialogue entre Tchericoff et Fœdora a produit beaucoup d'effet, et des applaudissements énergiques ont accueilli ce mot de Tchericoff : « En France, a cela va très-bien... c'est-^-dire cela pourrait aller « mieux; mais cela viendra. »

11 y a eu relâche le jeudi 21 janvier, jour anniversaire de la mort de S. M. Louis XVL

Trois ouvrages ont fait, cette année, sensation, au point de vue politique : le Complot de Famille ou le Temps passé, la Maison du Rempart et Avant, Pendant et Après,

Dans le Complot de. Famille, le public applaudissait toujours à deux reprises ces vers :

Partout où sans la loi peut commander un homme, Les excès du pouvoir doivent être connus. Comme un autre pays, la France a ses abus ; Mais il viendra ce temps, qui n'est pas loin peut-être, Où sous de justes lois on la verra renaître.

On riait beaucoup, dans la Maison du Rempart, de ce craintif citadin, jeté malgré lui an milieu d'une intrigue politique, dévoué au parti qu'il croit le plus fort, s'écriant lorsqu'on le portait en triomphe : La couronne civique est près de la potence! Et la foule d'applaudir cette réflexion.

Toutes les allusions de Avant ^ Pendant et Après étaient saisies avec avidité. Plusieurs couplets ont été redemandés et répétés. Nous n'en citerons que deux. Le vicomte s'étonne quand on lui aûnonce que Raymond est devenu maréchal de France. Le général lui répond :

iMais ce Raymond, dont votre esprit se raille. Et qui partit son paquet sur le dos ; ^

Lui qui jadis, au quai de la Ferraille, Fut, grâce à vous, rangé sous nos drapeaux, Et malgré lui, forcé d'être un héros.

Eut bientôt pris sa gloire en patience, Et de soldat, mon beau frère Raymond, S*est trouvé maréchal de France.

— Et de quel droit? — Par le droit du canon. Le voilà prince et maréchal de France, Et c'est, morbleu! par le droit du canon.

Plus tard, quand Goberville propose au général de partager avec lui les suffrages électoraux que ses dîners lui ont acquis^ le général s'écrie :

386 THÊATBE

Les honnears plaisent à mon âge, Et je serais fier, j'en conyiens.

D'obtenir le libre suffrage De mes nobles concitoyens...

Mais les payer est un outrage :

C'est cesser d'être homme de bien.

Qui peut acheter un suffrage N'est pas loin de vendre le sien.

LA BELiGioN ET LE THÉATEE. — Il n'y a pas eu de messe

de Sainte-Cécile en 1829. On a dit d'abord qu'il en a été ainsi parce que M. le curé de Saint-Godard avait refusé d'admettre au nombre des exécutants des artistes appartenant au théâtre^ puis on a prêté cette austérité outrée et injuste à Mgr le cardinal prince de Croï^ grand aumônier de France^ chevalier du Saint-Esprit et archevêque de Rouen. La vérité est que nulle proposition n'a été faite, en 1829, à M. le curé de Saint-Godard pour la célébration de la messe en musique de Sainte-Cécile; mais ce sont les refus positifs faits^ l'année précédente, par le conseil de l'archevêché, d'admettre des artistes dramatiques parmi les exécutants^ et la crainte de voir se renouveler, en 1829, de semblables refus, qui ont empêché MM. les amateurs de célébrer leur messe annuelle, qui avait été de tout temps l'occasion d'une quête pour les pauvres.

(Voir, pour compléter ce chapitre, ce que nous avons dit aux pages 342 et 369.)

A la première représentation du Comte Ory, au moment de la prière du second acte, les fausses pèlerines se sont mises à genoux. Aux représentations suivantes, elles sont restées debout, et l'effet dramatique eu a été

affaibli. C'est la censure municipale roueunaise qui a exigé ce changement. Pour se mettre à genoux sur un théâtre, il fallait alors la permission de M. le maire ! Le bon temps que c'était !

Ceux qui connaissent la comédie historique intitulée Marie Mignot savent qu'au dénoûment Marie devient furieuse quand elle apprend que le roi, la quittant pour jamais, va s'enfermer à Saint-Germain-des-Prés.

