‹ Histoire complète et méthodique des théatres de Rouen (volume 2)Chapitre 8 sur 23 · H€EUR · texte numérisé non relu

H€EUR

C'est Charles-dix, etc.

Qui donna la vie au grand homme

Dont les héroïques efforts

Ont immortalisé les bords

De TËbre ainsi que de la Drôme?

Qui, pour nous inspirer à tou?

Sft ftancfaise et sa eourtoîaie, f%n raultre parmi nous L'«8prit àê la eiievaltrie?

C'est CbarlMHllx, etc.

Qdi sanra, par des lois sitèrel, Ptndr le Uche et le méehafttt Qui da malheureux gémissant Viendra soulager les misôres?

ComptanI ses jours par ses bienfaits.

Qui rendra la France prospère Et sera de ebaque Français L'appui, le soutien et le pèrtT C'est Charles«dix, etc.

Qui peut croire avee assurance Que, pour retarder son trépas, De la Franoe tous les soldais Perdraient sans regret rexisteoce!

Quel est le roi qui peut compter Sur notre eoBur pour le comprendre, Sur notre voix pour le chanter Et sur nos bras pour le défendre?

C'est Charles-dix, etc.

La direction avait songé à donner, pour la célébfation de Ià fête du roi, au lieu de la Partie de chasse de Menti IV, un vaudeTilIe de circonstance intitulé les JDeUit Adjoints, mais elle reçQt un refus ainsi formulé :

fi A M. le directeur des théâtres de Bauen,

« Roaen, le 21 octobre fSi5.

a Monsieur, u J'ai l'hoBiieur de vous renvoyer le vaudeville ifitttalé les Déws Adj^nts, J'y ai remarié quelques inco»-

venances, et d'ailleurs sa médiocrité m'a fait craindre qu'elle ne servit de prétexte à des signes d'improbation qui feraient le plus mauvais effet dans la circonstance. Je crois donc devoir in'opposer à la représentation de cette pièce, tout en regrettant que le peu de temps qui reste jusqu'à l'époque de la fête ne permette pas de vous en procurer une autre.

< J'ai l'honneur, etc.

« Le préfet de la Seine^Inférieure,

(( Bon DE VANSSAï. »

Relâche par ordonnance municipale, le samedi 21 janvier 1826, anniverscUre de la mort de S. M, Louis XVI, roi de France et de Navarre^ et de 5. M, la reine Marie* Antoinette, vu la loi qui prescrivait un deuil général le 21 janvier, jour anniversaire de la Siort de S. M. Louis XVI, vu aussi l'ordonnance du roi du 23 septembre 182S, portant que l'anniversaire du 16 octobre 1793 serait désormais réuni à celui du 21 janvier.

Contraste étrange ! Il y avait, le lendemain dimanche, grand bal de nuit paré et masqué.

GENSUEE. — Voici le visa du répertoire pour 1825- 1826 : K Vu au ministère de l'intérieur, conformément à la décision de Son Excellence, à la charge : 1» de ne p^ jouer la Folle Journée, Mahotnet, Médiocre et rampanê^ Pierre-le^Cruel^ les Précepteurs (de Fabre d'Eglantine), le Boi de Cocagne, la Chaste Suzanne^ Fanchon la vielleuse et le Marquis de Carabas, dont la représentation est ajournée; 2» de ne donner V Alcade de Molorido^ AUila, les Châteaux en Espagne, Charlen et Caroline, les Machabées, Othello, Pierre de Portugal, Ré ffulus,

Sytia et le Comte d* Albert que d'après de» exemplaires semblables à ceux qui ont été yisés pour les théâtres de la capitale ; 3o de supprimer le rôle de Giraud du Mariage de Scarron. — Paris, le 20 mai 1825. — Signe, le Chef du bureau des théâtres. »

REPRÉSENTATIONS EXTRÂORDiVÂiREs. — C'est Lafout, artiste de TAcadémie royale de musique, qui a inaugiiré cette année les représentations extraordinaires'. Du 20 juin au !«>* juillet 182S, il s'est fait entendre dans trois soirées et a choisi les opéras suivants :

Œdipe à Colonne, La Vestale,

Anacréon chez Polycrate.

