M8 ARTS
la directioa a été heureuse de profiter du passage à Rouen de Fay et de sa famille pour faire jouir le pur blic des talents de ses enCeuits, La petite Léontine Fay, âgée de huit ans, était précédée d'une réputation flat- ^ teuse.
Cette famille a représenté :
Adolphe et Clara, amngié pour les deux sœurs seulement, à l'instar du Conservatoire;
La Fée Urgèle (arrangé) ;
Les Deux petits Savoyards, en entier ;
Le Devin du Village (arrangé). Léontine Fay jouait le r61e de Colette^ et sa sœur Elisa celui de Colin ;
Haine aux Femmes (arrangé). Léontine personnifiait M°>« de Ronsberg, et Elisa Saint-Ernest ;
La Jeune Femme eolère. Léontine jouait Rose, et Elisa Emile;
Frosine eu la Dernière venue, vaudeville eu un acte. Léontine y a joué cinq rôles, a chanté Tair Quand le ffuerriçr vole aux cosnbais, et a dansé un pas de schaU.
Outre les pièces, cette famille adonné des intermèdes; Fay chantait V Amour et Rose, ou bien V Amour et h Médecin, m encore Ma Zétulbé, qu enfin YÉloge de la Laideur. Léontine chantait à grand orchestre le grand air des PrétmdMs. Les deux sœurs chantaient le duo A'Alexk.
La famille Fay a donné six représentations, dont une au bénéfice de Léontine.
Yanhove, ancien comédien du roi, retraité du Théâtre- Français, ne pouvait laisser passer, sans la célébrer, la fête de la Saint-Pierre. — Aussi le 29 juin 1820, a-t-on.
en mémoire da grand Ck>rneille^ composé ainsi le spectacle :
lo Ouverture du Jeune Henri;
3o Cantate et couronnement des bustes des deux Corneille ;
SoLeCtd;
4fi Le Songe du jeune Corneille, scène en vers mêlée de musique, par un amateur de Rouen ;
S© Le Menteur.
La salle a été illuminée à Finstar du bal.
La musique de la cantate était de Moria, chef d'orchestre du théâtre. Les paroles étaient d'un jeune homme nommé Roche. En voici deux strophes :
Tendre fille des cieux, toi que TOlympe adore, Âugaste mélodie, inspire nos accents !
Viens! Qae les sons hardis de ta lyre sonore Se joignent en ce jour à nos timides chants. Et toi, Corneille, et toi dont le brillant génie. Comme un nouveau soleil, par ses divins rayons. En la fertilisant, éclaira la patrie.
Salut, ô dieu des vers! c'est toi que nous fêtons!
De Tantique Neustrie, honneur, amour et gloire,
Chantre des nobles cœurs! Gravé sur nos autels.
Comme il le fut jadis au temple de Mémoire,
Ton nom doit vivre autant que tes chants immortels.
Soupire la douleur, ô touchant Euripide !
Ou, Sophocle, des rois montre les passions.
Du poète à jamais tu dois être le guide;
Salut, ô dieu des vers! c'est toi que nous fêtons!
Dans le Songe du jeune CorneUte, Melpomène et Thalie apparaissent à notre compatriote, qui vient de renoncer au barreau. Elles lui prédisent sa destinée, et présentent à ses yeux les principaux personnages de ses œuvres. Corneille, saisi d'enthousiasme, s'écrie :
Euripide, Sophocle, écrivains immortels!
Venez, guidez mes pas, allumez dans mon âme Ces feax divins, cette céleste flamme Qui vous mérita des autels.
Du Théâtre Français, quoi ! je serais le père ! Âh ! ne me trompe pas, espoir noble et flatteur ! Pour un cœur généreux, la gloire est le bonheur.
Cette scène, dont l'auteur a voulu rester anonyme, a été exécutée de nouveau le 2 juillet.
Le mois d'août iSâO a été signalé par quinze représentations de Lafon, premier acteur tragique du Théâtre- Français. U a joué dans :
Zaïre, Tancrède,
Adélaïde Dûguesclin, Jeanne d^Arc à Rouen.
Le Cid. Mahomet,
Iphigénie en Aulide. La Métromanie.
Coriolan,
Voici une pièce de vers en l'honneur de Lafon et de M"« Legrand :
Ah ! si Voltaire, un jour s'élançant des tombeaux
Et secouant sa glorieuse cendre, Venait voir parmi nous revivre ses héros, Lafon, quel doux plaisir prendrait-il à t'entendre ! Attendri par ta voix, ému par tes accents,
106 THÉATU
Je yals sur eofi vignge une larm« deioeudre, « Et sa main débillaote aj^udir te9 tateata. Son Tanorède, en efiet, fut-il jamai» plos tendre! Le sentiment Jamais f(it-il mieui^ exprimé? Qui pourrait résister anx soupirs d'Orosmane? Partageant ses douleurs et sa flamme profane, Gomme lui par Tamour chacun est consumé. Vendôme, dans son sang cherchant une victime, Ce Vendôme immolant un frère magnanime, Â nos cœurs attendris parait moins criminel, Quand tu veux' lui prêter ton talent immortel. Enfin, réunissant fierté, grâce et courage, p D'un chevalier français tu nous offres l'image. Et pour enthousiasmer les cœurs les plus glacés, Lafoa» il (aut paraître, on te voit, c'est assez. Nos applaudissement n'en sont-Us pas un ga||e?
Maïs eublierais-je iei ee talent jeune eneor. Celte fleur ceasaorée aux autels dQ Thalîe, Qui, chaussant le cothurne et prenant son essor. Seconde tes travaux ei soutient ton génie? A plus d'intelligence a>t-on joint plus de feu? . Melpomène adoucie, en passant par sa bouche, Nous semble moins terrible et même moins farouche. Jamais un geste faux n'a signalé son jeu, Et chacun admirant le bel art qui Tinspire, Sari loiqoura du tN&trQ amoureux de Zaïre.
Honoré, premier comiçiue dans le genrç 4es Variétés, est venu à Rouen pendit le mois de septembre. Il n'a paru qu'une fpis ; cela a. été dans le Ci-devant jeune Homme et le Petit Enfant pr^igue.
Le mois suivant, on « foU çonga^re m fvfAi^ çouen-
nais les exercices de Robert Jongleur, somommé Tlndien- Français; de Giordanna, célèbre staticien, et de Decour, surnommé Bras-de-Fer. Trois représentations seulement, — après quoi ils allèrent au Théâtre-Français > quelq[ues personnes ayant eu le bon goût de trouver qu'ils n'étaient pas précisément à leur place sur le Tbéàtre-des-Arts. Malgré cela, le directeur y a admis, au commencement de novembre^ le sieur l«ebesnier, surnommé THercule-Français (deux représentations) .
A quelques jours de là, il y faisait monter également Laurent et sa famille, grotesques du théâtre Drury-Lane, à Londres, qui ont donné une représentation du Diable ermite ou l'Amour triomphant, pantomime mêlée de danses.
Gavaudan, pensionné du roi et sociétaire du théâtre royal de l'Opéra-Comique, est venu à Rouen en janvier 1821. Il y est resté jusqu'au milieu de février et a donné neuf représentations.
Il a chaut^ dans •
Joconde. Euphrosine,
Le Délire, Les Deux JaUmaç,
Joseph, La Jeune Femme colère.
Jeannot et Colin. Zoraïme et Zulnar,
Camille. Le Déserteur (reprise),
MoTUano et Stéphanie. Le Billet de Loterie,
A partir du 2 avril jusqu'au jour de la clMwre îiiellisivemeQt, c'est*àHlire jusqu'au 19 du mâm^ mois, le Théàtre-des-Arts a possédé Talmai premier scieur tragique du Théâtre-Français ; et cette fois il a été, comme on va le voir, parfaitement secondé. Dans Manlius,
M. Godin, amateur rouennais, dont nous avons déjà parlé, a rempli le rôle de Rutile (i). Athalie a été jouée avec les chœurs, musique de Gossec. W^^ Despréaux, jeune élève de Talma, jolie enfant qui jouait à Paris au Théâtre- Français le rôle de Joas, a rempli le même rôle sur notre théâtre. Les coryphées ont été chantés par M^^ Morel-Lemaire, Ferville, Langlade et Laforgue, et par Noyrigat, Nicolo-Isouard, Gassel et Laurent. Mii« Petit, premier rôle tragique, venue exprès de Nantes, a joué Athalie. Dans Ctnna,Hii« Petit a personnifié Emilie; dans les Templiers, elle a rempli le rôle de Jeanne de Navarre, et M. Godin celui de Marigny père.