— Où madame veut-elle qu'on la conduise ? lui dit un valet.

— Aux carmélites f répond-elle avec fermeté.

— Encore une! dit malignement Marion Delorme.

La censure a retranché ces deux derniers mots, en spécifiant toutefois que cette suppression était faite pour la province seulement. Une fois, à Rouen, plusieurs personnes, munies de la brochure, se sont écriées quand la toile est tombée : Encore une! (Février 1830.)

Le public tenait à Encore une ! parce qu'il lui était bien indifférent que Encore une! fût ou non injurieux pour les dames carmélites ou pour la royauté, •— pour l'autel ou pour le trône.

REPRÉSENTATIONS EXTRAORDINAIRES. — Lcs représentations extraordinaires ont commencé par celles de Potier, du 24 juin au 19 juillet 1829; mais au milieu de cette série, la Saint-Pierre (29 juin) a été célébrée par un spectacle extraordinaire ainsi composé :

lo Ouverture de la Dame blanche; 2<> Corneille à Rouen, comédie en deux actes et en vers, par M. Théodore Muret^ précédée d'un prologue ;

3» Ouverture de la composition de Charles, acteur de la comédie ;

4o Le Menteur;

5o Cantate exécutée à grand orchestre^ composée par Charles et chantée par Andrieux;

&> Le couronnement des bustes des deux Corneille, en présence de toute la troupe d'opéra et de comédie^ à laquelle Potier avait bien voulu se joindre. Les chœurs aussi y assistaient.

La salle a été éclairée à l'instar du bal, et les bureaux ont été ouverts de bonne heure (sic).

Après la pièce de circonstance, Théodore Muret a été demandé et a paru sur la scène au bruit des applaudissements. Son oeuvre a été jouée une deuxième fois, en juillet, avec des coupures faites par lui-même.

Mais revenons à Potier. Il a joué, à ce voyage, dans :

Le Bourguemestre de Le Bénéficiaire.

Saardam» V Homme de soixante ans.

Le Conscrit. Les Deux Précepteurs.

Le Ci-devant jeune Les Inconvénients de la

homme. Diligence.

Les Petites Danaïdes, La Maison du Rempart.

Le Solliciteur. La Carte à payer.

Le Chiffonnier. Le Cuisinier de Buffon Le Centenaire. (première représen-

Werther. tation)^

Le Propriétaire sans Pro- Antoine (première repré-

priété. sentation).

En tout, quatorze représentations. A la dernière, on donnait Antoine. Potier; à sou entrée en scène, a reçu

une magnifique couronne. Jouanno l'a ramassée et mise sur la tète de Potier. Celui-ci^ tout entier à son rôle^ a pris la couronne et l'a placée sous sa veste. A la chute du rideau, il a été redemandé et a reparu. Alors, tirant de son sein la couronne qu'il y avait placée, il Ta pressée sur ses lèvres, et les applaudissements ont redoublé.

En août. Potier, revenant du Havre, a encore joué le Bénéficiaire et Antoine (une seule représentation).

Adolphe Nourrit, premier sujet de Ticadémie royale de musique; a donné dix réprésentations, rj 3 au 22 septembre 1829, sans compter une autre d' t nous allons parler tout-à-rheure et à laquelle il a tenu à honneur de prêter son concours. Adolphe Nourrit a chanté :

Le Siège de Corinthe, Le Barbier de Séville.

La Dame blanche. La Muette de Portici.

Œdipe à Colonne, Le Rossignol.

Jean de Paris,

h, A ces opéras, il faut ajouter la Descente d'Orphée aux

Enfers, de Gluck, intermède dans lequel l'illustre artiste a personnifié Orphée^ et les Adieux à Borne, sur lesquels nous allons revenir dans un instant.

La Muette et la Dame blanche sont les deux opéras dans lesquels A. Nourrit a fait le plus de plaisir. Il a chanté trois fois fois la Muette et trois fois la Dame blanche. L'auteur de ce dernier chef-d'œuvre assistait à la représentation le 21 septembre.

