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CHAPITRE l

RÉFORMES ADMINISTRATIVES. t9 septembre 1833. ~ 15 janvier 1884.

Cooeervation du miuietère Zee Bermudez. — Manifeste du 4 octobre. «« Le conseil de régence. — L'amnistie est étendue à tous les proacriU. — Désarmement des volontaires. — Mouvement dans les provinces en fayenr de don Carlos. — Décret de ce prince à San-> tarem. — Sa proclamation de Gaslello Branco.— Xavier de Burgos, ministre da fomento. — Ses diverses réformes. — Manifestes des généraux Quesada et LIauder. — La régente se décide à donner satisfaction an parti libéral. -> Elle retire à Zea Bermudez la direction dem affaires. — Rôle joué par cet bomme d'Etat; son earaotère*

Marie Gfaristine, née à Naples le 27 avril 1806, était âgée de vingt-sept ana et cinq mois, au moment où, par la mort de Ferdinand Yll, elle se trouva appelée à prendre en main les rênes de la monarchie espagnole : belle, intelligente, ayant du goût pour Télude, devenue en un instant dispen-*

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satrice suprême de toutes les faveurs dans un pays où les hautes positions dépendaient exclusivement de la volonté royale, instruite déjà par Texpérience pendant les quatre années d'épreuves qu'elle venait de passer à Madrid, au milieu d'une cour corrompue et divisée, elle s'éveillait d'un jour à Tautré maîtresse exclusive de sa propre destinée et, en même temps, responsable de l'avenir d'un grand pays.

Depuis les événements de Ic^Granja, elle préparait en silence les moyens d'assurer la transmission de la couronne sur la tète de sa fillo ; un grand d'Ëspigne, le marquis de MiraQorès, qui avait montré un dévouement spécial à sa personne dans les moments les plus critiques de la lutte avec don Carlos, lui avait même préparé à l'avance un plan complet de la conduite qu'elle aurait à tenir au moment de la mort de Ferdinand VU ^ Aussi ne se trou va-t- elle pas prise au dépourvu, el^ dt;9 que lei médecins eurent déclaré que le roi avait rendu le dernier soupir, elle manifesta au premier ministre sa volonté de le maintenir avec tous ses collègues à la' tête des affaires.

Zea Bermudez, sans perdre un moment, réunit alors autour de lui les principaux fonctionnaires de la capitale^ il leur demanda de s'unir franchement et loyalement à ki pour assurer la succession à la jeune princeme Isabelle ; il reçut leur assurance formelle de coopérer effloacement à assurer l'autorité de la régente, et leur fit même signer une manifestation écrite de laura sentiments ; puis, une fois maître de ce document, il transmit aux provinces la grande nouvelle que tous savaient devoir être le signal de la guerre eivilei

Orâoe k eee résolutions prises avee une sage détermina-»

i Voir l'ouvrage du maïquii de Miraflorès, intitulé Mm^ria* para éêcHàir la hittoria contemporanea de lo9 tieie primerot anos del mnado d$ IhM 11^ i* I, doeiimeiito at s.

UoD, il n'y eut, dès Torigine, aucun arrêt dans la marche

générale de radministration et de la juBtiee ; la constitution

du nouveau gouvernement et la mort de Ferdinand furent

partout simultanément connues. On put accomplir, lana

désordre, toutes les cérémonies offlciellas dont Tétiquette

castillane entourait les funérailles d'un monarque.

Nous avons déjà esquissé à la On de notre précédent yo« lume le système général de politique de Zea Bennudez ; U n'y avait pas à attendre de lui la moindre modilication aux idées qu'on lui connaissait ; travailleur infatigable» esprit dogmatique et inflexible, il ne pouvait que persévérer dans le plan de despotisme éclairé qu'il «vait mis en pratique depuis un an ; son maintien au pouvoir devait donc avoir pOur résultat de rallier autour de Christine tous les conservatanrs monarchiques, qu'un intérêt spécial n'avait pas encore entraînés vers don Carlos ; mais, en revanche, il pouvait éloi* gner d'elle tous les libéraux, qui considéraient la mort de Ferdinand YII comme l'aurore certaine d'une nouvelle èr0 de liberté et de progrès.

