‹ Histoire contemporaine de l'EspagneChapitre 113 sur 152 · CHAPITRE IL -- us CORTkS PR0GRBMI8TBS BB 1841-1842. M · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL -- us CORTkS PR0GRBMI8TBS BB 1841-1842. M

majorité de la reine, d'amnistie. A force d'en parler^ ils arrivaient à se mettre d'accord sur ces deux bases et jetaient les fondemcnls d'une coalition monstrueuse.

En même temps, toutes les fractions du congrès* autres que celle des ayacucbos proprement dits, s'étaient groupées pour constituer une situation politique différente de celle du ministère Rodil, qu'on accusait de vouloir proroger la minorité de la reine et les pouvoirs du régent. Olozaga, qui avait refusé de se charger de la présidence du conseil après la chute de Gonzalez, avait été désigné par elles comme étant le mieux en état de prendre en mnin les rênes de l'Etat ; il avait promis d'accepter, si de nouvelles offres lui étaient faites, sans pourtant prendre de compromis au sujet de l'amnistie ; car il la redoutait plus que personne, comme représentant plus spécial du groupe qui voulait réserver la direction des affaires sous la jeune reine au parti pro* gressiste à l'exclusion absolue des modérés* On comprend quelle force donnait à l'opposition la désignation faite à l'avance du ministre vraiment agréé par la majorité des députés : aussi le ministère ilodil n'avait-il aucune hâte de réunir à nouveau les Gortès; il tarda autant que le lui permettaient les prescriptions des articles constitutionnels; pressé à la fin par la loi, il se résigna à les convoquer à nouveau pour le 14 novembre.

Tous les hommes politiques d'Espagne attendaient cette ouverture avec impatience. Dès les premiers jours, la majorité voulut manifester la volonté à laquelle elle s'était arrêtée : 86 voix,8ur 125 votants, nommèrent, comme président du congrès, don Salustiono de Olozaga, afin de bien désigner au régent l'homme d'Etat qui avait leur confiance. Ce fut peine perdue. Espartero affecta de ne pas comprendre la sommation qui lui était adressée; il manifesta du dépit de ce qu'une commission envoyée pour féliciter la reine avait,

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par la boucha de CortiQa, exprimé les deux vœux qaa la reine prit le pouvoir à l'époque fixée par la coDstitiiiion, et que cette- époque fût pour tous les Espagnols un jour de ré* oonciliation ; il se plaignit vivement de ce qa*à propos de nouveaux événements survenus à Barcelone, le congrès lui recommandait de se renfermer dans le cercle légal ; et, sous le prétexte que la gravité des faits qui se passaient au de* hors exigeait sa présence et oelln du président du conseil en Catalogne, il signa un décret de suspension des séances (23 novembre). Ce décret était motivé sur Timpossibilité où étaient les Gorlès de continuer leurs t&ches législatives pendant que la tranquillité publique était troublée dans lo nord-est de la Péninsule.

Il était évident que, dans les conseils du régent, le principe de la dissolution avait enfin triomphé. Espartero ne voulait pas se soumettre à la volonté des députés qui Ta* vaient nommé régent ; il pensait qu*il aurait avantage h consulter à nouveau le corps électoral ; il avait pu constater qu*il aurait eu intérêt è le consulter immédiatement après les événements d'octobre 1841 et sa rentrée triomphale à Madrid. Peut-être des conditions aussi favorables alloient* elles de nouveau se présenter pour lui, s'il sortait vainqueur de la lutte où il allait s'engager contre les Catalans.

Rendu dans cet esprit, le décret de suspension se transforma en un décret de dissolution (3 janvier 1M3) dès qu*Ëspartero fut de retour dans la capitale; mais oombien, au bout d'une année, les circonstances étaient changées ! Le triomphe sur rinsurrection catalane, que nous raconterons plus tard, ne s'était obtenu cette fois qu*au prix du bombardément de la grande cité de Barcelone ; et ce terrible événement, grossi par les deux presses modérée et républi* «une, avait fait jeter à toute la nation un cri de douleur en Saveur de«i Catalans, un cri d'indignation contre le régent

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et son impitoyable lieulenant van Halen. Des voix autoriséesy celles du général Serrano et du colonel Prim, dans les six dernières séances des Gorlès, avaient attribué exclusivement à l'attitude du capitaine général toute Tirritation de la cité catalane ] de là une disposition dans Topinion publique à ne savoir aucun gré au régent d'avoir triomphé d'une lutte qu'il aurait fallu avant tout éviter.

Quand Espartero fit son entrée h Madrid, le i^^ Jan* vier 1843, la milice nationale elle-même, toi^ours si enthousiaste de son héros, Taccueillit dans un sombre silence.

Et cependant elle ne connaissait pas le décret de dissolution promulgué seulement le 3, que les principaux cbcrs du parti progressiste, ceux qui lui inspiraient le plus de confiance, allaient lui représenter comme la plus désastreuse mesure qui eût encore été prise depuis la révolution de septembre,

Si telle était l'attitude de la milice madrilène, qu*on juge des dispositions des populations, chez lesquelles dominait soit l'exaltation des principes monarchiques qu' Espartero avait foulés aux pieds en prenant la place de Tex- régente, soit ridée républicaine contre laquelle il s'était si violemment prononcé en Catalogne.

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