Quant au rôle d'Almaviva, on a dit que Nourrit Ta joué pour la première fois sur la scène rouennaise.

Pendant le séjour de Nourrit, a été organisée une représentation extraordinaire, qui appartient, on peut le

dire^ à l'histoire de la ville de Rouen : c'est la représe0tation du 19 septembre 1839, au profit de la souscription pour le monument à élever à Pierre Corneille* En voici le splendide programme :

1<» Le Nouveau Seigneur du Village, opéra ;

âo Mélange des romances de Romagnesi, composé par Baudiot, et exécuté sur le violoncelle par Scriwaneck ;

3o Un discours en vers de Casimir Delavigne, prononcé par Lafon, premier acteur tragique du Théâtre- Français, pensionnaire du roi.

Toute la troupe de comédie et d'opéra et les artistes des chœurs ont paru pour le couronnement du buste de Pierre Corneille.

4fi L'ouverture des Deux Nuits, exécutée à grand orchestre pour la première fois à Rouen, après avoir été répétée préalablement plusieurs fois en présence de Boïeldieu ;

S» Cinna, tragédie, Lafon jouant le rôle d'Auguste et Mme Valmonzey, sociétaire du Théâtre-Français, celui d'Emilie. — M. Gaudin» amateur de Rouen (i), remplissait le rôle de Cinna; —Ernest représentait Maxime ; Charles , Euphorbe ;

&> Adieux à Rome, messénienne de Casimir Delavigne, récitée et chantée par A. Nourrit.

L'affiche spécifiait que les portes de la salle ne seraient pas ouvertes avant cinq heures un quart et que l'on commencerait à six heures et demie.

La salle^ ce jour-là, a été éclairée à llnstar du bal, et le prix des places a été ainsi fixé :

(i) Dont nous avons maintes fois parlé avec éloges.

DBS ARTS. 39i

Premières Fh. 5

Galeries 4

Secondes 2 80

Troisièmes 1 75

Quatrièmes 1

Parterres 1 SO

Le discours en vers de Casimir Delavigne a produit la plus grande sensation.

Voici les deux passages qui ont excité les plus vifs applaudissements :

De Molière en courroux le vers accusateur Imprima Vinfamie au front de rimposteur. Racine, dont Joad ranimait le génie, A des concerts du ciel révélé Tharmonie. Et Corneille pourtant, cet astre radieux Qui leur traça la route et leur ouvrit les cieux, Vous apparaît plus grand, plus beau qu'à son aurore, Entouré des rayons du jour qu'il fit éclore.

Accourez tous. Corneille a charmé vos loisirs ;

Payez, en un seul jour, deux cents ans de plaisirs ;

Vos applaudissements font tressaillir sa cendre.

Appelé par vos cris, heureux de les entendre,

Pour jouir de sa gloire il descend parmi nous.

// vienty lionneur à lui y levez-vous ^ levez-vous!»,.

Aux acclamations d'une foule ravie.

Les rois se sont levés pour honorer sa vie.

Eh bien! qu'à leur exemple, ému d'un saint transport,

Le peuple, devant lui, se lève après sa mort.

Ce discours a été imprimé et vendu au profit de la souscription.

Revenons à la représentation du 19. Chacun y a fait assaut de générosité. MM. les abonnés et propriétaires de loges ont renoncé à leur droit d'entrée. MM. les propriétaires du théâtre ont abandonné le prix de la location de la salle pour cette soirée (SS fr.). Boïeldieu a renoncé à ses droits d'auteur (8 fr.).

Paul Dutreih a abandonné à la souscription l'intégralité de la recette brute, s'élevant à 4,587 fr. 40 c, sans même prélever le droit des pauvres, resté ainsi à sa charge.

Des bassins placés à la porte ont reçu une somme de 900 fr.