Talma^ qui a donné à ce voyage onze représentations, a paru aussi dans HanUet, Coriolan, Britannicus et Marie Stuart.
Quant à Mii« Despréaux, outre le rôle de Joas^ elle a interprété ceux d'Adolphe dans Camlle, opéra, et de Rabet dans la Fausse Agnès, comédie.
Le mois d'avril 1821 a donc été très-remarquable.
BÉNÉFICE DES HOSPICES. — La première représentation a été donnée le jeudi 14 décembre 1980 et a été très-variée : lo Le Secret du Ménage, comédie; 2o Le SoUicUeur, comédie;
3o Le Roman d'une heure, comédie ;
4o Le Bouffé et le Tailleur, opéra.
Le produit a été de 2,281 fir. 75 c.
La seconde représentation a eu lieu le mardi 27 mars 1821. Elle se composait de :
(1) Voir tome 11, page 329.
DES ARTS. i09
1o La Fille éP honneur^ comédie; 2o Une Journée à Ver milles, comédie; 5o Les Deux Pères ou la Leçon de botanique, vaudeville. Le produit a été de 3,059 fir. 5S c. •
Pour la loge de la mairie, même remarque que les années précédentes.
TiUGÉDiE.— Nous avons vu que Ton a représenté le Cid pour la fête de la Saint-Pierre; que Lafon, puis Talma, ont donné des représentations ; nous ajouterons que la troupe a repris les Vêpres siciliennes et qu'elle a créé une tragédie nouvelle :
Marie Stuartj en cinq actes, de Pierre Lebrun. Première représentation en septembre 1820.
niuME. — Aucune première représentation; on s'est borné à maintenir :
Beverley. deloupe.
Eugénie. V Honnête Criminel.
VBabitant de la Gua- VOncle mort et vivant.
COMÉDIE. — Huit nouveautés :
Un Dîner à Pantin ou F Amphitryon à la diète, vaudeville en tm acte, par Désaugiers, Gersin et Gentil. Première représentation en octobre 1890.
Le Duel et le Déjeuner, vaudeville en un acte , par Armand Gouffé et Ledoux. Première représentation en décembre 1820.
Les ÉpauleUes de Grenadier, vaudeville en un acte. Première représentation en juillet 1820.
Le Folliculaire, comédie en cinq actes et en vers, par Delaville de Mirmont. Première représentation en juillet
liO THEATRE
VHermiie de SoM-ÀveUe, TaadeTille en un acte. Première représentation en août 1830.
Monsieur Quinquina^ vaudeville en un acte, par Gamel. Première représentation en février iSâl.
Le Secrétaire et le Cuisinier, vaudeville eïx un acte, par Scribe etlélesville. Première représentation en avril 1821 .
Turlututu m le Fifre tto t(n âe Prusse, vaudeville en un acte. lYemlêre repi^sentsttion en mars 18M.
On a représenté une foule d'ouvrages déjà conutis; il en est que nous avons mentionnés dans tes diapitreâ précédents. Voici ceux qui n'y ont pas trouvé irface :
VAhhé de l'Épée, Y Amant haUtfu, VArnmret la Maison, les Amours de Bayard, f Avocat, Y Avocat Patelin, "-^ Brifêys et Péiaprat.
Les Châteatix en Espagne, le CheoMer WinâmMe, le Collatéral (reprise), ks Comédiens, la Coquette corrigée (reprise), CrUfm médecin.
Démocriie amour euap (neprise), lQj>éteipoir de Jocrisse, les Deux Gendres, les Deux Philibert, le Dissipateur.
VÉcole des Femmes, YEnfant prodiçue, YJ^reuve nouvelle.
Les Femmes, la Femme juge et partie (reprise), le Festin de Pierre, la Fête de campagne ou F Inondant comédien malgré lui, les Folies amoureuses, les Fourberies de Scapin.
La Gageure imprévue, Gaspard l'avisé (reprise), le Gloriet^, Guerre ouverte.
Haine aux Femmes, Y Homme à bonnes fortunes, Y Homme singulier.
Vlntrigue épistolùire, Je fais mes farces, la Jeune Femme colère, le Joueur,
im ARfS. Iti
La Lttitlire suisse, le legs, le iMgriiMf t unAperMl .
Madame de Sévigné (reprise)^ la Maison en loterk, h MixHage de Figaro, le Mariage seeret, le Mariage du Pèkrin, le Médecin meitgré M, h Mercure gtdam, le Misan^rope, Monsieur de Poureeuugnae.
Le Petit Corsaire, le Philosophe marié, le IHerf de Mùuhn {tepiise), les PlaHâeurs, P&madin, PrévUk et Taeonnet.
Le Tableau deRafkaël, IbvnJonês à Londres, loi IMf Frères ri/oaiuas, les Troif iSii/toiMi^ ie T^an domeêitque,
La H^ à Beêkm, le Folog^e*
OPÉRA. — Deux nooreaiifis :
Le Mélomane interrompu ou la Cacophonie musicale, grand-opéra eu un acte. A la première représentation de cet ûaYrage, en juillet 1890» il y avait un début, ce qui est contraire à Tusage et à la raison.
Les Voitures versées ou Comme à Paris, opéra en un acte, de Diipaty et BoïeUtou Première représentation le mardi 12 septembre 18S0. — Succès.
▼oSd, coînme povf ht comédie, la lii^ complénente&re pour Toférh :
Alexis, Arnbroîee, V Auberge de Sagnires.
La Sdk Arsène, le CaKfè de Bagdad, le Oomêe étÀlberi et sa Suite,
tea Deux Journées, fes Deux petits Savoffords, le DUble m vaeanres, le DteMe couleur de rose, le DUble A quatre, le Directeur dans rembarras, la Dot.
VÉpreuve villageoise, ht Fausse Magie, FéUete, la fV^e au VUlage voisin. Une Folie, le Frère PMippe.
Oulnare ^reprise); Vhttrigue aux Fenêtres, VIrato,
tIS THEATRE
Jadis et Aujourd'hui, Jean de Paris, LuUi et Qui" naiUt.
La Maison à vendre, la Maison isolée, le Mari de eirconstance, le Marquis de Tulipano, le Médecin turc, la Mélomanie, Michel^Ange, Monsieur des Chalumeaux (reprise).
LeNouveau don Quichotte (refrise), '—VOpéra-Comique.
Le Petit Chaperon rouge (reprise), Philippe et Georgette, Picaros et Diego, les Prétendus.
Raoul sire de Créçpti (reprise)» Renaud d*Ast, les Rendea-vous bourgeois, Rose et Colas, la Rosière de Salency.
Le Tableau parlant, le Tonnelier,
iNTEaBiÈDES. — On s'en est tenu aux deux intermèdes que voici :
Ouverture d'iphigéme en Aulide, exécutée à grand orchestre (mai 1820).
Air varié arrangé pour la clarinette, exécuté par Henri, mattre de musiq[ue du 4« régiment de la garde royale.
BALS. -- Désirant rétablir l'ancien usage des redoutes ou bals parés, Vanhove a fait faire un décor nouveau destiné à partager la salle en un salon de danse et un salon de compagnie. Ce déc%r a été mis en place et offert aux regards du public après le spectacle du 17 janvier 1821. On annonçait en même temps que, dorénavant, dans les redoutes comme dans les bals masqués, Torcbestre serait séparé du public et n'occuperait plus une portion des premières loges. ^
Mais le 6 février, le directeur a fait savoir qu'il renonçait pour cette année aux redoutes ou bals parés.
DES ARTS. It3
Il y a eu grand bal de nnit, paré et masqué, après le spectacle, les dimanches 11, 18 et 25 février 1821, le dimanche 4 mars et le mardi 6 du même mois (1).
L'autorité supérieure a défendu d'en donner après les jours gras.
Pour ces bals masqués, on avait fait un décor qui séparait, en effet, l'orchestre du public, et qui ne gênait nullement la circulation dans la salle; il n'occupait plus les premières loges.