A la Saint-Pierre, le 29 juin 1825, le spectacle brillant, pour TanniTersaire de la fête du grand Corneille, a été ainsi composé :

lo Ouverture des Mystères d'Isis, exécutée à grand orchestre ;

2o Le Menteur, comédie;

3o Un septuor, de Beeihowen, exécuté par les artistes de Torchestre ;

ifi Première représentation de Racine chez Corneille ou la Lecture de Psyché, comédie en un acte et en vers, par Letonman ;

5o Cantate en l'honneur du grand Corneille et couronnement de son buste. Tons les artistes ont participé à cette cérémonie. La musique de cette cantate avait été composée par Eugène Walkiers, jeune artiste attaché au théâtre du Havre.

M»e Jenny Vert*Pré, du théâtre des Variétés^ est restée

tSO THEATRE

à Rotieii pendatrt la première moitié do mois de Juillet. Gn dix représentations, elle a jotré dans :

La Chercheuse d'esprit Sans Tambtmr ni Trom-

Scige et coquette. pelle.

Le Duel et le D^euner, La tille mal gardée,

La YieUle de ^dze ans. La Somnambule.

La Pie voleuse. Les Cancans.

Stanislas. Le Chaudronnier de Saint-

V Actrice en voyage. FUmr.

Ninette à la Cour. La Neige.

La Servante justifiée. V Accordée de village.

A la fin de V Actrice en voyage^ W^ Jenny Vert-Pré a substitué au couplet ordinairement adressé au public le suivant, qui a.été bissé :

Messieurs, charmer votre loisir Est une faveur sans pariiUe; J'arrivais avec ce désir Au beau pays du grand GorneiUe.

J'ai voulu vous plaire un moment Avant de quitter ce rivage, Et, si j'obtiens votre suffrage, Je pourrai me dire en partant :

Je n'ai pas perdu mon voyage.

Après Mii« Jenny Vert-Pré est venu Philippe, du Vaudeville. Pendant la fin de juillet et le commencement d'août, il a joué six fois. Voici les pièces qu'il a choisies :

Monsieur Sans*Gêne. Le Jour de Noce.

Nicolas Rémi, Gaspard V Avisé,

La Lefon de Motaniqut, Va^de-^Bon-Ccntr.

M» ARTS. m

Le Cksmf€Himê, Les Mmnê êoms Femnes,

Une ViêHe à Bediam. Le Murq^ maigre hU.

En septembre t&SS, la troupe des jennes élèves de Hnllin, déjà connue à Ronen, a donné six représentations avee le répertoire qne Toici :

Un JHver^êemmi villageois, exécuté par tout le corps du ballet.

Première représentation de la Nœe ckinoige, baHetpanlomime en deux actes, par Hullin, et exécuté par ses élèves. M"* Angélina, âgée de cinq ans, et M»* Mélanie Duval, âgée de six ans, y dansaient un pas de deux.

Cendrilton, ballet-pantomime en deux actes, de la 'composition de Bullin.

Un Divertissement de différents pas de caractère et d'une allanande à quatre.

Les Deux petites Sœurs, ballet-pantomime en deux actes.

Le Carnaval de Venise, ballet en deux actes.

Monsieur et madame Denis à la Guinguette, divertissement exécuté par W^ Mélanie Duval, Mi>« Angéfina et Hullin.

La Fortune ou le Prinee paysan, ballet-pantomime en deux actes.

Camille, pensionnaire du Théâtre-Français, et M"« Dupont, artiste de TOdécm, ont donné (fin octobre et com^ mencement de novembre I8SS) quatre représentations au Théàtre*des-Arts, composées des tragédies suivantes :

Hamlet. Andromaque.

