ANECDOTE
Oa dit que l'autre jour un jeune militaire A Mars voulut offrir Thommage de ses feux. Ce n'est point à ce dieu qui dépeuple la terre Qu'il adressait son hommage et ses vœux, C'était à Mars dont Taimable sourire, Le doux regard et Torgane enchanteur, Dans cette ville exerçant son empire, Savent trouver Theureux chemin du cœur.
Notre jeune guerrier mit dans sa lettre close Un signe auquel on put reconnaître son nom. On dit que c'était un bouton...
Si c'eût été un bouton de rose Le tour eût été plus galant.
Est-ce bouton d'habit ou bien de redingote? Eh ! non, répondit un plaisant, C'était sans doute un bouton de culotte.
Par un habitant du département de l*Eure»
A ce voyage, W^^ Mars a joué dans :
.Le Misanthrope, Les Detix Frères,
Les Fausses Confidences. Le Mariage de Figaro. Tartufe. VÉpreuve nouvelle.
Le Secret du Ménage. Misanthropie et repentir
La Coquette corrigée. (reprise).
La Gageure imprévue. Le Jalotêx sans amour.
La Nièce supposée, \J Intrigue épistolaire.
Les Rivaux d'eux-mêmes.
Le* Philosophe sans le
savoir.
La Jeune Femme colère.
Le Philosophe marié.
Catherine.
La Suite d'un Bal masqué.
Le Jeu de V Amour et du Hasard.
La Fille d'honneur.
Le Legs,
La Jeunesse de Henri V.
Le Mariage secret.
Immédiatement après M"e Mars, Philippe, premier acteur du Vaudeville, — en août 1822, — s'est fait connaître dans :
Monsieur Sans-Gène.
Le Coq du Village (première représentation).
Un Jour à Rome (première représentation).
Les Folies du Jour (première représentation).
Monsieur Toussaint (première représentation).
Va de bon cœur.
Les I^eux Pères ou la Leçon de Botanique.
Monsieur Champagne.
Une Visite à Bedlam.
Le Revenant (l^e rep.).
En tout, sept représentations.
Le mois d'août n'était pas écoulé, que déjà Gontier, premier acteur du théâtre du Gymnase, remplaçait à Rouen Philippe, du Vaudeville; mais Gontier n'a pu donner que cinq représentations, savoir dans :
Monsieur Biaise ou les Deux Châteaux,
La Somnambule,
Michel et Christine.
Le Nouveau Pourceaugnac,
Le Jeune Homme en Loterie (première représentation).
La Famille normande (première représentation) .
Le Colonel (première représentation).
Au commencement de septembre^ ce fut le tour de Ponchard aine (première haute-contre), artiste sociétaire du théâtre de TOpéra-Gomique. Il a chanté dans :
Zémire et Àzor. Le Médecin turc»
Le Tableau parlant fiichard-CcBur-de-Lion,
Le Jugement de Midas. Adolphe et Clara,
Le Prisonnier. Joconde.
VAmi de la Maison. Michel-Ange,
Ponchard n'a donné que cinq représentations. Dans Tune d'elles il a chanté pendant un entr'acte VAir du Rossignol, créé par lui dans Nadir, opéra de Romagnesi, et la romance du Petit Chaperon rouge de Boïeldicu.
Dans ce même mois de septembre, Rouen a fait connaissance avec David, acteur du second Théâtre-Français, qui n'a paru que deux fois. Il a joué le marquis de la Coquette corrigée, Derval des Rivaux d'eux-mêmes , Fierval de Catherine et Valsain de Un Moment d'imprudence.
En novembre, nous trouvons en représentations Bap^ tiste cadet, sociétaire du premier Théâtre-Français (emploi de comique) . Il a joué dans neuf soirées et dans treize ouvrages, savoir :
Le Dissipateur. Les Fourberies de Scapin,
Le Fou raisonnable. Biaise et Babet,
Le Naufrage (reprise). Le Mariage de Figaro.
Les Plaideurs, Monsieur de Pourceau-
Les Etourdis. gnac.
Les Femmes savantes. Le Sourd (reprise).
Le Barbier de Séville. Le Conteur,
Voici une fête dramatique exceptionnelle. Le 15 janvier 1823; on a célébré Tanniversaire de la naissance de Molière par le spectacle suivant :
lo Ouverture à grand orchestre ;
2o Tartufe;
3» Intermède de musique instrumentale ;
4o Première représentation du Ménage de Molière, comédie en un acte et en vers, par Justin-Gensoul et A. Naudet;
S© Les Précieuses ridicules.
On sait que la découverte de la date certaine de la naissance de Molière était alors encore toute récente (1). Cette circonstance donnait beaucoup de piquant à la soirée que nous rappelons.
Gavaudan, ex-sociétaire du théâtre royal de l'Opéra- Gomique, déjà connu à Rouen, y a chanté, en janvier et février 1823, dans :
Le Déserteur. Jeannot et Colin.
Euphrosine, Montano et Stéphanie.
Zoraïme et Zulnar. Françoise de Foix.
Le Trésor supposé. Le Délire,
Joconde. Jadis et Aujourd'hui.
Aline. La Jeune Femme colère.
Les TroiSk Hussards (rep).
En tout huit représentations.
A la fin de février et pendant la première moitié de mars, on a eu M. et M™e Lagardère, premiers rôles tra-
(I) 15 Janvier 1622.
giques. Us ont donné au Théàtre-des-Arts cinq représentations, composées de :
Adélaïde Duguesclin . A ndromaque.
Othello. Régulus (première repré-
Zaïre. sentation).
Monrose, premier comique du premier Théâtre-Français, est venu à Rouen en mars. Il a joué dans :
Le Grondeur. VEtourdi,
Le Barbier de Sèville. Le Légataire universel.
Les Originaux.
Trois représentations seulement.
Le surlendemain du départ de Monrose, en mars également, on jouissait de la présence de Talma, premier acteur tragique du Théâtre-Français, et de M™« Valmonzey, premier rôle tragique, qui venait de débuter avec avantage au même théâtre. Ils ont représenté :
Britannicus. Hamlet,
Régulus. A ndromaque.
Quatre représentations seulement.
Talma a paru une cinquième fois, mais seul, dans Falkland ou la Conscien4:e, drame (première représentation).
Malgré l'augmentation du prix des places, la foule a répondu à l'appel de Talma et de M™e Valmonzey.
BÉNÉFICE DES HÔPITAUX. — Le mardi 10 décembre 1822, a été donnée la première représentation au bénéfice des hôpitaux. Elle a été composée de :
lo Le Faux Bonhomme, comédie;
2o La Chercheuse d*esprit, vaudeville ;
3o Les Maris garçons, opéra.
Produit, 2,209 fr. 70 c.
Pour la seconde représentation, à la date du mardi 1 8 mars 1823, on a donné :
io Le Dépit amoureux, comédie ;
2o La Maison en loterie, vaudeville ;
3o Le Barbier de Séville, opéra alors tout nouveau pour Rouen.
Produit inconnu.
BÉNÉFICES. — Dans la nuit du 16 au 17 avril 1823, un violent incendie s'est déclaré rue Grand-Pont et a attaqué plusieurs maisons de la cour Martin. Le dommage a été très-considérable. Le samedi suivant 19, la veille de la clôture de l'année théâtrale, le directeur Morel a donné une représentation au bénéfice des incendiés, et il Ta composée de :
lo Brueys et Palaprat, comédie;
2o V Amour filial ou la Jambe de bois, opéra;
3o Gulistan, opéra.
Un sieur Brochard, Tune des victimes de l'incendie, a rempli, dans Y Amour filial, le rôle de Germon.
Le produit net de la représentation a été versé à une souscription ouverte chez M» Lefèvre, notaire, rue Saint- Lô. Il s'est élevé à 1,974 fr. 80 c.
TRAGÉDIE. — La troupe de Rouen n'a pas joué la tragédie cette année sans avoir d'artistes étrangers e.n représentation. Comme nous l'avons dit plus haut, elle a eu M. et Mn»e Lagardère, puis Talma et Mn»e Valmonzey. La seule nouveauté de la campagne a été : Bégulus, tragédie en trois actes de Lucien Arnault.
Lors de la première représentatioD, en mars tô2S, M. et Mme Lagardère ont créé les rôles de Régulus et d'Attilie, que Talma et M"(» Valmonzey ont interprété aussi quelques jours après.
DRAME. — Ce genre n'a fourni que deux nouveautés :
Les Deiujc Forçats ou la Meunière du Puy-de-Dôme, drame en trois actes, par Boirie, Carmoucbe et Poujol. Première représentation en février 1825.
Falkland ou la Conscience, en cinq actes, par Laya. Talma, en^ représentation à Rouen, en mars 1823, y a créé le rôle principal.
On a maintenu seulement le Déserteur, Eugénie et V Habitant de la Guadeloupe.
On a repris Misanthropie et Repentir (avec IW^i» Mars) et Edouard en Ecosse ou la Nuit d'un Proscrit,
COMÉDIE, VAUDEVILLE, ETC. — Vingt-ncuf nouvcautés , parmi lesquelles on remarquera VOurs et le Pacha, vaudeville, et Valérie, comédie.
La Brouille et le Raccommodement, vaudeville eu un acte, par Frédéric et Henri Simon. Première représentation en octobre 18:22.
La Chercheuse d'esprit, vaudeville en un acte de Favart, remis au théâtre avec des changements par Dumersan et Lafontaine. Première représentation en octobre 1822. (Voyez tome 1, page 74.)
Le Code et C Amour, vaudeville en un acte, par Merle et Simonin. Première représentation en mars 1825.
Le Colonel, vaudeville en un acte, par Eug. Scribe et Delà vigne. Première représentation en septembre 1822.
Gontier, du Gymnase, y a créé à Rouen le principal rôle.
Le Coq du Village, tableau-vaudeville en un acte de Favart, remis à la scène avec des changements par Decour, Ch. Hubert et Théodore Anne. Philippe, acteur du Vaudevilie, en représentations à Rouen, y a créé le principal rôle en août i82S.