La clôture de l'année théâtrale, le mercredi 18 avril 1821, a été très-brillante. On donnait :
lo Le Secrétaire et le Cuisinier, vaudeville encore nouveau;
2o Athatte, tragédie, pour les adieux de Talma, de la Comédie-Française ; de M^i» Petit, tragédie][^ie du théâtre de Nantes, et de W^ Despréaux, petite fille ravissante, élève de Tahna. On sait que, dans cette tragédie, les coryphées étaient chantés par huit artistes de notre troupe d'opéra.
IICMBIITS.
Nous rencontrons ici un incident des plus graves, qui ne s'était encore jamais produit à Rouen . Le 5 juillet 1820, l'annonce du spectacle a été remplacée par celle-ci : La
(1) Pâques, en 1821, était le 22 avril. La clôture de Tannée théâtrale avait été faite avant les derniers jours de la semaine sainte.
iii THÊATAE
direction^ pour éviter de nouveaux jtroubles an théAtre, a demandé et obtenu de l'autorité de cesser ses r^résentations jusqu'au rétablissement de la santé de la première chanteuse et l'arrivée d'une première Dugazon.aDèsque l'un de ces obstacles sera levé, la direction s'en^pressera de prouver au public que de malheureuses circonstances l'ont seules privée du plaisir de lui être agréable. »
Le lendemain, on publiait cette ordonnance du maire de Rouen : •
« Considérant que, depuis deux jours, des troubles « ont eu lieu au spectacle de cette ville, et que, hier
< soir, ces troubles ont pris un caractère de gravité qui
< nécessite l'intervention de l'autorité ;
tt Considérant que la troupe des artistes est incom- « plète et ne peut suffire à un répertoire convenable, c Abbéte :
« Le spectacle est fermé jusqu'à nouvel ordre. « Rouen, en l'HAtel-de-Ville, le 5 juillet 18â0.
« Elie-Lefébure. »
La fermeture n'a pas été de longue durée, car, le mardi il juillet suivant, l'affiche était ainsi conçue :
« Par autorisation de M. le maire,
(( Aujourd'hui : V Homme à bonnes Fortunes, comédie (( en cinq actes, et le Bouffe et le Tailleur, opéra en un « acte, pour la rentrée de M°>«^ Morel-Lemaire. »
DES AftTS. 115
Le baptême a élé douiié à S. A. R. Mgr le duc de Bordeaux, le mardi l«r mai iSSi . A cette date, les théâtres de Rouen étaient en vacances. Cependant Tadministration municipale a voulu qu'une représentation extraor-^ dinaire fût organisée ce jour-là pour compléter la fête, et surtout qu'elle fût gratuite. En voici le programme :
« Spectacle gratis en l'honneur du baptême de S, A . H, Mgr le duc de Bordeaux,
« Aujourd'hui U^ mai 1821 : la première représentation du Garde-chasse de Chambord, vaudeville nouveau en un acte, — précédé de Frosine ou la Dernière venue, vaudeville en un acte. — Le spectacle sera terminé par les Deux petits Savoyards, opéra en un acte.
« On commencera à quatre heures très-précises. La salle sera ouverte à trois heures et demie. »
Il faut ajouter que la première et la deuxième pièce étaient jouées par Fay et sa famille, alors à Rouen, et donnant depuis quelques jours des représentations au Théâtre-Français, où Léontine Fay, âgée alors de onze ans^ faisait merveille.
A peine les portes furent-elles ouvertes, que la salle a été remplie d'une foule de peuple avide de r^ouissance. Nq9? citerons parmi les couplets qui ont produit le plus d'effet ceux qui suivent :
Air De la Sentinelle,
Ahl conservons avec un saint respect
Les monuments de notre vieille France, Pour qu'un Français, de leur antique aspect, Dans tous les temps éprouve la puissance.
Après tant de tristes erreurs.
Si funestes pour notre histoire.
Perdons, en essuyant nos pleurs,
Les souvenirs de nos malheurs.
Mais gardons ceux de notre gloire.
Air : Muses des bois et des accords champêtres.
Bons habitants de ce séjour champêtre, Tout vous promet un riant avenir; Encor plus doux, le printemps vient de naître; Il rend nos cœurs à Tamour, au plaisir! Offirons nos vœux à ce prince qu'on aime, Qui doit un jour embellir ce hameau, Et qu'il ne voie, au jour de son baptême, Que des heureux autour de son berceau.
Air : Vaudeville de la Bimquetière.
Oui, c'est Tentant d' la France entière,
Chacun d' nous lui doit son secours.
Avant d'avoir vu la lumière»
L' destin l' priva de l'auteur de ses jours ;
Mais si Dieu rappela le père
Dans l'heureux séjour des élus, C'est qu'il fallait dans 1' ciel un ang' de plus
Pour protégé l' fils sur la terre.
Ce yaadeyille, le Garde-Chasse de Chambord, avait été donné gratis aussi^ et pour la première fois, le SO avril, au tbé&tre des Variétés à Paris.
Année théAtralc IMl-lMt (1).
Après une interruption de plus de vingt jours^ la réouverture a été faite le lundi 7 mai 18S1 . Ce jour-là, pour des débuts et des rentrées, on donnait :
lo Blme et Babet;
2o Les Prétendus.
Les débuts ont été faits assez lestement, d'autant plus que rien ne les suspendait. On en a effectué uli le jour de la Pentecôte, et deux autres dans des soirées où Bocage se faisait connaître aux Rouennais, Tune d'elles étant d'autre part consacrée à honorer la mémoire du grand Corneille.
Les débuts ont eu lieu :
Pour la tragédie, le drame, la comédie, le vaudeville, etc., dans les Deux Frères, V Amour et la Raison, la Fausse AgnèSy le Philinte de Molière, VEpreuve nouvelle, les Rivaux d'eux-mêmes, le Festin de Pierre, le Legs, le Vieux Célibataire, ]e Philosophe marié. Tartufe, la Femme jalouse, le Légataire universel, le Barbier de Séville, les Fourberies de Scapin, YEcole des Maris, Tancrède, le Cid, Mérope.
(1) Deuxième de la direction Vanhove.
If8 THEATRE
Pour l'opéra^ dans :
Les Prétendus, Biaise et Babet, la Maison isolée, Jean de Paris, VÉpreuve villageoise, le Tableau parlant, la Lettre de change, Gulnare, Montano et Stéphanie, la Mélomanie, la Vestale (reprise), Euphrosine, le Diable à quatre, Zoraïme et Zulnar, Zémire et Azor, Richard- Co^r-de-Lion, le Rossignol, le Tonnelier, le Mari de circonstance, le Nouveau Seigneur du Village, YOpéracomique. Ma Tante Aurore, Une Heure de Mariage, le Devin du Village,
La troupe s'est trouvée constituée ainsi qu'il suit :
Saint-Elme» premier rôle.
Bonnety» jeune premier.
Roche^ jeune premier, deuxième amoureux.
Duruissel, père noble.
Duval, financier.
£aint-Aubert, troisième rôle, raisonneur (1).
Verteuil, premier comique, valet.
Lemelle (2), même emploi en second.
Mouchot, second comique/Grispin.
Leroux, deuxième troisième rôle. .
Reynal, second père.
M<°« Lemaire, reines^ premier rôle marqué (3). Allie Virginie Legrand, jeunes premiers rôles, jeunes coquettes.
(1) Blanvalet, qui tenait remploi en 1819-1820, ayant échoué à une tentative de rentrée.
(2) Né à Rouen, élève du Conservatoire et de Granger, professeur de déclamation.
(3) Après réchec de M^^" Duret et de M<»« Valérie.
DBS ARTS. 119
MU« Chaubert, jeune première iDgénoité.
MU« Héloïse, soiAretta.
Mn« Duversin, caractères, mères mMes.
M»a« Dumissel, deuxièmes caractères, deuxième mère noble.
MUe Laloi, troisième amoureuse.
Opéra :
Nicolo-Isouard, première haute^contre.
Tenard, haute-contre, Philippe et Gai^audan. Nourtier^ Colin (f ).
Auguste^ deuxième Colin (3).
Cassel, Martin.
Noyrigat, première basse-taille.
Saint-Alme, première basse-taille comique. Leroux, deuxième basse-taille.
Bié, Laruette, Juliet.
Signol, trial.
Dumontier, grande utilité.
Tanquerelle, utilité, basse-taille.
