LIVRE IV. — TRÂICSPOBMATION DB LA SOCIÉTÉ
Le premier qui s'offre à nous, c'est don Xavier de Burgos, le journaliste créateur en 4820 des Miscellaaea, auteur en 4826 de la représentation à Ferdinand VU qui suscita les applaudissements unanimes de toute la nation. Xavier de Burgos (4778-1848), travailleur infatigable, esprit délié, administrateur plein d'initiative, qui aurait à une autre époque rendu les plus éminents services à son pays, n*a dépassé dans ses œuvres littéraire» qa* un très-bas niveau. Traducteur d'Horace, très amoureux dos formes classiques, il vit avec désespoir naître le mouvement romantique et chercha à lui opposer une digue ; mais quelques comédies composées par lui dans le goût de Moratin, privées de vie, d'effets scéniques, n'étaient pas de nature à changer le cours de Topinion. Gomme poëte lyrique, Burgos n'a guère plus d'inspiration que nos chantres du premier Empire» Fontanes et Delille ; enfin, son histoire de la minorité d'Isabelle If, si elle prouve un travail soutenu et persévérant, démontre en même temps tout ce que la passion de parti poussée à la dernière limite peut faire d'un esprit cultivé, fin, délicat. Ces annales contemporaines, écrites par un auteur qui y avait joué un rôle important, bourrées de faits insipides, ne sont qu'un long et indigeste plaidoyer en fa* veur des modérés. L'irritation d'une ambition froissée y remplace en toute occasion l'esprit philosophique; ce ne sont vraiment que des articles de journaux réunis bout à bout sous forme de récit historique.
A côté de Burgos vient naturellement se placer don Francisco Martinez de la Rosa (1780-1862), son collègue et rival de 1834, l'auteur del'Estatuto Real. Ici encore nous avons devant nous une nature élégante, corrompue par la recherche exclusive de la forme^ très-peu préoccupée du fond, s'agitant dans les règles du classicisme, et redoutant pour elle-même l'anarchie intellectuelle parce qu'elle se sent