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LÀ RÉVOLUTION DE SEPTEMBRE

Novembre 1839 — > Octobre 1840.

De rioflaence d'Espartero dans raraiée^ au palais et sur toute la nation. — Communiqué de Linage, manifeste du Mas de las Matas.— Elections. — Triomphe des modérés. — Ouverture de la session (18 février). — ModiQcations ministérielles dans un sens tout*à fait favorable au parti modéré. — Loi sur la dotation du clergé. ~- Loi sur les municipalités. — • Voyage de Christine et de sa fille dans les provinces du Levant. — Espartero présente sa démission. — Scènes des 18 et 21 juillet 1840 à Barcelone. — Ministère Armero. — Programme de Gonzalez. — Passage de la régente de Barcelone à Valence. — Le 1*' septembre à Madrid. — Création d'une junte provisoire de gouvernement. — Ordre donné à Espartero de marcher sur la capitale.— Manifeste dans lequel il refuse d'obtempérer à cet ordre. — Malgré ce refus, Christine lui donne la présidence du conseil; la junte de Madrid envoie auprès de lui Cortina en mission. — Arrivée d'Espartero à Madrid ; il y forme son ministère et celui-ci, une fois institué, part avec lui pour Valence. — Christine aime mieux abdiquer que servir d'instrument aux progressistes ; elle dissout les Certes et, après avoir signé un acte de renonciation, s'embarque pour la France.

Il était impossible de nier que les derniers efforts qui avaient amené la transaction de Yergara n'eussent été conduits avec tact et intelligence par Espartero ; il avait, par le mélange de clémence et de sévérité que nous avons plus d'une fois signalé, par son assiduité à mener de front les événements militaires et les négociations diplomatiques, atteint le but suprême de la pacification générale du pays par un moyen plus efficace que la victoire sur un champ de bataille.

Dès le premier moment^ le pays ne s*y trompa point ;

2li^ LIYRB ir. — RÉGBNCB DE CHRI6T1NB.

quel que fût le prestige qui s'attachât encore au nom de Cabrera et du comte d'Espagne, il comprit que ces deux personnages n'auraient point assez de consistance pour rendre au carlisme la prépondérance qu'il avait un instant obtenue, et nous avons vu que les faits n\ivaient pas tardé à donner raison aux prévisions générales.

Aussi, la terreur qui avait pendant tant d'années agité les esprits au seul nom des chefs carlistes se transformat-elle tout à coup dans la Péninsule en un élan irrésistible de conOance envers le soldat-citoyen qui avait ramené la paix et la tranquillité. Espartero, qu'il le voulût, qu'il ne le voulût pas, se trouva réellement l'arbitre des destinées de l'Espagne; l'armée, la population, ne connaissaient que lui. Elles prononçaient son nom si sonore en y ajoutant les épithètes les plus glorieuses et les plus éclatantes : les partis politiques cherchaient à l'entourer de tous côtés et employaient toutes sortes de ruses pour le compromettre dans leurs intérêts spéciaux ; la reine Christine affectait à son égard de n'accomplir aucun acte politique de quelque importance sans le consulter : elle avait appelé auprès d'elle la duchesse de la Victoire, à qui elle avait donné l'emploi le plus élevé dans le palais, celui qui la rapprochait le plus de sa personne, et par les honneurs publics qu'elle lui rendait, cherchait à témoigner que la couronne participait à tout l'enthousiasme qui régnait dans le cœur de la nation.

Quel que fût le désir du ministre Arrazola de limiter une puissance qu'il voyait croître indépendamment du parti auquel il appartenait, il n'eût pas été en son pouvoir de confier à im autre général le soin de réduire le Maeztrazgo et la Catalogne ; après la convention de Yer-

gara, il fallut, au contraire, accroître l'autorité militaire d'Espartero ; l'armée du Centre fut d'abord mise sous ses ordres et bientôt après celle qui combattait sous Jes ordres

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