VEcarté pu le Coin du Salon^ vaudeville en un acte, par Scribe, Mélesville et Saint-Georges. Première représentation en mars 1825.
La Famille normande, vaudeville en un acte, par Mélesville et Brazier. Première représentation en septembre 1822. Gontier, du Gymnase, y a créé à Rouen le principal rôle.
LeFaux Bonhomme, comédie en cinq actes et en vers, par Alexandre Duval. Première représentation en octobre 1822.
La Femme du Sous-Préfet ou le Charlatan, vaudeville en un acte, par Moreau et Sewrin. Première représentation en juillet 1822.
La Fille mal gardée ou la Coupe des Foins, vaudeville en un acte, par Francis, Brazier et Dumersan. Première représentation en janvier 1825.
Les Folies du jour, extravagance en un acte, en vaudeville, par Théaulon, Menissier et Martin. A la première représentation, en août 1822, Philippe, du Vaudeville, y a créé six rôles.
Le Gastronome sans argent, vaudeville en un acte, par Eugène Scribe et Brulay ou Brute. Première représentation en octobre 1822.
V Intérieur d'une Etude ou le Procureur et V Avoué,
DES ARTS. i57
vaudeville en un acte, par Scribe et Dupin. Première représentation en novembre 1832.
V Irrésolu, comédie en un acte, par Leroy. Première représentation en septembre 1833.
Le Jeune Homme en loterie, comédie en un acte, par A. Duval. Première représentation en septembre 1823. Gontier, du Gymnase, a créé à Rouen le principal ràle.
Un Jour à Rome, vaudeville en un acte, par Mazères et de Lurieu. Philippe, du Vaudeville, y a créé le principal rôle en août 1832, étant à Rouen en représentation.
La Loge du Portier , vaudeville en un acte, par Scribe et ***. Première représentation en avril 1823.
Le idatin et le Soir ou la Fiancée et la Mariée, vaudeville en deux actes, par Théaulon, Eugène, Ghazet et Armand Dartois. Première représentation en juillet 1833.
Les Mémoires d'un Colonel de hussards, vaudeville en un acte, par Scribe et Mélesville. Première représentation en avril 1823.
Le Ménage de Molière, comédie en un acte. Première représentation le 15 janvier 1823 pour l'anniversaire de la naissance de Molière. (Voir les représentations extraordinaires, page 152.)
Monsieur Toussaint ou les Couplets de fête, vaudeville en un acte, par Brazier, Ghazet et -Dubois. A ,1a première représentation, en août 1822, le principal rôle a été créé par Philippe, acteur du Vaudeville, alors à Rouen pour quelques soirées.
VOurs et le Pacha, vaudeville en un acte, par Scribe et Xavier Saintine. Première représentation le 6 fé« vricr 1825.
i58 THÉÂTRE
La Parisienne en Espagne, vaudeville en un acie^ par Désaugiers. Première représentation en décembre iSSâ. — • Insuccès complet.
Le Pour et le Contre ou le Procès du Mariage^ comédie en cinq actes et en vers, par Sewrin. Première représentation en décembre 1832.
Les Quatre Ages, comédie en cinqactes^ par Merville. Première représentation en novembre iSffî. . Rataplan ou le Petit Tambour, vaudeville en un acte, par Sewrin et Vizenti. Première représentation en juin 1822 (1).
Le Revenant ou l'Héritage, vaudeville en un acte, par J. Pain et Dupin. Philippe, du Vaudeville, y a créé le principal rôle lors de la première représentation, en août 1822. Il y a exécuté plusieurs scènes de ventriloquie, exigées d'ailleurs par la pièce.
Vu de bon cœur ou le Retour au Village, vaudeville en un acte de Désaugiers et Gentil. Première représentation en juin 1822 (2).
Valérie, comédie en trois actes, par Scribe et Mêlesville. Première représentation le 24 février 1825. — Succès. — Mii« Legrand a créé le rôle de Valérie.
Dans le répertoire de comédie et vaudeville, pour cette année, il faut encore comprendre :
V Amant bourru, Amphytrion, V Avare, V Avocat Patelin, V Aveugle clairvoyant,
Bonif ace Pointu et sa Famille, vaudeville sifflé et non
■ ■ ■ I II . ■ I .-i.i. .1. I I II I , n
(i) Au commencement de la campagne, sous Vanhove. Toutes les autres pièces ont été mises à la scène par IMore]. (2) Même remarque que pour Rataplan.
terminé, le Bourgeois gentilhomme, le Bourru bienfaisant.
Les Châteaux en Espagne^ le Chaudronnier de Smnt- Flour, le Chevalier à la mode (reprise), la Cloison, le Collatérai^ Crispin médecin, Crispin rival.
Démocrite amoureux, le Distrait,
L Ecole des Bourgeois, V Ecole des Femmes, V Ecole des Maris, VEcole des Pères, VEsprit de contradiction, la Fausse Agnès, les Fausses Infidélités, la Feinte par amour, les Femmes, la Femme jalouse, la Femme juge et partie, le Festin de Pierre,
Le Glorieux, Guerre ouverte.
U Heureuse Erreur, — V Impromptu de Campagne,
Le Joueur, la Journée à Versailles,
Le Malade imaginaire avec la cérémonie dans laquelle paraissaient tous les artistes de comédie et d'opéra, le Mari et V Amant, le Médecin malgré lui, les Ménechmes (reprise), le Mercure galant, la Mère rivale, la Métromunie. Monsieur de Crac,
Nanine, — YObstacle imprévu, VOriginaL
Le Petit Enfant prodigue, la Petite Ville, Philibert marié, le Procès du Fandango (reprise), la Pupille,
Le Savetier et le Financier, Tur caret (reprise).
OPÉRA. — Cinq nouveautés seulement, mais de ce nombre est le Barbier de Séville, qui eu vaut bien cent :
Le Barbier de Séville ou la Précaution inutile, en quatre actes, par Castil-BIaze et Rossini. Première représentation le jeudi 27 février 1825. — Grand succès.
Le Coq du Village, en un acte, paroles de Favart,
arrangées par Achille Dartois, musique de Kreubé. Première représentation en janvier 1823.
Une Nuit au Château, en un acte, par Paul de Kock, musique de.... Première représentation en mars 1825.
Le Solitaire ou r Habitant du Mont-Sauvage^ en trois actes^ orné de décors et costumes nouveaux^ paroles de Planard, musique du chevalier Garafa. Première représentation en janvier 1823. — Les décors avaient été peints par Allaux.
Wallace ou le Ménestrel écossais, en trois actes^ par Saint-Marcellin, musique de Gatel. Première représentation en septembre 1822.
Pendant cette campagne on a chanté aussi :
Ambroise, Avis au Public, Azémia (reprise).
La Belle Arsène, le Billet de Loterie,
Le Calife, la Chambre à coucher, la Clochette,
Les Dettes, les Deux Avares (reprise)^ les Deux Chasseurs et la Laitière, les Deux Journées avec le nouveau morceau de musique ajouté par Fauteur (novembre 1822), les Deux Tuteurs (reprise), le Diable couleur de rose, la Dot,
Emma (reprise), — la Fausse Magie, Félix, les Femmes vengées (reprise), le Frère Philippe,
Le Grand Deuil (reprise), le Grand-Père, Gulnare.
La Jeune Prude, un Jour d Paris (reprise).
La Lettre de change, Lodoïska,
Le Maréchal ferrant, le Mari de circonstance, Marianne (reprise), la Mélomanie, Monsieur des Chalumeaux (reprise).
VOncle valet (reprise), Paul et Virginie, les Pécheurs
(reprise), le Petit Chaperon rouge (reprise), Piearos et Diego.
Raoul, sire de Crëqui, Rose et Colas,
Le Secret, la Servante maîtresse, les Six Rosières (reprise).
Le Tableau parlant, Trente et Quarante (reprise), le Tonnelier,
Les Voitures versées (reprise).
CONCERTS. — Un grand concert Tocal et instrumental a été donné, en mai 1822, par Wolfran, première flûte de la musique particulière de S. M. l'Empereur d'Autriche.
Plus {ard, en décembre de la même année^ le spectacle a été terminé une fois par un concert de Garulli, compositeur et professeur de guitare de la capitale. En voici le programme :
lo Ouverture des Rigueurs du Cloître (Berton) ;
2o Concerto pour guitare, composé et exécuté par Carulli ;
3o Variations sur Tair de la Sympathie, exécutées sur le violoncelle par Scriwanek fils, artiste de Torchestre ;
4o Air de Zoraïme et Zulnar, chanté par Baptiste, artiste de la troupe ;
5» Grandes variations sur la marche d'Aline, avec accompagnement d'orchestre^ composées et exécutées par Carulli;
&> Ouverture de la Gazza ladra (Rossini).
INTERMÈDES. — La musiquc a fait seule les frais de tous les intermèdes de Tannée, que nous donnons avec leur date :
m THfiATRE
Ub notimé Vogel^ artiste arrinnt dllaiie, a exécuté, sur la flûte, un solo en fantaisie de sa composition, dans lequel il a fait entendre des effets nouveaux sur cet instmmeiit (deux fois, en octobre i8S2|.
Exécution à grand orchestre de l'ouverture de Marie ée Mcntttlbam, musique de Winter (octobre 1823) ; — de l'ouverture de Délia et VerMsan (même mois); — de l'ouverture de la Gazza ladra (la P(e voleuse), de Rossini (novembre 18SS).
Moldeti, bouffe-cantante^ élève du Conservatoire royal de Naples^ a chanté : !<> l'air de Geronimo du Mariage secret; 9» l'air Ohf quelle jolie main! musique de Ros* sini ; 3® aria buffa délie Nozze di Figaro, musique de Mozart (décembre 18SS).
Exécution à grand orchestre de l'ouverture d'Othello, de Rossini (janvier 1823) ; — de l'ouverture des Rigueurs du Cloître, de Berton (même mois).
Air varié pour la flûte, exécuté par Lovendal, artiste de l'orchestre (janvier 1823).
Symphonie concertante pour cor et basson, exécutée ,^^r Berty et Roussot, artistes de l'orchestre (même mois).