Adélaïde Duguesclin, Tancrède,

Pendant le dernier tiers du mois de novembre^ Léon*

nt THtATKE

tine Fay «t sob père ont donné six représentations. Fay n'a paru qne dans ]e Vieux Garçon et la petite Fille et dans la Nouvelle Clary. Léontine Fay s'est montrée :

\o Dans les Trois Sultanes, le VieiMs Garçon et ht potite Fille, le Mariage enfantin, la Somnambule, la P«tite Saur, Frosine, AngéUne, la Nouvelle Clary et la FUle d'honneur, comédies ou vaudevilles ;

9o Dans Alexis, le Petii Chaperon rouge, les Dei^ petits Savoyards et Paul et Virginie, opéras^ dans lesquels elle a chanté les rôles de Alexis, Rose-d'Amour, Joset et Virginie.

En outre, dans Frosine^ Léontine Fay jouait cinq rôles différents, chantait le grand air des Prétendus et dansait le pas du Schall.

L'anniversaire de la naissance de Molière a été celé-» hrée au Théàtre-des-Arts la veille de ce jour, c'est-à-dire le 14 janvier 1936. On a donné :

io L'ouverture à' Ariane à grand orchestre;

âo Les Précieuses ridicules;

3o Une symphonie concertante, composée par Tulou, pour clarinette, flûte, cor et basson, exécutée par Bidal, £lchlep, Berty et Roussot, artistes de Torchestre;,

4o Tartufe;

5o Couronnement du buste de Molière par tpus les artistes du théâtre. (Cette fois ce n'était pas celui de Pierre Corneille, comme le jour de l'ouverture.)

La salle ^avait été illuminée d'une manière extraord^ naire.

Un artiste du théâtre de Madame, Bernard-Léon, est venu donner des représentations en janvier 1836. Il a joùê dans :

V Intérieur d'un Bureau, La Mansarde des Ar- Le Cçifèur ei le Perru- Hsies.

quier . Le Bureau de, Laêerie.

Le Baiser au Porteur. La Femsne du So/us^Pré-- Vatel. fet.

Encore un Pouroeaugnae. Partie et Revamhe,

Le Précepteur dans rem-' La Maison en Loterie. .

barras, Préville et Taconnet.

En tout Irait rej^résentations.

Le commencement de la semaine sainte a été, en 4836, remplie par quatre représentations de Talma et de Mme Petit-David, ex-pensionnaire du Théâtre-Français. Ces artistes ont joué Hamlet, Britannicns et Sylla.

Ils sont revenus en avril et ont donné Sylla, Œdipe, Charles VI et Athalie avec les chœurs. Dans cette dernière tragédie, les coryphées étaient BouUard, Alfred, Edouard, M»»» Lecouvreur et Boyer. Talma et M»« Petit étaient secondés, cette fois, par Delaistre, élève du Conservatoire. — Ces six nouvelles représentations ont dignement clôturé la campagne théâtrale.

Les représentations de Talma ont été tellement suivies que Ton a été forcé, conmie pour la Dame blanche, d'ouvrir les portes et les bureaux à quatre heures, le spectacle ne commençant qu'à six heures et demie.

BÉHÉncB Dss HÔnTAux. — La première représenlalioa au bénéfice des hôpitaux, celle du mercredi 7 décembre 1825, a été composée de :

io Le Tableau parlant, opéra;

d» Monsieur de Crac, comédte;

3o Bobin des Bois, opéra.

iU THtATBB

Produit :4,eMfr. 25 c.