Mil» Florini, première chanteuse à roulades. MUe Thibault, première chanteuse sans roulades. M"« Leriche (Scriwanek*Leriche), Dugazon (3). Mlle Ferville, mère Dugazon.
(1) Après Téchec de Hippolyte, celui de Auguste, élève du Conservatoire et de Técole de Garât, et celui de Despréaux.
(2) Elève du Conservatoire. Rst-cc le même que celui de la note 1 ?
(3) Rentrée après avoir tenu remploi en 1818-1819. (Voyez page 31.)
Mlle Boyer, Dagazon-eorset.
W^ Laloi, troisième amoureuse, Betzi.
M>°« Juclié, duègae.
Mlle Stéphanie, deuxième duègne, utilités.
Moria, chef d'orchestre.
Collet, régisseur.
Mouchot, sous-régisseur.
A cette troupe si complète, sont venus se joindre momentanément trois artistes amateurs : d'abord, en août 1821, Delacour, de Rouen, élève du Conservatoire, qui a rempli une fois, dans la Maison à vendre, opéra, le rôle de Dermon (emploi de Jlilartin) ; en second Heu, dans les mois de février et mars 1822, M^i» Florine, également de Rouen, qui n'avait jamais paru sur un théâtre. Elle a joué, dans la Maison isolée, le rôle de Claire (dugazon), et celui de la Somnambule dans la Somnambule, Nous parierons du troisième amateur au chapitre de la tragédie.
LA POLITIQUB AD THÉÂTRE. — Entre l'histoirc de cette année théâtrale et celle de la précédente, nous avons dû, I
pour suivre l'ordre chronologique des faits, en rapporter un qui appartient à la politique au théâtre. Le lecteur qui s'intéresse à ce côté de l'Histoire des Théâtres de Rouen devra se reporter à la source que nous indi« quons (1).
La fête du roi, le samedi 25 août 1821 , a été célébrée au Théâtre-des-Arts, On y a joué un vaudeville de cir-
(1) Page 115.
DES ARTS. lii
constance^ le Congé déchiré, que l'on devait» disait-^on, à M. de Joannis, capitame au S^ régiment de la garde royale. Cette petite pièce était fondée sur un trait de dévoùment d'un grenadier de la garde royale pour la famille des Bourbons. Beaucoup de couplets ont été bissés sur la demande des spectateurs. On a remarqué aussi l'endiousiasme et la joie d'un grand nombre de soldats du Se régiment qui assistaient à cette représentation; celle-ci a été terminée aux cris de Vive le rai! Vivent les Bourbons!!!
A l'anniversaire de la mort de S. M. Marie-Antoinette d'Autriche, le mardi 16 octobre 1821, quoique l'ordonnance municipale, signée par M. le marquis de Martainville, ne contint rien au sujet des spectacles et lieux de divertissements, il y a eu relâche au ThéAtre-des-Arts — et au Théâtre-Français, cela va sans dire, puisqu'il n'était ouvert que les dimanches et fêtes.
Les représentations du Soldat laboureur, dont la première à Rouen date du 18 octobre 1831, ont soulevé un grand enthousiasme, notamment ce couplet :
Air : On y va.
Cet habit qui m'honore, Que vingt ans j'ai porté, Faut-il qu^on s'en décore Par pure vanité?
Non, à l'honneur fidèle' On le retrouvera; Que le roi nous appelle, Il est là! (ter)
Pour être historien fidèle» il faut ajouter qu'il y avait
m THÉÂTRE
une partie du public qui applaudissait à outrance quand Tacteur, par défaut de mémoire ou arec intention^ altérait le texte et chantait :
Que la France m'appelle, il est ià! (ter)
Le lendemain de ces jours-là, la police eiugeait 4|ue Ton rétablit :
Que le roi nous appelle, 11 est là ! \ter)
A cette occasion, on a c(»nposé au parterre quelques yers qui se terminaient ainsi :
Mais h quoi bon, ma foi, Dans cette eirconstancet Pour repkicer le roi Sacrifier la France !
Toutefois, le Soldat laboureur ne se rattachant à aucun fait particulier, nous avons préféré nous étendre plus longuement sur cet ouvrage au chapitre des pièces nouvelles.
Lors de l'anniversaire de la mort de S. M. Louis XVI, Tordonnance de M. de Martainviile portait que les spectacles et autres lieux de divertissements publics seraient fermés, — ainsi que les boutiques, — pendant toute la journée. Il y a donc eu, le 21 janvier i9S&, relâche par ordre.
Le 13 février 18SB, il y a eu aussi relâche par ordre, à cause der Fanniversaire de l'assassinat du duc de Berry.
cBNstRE. ^ Le projet d0 répeUoire pour 183M822,
EXES AUTS. 423
envoyé à Paris, y a été visé en ces termes : c Va au ministère de rintérieur, *-*> conformément K la dédsion de M. le Directeur général de l'administration départementale et de la police^ en date de ce jonr, à la charge de suivre les indications relatives à VDswrier gentilhomme et au Mariage de Scarron. -*- Paris, le 35 mai 1^1. — Signé : Le Chef du bureau des théâtres. »
L'indication pour VUsurier gentilhomme, pièce non connue à Paris, était de la soumettre à Texamen avant de la représenter; pour le Mariage de Scarron, c'était, on le sait, de supprimer le personnage de Giraud.
Pour Charles et Caroline, et pour le Mariage de Figaro ou la Folle journée, les recommandations faites antérieurement subsistaient. (Voyez pages 54 et 74.)
REPRÉSENTATIONS EXTRAORDINAIRES. — Elles Ont été
très-nombreuses cette année.
Dès la fin de juin passaient par Rouen pour aller à Paris et s'arrêtaient pour monter trois fois sur notre première scène le signor Gînelliy premier bouffe du théâtre Saint-Charles, â Naples, et la sig&ora Cinelli, première cantatrice du même théâtre. Ils ont commencé par la Serva padrona (la Servante maîtresse), operabuffa en deux actes de Fioraventi, puis ont donné VAmante hurlate (l'Oman/ trompé), opera-buffa italien, et ont terminé par la Serva padrona.
En même temps. Bocage était à Rouen en représentation. L'annonce portait que « M. Bocage, de cette ville, artiste venant de débuter au premier Théâtre-Français, remplirait, etc., etc. » Bocage n'a joué que Tancrède de Taneréde, et don Rodrigue da Ciâi
i24 THEATRE
La Saint-Pierre a été célébrée comme d'usage. La représentation du 29 juin, en l'honneur du grand Corneille, a été ainsi composée :
lo Une cantate;
2» Le couronnement des bustes des deux Ck>meille ;
3o Le Cid, avec Bocage, de Paris, et Mn« Valérie, débutante de la troupe rouennaise ;
4o Le Menteur.
La cantate avait été pour ainsi dire improvisée par Verteuil, artiste du théâtre. En voici l'introduction :
Ouvrez le temple de Mémoire !
Muses, ornez vos fronts des lauriers les plus beaux ! Ce grand jour est inscrit aux fastes de la gloire ! Chantez Corneille et ses nobles travaux!
Réunissez Eschyle, Euripide et Pindare; Que sur leur lyre d'or son nom soit répété. En vain Ik faulx du temps des mortels le sépare, Un grand homme appartient à la postérité.
Après avoir chanté la douce intimité qui régnait eaXre les deux frères,
Qui vivaient riches d'innocence, De travail» de paix et de mœurs,
Tauteur termine ainsi :
Bientôt pour Thonneur de la scène.
De son siècle et de Tunivers, Corneille, fils de Melpomène, Parait rayonnant de ses vers.
Seul auteur de sa renommée, Il conquit ses admirateurs,
Et sur Furne du grand Pompée Un héros répandit des pleurs.
Honneur à Taîné des Corneille !
Qui, franchissant le double mont,
Reçut, pour le prix de ses veilles, i
Le laurier des mains d'Apollon !
Honorons ce brillant génie;
Proclamons-le, pour ses succès,
Le père de la Tragédie
Et le Sophocle des Français!
La musique de cette cantate était de Moria, le chef d'orchestre, et de Cassel, le Martin.
En juillet est venu Gontier, jeune premier de vaudeyiUe, ci-devant premier acteur du théâtre du Vaudeyilie, alors au théâtre du Gymnase, à Paris. Il a joué dans :
Une VitUe à Bedlam.