BALS. — Il n'y a eu que trois bals au théâtre, des bals parés et masqués, commençant à onze heures après le spectacle, savoir les dimanches 19 et 26 janvier et d février 1823 (1).
(i) £n IfiiS, Piques était le 30 mars. On a fait relâche le jeudi, le yendredi et le samedi saints et le jour de PAqoes.
DBS ARTS. I«3
La clâUire de Taniiéa ttéàtrale, le dimaoche iU avril 18S3, Q'a offert rien de bien particulier. Bile a été faite par:
io Le Diable couleur de rose, opéra;
il» Le Nouveau Seigneur du Village, opéra;
3» Les Mémoires d'un Colonel de hussards, vaudeville;
4> Le PeiH Maleloiy opéra.
Les débots d'opéra ont été très-orageux. L'emploi de Martin a surtout été l'objet de la sévérité du public ; il semblait que personne ne fût digne de remplacer Cassel. On savait cependant qu'il venait d'échouer à Paris, et une fable avait même été faite «nr cet influocAs et publiée dans le journal de notre ville. Monrose, le premier qui se présenta pour remplacer Cassel, a été impitoyablement sifflé à son troisième début et nettement refusé, ce qui donna lieu à une seconde fable. Après lui vint Olivier, qui ne fit pas long feu et échoua à sa première épreuve. Jugé dès les premières scènes du Nouveau 5mgneur du Village, il a dû céder & l'orage et quitter la scène ; mais le tumulte a redoublé pour obtenir le remplacement de cet opér^, qui n*avait pu être chanté. Pes banquettes brisées ont été lancées dans l'orchestre et sur l'avant-scène. Tout le mobilier de la salle aurait volé en éclats^ si elle n'eût été évacuée par la force anpée. Une partie des spectateurs; avant de rentrer chez eux, sont
allés faire tapage devant le domicile du directeur et casser les vitres de son appartement, en criant : A bas Vanhovef A bas le directeur! On n*y allait pas de main morte à cette épo^e.
Vanhove se mit lui-même à bas, ei, fort heureusement pour le théâtre de Rouen, Morel lui succéda.
Dans les premiers jours de novembre 1822, Taffiche annonça que Yerteuil^ le premier comique, avait quitté furtivement la ville. A quelques jours de là, elle faisait savoir que l'administration s'était mise en mesure auprès de Tautorité pour obtenir le retour de Verteuil, et qu'elle s'occupait aussi de son remplacement, en cas de non réussite dans ses perquisitions, Verteuil n'a pas reparu et Doligny l'a remplacé.
Le 16 mars 1823, le directeur recevait de la mairie de Rouen la lettre que voici :
« Monsieur le Directeur,
« L'autorité supérieure a été frappée comme moi de l'inconvenance du changement que l'acteur JuUien a fait à son rôle lors de la dernière représentation de Picaros et Diego. Elle a même supposé que ce changement était concerté d^avance entre cet acteur et le sieur Bié, son interlocuteur; qui lui aurait serré le bras à dessein; qu'il avait dû même être également concerté avec une partie du parterre, à en juger par la promptitude avec laquelle a été saisie l'allusion à laquelle le mot empoigner pouvait donner lieu.
« Il a été remarqué aussi qu'en général MM. les acteurs insistent souvent sur les passages qui peuvent donner lieu à des acclamations scandaleuses, et que c'est à cette
complaisance déplacée que Ton doit attribuer les petits désordres qui ont lieu depuis quelque temps au spectacle.
« Je vous invite, monsieur le Directeur, à prendre ces remarques en considération, et à veiller autant qu'il dépendra de vous à prévenir le renouvellement des abus que je vous signale.
« J'ai l'honneur; etc.
« Le chevalier de Yenberetz, (idjt, »
Cet incident se rattache à la menace faite au député Manuel, en pleine séance^ de le faire empoigner sans autre forme de procès. Cette menace amena en France une certaine effervescence. Dans tous les lieux publics, la police eut fort à faire pour empêcher de prononcer le mot empoigner et de faire le simulacre de l'action qu'il exprime.
La représentation extraordinaire du 15 janvier 18S5, jour anniversaire de la naissance de Molière, a été fort goûtée, et en racontant le plaisir qu'il y avait trouvé, chacun disait que, malgré la longueur du spectacle, qui ne s'était terminé qu'après dix heures et demie, la soirée avait paru très-courte. En 1823, un spectacle qui ne se terminait qu'après dix heures et demie était un événement dont on s'entretenait pendant quelques jours. En 1864, on ne parle p§,s des représentations qui ne finissent qu'à une heure du matin et plus ! !
166 THAâTRE
^ PBIX DES PLAGES.
Loges huées à Pannée,
Par personne %0 fr.
Abofinemefit à l* année.
Pour homme âOO fr.
Pour dame 120
Abonnement au mois.
Pour homme 30 fr.
Pour dame 20
Loge louée par représentation.
Par place 3 fr.
Prix des billets pris aux bureaux.
Premières 3 fr. 50 c.
Galeries 2 SO
Secondes \ 75
Troisièmes 1 25
Quatrièmes » 75
Parterre 1 »
Billet d'officier aux premières. . .^ . . 1 75
Billet de sous-officier aux secondes. . 1 »
Billet militaire aux troisièmes » 60
Demi-premières 1 ' 75
Demi-galeries 1 25
Demi-secondes , » 90
Demi-troisièmes » 65
Le spectacle commençait à cinq heures trois quarts ou à six heures.
Aniiée théâtrale 1MS-Iftt4 (1).
L'ouvertare a eu lieu le nuurdi 6 mai 1825. l^ spectacle était composé de :
io Le Nouveau Seigneur du Village, opéra;
2o Jean de Paris, opéra.
Les débuts ont été faits pour la tragédie, le drame, la comédie, le vaudeville, etc., dans le D^l amoureux, Marton et Frontin, 1^$ Fourberies de Soapin, la Fenme^ jalouse, le Code et V Amour, les Etourdis, les Rivofux d'eux-mêmes, Tartufe, le Legs, Y École des Maris, Y Abbé de VÉpée, le Philosophe marié et les Deux Edmon,
Pour Topera, dans le Nouveau Seigneur, Jean de Paris, Y Opéra-Comique, la Belle Arsène, le Tableau parlant, Gulistan, Félix, la Maison isolée. Biaise et Babel, Joseph, la Maison à vendre, le Rossignol, le Bouffe et le Tailleur, Bichard-Cœur-^e-Lion, la Dot, la Lettre de change, Un Jour à Paris, la Caravane, Une Heure de mariage, Ma Tante Aurore, le Jugement de Midas et YAiiberge de Bagnères.
La troupe a été constituée ainsi qu'il suit :
Comédie :
Saint-Elme, premier rôle.
Albert, jeune premier.
(1) PeuMème de la direction Mprei.
Roche, jeune premier, deuxième amoureux.
Duruissel, père noble.
Louis, financier (1).
Roblin, troisième rôle, raisonneur.
liste, premier comique.
Mouchot, second comique.
Latapy, troisième amoureux.
Raynal, second père.
Mme simonet, premier rôle.
Mm« Saint-Elme, jeune première.
M^io Jolivet, troisième amoureuse. M"« Fitzelier, première soubrette (2).
Mlle Duruissel, deuxième soubrette.
M™« Duversin, caractères, mère noble.
M"« Louis-Fabre, deuxièmes caractères.
Mme Duruissel, deuxièmes caractères.
Opéra :
Mesplon, première haute-contre.
Teuar, haute-contre, Philippe.
Alfred, haute-contre, Colin (3).
Latapy, haute-contre, Colin en second.
Valbonte, Martin.
Gustave, première basse-taille (4).
(1) N'a fait qu'une rentrée.
(2) Élève de Técole de déclamation et ayant été au second Théâtre-Français.
(3) Après l'échec de Félix Fay à sa rentrée, puis de Bazin.
(k) Après réchec de Margaillan et un intérim fait par Bernard, dont nous parlerons plus loin, aux représentations extraordinaires. Gustave était élève de FEcole royale de musique.
Chardon, première basse^taille taUier.
Chevalier, seconde basse.
Bié, Larùette et Juliet.
Astruc, trial.
Laloi, utilité.
CoUange, utilité.
Auguste^ utilité.
M"« Lemoule, première chanteuse à roulades.
Ittme Berteau, première chanteuse sans roulades (1).
Mi°« Scriwaneck-Leriche; Philis, première Dugazon.
Mii« Boyer^ deuxième Dugazon (2).
Mii« Jolivet, troisième amoureuse.
MHe Ferville, mère Dugazon, duègne noble.
M°>c Juclié, duègne (5).
Mn»« Louis-Fabre, après la mort de la précédente.
Mme Fritz, utilité.
Mii« Caroline, utilité.
Rocher, chef d'orchestre.
Allaux, peintre décorateur.
Mme Louis-Fabre a débuté, comme duègne, dans les Detix Edmon, opéra-vaudeville, et dans Ma Tante A urore, le Jugement de Midas et V Auberge deBagnères, opéras.
On a eu plusieurs fois recours, cette année, à un procédé dont on ne pouvait citer qu'un ou deux précédents depuis cinquante ans et plus, c'est-à-dire que l'on a ad-
(1) N'a &it qu'une rentrée.
(2) N'a fait qu'une rentrée.
(3) N'a fait qu*une rentrée. — Après l'échec de M*« Martin.
mis un quatrième débat après on éehec au troisième» ou bien une deuxième rentrée aprè$ insuoeès à ta preaàère. Certains artistes ont été reçus ainsi» d'antres ont échoué malgré cette faveur.
LÀ POLITIQUE AU THEATRE. — Le spedade du lundi 25 août 1823, jour de la Saint-Louis, a été très-atfarayaut. Odry, acteur du théâtre des Variétés» y a joué dans les Bonnes d'enfants et dans VHomme automate, Qn a représenté; en outre, la Partie de chasse d'Henri IV. Cette comédie de circonstance a été précédée de la cantate du Chant français, en Thonneur du roi.
Le jeudi 16 octobre 1823, relâche par ordre, â cause de Tanniversaire de la mort de S. M. Uarie-Autoiaette d'Autriche.