La seconde représentation a été donnée le Jeodi 39 février 4816. Boiéldien était alors à Ronen, parce que Ton y montait la Damé btaneke. On mit sa j^résenee à profit. D'abord on annonça Béniowski, exécuté en présenee de Tautenr, mais nne indisposition de W^ Langle lEipça de se rabattre snr ee spectacle :

lo Le Ckarlatankn^, vaudeville;

S» L'ouverture à grand orebestre du CoUfé 4e Bag4ad, exécutée en présence de Fauteur ;

So La Suite d'un Bal masqué, comédie;

49 Le Maçon, opéra.

On a consigné au journal, comme un fait miraculeux, qu'il était près de onze heures lorsque la représentation s'est terminée.

Produit : 3,336 fr. 05 c.

BÉNÉFICES. — A la fin de juillet 4825, la ville de Salins (Jura) a été détruite presque complètement par un incendie qui ne respecta qu'une seule me. Plus de cinq mille habitants se sont trouvés sans asile et sans ressources. Plus de huit cents maisons ont été brûlées; et on évalua la perte à près de dix millions. Partout en France, et à Rouen en particulier, des souscriptions ont été spontanément ouvertes. Le 24 août suivant, le directeur ém théàlrea a^ de son côté,. ocga«iaé we représtntalîonau bédéfieedas ineeadiéB deSabas, aiasi comyoeée :

4o Ouverture de Délia et F^rdîtefi à grand ordbesti»;

2» Tartufe;

50 L'air: Du malheur aufutte vMimet mamifae de Sacchini, chanté par Valbonta;

DSS ART8. m

49 iodaUha ou les Tartares, opéra en troia actes, omé de iQUt soa spectacle et lerminé par riocendie et l'écroulemeat do cbâteau de Boleslas.

Ce deraier tableau et Tair choisi par Valbonte étaient de circonstance.

Mwel a remis, le lendemain, à la souscription ouverte chez U^ Lequesne, notaire, la somme de 3,â8S fr., produit net de la soirée.

Une autre infortune, causée aussi par un incendie, a reçu un secours profitable du directeur Morel. Pendant qu'une sousmptien était ouverte à Rouen, chez M. Frey, limonadier, au café de la Cr^se, au profit des frères Fraaeoni, victimes de Tinc^adie du Cirque-Olympique, OB a donné au ThéAtre^des^Arts, le 31 mars 1886, une représontatiogi k leur bénéfice, composée de ;

lo L'ouverture de Délia fi Yerdikan;

»> Tartufe;

3» Le Maçon, opéra.

BÉPEATOiBE. -- Il a été très- varié et enrichi de nouveaux ouvrages destinés à un succès durable.

TnàGÉnui. — Après avoir parlé des représentalÎQfts de Camille et de MUç Dupont, de Talma et de Hn» Petif^ David, il ne nous reste qu'à donner la liste des nou* veairtés :

Aèain Blanchard^ tragédie en einq actes et m vera^ par Dupias fils, jeune hoimne da Rouen» La prenûèrt rf^pfésentatio» a eu lieu A Rouen le 37 s^tembre, I89i(, et le lendemain on donnait cette tragédie au tbéètre de rodéon A Paris* L'antour a tenu à ce que le premi» hommage de s<A ceuvre fût fait A ses concitoyens. Pupias a

été demandé et a paru sur la scène après la chute du rideau. A TOdéoû^ la tragédie de Dupias a été mal accueillie, ce qui Ta déterminé, après la deuxième représentation à Rouen, à annoncer qu'il allait la réduire en trois actes, et que ce serait encore à ses concitoyens qu'il offrirait d'abord le résultat de son nouveau travail. En effet, le iO février suivant, le jeune écrivain publiait dans le Journal de JRouen la lettre que Ton va lire :

« Au rédacteur.

» On m'a laissé entrevoir qu'en réduisant ma pièce à trois actes, je pourrais justifier la bienveillance de mes concitoyens. Je Tai fait. Pour tout autre sujet, j'y aurais renoncé, mais j'ai dû redoubler d'efforts pour rendre hommage à la mémoire d'un héros qui nous honore.

« Ne recevant aucun billet de faveur, je me livre au

jugement impartial du public.