Encore un Paurceaugnae au le Nouveau Pourceaugnac (reprise).
La Somnambule (reprise).
Haine aux Femmes,
Monsieur Biaise (première représentation). En tout, cinq représentations seulement.
Dans le même mois, Alphonse, jeune premier rôle du second Théâtre-Français, passant par Rouen, a rempli le râle de Polyphonte dans Mérope, le râle de Folle- Tille des Étourdis et le rôle de Frédéric dans V Auberge du Grand'Frédéric.
En juillet encore a commencé une série de représentations données par Lepeintre, premier acteur comique du
126 THÊATiiE
théâtre des Variétés, à Paris : les Dmx Précepteurs, le Mariage à la hussarde, Mwmeur Sans^Gêne, la Carie à payer, le Solliciteur, Prémlle et Taconnet, les Deux Edmond (reprise), le Duel et le Déjeuner, YAtiberge du Grand-Frédéric (première représentation), la Danse interrompue, le Témoin (première représentation), les Deux Pères ou la l,eçon de Botanique et le Dîner de Madelon, tel a été le répertoire de Lepeintre, qui a paru dix fois, et n'a quitté Rouen que le 4 août.
En septembre, on a eu Michbt, premier comique du Théâtre-Français et pensionnaire du roi* Il s'est fait connaître dans :
Les Deux Frères . Charles et Caroline^ drame
Catherine ou la Belle (reprise).
Fermière. Orgueil et Vanité (pre-
Les Projets de Mariage. mière représentation).
La Jeunesse de Henri V, V Epreuve nouvelle. En tout, six représentations.
Ce fut, au contraire, un premier rôle tragique» Saint - Eugène, ex-jeune premier à Rouen^ ex-sociétajre du Théâtre-Français, qui fut appelé au Thé4tre-de^-Art9 en novembre 1821. JEn neuf représentations, dont une à son bénéfice, il a donné :
Hamlet. Andromaque.
Œdipe. Othello.
Macbeth. Marie Stuart.
Les Vj^res siciliennes.
Saint-Eugène n'a quitté Rouen que le iO décemjbre. Le dimanche des Rameaux, le 51 mars 1822, ont commencé des représentations données à la fois par Nourrit
DES ARTS. ift7
et Deriyis, premiers ecteurs de rAcadémie royale ie musique (faaute-jcontre et basse*taille), — ce jour-là dans CEdipe à Colonne et Raoul Barbe-Bleue^ — le mardi snivaut dans Sylvain (Oerivis seul) et la Vestale, — le lendemain mercredi dans VAmi de la Maison et SlraUn mce pour Nourrit, et le Déserteur pour Derivis.
BÉNÉFICES. — Un artiste infortuné, nommé Astrandy, dont la probité et la moralité étaient reconnues; ayant demandé des secours à Vanhove» directeur, a obtenu une représentation, qui a eu lieu en mars 1822.
Quant aux artistes de la troupe, aucun n'a eu de bénéfice.
BÉNÉFICE DES HÔPITAUX. — Lc mardi 11 décembre, la première représentation consacrée aux asiles des malades pauvres a été composée de :
lo La Jeunesse d* Henri V, comédie ;
2o Le Parrain, comédie ;
3o Baoul Barbe-Bleue, opéra.
Le produit a été de 2,384 fr. SO c.
Pour la loge de la mairie, même remarque que les aimées précédentes.
Le mardi 19 mars a été choisi pour la deuxième représentation, que l'on a composée ainsi :
lo Philibert marié, vaudeville;
2o Les Plaideurs sans Procès, comédie ;
So Emma, qiéra.
Produit : 3,203 fr.
TRAGÉDIE. --* Après Ics débuts dans la tragédie, les représentations de Bocage et de Saint-Eugène et la solennité
tragique da 29 juin^ il reste peu de choses à dire; cependant nous rappellerons une tentative malheureuse. En janvier 1822^ un amateur de Rouen, nommé D. L^^, a voulu jouer Procida des Vêpres siciliennes, mais on a été forcé de baisser le rideau avant la fin du premier acte et de remplacer cette tragédie par les Étourdis. Était-ce une allusion à cet étourdi de D. l«r« qui venait de se fourvoyer?
On n'a monté qu'une tragédie pendant cette campagne :
Nunui Pompilius, en cinq actes, par un jeune h(»nme de cette ville. Première représentation le 15 octobre 1821 . €e jeune homme se nommait Dupias fils. Sa tragédie a obtenu un succès d'estime.
DRAME. — Aucun drame nouveau. On n'a maintenu à la scène que V Habitant de la Gtiadeloupe et Eugénie. On a repris Charles et Caroline.
COMÉDIE, VAUDEVILLE, ETC., ETC. — SciZC UOUVCautéS :
V Auberge du Grand-Frédéric ou Voltaire en Prusse, vaudeville en un acte, par Lafontaine et Théaulon. Lors de la première représentation, en juillet 1821, Lepeintre, des Variétés, a créé le rôle de Voltaire, et Alphonse, du second Théâtre-Français, celui de Frédéric.
Le Congé déchiré, vaudeville en un acte. Première représentation le 25 août 1821 . (Voir le chapi^e de la politique.)
VHeureuse Rencontre, comédie en trois actes, par Planard. Première représentation en février 1822.
Le Mari et V Amant, comédie en un acte de Vial. Pre-
DES ARTS. 4i9
mière représentation en juin 1891 . Quelquefois on annonçait V Amant et le Mari.,, pour changer!!
La Mère rivale, comédie nouvelle en trois actes, par Casimir Bonjour. Première représentation en décembre 1821. (Voir tome I, p. 324.)
Michel et Christine, vaudeville en un acte de Scribe et Dupin. Première représentation en janvier 1822.
Un Moment d'imprudence, comédie en trois actes, par WaflardetPulgence. Première représentation en juin 1821 .
Monsieur Biaise ou les Deux Châteaux, vaudeville en deux actes, par Sewrin et Ourry. A la première représentation, en juillet 1821, Gontier, alors acteur du Gymnase de Paris, a créé le rôle de Biaise de Bois-Routreau.
Orgueil et Vanité, comédie en cinq actes, par Joseph Souque. A la première représentation à Rouen, en septembre 1821, Micbot, de la Comédie-Française, a créé le rôle de Nicolas Leleu.
Le Parrain, comédie en un acte, par Scribe, Delestre et Melesville. Première représentation en août 1821.
Philibert marié, vaudeville en un acte de Moreau et Scribe. Première représentation en mars 1822.
Pierre, Paul et Jean, vaudeville en deux actes, par Sewrin et Ourry. Première représentation en avril 1822.
Les Plaideurs sans Procès, comédie en trois actes, par Etienne. Première représentation en janvier 1822.
Le Soldat laboureur ou les Moissonneurs de la Beauce, vaudeville en un acte, par Francis, Brazier et Dumersan. Première représentation le 18 octobre 1821. Grand succès (1).
(1) Voir page 12i.
T. iii, 9
i30 THEATRE
La plupart des couplets ont obtenu les honneurs du bis. De ce nombre nous citerons ceux*ci :
Air : // marche à Pimmortalité,
Au beau pays qui m'a vu naître, Utile jusqu'au dernier jour»
Apprenez que Francœur veut être Soldat, laboureur tour à tour.
Les champs qui nourrissent ma mère, Je dois savoir en bon Français Les défendre pendant la guerre, Les labourer pendant la paix.
Air Des maris ont tort.
Moi, j'avais dix<neuf ans à peine Lorsqu'on me fit sous-lieutenant; A trente ans je fus capitaine; Je suis colonel maintenant.
Croyez-moi, la seule vaillance Des soldats fait des généraux.
Et plus d'un maréchal de France Est parti le sac sur le dos.
Air De la sentinelle.
Pour conquérir et la gloire et la paix, Ayant bravé les dangers, les alarmes, A son retour, sans crainte et sans regrets, Le vieux soldat a déposé les armes.
Après de périlleux combats.
Cultivant sa terre chérie.
Le laboureur vous tend les bras,
Bien sûr qu'il ne trouvera pas
Des ennemis dans sa patrie.
Le Témoin, vaudeville en un acte, par Saintine, Scribe et Melesville. A la première représentation, en juillet 1831, Lepelntre, des Variétés, a créé le principal rôle.