Mais quatre jours après, le dimanche 20» c'était fête à Rouen : on célébrait l'heureuse délivrance de S, M. Catholique le roi d'Espagne, qui mettait fin à la guerre. La direction avait composé un spectacle de circonstance :
lo Les Amours de Bayard ou, le Chevalier sans peur et sans reproche ,, comédie;
2o Les Prétendus^ grand-opéra;
3o L'air de Vive Henri IV, exécuté à grand orchestre;
4p Va de bon cœur^ vaudeville, avec des couplets relatifs à rheureux événement qui venait de mettre fin à la guerre d'Espagne.
La comédie-héroïque des Amours de Bayard offrait des rapprochements qui ont été saisis par la foule enthousiaste; mais c'est surtout à la scène improvisée, jointe au vaudeville Va de bon cœur, que les applaudis-
sements ont été frénétiques. Nous reproduisons plusieurs couplets :
Air : /*«» vu parUnU dans mes voyages.
Oui, j'ai vu ce prince intrépide <1) Gravir avec nous les rochers; Je Tai vu novs servir de guide Au milieu des plus grands dangers , Braver, dans sa valeur constante, Le canon du Trocadero, Et dormir après sous la tente Des vieux soldats de Marengo.
Irrités par la résistance,
Nous couvrons la terre de morts.
Le prince paraît, ii s^élance,
Et calme à Tinstant nos transports.
Au prestige de la victoire,
Son grand cœur seul a résisté,
Et le théâtre de sa gloire
En devient un d'humanité.
Un roi, privé de sa couronne, Pleurait sur sa captivité.
Les Français partent, Tairain tonne :
Le monarque est en liberté.
Une ère nouvelle commence, Et sur TEspagne, désormais, Régneront toujours, comme en France, Les Bourbons, l'honneur et la paix.
(1) S. A. R. Mgr le duc d'Angouléme.
\n THEATRE
Air : Cest un enfant,
11 fuit, le démon de la guerre ; Les maux des humains sont finis; La Paix, pour consoler la terre, Desœnd sur un trône de lis.
Enfants de Neustrie, Du père d' la patrie Adorons ici la bonté.
A sa santé! (Bis.)
Au roi !
Si pourtant le feu des batailles Se rallumait dans nos climats, Quittant nos paisibles murailles Pour braver de nouveaux combats.
Enfants de Neustrie, L' vainqueur d'ibérie Vous r' verrait tous à son côté.
A sa santé! {Bis,)
Au prince généralissime î
Notre vertu, c'est la franchise ; Fidélité, c'est notre loi ; Vaillance, honneur, notre devise ; Notre refrain, \ive le roi !
Famille chérie.
L'enfant de Neustrie Te la porte avec loyauté :
A ta santé! {Bis,)
Aux Bourbons !
Vieux soldats, nouvelles phalanges, Célébrons aussi vos exploits;
DES ARTS. i73
Vous vous ét*8 battus comm' des anges : G^est aujourd'hui comme autrefois.
L'eniànt de Neustrie
D' bon cœur vous remercie, Et TOUS redit tout transporté :
A vor santé! (Bis,)
A V armée française!
Après ce dernier couplet, les cris de Vive le roi! Vivent les Bourbons! Vive le duc d'Angoulème! Vive V armée française! ont éclaté de toutes parts, et les regards se sont portés sur les autorités civiles et militaires qui assistaient toutes au spectacle.
Le bataillon de guerre du 3« régiment de la garde royale, qui avait participé d'une manière éclatante à l'immortel fait d'armes du Trocadéro, par conséquent à la délivrance de Ferdinand, roi d'Espagne, et à l'avénement de la paix, est arrivé à Rouen le mercredi 31 décembre i823, et y a été reçu par le maire, les adjoints et le corps municipal. Un repas de plus de douze cents couverts a été offert à tous ces militaires au nom de la ville, et le soir il y a eu illumination des édifices publics et danses, tant au Ghamp-de-Mars que sur la place Saint- Sever. Au Théàtre-des-Arts, on a joué à dessein ce jourlà la Jeunesse de Henri VeX Kichard^Cœur-de^Lion, Les allusions n'ont pas dû manquer.
Le 21 janvier 1824 , anniversaire de la mort de Sa Majesté Louis XVI, les spectacles ont été fermés, par ordonnance du marquis de Martainville, maire de Rouen.
Le samedi 24 du même mois ont continué cependant les fêtes données par la ville, en réjouissance de l'heu-
reuse issue de la guerre d'Espagne. Pendant que le Théâtre-Français et plusieurs autres étaient ce jour-là ouverts gratis au public, un spectacle gratis également était offert par la ville à la garde royale, à Toccasion du triomphe de Tannée française et de la pacification de TEspagne. Il se composait de :
io L'air de Vive Henri IV! exécuté à grand orchestre ;
9» mchard-Cœur-de-Lion, opéra;
Zo Le Chant français et des couplets analogues chantés par Valbonte ;
49 La première représentation de Plus de Pyrénées ! vaudeville en un acte, par Désaugiers et Gentil.
Les militaires de la garnison ont été seuls admis à cette solennité.
Voici qaelquea couplets de Ptuê de Pyrénées f
Air : Le briquet frappe la pierre.
L*danger double leur courage; Qu'un fleuve arrête leurs pas, Leur valeur ne s'arrét' pas, Et s'élançant à la nage, Ils sèment encor Tefllroi, Aux cris de Vive te rei! (Ifis)
Est-ce un diable qui les mène?
Ont'ils un dieu pour soutien?
Par ma foi I je n*en sais riep^ Blai3 le moyen que Ton tienne Contre des soldats, corbleu !
Qui vont à Teau comme au feu. (bis)
Air de Renaud de Montauban.
Ce feu qui sait les enflammer, Cette noble ardeur de combats, Chaque soldat vint rallumer Auprès du berceau d*llenrî quatre.
Au danger, ce beau feu s'accroît.
Et, pour le porter au délire, Leur digne prince n'a qu'à dire :
Marchez, enfants, Henri vous voit!
Air : Pour ion^rs^ toujours!
Et voilà, voilà, voilà Comme il faut flaire
La guerre!
Et voilà, voilà, voilà Comme la paix se fera !
Soldats d'une cause chérie, D*tta roi, Joyeux libérateurs.
Marcher sous le feu d'un' batt'rie Ou sous une voûte de fleurs ;
Voir v'nir par intervalle.
Sans jamais rien r'fuser,
Un bouquet, une balle.
Un' blessure, un baiser.
Et voilà, voilà, etc.
Air : Merveilleuse dans ses vertus.
Impossible, nous disait^on, Qu'on prenne telle ou telle ville, Qu'on ait Burgop, Madrid, Séville, Tant qu'elles auront un canon...
Impossible que Ton prenne
Sarragosse, Logrono...
Impossible que Ton vienne
Jusques au Trocadero...
Impossible que les Français D' Santi-Petri jamais s'emparent, Trop d'obstacles les en séparent Pour qu'ils y parviennent jamais...
Impossible qu'on arbore
Dans Léon 1' drapeau des lis...
Rien plus impossible encore
Que Ton entre dans Cadix... Et dans tout ça, la vérité.
C'est que notre armée invincible A su se rendre tout possible, Malgré l'impossibilité.
L'enthousiasme, contenu par la modestie, a fini par éclater en bravos, quand on a chanté ces couplets en l'honneur de S. A. R. Mgr. le duc d'AngouIéme :
Air du Pot de fleurs.
Vaillant, il fixe la victoire ; Sage, il soumet par la raison; Modeste, il fait aimer sa gloire ; Clément, il fait bénir son nom.
Du grand Bayard tout le rapproche, Et sa sagesse et sa valeur; En Espagne il entra sans peur.
Il en sortira sans reproche.
Ce noble soutien du royaume, Poursuivant toujours ses hauts faits,
Là, tout oonune aa pont de la Drftme, Voulut Toir les choses de près.
Digne iiéritier des venus de sa raee.
Si vaillamment il s'exposait.
Que chaque braye lui criait :
• Monseigneur, vous prenez ma place! »
Air du vaudeville de Va de bon caeur.
Un soldat, un jour, lui disait :
* Monseigneur (à Dieu n' plaise J),
Si nof malheur un jour voulait Qu'un trop &tal boulet...
— Hé bien ! quand il arriverait,
Dit le prince, amis, ce serait Mourir à la française!
Air : Il me faudraU quitter Vempire,
Lorsque, sur le champ de bataille,
Prenant un moment de repos.
Il partageait nos lits de paille Gomme il avait partagé nos travaux ,
Quoique lassés par la victoire.
Tous les soldats oubliaient leur sommeil, (bi$) Fiers de veiller pour celui que la gloire
Attendait encore au réveil.
On a beaucoup applaudi ce couplet sur LL. AA. RR. Mgr le duc et M»« la duchesse d'Angouléme :
A» : Restez^ restez^ Irotipe jolie.
L^un, sur le sol de Tlbérie, Portait sa gloire et ses succès; Quand, sur le sol de la patrie, T. m. 12
L*iiatfB répsndiit sêB biMflitê»
Tous les deax, oonqaérinU lyabil», Pénétfuieiit pirtoot en vainqueun :
Pour lui s'ouTnîent toutes les tîHes, Pour elle s'ouvraient tous les cœurs.
Le préfet, le maire et les adjoints, venant du Théâtre- Français, sont arrivés pour le vaudeville Plus de Pyrénées et ont trouvé réunis le 3^ régiment de la garde royale, toutes les autorités civiles et militaires, le conseil municipal, )es officiers de la garde nationale et plusieurs notabilités spécialement invitées.
Il est un détail que nous ne devons point passer sous silence. Quand, à la fin du vaudeville nouveau, on a vu paraître sur la scène la première colonne de Tannée française, portant en triomphe le buste du prince généralissime, tous les spectateurs se sont levés d'un mouvement spontané, et, mêlant leurs acclamations à celles des acteurs, ont donné à la salle un aspect impossible à décrire.
