CHAPITRE II. — MOCYBMBNT LlTTÉRAItB
impuissante à se créer un but et uae direction propres. Tel nous lavons trouvé en politique, tel nous le revoyons en littérature; ses œuvrer sont nombreuses, soigneusement étudiées, finement écrites, mais sans élan, sans chaleur, sans portée. Hien chez elles qui soit de nature à retremper les esprits, à réchauffer les cœurs.
Une tragédie dont le titre seul suffit à montrer le peu de nouveauté, Œdipe; une comédie très-ingénieuse et dirigée contre l'abus des plaisirs du monde, la Fille à la maison et la Mère au bal ; un drame assez bien charpenté, la Con^ juration de Venise, telles sont les œuvres dramatiques de cet écrivain qui méritent d'être lues.
Son irrésolution, son absence réelle de principes, ses condescendances pour le doctrinarisme français qu'il son«. geait h introduire en Espagne sans se préoccuper de savoir sMl convenait aux traditions, aux habitudes, au tempérament de In nation espagnole, se font bien tristement sentir dans ses autres ouvrages en prose. Que vous ouvriez son roman Isabelle de Solis, ou son traité de morale le Livre des Enfants, ou son essai historique sur la vie de Femand Ferez del Pulgar, vous avez peine à comprendre comment Fauteur d'écrits où la pensée a si peu d'étendue et de profondeur a pu jouer dans son pays le râle d'un grand chef de parti ; vous vous demandez comment il a été invoqué en maintes occasions comme un homme d^Etat profond, destiné à imprimer une direction politique. A combien de déceptions ne s'exposent pas les peuples qui se contentent de juger les orateurs par la forme qu'ils donnent à leurs discours ! Se laisser séduire par le charme de la diction est doux et agréable, mais dangereux ; juger et raisonner par soi-même est plus laborieux et plus sur.
Martinez de la Rosa dut une grande partie de ses succès il rimpression qu'il produisait à la tribune sur son audi-