Le Voyoffe à Dieppe, comédie en trois actes, par Wafflard et Fulgence. Première représentation en juillet 1831 .
On a encore joué cette année :
VActe de naissance, V Amant' bourru, Y Avare, VAveugte clairvoyant, VAvocat Patelin.
Brueys et Palaprat, — les Châteaux en Espagne, le Confident par hasard, Crispin rival de son Maître.
Démocrite amoureux, le Dépit amoureux, les Deux Figaro, le Dissipateur^ le Distrait, Dupuis et Desronais.
VEcok des Bourgeois, YEcole des Femmes, YEsprit de contradiction, les Étourdis,
Les Fausses Confidences, la Femme juge et partie, les Femmes, les Femmes savantes, les Folies amoureuses,
La Gageure imprévue, le Glorieux, Guerre ouverte.
VHeureuse Erreur, — YImpromptu de Campagne, Ylntrigue épistolaire.
Les Jeux de V Amour et du Hasard, le Joueur,
Madame de Sévigné, le Malade imaginaire (\), le Mariage secret, le Mari de circonstance, la Métromanie, le Misanthrope.
Nanine, — YObstacle imprévu, les Petits Braconniers, la Pie voleuse, le Portrait de Michel Cervantes.
Shakspeare amoureux, le Somnambule.
Tom Jones à Londres. ^
OPÉRA. — Deux nouveautés seulement :
(1) Avec la cérémonie.
La Bergère châtelaine, en trois actes^ de Planard, musique d'Auber. Première représentation en août 1821 .
Emma ou la Promesse imprudente, en trois actes, paroles de Planard^ musique d'Auber. Première représentation en décembre 1821 .
Le répertoire de cette année se complète ainsi :
Adolphe et Clara, Alexis, Aline, V Amour filial, Ana-
crëon chez Polycrate (reprise), Y Auberge de Bagnères, VAvis au Public,
La Belle Arsène, le Billet de Loterie, le Bouffe et le Tailleur,
Le Calife de Bagdad, la Caravane du Caire (reprise), la Caverne, Cendrillon, la Chambre à coucher.
Les Dettes (reprise), les Deux Chasseurs et la Laitière, les Deux Jaloux, les Deux Journées.
La Fausse Magie, Félicie, Félix, la Fête au Village voisin, une Folie, Françoise de Foix.
Gulistan, — VHabit du chevalier de Grjammont (reprise), Héléna (reprise).
V Intrigue aux Fenêtres, — Jadis et Aujourd'hui, Jeannot et Colin, Joconde, Joseph.
Léon, Lulli et Quinault,
La Maison à vendre, les Maris garçons, le Médecin turc, Montano et Stéphanie, ^
Le Petit Chaperon rouge (1), le Petit Matelot, Picaros et Diego, les Prétendus (2), le Prisonnier,
(1) Noyrigat, qui jouait le rôle de Termite, chantait au commencement du troisième acte un air qui n'était pas dans la partition.
(2) Pour faciliter les débuts, Fay a retardé son départ et a joué Valère des Prétendus» (Voyez page 115.)
DES ARTS. i33
Les Rendez-vous bourgeois, les Rêveries renouvelées des Grecs, Roméo et Juliette de Steibelt (reprise), la /?ostère de Salency,
Le Traité nul, le Trésor supposé (reprise).
Le Secret, le Sorcier (reprise).
CONCERTS. — A la an de novembre 1831> Weiss, professeur de musique, a donné un concert vocal et instru* mental, dans lequel il s'est fait entendre sur la flûte. Scriwaneck a exécuté un concerto de violoncelle, Corret un concerto de cor. Gassel a chanté un air italien et un air de Beniowski, Un duo de Tancrède a été chanté par Gassel et M}^^ Florini. Weiss, première flûte, qui avait obtenu de beaux succès dans plusieurs sociétés d'ama> teurs de Rouen, a exécuté un concerto et des airs variés de sa composition.
INTERMÈDES. — Pour charmcr l'entr'acle, quelquefois on faisait danser ï Allemande à trois, où bien on exécutait soit Touverture du Jeune Henri, soit une autre ouverture à grand orchestre; tantôt, enfin, on s'adressait à un artiste quelconque :
Antonio Bressiani, professeur de violon, et M. son frère (textuel), professeur de guitare, se sont fait entendre deux fois sur ces instruments en mai 1831 .
Alexis fils, âgé de huit *ans, a dansip un pas seul (31 décembre 1821).
Joseph Réthaller a exécuté sur le haut-bois le sixième concerto de sa composition (février 1822).
BALS. — Dès le IS novembre 1821, Vanhovc publiait un avis par lequel il annonçait le désir de rétablir les
i34 THEATRE
redoutes. « En conséquence, dit-il, j'ai fait exécuter dans la salle divers travaux et des décorations nouvelles. Les décors sont faits de manière que la salle offre en principal deux grands locaux distincts et séparés. Celui qui est destiné à la danse présente une rotonde et embrasse toute la portion de la salle occupée par le public dans les représentations; Tautre offre un salon de compagnie, qui occupe une partie du théâtre et qui est formé par le riche salon que j'ai fait faire pour la comédie Derrière ce salon de compagnie, il se trouvera une troisième pièce pour les rafraîchissements, qui peuvent être préparés dans les foyers placés à droite et à gauche du théâtre. L'orchestre, dont le bruit continuel, trop rapproché des personnes, était incommode et fatigant, sera isolé
« L'année dernière, je ne pus que présenter, à la fin d'une représentation, l'aperçu de cette distribution...
« Pour éviter toute confusion, je me détermine à offrir, cette année, les redoutes par voie de souscription personnelle, sans aucune délivrance de billets de bureau. Elles sont fixées, comme jadis, au mercredi de chacune des semaines qui précèdent l'époque du carnaval, et auront lieu les mercredis 16, 23 et 30 janvier et le 6 février ; elles ne pourront cependant être exigées qu'autant que la souscription serait revêtue de deux cents signatures au moins. Le prix de la souscription est de 20 fr. par chaque personne pour les quatre redoutes, et ne sera perçu que iorsque les souscripteurs seront au nombre indiqué ci-dessus. »
Qu'est-il arrivé ?
Les travaux annoncés pour la préparation de la salle
ont été exécutés et terminés, mais on n'a pu trouver deux cents signatures, et Vanhove a dû renoncer à son projet.
Quant aux grands bals de nuit parés et masqués, à onze heures, après le spectacle, ils ont été maintenus, mais il y en a eu trois seulement : le dimanche 27 janvier 1822, le dimanche 5 février, le jeudi 14 février (1). A ces bals on ne délivrait pas de contremarques.
La clôture de Tannée théâtrale, le samedi 20 avril 1822, a été faite par :
lo V Aveugle clairvoyant, comédie;
2o Enana, opéra;
3o Pierre, Paul et Jean, vaudeville.
Cette soirée d'adieux a été, comme on peut le supposer, bien calme et nullement extraordinaire.
MCIBBRTS. O ^
Lors de son troisième début, Saint-Alme, première
basse comique, jouant le rôle de Jacques le savetier dans
le Diable à quatre, s'inventa de faire improviser, par un
ami, un couplet pour réclamer l'indulgence de ses
juges. Trahi par sa mémoire, il le termina de cette
façon :
Et, si je vous plais peu,
Je puis en autre lieu
Etablir ma boutique.
(\) En 1822, Pâques a été le 7 avril. On a fait relâche les jeudi, vendredi et samedi saints et le jour de Pâques.
A part llntention, il se trouvait dans la position de cet acteur qui, ayant en scène adressé aux spectateurs Tépithète d'imbéciles et forcé de faire des excuses, s'exprima ainsi : « Messieurs, je vous ai appelés imbéciles^ c'est vrai ; je vous fais des excuses, j'ai tort. »
Le public ne remarqua pas le sens du couplet de Saint-Alme; il applaudit et reçut le débutant, — absolument comme lit le public auquel furent adressées les excuses à double entente que nous venons de rappeler.
Toutefois Saint-Alme, qui avait été insolent sans le vouloir, a été très-contrarié quand on lui en a fait la remarque après la représentation, et il a sur-le-champ envoyé au journal le couplet qu'il avait cru chanter :
Modeste savetier, J'aimerai mon métier Si j'ai votre pratique; Car qui vous plaît un peu, Après peut en tout lieu Aller ouvrir boutique.