En définitive, le théâtre a contribué pour, une large part aux fêtes organisées à Toccasioa de la prise du Trocadéro. Le maire de Rouen a dû être satisfait, lui qui, le i4 octobre iSâS, avait adressé ao directeur des spectacles de Rouen la lettre suivante :
a Monsieur, a Vous savez que les directeurs des spectacles de la capitale s'occupent de préparer, pour l'époque des fêtes qui auront lieu à l'occasion de la pacification de l'Espagne, des pièces qui auront pour but de aélébrer les triomphes de notre armée.
« L'«dministrâlioii m doute pas que tow m trouTiez des moyens de monter égalemait à Romk quelques-vnes dés pièces qui doivenl être jouées à Puris.
« Les lieufeux événements qui répande&t là joie dune les coeurs de tons les Français me porteront à faire illu*» miner, dimanche prochain, rHôtel-de-Ville et tous les établissements publics. Je désirerais que, pour terminer convenablement ' cette journée, vous fissiez intercaler quelques scènes et couplets analogues à la circonstance dans les pièces qui seront jouées le même jour.
« Je vous prierais de vouloir bien me faire connaître les dispositions que vous aurez prises à cet égard.
0 J'ai rhonneur, etc.
« Le maire de Houen, W» de Martainville. »
Le samedi suivant, 31 janvier i9M, un bal a été donné par la ville, dans la salle du Théàtre-des-Arts, pour couronner les fêtes organisées à Toccasion des succès de Tarmée française. Près de deux mille personnes se sont trouvées réunies dans cette salle, disposée de manière k offrir un coup d'œil magique <4).
Relèche par ordre, le i3 février 4634, à ToocBsion de l'anniversaire de la mort de Mgr le duc de fierry.
Le samedi 13 aiars, il y a eu encore une de ces représentations que nous appelons politiques. C'était :
io Ijd Gode et VAmoMr, vaudeville;
2o La Jeunesse de Henri V, comédie; 1** * ■* - - ■ ------- ^ ■ »■ — A^« -» — t........ . .... .... ^. .^ » - .^ -^ -.-, -■ - ^1
(1) La saiie a été éclairée de ta même loaniêre, le dtttt&iiche 22 février suivant, pour le bal de mût paré et masqué, tuf uel tout le monde pouvait entrer en payant.
iSO THÉÂTRE
3o La seecHide et deniière représentation de Plus de Pyrénées, à-propos-vaudeville.
Les militaires qui étaimit de service lors de la représentation offerte par la yille à la garde royale ont assisté à celle-ci.
CENSURE. — Le visa du projet de répertoire pour 4825- 4824 était ainsi conçu :
a Vu au ministère de Tintérieur^ conformément à la décision de Son Excellence^ en date de ce jour, à là charge des diverses annotations indiquées et sauf l'approbation particulière de M. le préfet de la Seine-Inférieure. — Paris, le 10 mai 1825. Par ordre de Son Excellence, signé le chef-adjoint chargé des théâtres. »
Voici les annotations :
c Othello, le Mariage de Figaro et les Précepteurs, d'après les exemplaires conformes à ceux du premier et du second Théâtre-Français.
c Le Mariage de Scarron, en supprimant le rôle de Giraud.
c Pierre, Paul et Jean, ajourné jusqu'à la paix.
« L'Indigent, ajourné jusqu'à nouvelle autorisation du ministre.
« Charles et Caroline, d'après l'exemplaire de l'Odéon.»
A ces annotations sur les sept ouvrages ci-dessus (m avait ajouté l'observation suivante, que nous donnons aussi textuellement :
(( A l'exception de la Vieillesse du Prince (1), dont le
(1) C'était probablement le Présent du Prince,
{Note de l'auteur.)
DES ARTS. m
titre est inconnu (si c'est la VisUe du Prince, la pièce est autorisée), les autres ouvrages qu'on se propose de jouer sont au courant du répertoire des théâtres de Paris ; cependimt il en est quelques-uns^ tels que Béguluê, Sylla, etc., sur VeUel desquels, monsieur le préfet, il vous appartient de juger et dont vous pouvez suspendre les représentations dans votre département, si vous le i^oyez nécessaire. »
REPRÉSENTATIONS EXTRACMiDiNÀiRES. — Dès la fiu de mai, moins de vingt jours après l'ouverture, le comique Perlet est venu à Rouen. Il y a donné huit représentations, composées de :
Le Comédien d'Etampes. Une Visite à Bedlcm.
La Maison en loterie. Les Deux Précepteurs.
Le Secrétaire et le Cuisi- La Carte à payer,
nier. Le Parrain.
Le Gastronome sans ar- V Artiste (première repré-
gent. sentation).
Dans une VisUe à Bedlam, Perlet a chanté un air italien ajouté au rôle de Gasando.
En juin, Bernard^ précédemment attaché au théâtre royal de Bruxelles, dans l'emploi de première bassetaille, a chanté dans quatre soirées. Il a choisi, pour se faire connaître, Œdipe à Colonne, la Caverne et Zodoiska; puis il a tenu l'emploi pendant quelque temps comme intérimaire.
Pour la Saint-Pierre^ le 29 juin, on a organisé, en mémoire du grand Corneille, une représentation extraordinaire, dont voici le programme :
Ifô T8ÊATRE
lo Oovefture à'I/Mgémie tu AuMe, dé ûlaek, exécutée à irand CNrch«slre;
2o Le Ciâ, de Kenre Corneille ;
9» Q«i?eriiifa 4e J>ém9pk&n, de Vogel» exéeiAée à grud orcheaire ;
4p La preoâère représaitation du Cad 4e ComeilU, comédie en on acte, par im anonyme;
{(o Une scène lyrique, musique de Méhvl, pour l'inauguration du buste du grand Corneille, ornée d'une décoration nouvelle, et dans laquelle tous les artistes ont paru.
En juillet 1833, Baptiste aine, sociétaire du premier Théâtre-Français (premier rôle), a joué dans la même soirée le Misanthrope et les Deux Frères ou la Réconciliation, Cet artiste, qui avait pour ainsi dire commencé à Rouen, était alors au déclin de sa carrière théâtrale. Il n'a produit que très-peu d'effet et n'a joué qu'une fois, grâce à une jaunisse qui est venue fort à propos rompre le traité fait entre lui et Morel.
Odry,* acteur du théâtre des Variétés, a donné, en août 1833, six représentations. II s'y est montré dans :
VEnnui ou le Comte V Aveugle de Montmo^
d'Erfort. rency.
Les Cuisinières, La Marchande de Gou^
U Homme automate. jons.
Le Coin de Rue, Sans Tambour ni Trotn-
Les Bonnes d'Enfants. pelle* Les Acteurs à répreuve.
A la farce a succédé la tragédie. En septembre, en effet, Rouen a possédé Victor et HHUe Guerin, premiers rétes
tragiques du secoad TbéAtre-Français^ qui, en cinq représentations, ont interjeté : •
Le Ciét, Manlius eapUoUnus.
Gabrielle de Vergy, Les V^es siciliennes.
Tancrède.
En même temps que Victor et M^^^ Guerin» on a eu au Théàtre-des-Arts Laporte, acteur du théâtre du Vaude^ ville. Il n'a joué que deux fois, et s'est fait connaître dans :
Le Nécessaire et le Superflu, La Benne Mèire, Colotnbine mannequin. Arlequin afieheur.
Plaçons ici pour iMémoire une représentation des exereices d'ua écuyer angTais, qui s'intitulait primiey éeuyer de plusieurs cours étrangères. EUe a été donnée en octobre 4823. Nous verrons aux incidents pourquoi eUe a été unique.
Le mois suivrait, sont venus M. et H>>« Cloxel^ qui ont pris le titre modeste d'artistes de la eapitale et qui jouaktnt los premiers rôles. Glozel avait appartenu à rancieu Méon. En cinq rejHréseiitatione à ce théâtre, ils ont joué, monsieur et madame, daas la Femme jsh louse, Michel et Christine et Philibert marié; monsieur, dans les Deux Philibert, Une Journée à Versailles, Tartufe et le Collatéral; madame, dans Une Visite à Bedlam, la Somnambule et Haine aux Femmes,
Avec le mois de décembre 4823 ont commencé les représentations de M>n«Gosson, premier rôle tragique du premier Théàtr^Fraaçais, secondée par Lokroi, élève dS'rEeoie.royrie de déelamation. En sept soirées, ces deux artistes oaX donné:
Phèdre,
Œdipe.
Marie Stuart,
Macbeth.
Mérope.
Jeanne d'Are à Eouen,
L'anniversaire de la naissance de Molière a été célébré pour la deuxième fois à Rouen le jeudi 15 janvier 1824. On a composé^ à cet effet, le spectacle de la manière suivante :
lo L'ouverture à'AHane;
2» Tartufe;
S^ Un morceau de musique ;
4o Gulnare, opéra;
â» Le Ménage de Molière, comédie en un acte, dans laquelle tous les acteurs de Topera et de la comédie ont paru dans les costumes des personnages des comédie de Molière.
A la dernière scène du Ménage de Molière, les artistes ont couronné le buste du grand écrivain.
Monrose^ sociétaire du premier Théâtre-Français, a commencé, le 22 janvier 1824, une séné de représentations, au nombre de six seulement, qui se sont terminées le 29. Il a choisi les ouvrages suivants :
Le Festin de Pierre, L'Homme à bonnes for-
Les Fausses Confidences. tunes.
Le Mariage de Figaro. VEtourdi.
La Mère coupable. Les Fourberies de Scapin,
Les Deux Figaro. Les Originaux.
A la fia de mars, on a revu à Rouen Gavaudan, premier acteur du théâtre royal de rOpéra-Ckmique, pensionnaire du roi, qui a chanté dans :
Le Délire. Le Trëtor supposé.
Camille. Jadis H Aujourd'hui,
ZoraHme et Zulnar. Montana et Stéphanie. ÉUsa.
Gavaudan, à ce voyage, n'a donné que quatre représentations, mais il est revenu trois semaines après pour chanter dans la soirée de clôture de Tannée théàt^^e.