« Je vous prie, etc.

« Dupus,

« Aatenr de U tragédie à'jitain Blanchard. »

Le jour où paraissait cette lettre si modeste, l'affiche du tkéfttre annonçait la première représentation à* Alain Blanchard, tragédie remise eh trois actes, avec un nouveau dénoûment.

Charles VI, tragédie en cinq actes de Delaville de Mirmont. A hi première représentation à Rouen, en 1896, lès rôles de Charles VI, de Henri V et dlsabelle ont été créés par Talma, Delaistre et M«w» Petit-David, tous trois en représentation.

'SyUa, tragédie en cinq actes et en vers, par E. Jouy. A la première représentation à Rouen, en 1826, talma à

DES ARTS. f&l

créé le rôle de Ck)rnélias Sylla, et M»» Petit-David celui de Valérie. Messieurs et dames artistes de Topera et de la comédie paraissaient dans la pièce, ainsi que messieurs et dames des chœurs.

DBAME. — Une seule nouveauté :

Lord Davenant, drame en quatre actes et en prose, par Vial et Justin Gensoul. Première représentation en décembre 1835.

On a maintenu au répertoire :

Le Déserteur, Misanthropie et Repentir,

Eugénie. VOncle mort et vivant,

VHonnête Criminel,

COMÉDIE, VAUDEVILLE, ETC. — Vingt-huit nouvcautés :

V Accordée de Village, vaudeville en un acte, par Melesville, Garmouche et Jousiin de la Salle. A la première représentation, en juillet 1825, W^^ Jenny Vert- Pré a créé le rôle de Toinon.

Le Bénéficiaire^ comédie en cinq petits actes et en un vaudeville, par Théaulon et Etienne. Première représentation en août 1835.

Le Champenois ou les Mystifications, vaudeville en un acte, par Francis, Armand et Achille Dartois. Les rôles de Gobino, la mère Goco, Fin-Gourant et Galoubet ont été, à la première représentation, en juillet 1825, créés par Philippe.

Gette Muette offrait de jolis couplets. En voici un :

J' vois qu'on peut faire une bévue En refusant un Ghampenois.

D' tout préjugé je suis revenue»

3S8 THtATRE

Et je prendrais même un Beaunois.

Qu'il soit de la Seine ou d' la Somme, Gascon, Limousin ou Normand, N' faut pas, quand il s'agit d'un homme, L' juger sur son département.

Le Charlatanisme, vaadeviile en un acte, par Scribe et Mazères. A la première représentation, en janvier 1830, on a fait bisser ce couplet :

Traînant les amours sur ses pas, Riche d'attraits et de jeunesse, Cette mère tient dans ses bras Son jeune fils qu'elle caresse, Et regardant sur un sopha Son ^ieil époux à rhumatisme, Elle dit : € Vois cet enfant-là.

Comme il ressemble à son papa ! »

Encore du charlatanisme !

Le Confident, vaudeville en un acte, par Scribe et Melesville. Première représentation en avril 1826.

La Femme juge et partie, comédie en trois actes et en vers de Montfleury, refaite par Onésime Leroy, et telle qu'on la jouait alors au Théâtre-Français de Paris. Première représentation le 17 juin 1825.

Fenêtres à louer ou les Deux Propriétaires. Voir le chapitre de la politique, page 240.

Froniin mari garçon y vaudeville en un acte, par Scribe et Melesville. Première représentation en octobre 1825.

Le Jour de Noce, vaudeville en un acte, par Duvert et

Nicole. A ia première représentation, en août i^SH, Philippe, da Vaudeville, y a créé le rôle de Dorville.

Le Mariage enfantin, vaudeville en un acte, par Scribe et G. Delavigne. A la première représentation, en novembre 1825, Léontine Fay a créé le rôle de Céline deMireval.