A la bonne heure ! voilà de vraies excuses ! !
A la fin du mois d'avril 1822, les frères Franconi sont venus à Rouen pour s'établir au local ordinaire, rue Duguay-Trouin. Sur la réclamation de Vanhove, le ministre de l'intérieur a décidé qu'ils n'y pourraient rester que quinze jours (en payant, bien entendu, à Vanhove, le vingtième de leur recette).
Sur ce, les frères Franconi agirent de ruse. Ils affichèrent qu'attendus dans le royaume des Pays-Bas ils ne feraient qu'un très-court séjour à Rouen.
Allèrent-ils dans le royaume des Pays-Bas eu quittant
Ronen le 15 mai? Nous l'ignoroas. Toujours est-il qu'ils voulurent, en juin de la même année, revenir donner des représentations dans notre ville, mais le ministre de . l'intérieur s'y opposa.
Le directeur privilégié des théâtres de Rouen était, OD le voit, fortement sonlenii.
DirectioD Morel.
Après deux campagnes assez difficiles, Vanhove en a entrepris une troisième; mais deux mois n'étaient pas encore écoulés, qu'il succombait à la tâche, ce qu^'il annonça en ces termes au rédacteur du journal :
(t Monsieur,
(( Je ne croi^ pas avoir, par mes fautes, attiré sur moi les désagréments que j'ai éprouvés depuis le commencement de cette année. Mes pensionnaires qui n'ont pas été agréés sont en début au théâtre Feydeau : deux ont déjà réussi. L'avenir prouvera si j'ai mérité les pertes qu'on m'a fait essuyer avec eux (i) et la désorganisation entière de ma troupe d'opéra. Dans tous les cas, j'affirme avoir traité, pour les emplois dont j'avais besoin en remplacement des artistes que je n'avais pu conserver par leur fait et non par le mien, avec ceux disponibles qui jouissaient de la meilleiire réputation pour leur talent. J'affirme même n'avoir cherché à faire, sur les appointements, aucune économiejiuisible au service et au succès de mon entreprise, autant, pour ne pas dire davantage, qu'aux plaisirs des habitués du spectacle.
a Ces attaques devant me révéler un système d'animosité contre moi dont j'ignore le motif réel, et ne vou-
(i) Le 16 juin, il avait, mais en vain, demandé 10,000 fr. au ministre de l'intérieur, par Tentremise du préfet.
lant être ni prétexte ni cause de tumulte et de désordre, j'ai dû prendre de suite mon parti et adopter, sans ajournement, des mesures tendantes à me retirer le plus tôt possible. Dans cette vue, M. J.-P. Morel, déjà connu en cette ville, administrera, provisoirement et jusqu'à nouvel ordre, cette entreprise avec mes pouvoirs généraux. 0 Rouen, le 1er juillet ISSSSi.
« Ernest Vanhove. »
Ces mots provisoirement et jusqu'à nouvel ordre voulaient dire que la nomination du nouveau directeur par le ministre de Tintérieur, sur la présentation du préfet, n'était pas encore faite, mais Morel a pris réellement, à partir du l«r juillet 1822, la direction des mains de Vanhove; alors a commencé une ère nouvelle, une ère brillante, dont le souvenir n'est pas encore effacé dans cette ville.
Année théâtrale lMS-lSt3 (1).
L'ouverture a été faite le samedi 4 mai 1822 par : Les Jeux de C Amour et du Hasard, comédie; GuUstan, opéra.
Les débuts ont été effectués pour la tragédie, le drame, la comédie, le vaudeville, etc., dans les Jettx de r Amour
(1) Première de la direction Morel, nommé le 15 novembre
140 THÊÂTBE
et du Hasard, Tartufe, les Femmes savantes^ Tom Jones à Londres, Eugénie, VAbbé de VEpée, VHabitant de la Guadeloupe, Y Amour et la Raison, les Folies amoureuses, les Rivaux d'eux^-mémes, le Dépit amoureux.
Pour Topera, dans : Gulistan, Ma Tante Aurore, Biaise et Babet, la Maison isolée, les Prétendus, une Heure de Mariage, V Epreuve villageoise, le Traité nul, Joseph, le Prisonnier, Jean de Paris, V Opéra-Comique, Zémire et Azor, V Amour filial, la Caverne, le Diable à quatre, le Nouveau Seigneur du Village, le Petit Mate-lot, la Jeune Femme colère, Œdipe à Colonne, Cendril- Ion, la Vestale.
Les débuts ont duré longtemps, surtout pour Topera. Cependant on en a fait même le dimanche. On y mettait pas de lenteur^ mais beaucoup d'artistes ont échoué.
Quoiqu'il en soit, la troupe a été constituée ainsi qu'il suit :
Saint-Elme, premier rôle 6,500 fr.
Ernest, jeune premier (i) 3,600
Roche, jeune premier, deuxième amoureux. 5,600
Duruissel, père noble 5,S0O
Guyaud, financier (2) 5,000
Casaneuvc, troisième 'rôle, raisonneur (3). 3,500
Verteuil, premier comique 5,000
Doligny, premier comique (4)
(1) Après Téchec de Jourdain.
(2) Venant du premier Théâtre-Français de Paris. A fait une rentrée. (Voir page 30.)
(3) Venant du premier Théâtre Français de Paris.
. (4) En remplacement de Verteuil, qui a fait une fugue en octobre 1822.
Pougaud, forts seconds et jeunes premiers
comiques au besoin
Mouchot, deuxième comique, Crispin .... 2,700 fr.
Constant, troisième amoureux
Reynal, deuxième père, grande utilité. / . . 3,700
Dumontier, utilité
Valette, utilité
Mlle Virginie Legrand, premier r61e, grande
coquette 6,000
M™e Saint-Elme, jeune première, ingénuités (1) : 4,800
Mii« Durand, première soubrette (2) 3,600
Hfme Duversin, caractères, mères nobles. . 4,000
Mme Duruissel, deuxièmes caractères 1,500
Mii« Laloi, troisième amoureuse
Opéra :
Julien, première haute-contre, EUeviou (3) . Tenard, première haute-contre, Philipe et
Gavaudan 9,400
Félix Fay, Colin (4) : . 4,800
Baptiste, Martin (5)
(1) M"« Chaubert, mariée à Saînt-Elme.
(â) Après réchec de M"« Adèle.
(3) Avait déjà été à Rouen. Rentrée après Téchec de Le* tellier.
(4) Après réchec de Jales.
(5) Sans débuts et à 1,200 fr. par mois, après Téchec de Moiirose et d'Olivier. Ce Baptiste venait du théâtre royal de Feydeau. Au commencement de cette année, il avait donné des représentations au Théàtre-des-Arts. (Voir plus loin.)
Noyrigat, première basse-taille 7,iS00 fr.
Chardon, première basse-taille comique (1) . 4,800
N , deuxième basse-taille
Bié, Juliet, Laruette 5,400
Astruc, triaf 5,600
Constant, troisième amoureux
Dumontier, grande utilité
Tanquerelle, utilité, basse-taille
Valette, utilité
Ploquin, utilité
M^io Florini, première chanteuse à roulades . 9,000 iMUe Thibault, première chanteuse sans
roulades
Mlle Pougaud, même emploi &)
M™« Scriwanek-Leriche, première Dugazon . 5,000 Mlle Thomassin, deuxième Dugazon, première au besoin (3)
Mme Duruissel, troisième Dugazon
Mlle Ferville, mère Dugazon, duègne 5,000
Mme Tenard, deuxième duègne 4,200
Mlle Laloi, amoureuse. 2,200
Comme on le voit, il nous a été impossible de savoir quels étaient les appointements de quelques emplois ; mais ceux que nous venons d'indiquer ont été pris à source certaine et suffisent pour faire suppo^ser* le taux des autres. On pourra facilement établir, à quelques
(i) Après réchec de Delerâ.
(2) Élève de Plantade.
(3) Après réchec de M»« Saint-Paul.
centaines de francs près, combien coûtait à cette époque le personnel de comédie et celui d'opéra. Pour le reste du personnel, nous avons tous les chiffres.