Zea Bermudez ne crut pas devoir laisser longtemps la na« tion en suspens sur la manière dont il comprenait la mis* sion qu'il avait à remplir dans ces difficiles circonstances ; dès le 4 octobre 1833, c'est-à-dire le jour même où les cen-« dres de Ferdinand étaient conduites au Panthéon de l'Es» curial, il publiait dans la Gazette officielle un manifeste so^ lennel dans lequel la reine gouvernante (reina gobernadora) dévoilait au peuple espagnol ses principes de gouverne^ ment.

Voici quels étaient les principaux passages de ce docu* ment :

a La religion et la monarchie, premiers éléments de vie pour l'Espagne, seront respectées, protégées, maintenues par moi dans toute leur force et toute leur pureté.. . »

80 LlVil I. ^ EÉGIRCB DB GHIISTIKB.

« La religion immaculée que nous professons, sa doctrine, ses temples, ses ministres, tels seront les premiers soins de mon gouvernement ; ceux qu'il se plaira toujours à avoir en Tue...»

« Je maintiendrai religieusement la forme et les lois fon^ damentales de la monarchie^ sans admettre des innovations périlleuses, dont TappUcation se présente à l'oiigine sous des couleurs flatteuses, mais dont Texpérience n'a que trop démontré le danger. La meilleure forme de gouvernement pour un pays, c'est celle dont il a l'habitude... »

« Je remettrai le sceptre des Espagnes aux mains de la reine, intact et sans diminuer en rien son prestige, tel que la loi le lui a donné. »

« Mais cela ne m'obligera pas à laisser sans culture cette possession précieuse qui doit lui revenir. Je connais tous les maux qu'a causés au peuple la série non interrompue de nos calamités et tous nos efforts auront pour but de les soulager. Les réformes administratives, les seules qui produiront immédiatement la prospérité et le bonheur, les seules qui assureront au peuple un bien-^tre vraiment positif, tel sera Fobjet constant de mes préoccupations. »

Ce langage était de nature à mécontenter à la fois et les absolutistes et les libéraux ; aux premiers on annonçait des réformes dont ils ne voulaient pas entendre parler ; on déclarait ne rien vouloir accorder aux seconds de ce qu'ils réclamaient avec le plus d'insistance. En prétendant placer la royauté au-dessus de tous les partis, Zea Beamudez s'isolait complètement et s'exposait à ne rencontrer aucun appui le jour où il aurait à solliciter le concours de la nation.

Si encore le ministre dirigeant, avant de lancer ce malheureux manifeste, se fût assuré des dispositions de tous les membres du conseil de régence nommé par le testament de Ferdinand YII, il eût pu,Evec raison, réclamer d'eux une

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coopération efficace au programme qu'il y avait développé ; bien an contraire, il voulut, par une extrême précipitation, déteroùner dès Torigine les tendances du nouveau gouvernement ; la publication du manifeste la veille . même du jour où le conseil de régence devait se réunir pour la pr^ mière fois ne servit qu'à semer des germes de mécontentement entre les personnages qui en faisaient partie et les ministres confirmés par la régente.

Des huit membres choisis par Ferdinand pour composer le conseil de régence, cinq pouvaient entrer immédiatement en fonctions, c'étaient le duc de Médina Gœli, le marquis de Santa Cruz, Gastaûos, le marquis de las Amarillas et don José Maria Puig; le cardinal Marco, depuis de longues années, résidait à Rome, et comme le suppléant appelé à le remplacer en cas de décès était mort lui-même peu auparavant, la régente désigna pour le remplacer don Pedro Font, ancien archevêque de Mexico. A la place de Francisco Xavier Caro, trop malade pour assister à des délibérations quotidiennes, on appela le suppléant désigné par le monarque, don Nicolas Garelly ; et pour ne pas réunir sur une même tête les fonctions de secrétaire du conseil et de ministre, il fut décidé que le comte O'falia abandonnerait son portefeuille du fomento. Ainsi composé, le conseil se trouva réunir une majorité dont les idées étaient tout à fait contraires à celles du président du conseil ; Garelly et le marquis de las Amarillus, qui avaient joué un rôle important pendant la période de i8â0-i8â3, étaient favorables à une prochaine réunion des Gortès, el ils entraînaient dans leur opinion Puig, Gastaflos et l'archevêque de Mexico» La mésintelligence apparût immédiatement, et Zea Bermudez, déjà gêné dans ses tendances trop absolutistes par l'opposition que lui faisaient au palais l'infante Charlotte, le marquis de Hiraflorès et le général Quesada, se vit encore

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