Plusieurs des souscripteurs pour le monument de Corneille ont offert, le dimanche 20 septembre 1829, dans une salle de la rue Dinanderie, un banquet aux artistes qui avaient concouru à la représentation de la veille. Au haut de la salle était le buste de Pierre Corneille, et Ton avait placé dans des couronnes les noms des hommes qui ont illustré la Normandie. M. Destigny, président de la Société d'Émulation, a porté un toast à la mémoire de Pierre Corneille. Un autre membre de cette société ayant bu à la santé de Lafon, celui-ci a répondu : « Messieurs, (( je ne sais comment vous exprimer ma reconnaissance » pour rindulgence du public rouennais. Je pourrais « vous dire comme Auguste :

« Vous m'en avez comblé, mais vous m'en accablez. » La soirée a été animée par des romances chantées au piano par Adolphe Nourrit, Valbonte et par plusieurs assistants, sans oublier un conte en vers récité par Lafon.

Plusieurs théâtres de France ont, à l'exemple du

Théàtre-des-Arts de Rouen, contribué à la souscription pour la statue de Pierre Corneille.

D'abord une troupe d'amateurs de Rouen, la troupe de Rellefonds, qui donna une représentation sur le théâtre de la place du Vieux-Marché; et en second lieu, le théâtre des Jeux-Comiques, du grand cours. Nous parlerons de ces deux soirées en faisant Thistoiredu Théâtre- Français de Rouen.

Viennent ensuite la Comédie-Française, FOdéon et le théâtre de Lyon.

A la Comédie-Française, le spectacle a été composé (le la tragédie de Rodogune; du discours de Casimir Delavigue, qui avait été lu à Rouen par Lafon; des dernières strophes de la Messénienne sur Hoîne, du même auteur, chantées par A. Nourrit; du couronnement du buste de Pierre Corneille ; du Manteau, comédie, dans laquelle a joué W^^ IMars ; enfin du deuxième acte du Barbier de Séville en français, A. Nourrit chantant le rôle d'Almaviva et M™e cinti-Damoreau celui de Rosine. — C'était le 17 octobre 1829. — La recette a été de près de 5,000 fr. Le produit net a été 1,800 fr., y compris les droits d'auteur abandonnés par Andrieux, auteur du Manteau,

A rodéon, — 51 octobre 1829, — on a donné, pour la souscription: Rodogune; Malvina, vaudeville; la cantate de Casimir Delavigne, chantée par A. Nourrit, et la Somnambule, ballet. — La recette brute a été 5,259 fr. 80 c. On a retenu à l'Odéon 4,059 fr. pour frais ordinaires et extraordinaires, et il n'est resté pour le monument que 1,220 fr. 80 c.

Le 17 mars 1830, au grand théâtre de Lyon, on a

donné : Cinna; Fiorella, opéra ; la cantate des Adieux à Borne, de Casimir Delavigne^ et le discours du même auteur (ce discours a été vendu pendant la représentation au bénéfice de la souscription). Déduction faite des frais de tons genres, la représentation a produit 59S fr. Desroche, directeur du théâtre de Lyon, a élevé cette somme à 700 fr. par un don particulier de 105 fr. La vente du discours a produit 90 fr., prix de 90 exemplaires.

La liste des souscripteurs pour l'érection de la statue de Pierre Corneille est déposée dans le socle du monument. Personne ne pouvant en prendre là communication, nous en donnons un extrait en ce qui touche aux théâtres : Boïeldieu, compositeur de musique, membre de rinstitut, 100 fr.; W^^ Martin, artiste dramatique, 10 fr.; Ernest, id , 10 fr.; X, auteur d'une cantate, musique de Méhul, exécutée au Théâtre-des-Arts à la fête de P. Corneille, 25 fr.; Valbonte, artiste dramatique, 10 fr.; Morel, ci-devant directeur du Théàtre-des-Arfs à Rouen, 20 fr. (i); Bié, ci-devant acteur au même théâtre,

(1) M. Morel n'a pas perdu Thabitude de faire le bien. On lit, en effet, dans le Journal de Rouen du 8 mars 1866 :

« La commune de Sainl-Pierre-d'Autils, dans le canton de Vernon, possède maintenant sa bibliothèque.

« Cette heureuse innovation est due à la généreuse mitiative de M. Morel, ancien directeur du théâtre de Rouen, qui demeure dans cette commune.