Utilités et figurants :
Hommes : Tanquerelle, 1,500 fr.; Ploquin, I.SOOfr.; Valette, l,500fr.; Dumontier, 1 ,350 fr.; Mignon, l,300fr.; Laloi,i,000fr.; Adam, 900 fr.; Sellier, !,500fr.; Aug. Bernard, 1,200 fr.; Bourdais, 1,900 fr.; €ollange,900fr. Goulard^ 1,000 fr.; Urbain Bordes^ 900 fr.; Couturier, 830 fr. — Total, 16,400 fr.
Femmes : Constance et sa fille, 1,S0Ofr.; Stéphanie, 1,200 fr.; Lasalle, femme Berty, 1.000 fr.; Dehazelle, 1,000 fr.; Clément, 1,000 fr.; Julie Richard, 1,000 fr.; Aimée Guiho, 800 fr.; Françoise Reghiny, 800 fr.; H»* Martin, 800 fr.; Bourdais, 600 fr. — Total, 8,400 fr.
Orchestre :
Moria, chef 2,400 fr.
Mauyer, deuxième chef 1,800
Lamanière, premier violon '1,650
DuQioulin, premier violon 960
Warrin, premier violon 900
Foumier atné, premier deuxième violon . 1 ,040
Faure, deuxième violon ., 900
Réthaller fils, deuxième violon 900
Grisel, deuxième violon 720
Laroche père, basse 1,200
Scriwanek fils, basse 1,100
Merlu, contre-basse 1,200
Démon tlezun, contre-basse 1,200
A. reporter 15,970 fr.
Report iS,970fr.
Valéry, premier alto 900
Eder, alto 900
Réthaller père, clarinette i,200
Foumier jeune, clarinette i,000
Seriwanek père, hautbois 1,300
Francisque, première flûte 1,200
Fourchault, deuxième flûte 900
Berty, basson i,200
Christophe, basson 864
Corret, cor. i,200
Mauss^ cor .• 1,200
Frederick Geibel, trompette 500
Total 28,334 fr.
Employés :
Collet, régisseur 3,600 fr.
Allaux, peintre 3,600
Leroy, caissier 2,400
M"e Cécile, surveillante 1,800
Fortin, contrôleur 1,200
Harel, timbreur de contremarques 1,000
Sanson, costumier 1,200
Belmont, sotiffleur 1,000
Guillaume, concierge et machiniste 1,400
Limare, machiniste ■ 800
Boquet, machiniste 720
Sivry, perruquier 600
• Moreritte^ commissionnaire 600
Total 19,920 fr.
Mentionnons pour mémoire l'échec d'un nommé Saint- Léger, engagé, à raison de 2,200 fr. par an, pour un emploi d'opéra (il nous a été impossible de savoir lequel), et un essai de M^^^^ Florini cadette, qui a chanté le rôle de Lucette dans Sylvain (en octobre 1822). Cette demoiselle Florini cadette a épousé plus tard Morazin, trial du Théàtre-des-Arts.
LÀ POLITIQUE AU THÉÂTRE. — Le dimauche 25 août 1822, jour de la fête du roi, on a représenté, au Théàtre-des- Arts, la Partie de chasse de Henri IV, comédie dont les allusions ont été fort applaudies.
Le mercredi 16 octobre, relâche par ordre, à cause de l'anniversaire de la mort de S. M. Marie- Antoinette.
Par ordonnance du maire, le mardi 21 janvier 1823^ anniversaire de la mort de Louis XVI, les spectacles et autres lieux de divertissements ont été fermés pendant toute la journée.
Relâche par ordre, à cause de l'anniversaire de la mort de S. A. R. Mg^* le duc de Berry, le jeudi 13 février 1823.
Ces trois anniversaires étaient ce qu'on appelait les trois malheureuses commémorations.
CENSURE. — Le répertoire a été ainsi visé : Vu au ministère de l'intérieur, conformément à la décision de Son Excellence, à la charge de supprimer le personnage de Giraud du Mariage de Scarron. — Paris, 11 mai 1822. Par ordre de Son Excellence, signé: Le chef de division adjoint chargé des théâtres.
Pour la Folle Journée et pour Charles et Caroline, même recommandation que les années précédentes. T. m. 10
REPEÉSENTATioNS EXTRAORDINAIRES. — La première représentation extraordinaire de Tannée a été la célébration de la fête de Pierre Corneille, le 29 juin 1822. Voici la composition du spectacle :
lo Une cantate;
2o Couronnement des bustes des deux Corneille;
3o Le Menteur, comédie de Pierre Corneille;
4o La Nièce de Pierre Corneille, vaudeville, par M.***.
Un abonné s'est empressé d'adresser au journal une lettre signée G.... pour se plaindre de ce que Tadministration du théâtre n'avait pas craint SUnsulter aux mânes du grand Corneille en supprimant la coutume établie de représenter au moins tous les ans, à la Saint- Pierre, une de ses tragédies. Elle aurait, il est vrai, été fort mal jouée, mais malgré cela elle aurait fait grand plaisir.
Le mois de juillet a commencé par les représentations de Baptiste, premier acteur du théâtre royal de Feydeau (rôle de Martin). Cet artiste avait été engagé par Vanhove pour six soirées seulement. Morel, le nouveau directeur, a su en obtenir trois de plus.
Baptiste a chanté dans :
Jean de Paris, La Maison à vendre.
Le Nouveau Seigneur VEpreuve villageoise, du Village. Félicie.
Gulistan. Une Folie.
VIrato. \J Auberge deBagnères.
Ma Tante Aurore, Les Deux Jaloux,
Philippe et Georgette. Lulli et Quinault.
La Fête au Village voisin, L'Intrigue aux Fenêtres.
La direction Morel continua sa bienvenue en faisant venir Mlle Mars dès la seconde quinzaine de juillet 1822, M"e Mars, première actrice du Théâtre-Français, n'a pas donné moins de quatorze représentations jusqu'au 9 août.
Pendant ce séjour, outre les bravos, elle a reçu bien des hommages. Le premier, intitulé fers à iP^^ Mars, devrait être passé sous silence, mais nous nous sommes fait une loi de ne rien omettre des productions locales. Le voici donc :
Poursuis, sœur de Thalie, double ainsi tes mérites ; Le goût, dans tes efforts, ne voit point d'attentats ; Aux arts, le préjugé trace entre eux des limites;
Le vrai talent n'en connaît pas.
Finesse, expression, enjoûment, énergie, De talents opposés quel assemblage heureux!
Lorsqu'elle parle, à Tenvi Ton s'écrie : <c Quelle diction pure, élégante et fleurie ! » Quand sa bouche se tait, alors parlent ses yeux, Et leur langage encore est celui du génie.
Voici maintenant quatre couplets et un envoi adressés à Mlle Mars qui ont beaucoup plus de prix :
Air : Vaudeville de Haine aux Femmes.
Aujourd'hui l'on chante la paix ; Trop longtemps on chanta Bellone; On applaudit à qui la donne Et^l'on sourit à ses bienfaits.
Chacun son goût; moi, de la guerre Je lève encor les étendards ; Je veux, et le dis sans mystère, Servir sous les drapeaux de Mars.
Près de Mars, je trouve Vénus, Qui nous séduit, qui nous enchante.
Parle-t-elle, sa voix touchante Vient enflammer nos cœurs émus.
Coquette, ingénue ou fermière.
Elle sait charmer tour à tour. Guerrier, je lui ferais la guerre Avec les flèches de Tamour.
0! trois fois heureux le soldat Qui ne devrait mettre sa gloire Qu'à remporter douce victoire, Prix fortuné d'un doux combat!
Par Tamour mis en sentinelle Près de gente fille d*homeur (l), Il promettrait d'être fidèle Si le mot d'ordre était : Bonheur.
Qui ne deviendrait un héros Près de cette aimable compagne, Et ne ferait mainte campagne Sans se plaindre de ses travaux?
Que dis-je? A supporter la peine On se verrait encouragé, Car, si Mars était capitaine , Ah! qui voudrait de son congé?
ENVOI A m"« mars.
0 toi ! que célèbrent ces chants ; 0 Mars ! qu'en tous lieux on admire.
Pardonne si ma faible lyre N'ose célébrer tes talents.
(1) M"^ Mars a joué à Rouen la Fille d*honneur.
Ton nom seul, mortelle chérie!
Les proclame en étant cité, Et ce beau nom, cher à Thalie, Vivra dans la postérité !
J.-L. BOGHÉ.
Reproduisons enfin, malgré ses défauts, une pièce de vers qui a surtout le tort de finir très-mal •