CHAPITRE TH. -— KBNDIZABAL
ment de la dette publique. Celui-ci était parvenu à couver* tir tous les. litres extérieurs. L'opération était beaucoup pius difficile et plus compliquée pour les titres intérieurs; il fallait pourtant rentreprendre, si jamais l'on voulait arriver à constituer le crédit public.
Un décret du 16 février 1836 ordonna donc qu'il serait procédé immédiatement à une liquidation générale de tous les crédits qui à litre légitime seraient à la charge de la nation; la date du 31 décembre 1836 était péremptoirement flxée pour la présentation de tous les documents : devait être tenue pour non avenue postérieurement toute dette dont les titres n'auraient pas été produits dans ce délai.
Un décret du 48 février arrêta la consolidation succès « sive en six années des trois espèces de dettes connues sous le nom de Yales non consolidés, dette courante à 5 pour 100 papier, et dette sans intérêt, qui auraient été déjà recon-^ nues et liquidées à cette date; on laissait aux Cortès futures le soin de fixer comment serait amortie la partie de la dette qui restait encore à reconnaître et à liquider (voir note 1). De semblables mesures dans un état normal n'auraient produit sur les cours qu'un effet salutaire; mais à cette époque, comme les créanciers redoutaient >ivement l'impossibilité pour le Trésor de faire face à ses obligations et de payer les coupons, loin d'être accueillies avec sympathie, ellosproduisirent de très- vives alarmes. Le 5 pour i 00 était descendu à 44 ; on objectait qu'à la suite de cette consolidation la somme annuelle des intérêts à payer serait ac crue dans des proportions considérables ; et en effet Texpérience prouva qu'il s'agissait d'une création nouvelle pendant six ans de plus de iO millions de rente par an, venant B'ajouter à un déGcit annuel de 200 millions.
Par les conditions du vote de confiance, Mendizabal s'était interdit tout emprunt nouveau, toute aliénation des
S70 LIVRI I. — tGKNCB PS GBtlSTlNE.
biens de TÉtal. On croyait ainsi lui avoir lié les mains ( mais il retrouva dans les coffres du Trésor une foule de titres qui n'avaient pas été négociés, bien qu'ils fussent légale* ment émis, entre autres un grand nombre de litres provenant de l'emprunt traité en 18i3 par les Cortès de Cadix avec le concours des banquiers anglais Campbell et Lubock, et d'autres provenant du dernier emprunt de 1834 restés disponibles par le refus des détenteurs des anciens litres de se prêter à la conversion. Ce sont ces valeurs qui permirent au ministre de faire face aux énormes dépenses qui pesaient sur loi ; et avec les conditions qui lui étaient im« posées, (ilors que les contributions étaient si difficileâ h recouvrer, il est remarquable qu'il ait pu faire face au payement du semestre échu le 1*' mai 1836.
Il est vrai que beaucoup de services élaieut arrêtés, que des arriérés considérables étaient dusaux troupes, que cellc;»ci mal entretenues étaient presque partout obligées de vivre sur le pays lui-môme et que les classes passives, et môme beaucoup d'activés, ne recevaient pas les sommes qui leur revenaient ; ce qui jetait dans toutes les relations sociales une inquiétude et un malaise, présage de nouvelles calami* tés; mais ces maux étaient inséparables de la guerre civile.
C'était rôver TimposBible que de songer en de pareilles circonstances à restaurer le crédit : il fallait avant tout vaincre don (Carlos; les alternatives qui se succédaient en Navarre, dans les provinces basques, en Catalogne et dans le Maestrasgo avaient plus d'influence sur le cours des fonds publics que les décir^ions delà Chambre et les modifications ministériollos.
Dans les provinces basques et en Navarre la guerre avait pris depuis le mois de septembre 4836 une tournure plus favorable pour les libéraux : ce n'est pas que l'armée carliste eût subi quelques revers sérieux, qu'elle eût été en-