« Une commission, composée du curé et de membres du conseil municipal, a pu déjf^ réunir 400 volumes environ, n

10 fr.; Maugin, artiste dramatique, 6 fr.; Louis, id., 2fr.; Massin, id., 5fr.; Tisle, id., 5fr.; Charles, id., 6 fr.; Blanchard, id., Sfr.; Raynal, id., 2fr.; Andrieux, id., 10 fr.; Auzet, id., 5 fr.; Hippolyte, id., 5 fr.; Joly, id., 2 fr.; Serda, id., S fr.; Leclerc, id., 2 fr ; Lemaire, id., 1 fr.; Mouchot, id., 1 fr.; Morazain, id., 1 fr.; M»« Dangremont, id , 5 fr.; M»* Langle, id., 10 fr.; M™* Certain, id., 5 fr.; M"» Demonchy, id., 2 fr.; M"« Fanny Mouchot, id.,1 fr.; 1J!™« Dumetz, id., 2 fr.; M»"» Louis, id., 2 fr.; Mn>e Lemesle, id., S fr.; M™c Simonet, id., 5 fr.; M'i« Laignelet, id., 5 fr.; M"« Duversin, id., 5 fr.; M^e Saint-Estève, id., 5 fr.; M»« Dupuis, id., 5 fr.; Potier, de Paris, un des propriétaires du Théàlre-des-Arts, 50 fr.; Massin, artiste dramatique, deuxième souscription, 5 fr.

Revenons au grand théâtre de Rouen.

L'anniversaire de la naissance de Molière a été fêté le vendredi 18 janvier 1830 par un spectacle extraordinaire (qui a commencé à 6 heures précises) et dont voici le programme :

lo L'ouverture d'Oberon;

2o Tartufe ;

3o L'ouverture de Charles de France;

4o Le Malade imaginaire avec la cérémonie ;

5o Le couronnement du buste de Molière en présence de tous les artistes de la comédie et de Topera.

La salle a été illuminée à Tinstar des bals.

En mars 1830, on a entendu M"»« Loretto-Garcia, cantatrice espagnole, première chanteuse du Théâtre-Italien (lequel ?). Elle a chante dans :

31M> THÉATRF.

Le Comte Ory. Le Barbier de SévUle.

\jaL Muette. La Dame blanche.

Le Calife de Bagdad.

En tout, six représentations.

11 faut ajouter que, dans le Calife, à la scène de la table, M™« Loretto-Garcia a chanté des variations composées par Gouin sur Tair Nel cor piu mi sento; qu'elle a voulu concourir gratuitement à une représentation au bénéfice des hôpitaux, et qu'elle y .a chanté^ outre la Muette, un grand air espagnol.

Cette cantatrice recevait 300 fr. par représentation, et avait, de plus, 20 fr. par journée pendant le temps de son séjour à Rouen.

En mars également, et dans le mois suivant, la famille Ravel, troupe d'acrobates qui faisait les délices du théâtre du Vieux-Marché, a paru sur le Théâtre-des- Arts et y a représenté Cocambo ou V Ambassade à Smgrne, divertissement-panloroime en un acte et demi (sic), de Blache et Adrien, parade absurde, dans laquelle Gabriel Ravel, dit le jeune Bouennais, a rempli le rôle de Cocambo, qu'il avait crée à Paris. Il y a dansé la Polichinelle et un Pas d'Echasses, sans parler de plusieurs autres exercices surprenants. Le jeune Ravel a mis le comble à sa gloire en jouant Jocko dans Jocko ou le Singe du Brésil, pièce à spectacle en deux actes, avec danses^ etc.

En tout, quatre fois Cocambo et quatre fois Jocko.

La famille Ravel a donné, en outre, une fois les Me^iniers ou les Bendez-vous nocturnes, ballet-pantomime en deux actes. Ce fut à la veille de la clôture de la campagne 1829-1830.

BÉNÉFICE DBS HOSPICES. — La première des deux représentations aa bénéfice des hospices a eu lieu le mercredi i6 décembre. On y a donné les deux ouvrages en vogue :

lo Yelva, vaudeville;

^ Les Deux Nuits, opéra.