Les Maris sans Femmes ou une Heure de paternité, vaudeville en un acte, par Désaugiers et Gentil. A la première représentation, en août 1825, Philippe, du Vaudeville, y a créé le rôle de M. Bernard.

Le Marquis malgré lui, vaudeville en un acte, par Dartois, Théaulon et Mii« Huet. A la première représentation, en août i82S, Philippe, du Vaudeville, y a créé le rôle de Champagne.

Modestie et Suffisance, comédie en trois actes et en vers, par Baume Tiste, premier comique du théâtre. Première représentation le 27 décembre 1825 (1). La pièce a réussi, et Tiste a été demandé à la chute du rideau. Succès très-mérité, car plusieurs scènes de cette pièce sont traitées avec beaucoup d'art, et le style y prend souvent une verve qui se rapproche du ton de la satire, par exemple dans ces vers, que Tiste a mis dans la bouche d'un intrigant :

Ah! voilà les grands mots : rhonnearl la probité! L'on pense déguiser par là sa nullité.

Ecoutez Dorneval : on a sifflé sa pièce,

(1) In-8*, 86 pages. Paris, chez tous les marchands de nouveautés, 4896. — Rouen, imp. d^Emile Périaux fils aîné, rue Percière, n» «6. — Prix : \ fr. SO c.

Parce qu'il a montré trop de délicatesse; Cependant de chacun il mendia Tappui , VA tous les claquetins furent payés par lui. Tel acteur n'est tombé que par une cabale; Il eût pu Tencbainer, éviter le scandale, Mais la subtilité répugnait à son ccaur. Et pourtant il reçut cent billets de faveur. Dorsay, pour parvenir, se croit Pâme trop fière : Sans cesse il court de Tun à l'autre ministère. Chloé n*a point d'amant par excès de rigueur : Chacun de ses regarda promet une faveur. C'est ainsi qu'aujourd'hui nous voyons la faiblesse Se couvrir du manteau de la délicatesse.

Ailleurs ce sont des traits satiriques lancés par un autre personnage contre quelques auteurs du temps, vrais corsaires de la littérature :

En adroits arrangeurs, oui, ce siècle est fécond ; On ne peut vous blâmer de suivre leur méthode. Bien de plus agréable et rien de plus commode. 11 faut peu de talent pour briller aujourd'hui. On sait se faire un nom avec l'esprit d'autrui ; On s'enrichit, enfin, remuant la poussière De l'auteur qui jadis mourut dans la misère.

L'effronterie en tout vaut mieux que le talent. Et cette effronterie est cent fois plus commune Depuis qu'en écrivant on vise à la fbrtune. Or, comme un nom suffit pour fasciner les yeux, Pour s^en faire un chacun s'escrime de son mieux.

Par exemple, l'auteur qui brigue des suffrages Doit avoir d^ amis qui prônent ses ouvrages ; Bien entendu pourtant que, dans l'occasion,

DES ARTS. Î6t

Sa plume exaltera sa réputation.

Enfin, pour obtenir la palme littéraire, Il doit être à U fois charlatan et compère.

La Neige ou VÉginard de campctgne, vaudeville en un acte, par Melesville et Gannouche. Première représentation en juillet 1825. Mii« Jenny Vert-Pré, en passage à Rouen, y a créé le rôle principal.

Nicolas Rémi ou le Fermier de la Bresse, vaudeville en deux actes, par Sewrin. A la première représentation, en juillet 1825, Philippe, artiste du Vaudeville, y a créé le rôle de Nicolas Rémi.

Ninetie à la Cour ou la Petite Fille d'honneur, vaudeville en deux actes, par Brazier, Carmouche et Jouslin de la Salle. A la première représentation, en juillet 1825, M"e Jenny Vert-Pré y a créé le rôle de Ninetie.

La Nouvelle Clary ou Louise et Georgette, vaudeville en un acte, par Scribe et Dupin. A la première représentation, en novembre 1825, Léontine Fay a créé le rôle de Georgette.

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