Depuis le samedi des Rameaux jusqu'au mercredi suivant inclusivement, on a eu tous les soirs sans interruption, cinq fois de suite, Talma, premier acteur tragique du Théâtre-Français, et Mm« Valmonzey, première actrice tragique. Les ouvrages représentés sont AthaUe, tragédie, avec les chœurs, musique de Gossec, Œdipe, tragédie, V Ecole des Vieillards, comédie; Manlius Capitolinus et Régulus, tragédies.
BÉNÉFICE DES HÔPITAUX. — La première représentation au bénéfice des hôpitaux a eu lieu le jeudi il décembre t823. Le spectacle a été composé ainsi ;
l» Valérie, comédie;
2o Le Billet de loterie, opéra; • 3» Le Petit Chaperon rouge, opéra.
Le produit a été de 3,308 fr. 20 c.
Pour la deuxième représentation, le vendredi 19 mars 1824, on a choisi :
lo Le Mariage extravagant, vaudeville; 2o La deuxième représentation de Luxe et Indigence, comédie;
3» Le Rossignol, grand-opéra.
Le produit a été de 3,054 fr.
IM THfiATBE
TRÀ6ÉMK. — * Les artistes de la troupe ont jMé le €id pour la Smt^Pierre^ repris Bégulus et partieipé aux représentations extraordinaires données par Vîctor et Mii« Guérin, puis par M>n« Gosson et Lokroi, enfin par Talma et Mb« Valmonzey.
DBÀMB. — Une nouveauté .
BoéMphe (m Frère et Sœur, drame en un acte, par Scribe et Mélesville. Première représentation en janvier 18S4.
Le répertoire courant a été composé de :
Le Déserteur. V Habitant de la Guade'
Les Deux Forçats, loupe,
Edouard en Ecosse, VHonnéte criminel.
Eugénie, Misanthropie et Repentir.
Le Père de Famille.
COMÉDIE, VÀUDiTiLLR, ETC. — • Trente ouvrages nouveaux, dont plusieurs d'une grande valets :
V Artiste, vaudeville en un acte, par Scribe et Perlet. Ce dernier, alors en représentation à Rouen, y a créé le rôle d'Edouard, en juin 18SS.
VAveugle de Montmorencys, vaudeville en un acte, par Brazier, Gabriel et Gersia. Première représentation en août 1823. Odry, des Variétés, alors à Rouen, y a créé le principal rôle.
Les Bonnes d'enfants, vaudeville en un acte, par Brazier et Dumersan. En août 4825, Odry, en représentation à Rouen, y a créé le principal rôle.
Les Cancans ou les Cousine^ à Manette, vaudeville en un acte, par G. Duval, Carmoucbe et Jouslin-Delasale. Première représentation en décembre t825.
Le Céhbaêmire ei tBemme marié, emnédia en trois actes, par Wafflard et FulgeBce. Première représnitalkNi ea juiUet 1833.
La Chasse au renard, vaudeviUe en uq aele» par SaiQt-^BUaire. Preiaière représentation m janvier 1834.
Le Coiffeur et le Perruquier, vandeyilte en un acte, par Scribe, Mazères et Saint-Laurent. * Première représentation en mars I83é.
Le Coin de rue, vaudeville en un acte, par Brazier et Dumersan. En août 1823, Odry, en représentation à Rouen, y a créé le principal rôle.
Colombine mannequin, vaudeville en un acte, par Barré, Radet et Desfontaines. Laporte, acteur du Vaudeville, y a créé à Rouen le rôle d* Arlequin, en septembre
Le Comédien d*Eiampes, vaudeville en un acte, par Moreau et Sewrin. Première représentation en mai 1825.
Le Conscrit, vaudeville en un acte, par Merle, Simonin et Ferdinand. Première représentation en février
Les Cuisinières, comédie mêlée de couplets ou vaudeville eu un acte, par Brazier et Dumersan. Première représentation en juillet 1823.
Un Dernier jour de fortune, vaudeville en un acte, par Dupaty et Scribe. Première représentation en janvier 1624,
Les Deux Ménages, comédie en trois actes, par Picard, Wafflard et Pulgence. Première représentation en juin 1823.
L'Ecole des Vieillards, comédie en cinq actes et en vers, de Casimir Delavîgne. Première représentation le
9S t^yrier 1834. •— Bien joaée par Dnroissel, Louis, M"M» SainfrElme et IHiTersiii.
VEdueation ou les Deux Cousines, comédie en cinq actes et en vers, par Casimir Bonjonr. Première représentation en août 4825. La pièce se termine par ce conseil donné par le père à sa fille et à son gendre :
Soyez heureux, formez des liens de fiimiUe, Et si le ciel un jour vous envoie une fille. Croyez-moi, donnez-lui, sans faste et sans éclat, Une éducation conforme à son état.
Casimir Bonjour est venu soigner lui-même la mise en scène de sa pièce.
Le Fabricant ou la Filature, vaudeville en un acte, par Francis et Brazier. Première représentation en décembre 1823.
Femme à vendre ou le Marché écossais, folie-vaudeville en un acte, par Belle aine et Gentilhomme. Première représentation en février 1824, pendant le carnaval.
V Héritière, vaudeville en un acte, par Scribe et Germain Delavigne, Première représentation le 5 février
V Homme automate, vaudeville en un acte, par Varner et Ymbert. Première représentation en août 1825. Odry, alors à Rouen, y aeréé le principal rôle.
Vlntérienr d'un bureau, vaudeville en acte, par Scribe, Ymbert et Vamer. Première représentation en octobre 1825.
Léonide ou la Vieille de Surène, vaudeville en trois
DES ABTS. IS9
actes, par Saint-Hilaire et de Villeneuye. Première représentation en avril 1834.
Luxe et Indigence ou le Ménage parisien, comédie en cinq actes et en vers, par d'Epagny. Première représentation en mars 1824.
La Marchande de goujons, vaudeville en un acte, par Francis et Dartois. En août 18S3, le principal rôle y a été créé par Odry, en représentation à Rouen.
Le Menteur véridique, vaudeville en un acte, par Scribe et Mélesville. Première représentation en novembre 1823.
Le Nécessaire et le Superflu, vaudeville en un acte, par Dumersan et Dartois. A la première représentation, en septembre 1823, Laporte, acteur du Vaudeville, y a créé le rôle d'Arlequin.
Plus de Pyrénées, vaudeville, par Désaugiers et Gentil. (Voir le chapitre de la politique au théâtre.)
La fioute de Poissy, vaudeville en un acte, par Fritncis et Dartois. Première représentation en octobre
Sans tambour ni trompette, vaudeville en un acte, par Merle, Brazier et Garmouche. Première représentation en juillet 1823.
La Servante justifiée, vaudeville en un acte, par Brazier, Merle, Garmouche et Jouslin. Première représentation en décembre 1823.
Pendant cet exercice, on a repris : .
Les Comédiens. Le Muet.
Les Deux Gendres. Les Marionnettes.
La Fille d'honneur, La Prison militaire.
190 TiUÈâTMS
Ctai a oiiii maiiilemi à la acètte, oatre les pièces citées ailleurs :
VAûiê de nsissancê, les Amante Prothée, VAvare, ¥Af>eugte eiairvayai^, YAvocût paidin.
La Brouette du Vinaigrier, le Bmrm bienfaisant, Bruef9 et Palaprat.
Catherine, les Châteaux en Espagne, la Cloison, le Confident par hasard, Crispin médecin.
Les Déguisements amoureux, Démocrite amoureux, le Diner de Madelon, le Dissipateur, le Distrait,
VEcole des Bourgeois, VEcole des Femmes, VËprewoe nouvelle.
La Famille des Innocents, avec V Allemande dansée à la fin, la Fausse Agnès, la Femme juge et partie, les Femmes, les Femmes savantes, les Folies amoureuses.
La Gageure imprévue, le Gastronome sans argent, le Glorieux, Guerre ouverte.
VHôtel garni, — Vlntendant comédien malgré tut, Vîntrigue épistolaire.
Le Joueur, — le Légataire universel.
Le Malade imaginaire, avec la cérémonie par toute la troupe, le Mariage secret, le Matin et le Soir, le Médecin malgré lui, le Mercure galant, la Métromanie, Minuit, de circonstance la Veille da jour de l'an, Mon^ sieur de Crae, Monsieur de Pourceaugnae.
Nanine, — le Philinte de Molière, les Plaideurs sans procès, les Précieuses ridieutes, Préville et Taconnet, les Projets de mariage.
Ricco, le Roman d'une heure.
Le Secret du ménage, le Secrétaire et le Cuisinier.
ÛSS AKK. ilH
Le TMeau dé Raphaël^ Turcarely le Tyran domestique, — le Vieux Célibataire^
orteA. '-^SBft iiôaveeulés, dont trais cheft^d'oenvre :
Aristipe, grand-opéra en deux actes, par CUrard et Kreutzer. Prenn^e représeataliM en noTembre 189S.
Les Folies amoureuses, en trois aetes, de Regnard; mnsiqae de plnsieiiffS eompositenrs italiens, paroles arrang6« pardaetil-Blise. Première représentation le il s^lembre iSSB.
La Griile du pare àm le Premier parti, en un acte, parAncelot, Boniface Saintine et Panseron. Première représantalien en octobre I8â5,
Léonore et FéHxûU Ced la même, en trois actes, par Saint-Marcelin et Benoist. Première représentation en février i«S4.
Le Mtàhe de Chapelle, en deux actes, par Alexandre Duyal, M»« Gay et Paër. Première représentation le 7 juillet 1823.
La Neige ott le Nouvel Eginard, en quatre actes, paroles de Seribe et C. Delavigpie, musique d'Auber. Première re{Nréeentation en mars f 894.
La Pie voleuse (la Gaza ladra), en trois actes, paroles de A. Castil-Maze, musique de Rossini. Première représentation le 7 août 1825.
Le répertoire lyrique se complète ainsi :
Adolphe et Clara, V Amant jaloux, Ambroise, V Amour filial, Anacréon chez Polycrate (reprise), Avis au public, Azémia.
Le Barbier de Séville (reprise), — le Calife de Bagdad, avec une décoration nouvelle^ Cendrillon.