Les bureaux et les portes ont été ouverts à quatre heures et demie ; on a commencé à 6 heures. La recette s'est élevée^ dit-on^ à 2,600 fr., compris i50 fr. déposés aux bassins. Les frais défalqués, il est resté 2,572 fr. 80 c. Ce dernier chiffre est officiel.

La deuxième représentation a été donnée le mercredi 24 mars 1830 et a été composée de :

io Louise ou la Réparation, vaudeville;

2o Un air espagnol, chanté par M">« Loretto-Garcia, cantatrice espagnole ;

3o La Muette, M°>« Loretto-Garcia remplissant le rôle d'Elvire.

W^^ Loretto-Garcia a refusé d'accepter la moindre indemnité de MM. les administrateurs des hôpitaux.

La recette, y compris les bassins, a été de4,i61 fr. 80 c., dont il a fallu défalquer 460 fr. 73 c. pour les frais. Donc le produit net a été 3,701 fr. 05 c.

RÉPERTOIRE. — Il a été moins varié et moins augmenté que les années précédentes. L'opéra cependant, comme nous allons le voir, s'est brillamment enrichi.

TRAGÉDIE. — Cette année on n'a pas eu de tragédie à la Saint-Pierre; mais on sait qu'en revanche, le 19 septembre 1829, à la représentation pour la statue de Corneille, Lafon et M^c Valmonzey ont joué Cinna,

Voilà tout le bilan de la tragédie.

3M TIIËATRB

DRAME. — Une seule nouyeauté :

Marina Faliero, drame en cinq actes et en vers, de Casimir Delavigne. Première représentation à la fin de novembre i839. L'affiche portait que les portes ne seraient ouvertes qu'à cinq heures un quart et qu'on ne délivrerait des billets de supplément qu'à six heures et demie. — Acteurs : Mangin^ Charles, Louis, Ernest, Blanchard, Massin, Mouchot, Lemaire, Raynal, Valette, Jules et Mi'e Martin. — A la première représentation à Rouen, cet ouvrage a été, à tort, annoncé sous la dénomination de tragédie.

On a maintenu au répertoire Clémence et Waldémar, Edouard en Ecosse et VHonnéte Criminel,

En tout, quatre drames.

COMÉDIE, VAUDEVILLE, ETC. — Douze uouveautés :

Antoine ou les Trois Générations, pièce en trois époques, mêlée de chant, par Mélesville et Brazier. A la première représentation, en juillet 1829, Potier y a créé le rôle d'Antoine.

Avanty Pendant et Après, esquisses historiques en trois époques, par Scribe et Rougemont. Première représentation le 8 mars i830.

Le Complot de Famille ou le Temps passé, comédie en cinq actes et en vers, par Alexandre Duval. Première représentation en janvier 1830.

Le Cuisinier de Buffon^ vaudeville en un acte, par Rougemont, Merle et Simonin. A la première représentation, en juillet 1829, Potier y a créé le rôle deGuénot

La Famille du Baron, vaudeville épisodique en un

acte, par Scribe et Mélesyille. Première représentation en janvier 1830.

Louise ou la Réparation, vaudeville en deux actes, de Scribe, Mélesville et Bayard. Première représentation le 30 janvier 1830. — Acteurs : Hippolyte, Leclerc, Morazain, M™« Louis et M^^*" Laignelet. Le rôle de Malzen a fait le plus grand honneur à Hippolyte.

Marie Mignot, comédie historique^ mêlée de couplets, en trois époques, par Bayard et Paul Duport. Première représentation en décembre 1829. L'orchestre entier, conduit par Schaffner^ a accompagné ce vaudeville. Une grande ouverture a été exécutée avant le premier acte et celle à'Euryanihe avant le second.

Le Manteau ou le Rêve du Mari, comédie en un acte, par Andrieux. Première représentation le 23 janvier 1830.

La Mère au bal et la Fille à la maison, vaudeville en deux actes, par Théaulon. Première représentation en novembre 1829.

Le Propriétaire sans propriété, comédie- vaudeville en un acte, par Ymbert et Warner. A la première représentation, en juillet 1829, Potier y a créé le rôle de Dubois.

La Seconde Année ou A qui la Faute ? vaudeville en un acte, par Scribe et Mélesville. Première représentation en avril 1830.

Yelva ou VOrpheline russe, vaudeville en deux actes, par Scribe, de Villeneuve et Desvergers. Première rêpré*sentation en novembre 1829. M"* Laignelet y a créé avec un grand succès le rôle d'Yelva, puis il a été joué fort bien par M"« Nongaret.

Il convient d'ajouter qu'en 1829-1830 on a joué :

VAbbé de PEpée, V Avocat, V Avocat Patelin.

La Belle-Mère et le Gendre, le Bourru bienfaisant.

Le Capitaine Belronde, Chacun de son côté, le Charlatanisme, les Châteaux en Espagne, la Chercheuse d'esprit, le Chevalier à la mode, le Chevalier d'industrie, Claudine de Florian,

La Dame des belles Cousines, la Danse interrompue, les Déguisements amoureux, le Dépit amoureux, les Deux Figaro^ les Deux Gendres, les Deux Ménages, le Diner de Madelon, le Dissipateur, le Distrait,

VÉducation (reprise), — les Fausses Confidences, la Fanme jalouse, le Festin de Pierre, France et Savoie.

La Gageure imprévue, le Gastronome sans argent, le Glorieux, Guerre ouverte.

V Héritière, Y Homme à bonnes Fortunes.

La Jeune Femme colère, le Jeune Mari, — Kettly.

Le Landaw (reprise), le Legs.

La Maison en Loterie, la Manie des Places, le Mariage de Figaro (i), le Marin, Marton et Frontin, le Médecin malgré lui, le Menuisier de Livonie, la Métromanie, Monsieur de Crac, Monsieur de Pourceaugnac avec la course des apothicaires.

Nanine, — VOurs et le Pacha (reprise).

Le Petit Enfant prodigue, la PetUe Ville, le Philinte de Molière, le Philosophe marié, le Pied de Mouton (reprise), les Précieuses ridicules, la Première Affaire (reprise), les Projets de Mariage.

(I) M"*' Laignelet y était an bien charmant Chérubin.

DES ARTS. 40i

Bataplan, les Rivaux d'eux-mêmes.

Sans Tambour ni Trompette, Shdkspeare amoureux, Simple Histoire (reprise), la Somnambule.

Le Tartufe de mœurs, Tom Jones à Londres, les Trois quartiers, Turcaret,

Valérie, le Vieux Célibataire,

OPÉRA. — Quatre nouveautés, dont trois auxquelles on pourrait peut-être donner le nom de chefs-d'œuvre. Les quatre sont le Comte Ory^ les Deux Nutts, la Fiancée et Leicester. Reprenons :

Le Comte Ory, grand-opéra en deux actes, musique de Rossini, paroles de Scribe et Poirson. Première représentation le 28 décembre i829. Au lieu de la petite ouverture de cet opéra, on a joué celle de Sémiramide, — Acteurs : Andrieux, Serda et Yalbonte; ^A^^s Dangremont, Langle et Lemesle. La décoration du premier acte a été le début de Dumée, peintre décorateur. Elle Ta posé du premier coup.

Les Deux Nuits, en trois acteS; par Bouilly et Scribe, musique de Boïeldieu, dédiée à MM. les Rouennais. Première représentation le iS octobre i829. — Acteurs : Andrieux, Serda, Jouanno, Tiste et Hippolyte; M°»« Dangremont et M<°e Certain. On savait que Boïeldieu était à Rouen, ainsi que Bouilly, pour présider aux répétitions de leur œuvre. Le compgsiteur a été demandé à la chute du rideau. Amené par Andrieux et Serda, il a reçu, au milieu des plus vifs applaudissements, une magnifique couronne d'immortelle.

A Tune des répétitions des Deux Nuits, on lui avait présenté les vers que voici :

Wà THEATRE

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