Le Déserteur, les Deux Chasseurs et la Laitière, les
Deux Jaloux, les Deux Journées, les Deux Petits Savoyards, le Devin de village, le Diable à quatre.
V Epreuve villageoise, suivie de VAUemainde à deux, Euphrosine.
La Fausse Magie, la FiU au village voisin, une Folie.
Le Grand-Père, — iT^^^iui, — 17rato.
/eaniu)^ et Colin, la /^»e Femme colère, Joeonde.
Léon, Lodoïska, avec décors et costumes uouveaux, pluie de feu, embrasement et écroulement du château de Boleslas. ^
Le Magicien sans magie (reprise), les Maris garçons, le Marquis de TuUpano (reprise). Monsieur des Chalumeaux, — Ninon chez madame de Sévigné.
Paul et Virginie, avec décorations nouvelles, Panurge dans l'île des lAinternes (reprise), le Petit Matelot, Pica^ ros et Diego, le Prisonnier, Pggmalion,
Raoul Barbe-Bleue, Raoul sire de Créqui, les Rendez* vous bourgeois, Rose et Colas, le Rossignol, dont une fois, en novembre 1825, la partie de flûte a été exécutée par Guillou, première flûte de l'Académie royale de musique et de la chapelle du roi.
Le Secret, le Solitaire (reprise), Stratoniee, Sylvain.
Le Tonnelier, le Traité nul.
La Vestale (reprise), les Voitures versées, — Zémire et Azor.
CONCERTS. — Les jeunes Larsonneur se sont fait entendre, le 3 novembre 1823, dans un concert ainsi composé:
lo Une ouverture à grand orchestre;
2» Thème varié pour le violon, exécuté par le jeuae Charles Larsonneur^ Agé de cinq ans ;
9o Un air des Mfêtères d*IsU, chanté par Gustave ;
4o Les Souvenirs du Simplon, exécutés sur le violon par le jeune Hippolyte Ijursonneur.
A la bonne heure ! voilà un concert qui n'était pas trop long. Il est vrai qu'il était placé entre deux pièces du répertoire. Mais aujourd'hui on en met malbeureu* sèment bien plus que cela.
A quelques jours de là, les jeunes Larsonneur ont donné deux autres concerts. — On sait que Tatné était déjà connu à Rouen.
Une soirée .musicale a été donnée, eu janvier 1824, par Fabry, premier ténor de l'Opéra-Italien de Dresde.
INTERMÈDES. — La mode a été aux ouvertures pour intermèdes. On a exécuté, en mai i823, celles du Jeune Henri, de Marie de Montatban, des Rigueurs du cloUre, de Strataniee, de Sargines, de Bornéo et Juliette; en juin, celles A'Iphigénie en Aulide, de Gluck, et de Démo* phon, de Vogel ; en juillet, celles de Délia et Verdikan et d*Ariane; en novembre, celle de VJtalienne à Alger^ de Rossini; enfin, en décembre, celle de la Cénérola (Cendrillon), de Rossini.
toutefois» on a joui de deux autres intermèdes :
Un concerto de violoncelle de la composition de Baheer, exécuté par LoUi (janvier 1824) ; .
Variations pour la clarinette exécutées par Elchlep, avec accompagnement à grand orchestre (1).
(i) Aujourd'hui cet artiste est chef de musique de la garde nationale de Rouen — 1864.
- BAi6. — Quatre grands bais de nait, parés et ma^oés, commeuçant à onze heures, après le spectacle, saroir r les dîmancbes 15, SB et 89 février 1824, et le mardigras 9 mars (i).
Le bal du 22 février a offert cette donble parficularité que Ton a délivré des contremarques et cpie la salle a été éclairée à l'instar du bal donné par la ville de Rouen, dont nous avons parlé au chapitre de la politique.
La clôture de Tannée théâtrale a été faite avec éclat, le mardi 20 avril 1824, par :
4® Le Déserteur, opéra ;
2» EuphroHne, opéra.
Gavaudan, premier acteur du théâtre royal de TOpéra- Comique, remplissait dans la première pièce le rôle de Montauciel, et dans la seconde celui de Coradin.
mCIDBHtfl.
Quelques débuts et quelques rentrées ont été l'occasion d'une très-vive opposition. Un abonné au spectacle a publié une idée fort originale qu'il a conçue pour ôter en ces circonstances au parti des siffleurs tout ce qui peut être attribué à la mauvaise humeur, à l'intrigue ou & la cabale. Il a remarqué, dit-il, qu'une demi-douzaine de siffleurs bien exercés et bien acharnés surmontent le bruit de cent applaudissements. Or, pour régulariser les
(i) Pftqaes, en i824, étoit le 18 avriL On a lût relftchê le jeudi, le vendredi et le samedi saints et le jour de Pâques,
ofiératioas du jury Uxrmé |»ar les specUtettfs» il proposa d'établir» dans le vestibule même de la salle, uu magasin de si£Bets, iams montés au même ton, fue Ton at garderait bien de choisir dans le haut de la gamme, ie préposé à la distribution des sififleta aurait soin de les tenir dans un état de propreté telle qu'on p6t eu fair^ usagfe sans inconvénient. Ces sifflets seraient tous de la même forme, du même ton et porteraient une marfuf distinctive qui ne fût point susceptible d'être contret faite. Le préposé ne les vendrait point» mais les louerait seulement pour la faible somme de dix ou de vingt centimes; mais on lui déposerait, en les prenant, une somme de dix francs, qu'il rendrait à mesure qu'on lui rapporterait l'instrument après la représentation, comme on rend à chaque spectateur le manteau ou le parapkiie qu'il a laissé à la porte.
Qn saurait de cette manière le nombre des siffleura et on pourrait le comparer à celui des applaudisseurs, — le siffleur aigu ne serait pas membre du jury et serait éliminé comme perturbateur.
On ne distribuerait de sifflets qu'au troisième début.
Boileau a dit que le droit de siffler s'achète en entrant. C'est là l'idée que cet abonné a développée à sa manière.
La soirée du lundi 6 octobre 1833 a été signalée par le plus grand tumulte qui ait peut-être jamais éclaté au Tbé&tr^es-Àrts. Un nommé Ducrow, fameux écuyer anglais, qui était déjià venu h Houeu se montrer tant sur ce tbéàtre qu'au cirque Francpni, avait annoncé que ce jour-là le spectacle serait terminé par une première représentation extraordinaire des exercices de M. Ducrow^ prenuer écuyer de plusieurs cours étrangères» et
de toute sa troupe, dans lesquels on remarquerait une seène équestre intitulée les Chinois gymnastiques, exécutée par douze écuyers. La foule se rendit au théâtre et vit, pour commencer, un artiste bipède exécuter, sur la corde làche^ des tours plus effrayants qu'extraordinaires, et différant peu de ce qui se faisait d'ordinaire sur les places-publiques. Après un court entr'acte, le rideau se relève, et Ton voit au milieu de la scène, qui est entourée de chevaux caparaçonnés à la chinoise et montés par des personnages vêtus d^une manière baroque^ un autre cheval tenu par un valet de pied. Une douzaine de cabfioleurs montent et franchissent ce cheval dans tous les sens et jusqu'à satiété, tournent le dos au public et se retirent.
Tout le monde considère cette parade comme une introduction aux grands exercices de l'illustre écuyer, tnais la rampe se baisse et s'éteint. Le tapage le plus épouvantable s'est alors élevé dans toute la salle. Le régisseur annonça que l'on allait chanter YOpéra-Co^ mique pour dédommager les spectateurs. En attendant, le parterre entonna la romance du Guernadier. Des ohants on passa à la danse et aux sauts. Le commissaire intervint, des rixes s'ensuivirent, ainsi que l'arrestation de quelques jeunes gens.
Le calme paraissait rétabli quand on se disposa à commencer YOpéra-Comique, mais les cris et les sifflets se firent entendre de plus belle. Le rideau fut donc baissé sur la scène première, et la salle fut évacuée, non sans tapage et vociférations.
Mme Juclié, qui depuis plusieurs années tenait avec succès, au ThéÂtre-des-Arts^ l'emploi des duègnes d'o-
péra, a succombé le 9 novembre IffîS, à la suite d'une longue maladie. On l'a beaucoup regrettée, surtout à cause de son jeu franc et naturel, et l'on a craint d'abord de ne pouvoir la remplacer, mais bienlAt les débuts de H'" LÔuis-Fabre sont venns rassurer les plus
19S TMËATH'E
luttév «liéàtrale tSt4-t§tS (1)
La direction a profité des vacances pour faire, dans rintérieur de la salle, quelques réparations et embellissements nécessaires. L'ancien lustre a subi dans sa forme un changement avantageux qui lui a donné beaucoup plus d'éclat et a produit un excellent effet. .
Après quoi, on a fait l'ouverture le mercredi S mai 1824, par :
Jo Le Tyran domestique, comédie;
2o Plcaros et IHégo, opéra.
Les débuts se sont succédé -.
Pour la comédie^ le vaudeville, eèc., etc., dans le Tyran domestique^ VÉeole de$ Maris, tartufe, VAbbé de VÉpée, Eugénie, îa Pemme jalouse, Ùuerre ouverte, Vlntrigue épistolaire, YÉcole des femmes, le Code et P Amour et les Etourdis,
Pour l'opéra, dans Œdipe à Colonne, Camille, la Fête au Village voisin, Jean de Paris, la Maison isolée, le Rossignol, Sylvain, Jeannot et Colin, le Barbier de Séville, Lodoïska, Euphrosine, Biaise et Babet, le Nouveau Seigneur du Village, le Tonnelier, les Deux petits Savoyards, les Deux Jaloux, le Petit Matelot, une Heure de Mariage et Joseph.
(\) Troisième de la direction Morel.
DBS AAT8. 4«9
La troupe a été foraiée «faisi qu'il suit :
Saint-Elme, premier rôle 7,000 fr.
Ernest, jeune premier (1) 4,200
Théodore, deuxième et troisième amoureux (2) 3,600
Latapy, troisième amoureux.
Roblin, raisonneur 3,500
Leclerc, père noble S,000
Louis, financier 4,S00
Tiste, premier comique 5,600
Mouchot, second comique.
Raynal, deuxième père, utilité 2,700
Chevalier, grande utilité.
Min« Simonet, premier rôle 5,000
M">« Saint-Elme, jeune première 5,000
M"e Adèle, deuxième amoureuse 2,200
M"e Fitzelier, première soubrette. . . . 4,000
M«n« Astruc, deuxième soubrette 4,000
M»«Duversin, caractères, mères nobles . 4,000
M"»e Saint-Estève, seconds caractères. . 1,800 M"« Joséphine, troisième amoureuse,
ingénue 1,800
Opéra :
MefifioB^ première haute-coatre Il,i000 fr.
lenar^ Mute-K^outre, Philiiqte 10,000
9mmmmm^im»m,m^mmm»mimmmam»mmmmm^m-^m
(i) A fait une rentrée, après un an d*absence. (2) Après récbec d'Adolphe Ghapiseau, qui avait d'abord été reçu et dont on n'a plus voulu ensuite.
Alfred, haute«coiitre> Coiia
Edouard, id. 8,400 fr.
Latapy > haute-contre, Colin en second . 2,400
Valbonte, Martin 10,S00
Darius^ première basse (1) 8,800
Chardon, première basse-taille tablier . « 8,400
Chevalier, seconde basse 3,000
Bié, Laruette et Jnliet 3,400
Astruc, trial 4,000
W^ Lemoule, première chanteuse à roulades 10,000
W^o Langle, première chanteuse sans roulades 3,000
M"« Scriwaneck- Leriche , première Dugazon 8,800
W^^ Madinier, première Dugazon (2).
Mii« Boyer, seconde Dugazon 3,600
Mii« Adèle, deuxième amoureuse.
Mii*2 Laperière, mère Dugazon, duègne noble 4,000
Mi°e Louis-Fabre, duègnes, margots . . 4,200
Mii« Joséphine, troisième amoureuse.
Rocher, chef d'orchestre 3,300
Alaux, peintre décorateur.
Mouchot, second régisseur. 2,700
(1) Rentrée après l'échec d'Adrien et une tentative malheureuse de rentrée faite par Huby. (Voir aux incidents.)
(S) Reçue, après l'échec de M^^ Granger, pour remplacer pendant quelques mois M*"* Scriwaneck, malade, puis elle est restée en double.
Chofistet: Ploqniu, hante-contre, coryphée, l,JiOOfr.; Laborde, idem, 1,200 fr.; Bertrand, idem, 1,200 fr.; Leprince , taille, coryphée, 1,200 fr. ; Ringotte, idem, i,000 fr.; Collange, idem, 900 fr.; Louis Ricqnier, idem, 1,200 fr.; Gonland, idem, 1,200 fr.; Laloi, bassetaille, 1,400 fr.; Darbec, idem, 1,200 fr.; Adam, idem, -900 fr.; Garih, 1,200 fr.; Urbain, 1,000 fr. — M»« Ansoult, coryphée, 1,200 fr.; Ringotte, 1,000 fr.; Clément, 1,000 fr.; Charlotte Kerkoven, 1,800 fr.; Fftnny, 900 fr.; Aimée Gniho, 800 fr.; Héloïse Femandez, 800 fr.; Fritz ainée, 800 fr.; Fritz cadette, 500 fr.; Mimi Kerkoven, 1,100 fr.; Adèle CaiUot, 1,200 fr.; Berty, 1,000 fr.
Les souvenirs laissés à Rouen par Mii« Langle nous engagent à rappeler qu'elle y a débuté dans les rôles d'Antigone à'Œdipe à Colonne, de la comtesse de Jeannoi et Colin, et de Lodoïska de Topera de ce nom.
Quand un élève du Conservatoire voulait s'essayer sur une grande scène, souvent on l'envoyait à Rouen, dont le ThéAtre*des-Arts était devenu pour ainsi dire une succursale de cette briUante école. C'est ainsi que cette année un nommé Victor, élève du Conservatoire, est venu jouer le rôle de Folleville des Etourdis, et qu'un autre débutant, Campinni, élève du Conservatoire de musique, a chanté le rôle de Joseph de l'opéra de ce nom.
LA poLiTiQDE AC THÉÂTRE. — L'arrivéc à Rouen de S. A. R. M>»«la duchesse de Berry, le jeudi 22 juillet 1824, détermina le directeur à faire relâche ce jour-là. Il savait, en effet, qu'elle entrerait dans la ville vers six ou sept heures, et recevrait les autorités civiles et mili-
Wi THEATRE
tairas^ ainsi que les dîmes et demoisaUes, à Mirf heures, dims <ion palais j c'iesMirdiire à la fsiétectm^.
Le lendemùD AMtip^ oa af$cba une ordonoance du maû^e de Rouen, le marqnis de AlartainviHe^ eoocernaat M police eictérÀenre du spectacle pendant le séjour de M<»« la duchesse de Bep*ry.
Le soir, S(m Altesse ftoyide se rendit axi Théàtre^de^ Arts. Le speotade était annoncé ainsi :
« fi|»ectacle briUaat, honoré de lia présence de S. i. R. Mn>« la duchesse de Berry -.
« lo Jean de Paris, opéra;
« 2» Le CcUife de Bagdad, opéra.
« Le spectacle commencera à 7 h. 1/2. Les portes ouvriront à 5 h. 1/2.
« Prix des places :
« Premières, galeries, parquets et parterres assis 6 fr.
ce Secondes 4fr.
« Troisièmes S fr. âSc.
« Quatrièmes Ifr. Klc. »
Vers huit heures et demie, M«"« la duchesse de Berry est arrivée devant le théâtre. Elle a été reçue au bas de l'escalier par six dames, le maire de Rouen, les membres de l'administration municipale et Morel, directeur. Une triple salve d'applaudissements a salué son entrée dans la ^alle, .au monAcot où cjle se plaçait dans la loge du mijlieu» ;élégamment décorée.
Le spectacle n'a commencé qu'à ncjaf heures. Difféi^nts passages do Jean dfi Paris oni été par 4c public applaijKJ[is.à titre d'allusiçns.
ftBS ARTC. 109
Entre les deux pièces, Valbonte a chanté ces couplets :
Air de Jadis et aujourd'hui.
Dans notre heureuse Normandie,
D'où aainent ces joyeux tranuports?
Dans sa capitale agcandie,
Qui frodnil ces touchante accojids?
Je vois à la ville, au village.
Les fronts plus gais, les cieux plus purs.
Ah! si j'en crois undoux prén|[e,
Oui, Caroline esi dans nos imnrs!
A peine un nom cher à la France Est-il fêté par notre cœur, Soudain son auguste présence Vient prolonger notre bonheur.
De sa bonté rare et parfaite, Quel nouveau gage, 6 mes amis!
Elle a voulu qi^e notre fête .
Suivit la fête de son fils.
Pour combler notre ivresse extrême, Que ne pouvons-nous contempler Cet ange que le ciel lui-même Fit naître pour nous consoler.
Près d'elle, k ie voir, à Tentendre, Notre amour 'nous donne des droits; Mais non... en un jour c'est prétendre A trop de bonheur à la fois.
0 bienfaisante Pnovidenoe!
Toi qui, sans que nous reqnnofls, Permets^que Tasire de la 'France Nous envoie un de ses rayons,
Fais que cette mère adorée Reste ici tant que ses vertus Vivront dans notre âme enivrée...
Elle ne nous quittera plus! !
L'opéra de notre inunortel Boïeldien a para plaire beaucoup à Son Altesse Royale.
A la fin de cette seconde pièce, M"« Lemoule a chanté à son tour cinq couplets de circonstance. Les voici :
Epouvanter un fier cadi, Jeter le roaïde en délire, C'est ainsi qu*llbondocani De son nom atteste Tempire.
Mais il est un nom entre nous, Un nom que sans peine on devine, Aussi magique, bien plus doux, Et c'est celui de Caroline!
Le plaisir est dans tous les yeux, Tout prend pour nous un air de fête, Partout des ris, des chants joyeux Que la foule à Tenvi répète.
A qui devons-nous ces Êtveurs?
Au nom que sans peine on devine, Au nom gravé dans tous les cœurs.
Au nom chéri de Caroline!
Douceur, bienfaisance et bonté,
Esprit charmant, &me céleste,
Grftce unie à la majesté.
Noble enjoùment, vertu modeste,
Quel nom exprime tout cela?
Le nom que sans peine on devine,
DES ARTS. Sd^
Le nom pour jamais gravé Ift, Le nom chéri de Caroline !
Da héros d'Arqués et â'Ivry, Un rejeton crott pour la France.
Du bon, du grand, du brave Henri, Déjà le siècle recommence.
Quel nom s'attache à ce bienfiût?
Le nom que sans peine on devine, Le nom qui finit le couplet.
Le nom chéri de Caroline!
. Trop tôt la reine de ces lieux Va prendre une course nouvelle ; Les fêtes, les ris et les jeux Vont s'évanouir avec elle.
Quel nom redirons-nous longtemps?
Celui que sans peine on devine, Un nom adoré des Normands, Toujours le nom de Caroline!
Après ces couplets, Son Altesse Royale a quitté la salle au milieu des applaudissements prolongés de l'assemblée.
L'affiche du lundi 96 juillet 18S4 était ainsi conçue :
« Second et dernier spectacle brillant, honoré de la présence de S. A. R. Mn« la duchesse de Berry.
« On commencera sans retard à six heures et demie :
« Le Mariage secret, comédie ;
< Joconde, opéra.
« La princesse se rendra au spectacle à sept heures et demie. »
Le prix des places était le même que la première fois : 6fr.,4fr.,Sfr.â0eti fr. 2S.
3M TBÊATItE
DaDs Joconde, à ia 9«ile de la romaiife floissaDt par ces mots : (( amour poar amour, » AP^ Lemoole et Valbonté ont chanté les couplets que voici :
Heiureux 4e voire présence, Et vers voua tendanl les bras, Toal mt peuple ému s'élance Et se presse «ir vos pas.
11 ose, de Votre Altesse, Espérer tendre retour.
Daignez Texaucer» princesse, Et lui rendre amour pour amour.