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ment dans toute la Catalogne ; tous les chefs carlistes, vivant S0T13 l:i perspective plus ou moins forte de châtiments semblables, et voulant exploiter à leur profit le sentiment si puissant de la terreur^ répondirent au peuple barcelonais par de sanglantes représailles. Brujo, Tristany et les autres chefs laissèrent leurs soMats exercer leur instinct de vengeance, presque aussi vivace en Catalogne qu'en Italie et en Corse : la bande de Brujo extermina en un jour quarante* huit prisonniers & Alpens. De longtemps il no pouvait plus être question dans ces parages du traité d*£)liot. La guerre fut encore plus sanguinaire qu*elle ne l'avait été dans les provinces basques et en Navarre au commencement de Tinsurreclion.
Bt cependant, lorsque la garnison de Notre-Dame del Hort dut renoncer à la résistance, les lieutenants de Mina trouvèrent encore cent quatre prisonniers qu'on avnit crus morts et dont la vie avait été respectée.
Le blocus avait duré près d'un mois ; en vain le commandant en chef des troupes carlistes, Torrès, aidé des principaux chefs de bandes, avait essayé d'entraver les opérations do Tarmée assiégeante ; Tabsence de discipline, la coopération incertaine des chefs avaient empêché le succès de toute combinaison. Le 92 janvier, la garnison, se voyant abandonnée, et sur le point de manquer de vivres, essaya de s'échapper pendant la nuit en se dérobant au milieu des fourrés et des taillis ; les assiégeants étaient en éveil et ne se laissèrent pas surprendre ; ils gardèrent avec soin les issues, et le 93 au point du jour passèrent au fil de Tépée tous les malheureux qu'ils rencontrèrent épars dans la campagne. Un seul peloton bien commandé parvint h s'ouvrir passage au travers de la ligne d'enceinte. Le chef de la garnison, Mirallès, était d*abord parvenu h s'échnpper ; mais, en apprenant que sa femme n'avait pu le suivre, il revint
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sur ses pas pour la chercher, et fat ainsi viclime de son aCTection conjugale.
La nouvelle de ce succès, répandue dans toute laprinci« pauté, produisit un revirement décisif en faveur de la cause libérale : partout les bandes carlistes, d'agressives qu'elles étaient, durent se mettre sur la défensive ; des colonnes furent organisées par Min.i pour les pourchasser dans toutes les directions, dans le Priorat, dans la Haute-Montagne, sur les rives du Sègre, dans la vallée de TEbre. L'effectif des soldats carlistes tomba presque instantanément de 25 000 h 1! 000; réduits à ce nombre et disséminés sur un territoire très-vaste, ils n'étaient plus capables d'aucune opération vraiment sérieuse.
Les chefs, Brujo, Tristany et surtout Torrès, essayèrent de compenser par un redoublement d'activité la lassitude et le découragement des carlistes catalans. Plusieurs faits de guerre tournant en leur faveur, l'attaque de Montblanch, la déroute d'une colonne libérale sous les ordres d'Aspiroz, une invasion de Torrès en Gerdagne, la ruine des fortiGcations du Bruch^ destinées k assurer la libre circulation sur le chemin de Barcelone à Manresa, marquèrent les mois de février, mars et avril. A la fin Mina, fatigué des entreprises chaque jour plus hardies de Torrès, donna cinq brigades au plus actif de ses lieutenants, Gurrea, et lui ordonna de tout sacrifier à la capture de ce dangereux chef de parti. Gurrea était occupé à accomplir la mission qui venait de lui être confiée, et suivait avec acharnement Torrès nu milieu des montagnes de la haute Catalogne, nu moment où le cabinet Isturitz remplaçait celui de Mendizabal.
En somme, sous l'énergique direction de Mina, une amélioration notable avait été obtenue dans la situation de la Catalogne ; l'aspect qu'elle présentait au 15 mai n'avait aucune analogie avec celui du mois de septembre précédent.
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Dans le bas Aragon et dans le royaume de Valence, un succès important obtenu dans les environs de Molina par les troupes régulières dans le milieu du mois de novcmbre 1835 avait amené à cette date une espèce de soumission factice de tout le pays insurgé ; il s*était alors créé une accalmie passagère que le gouvernement, trompé pnr les apparences, eut le grand tort de prendre pour un succès déQnitif.
Ce n'était réellement qu'une manœuvre au moyen de laquelle Cabrera put s'épargner les dimcullés et les fatigues d'une campagne d'hiver; dès les premiers jours du printemps, si précoce dans ces contrées, les bandes armées avaient reparu de tous cAtés ; sans avoir encore retrouvé les proportions qu'elles avaient en 1835, elles s'organisaient cependant sur des basfs d'une solidité nouvelle, présage de luttes plus méthodiques et pins sanglantes.
On se souvient qu'à l'époque de la formation du ministère Mendizabal, Cabrera, descendu de ses montngnes, s'était avancé jusque dans la province de Guenca, semant l'alarme dans toute la Castille ; les nationaux de Requena l'arrêtèrent par une résistance opiniâtre et donnèrent le temps à des colonnes libérales d'accourir. Cabrera, obligé de battre en retraite, dut regagner par les montagnes les défllés de Beceite, seul asile où il se trouvât en parfaite sécurité (20 septembre).
C'est de là qu'il menaga pendant le mois de septembre, d'octobre et jusqu'à la mi-novembre la rive droite de TEbre deTorlosa à Mequinenza, les gros bourgs du bas Aragon situés aux alentours des deux cités, de Montalban et d'Alcafiiz, enfin Lucena et Morella, les points les plus importants situés au nord du royaume de Valence. Véritable maître de toutes les hauteurs qui séparent de ce royaume T Aragon et la Castille, ainsi que de tout le demi-cercle de montagnes
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qui s'étend entre Cherta sur TËbre et la place maritime de Pefliscola, il sortait brusquement du fond de ses retraites, pour tomber inopinément soit à Test, soit à Touest, soit au sud, suivant les renseignements qui lui étaient fournis par ses nombreux espions sur la marche des colonnes libérales.
Un de ses lieutenants, Quilez, essaya d'occuper la ville de Gandesa, dont la situation exceptionnelle dans le grand an* gle formé de ce côté par TBbre lui faisait ardemment désirer la possession : il fut battu i^ar Nogueras.
Repoussés du câté de Gandesa, les carlistes furent plus heureux à Temboucbure de TEbre ; li, après avoir battu et massacré une colonne entière composée de Télite des gantes nationaux de Vinaroz, ils s'emparèrent d'un poste important, Alcanar, qui leur donnait accès au port de 8an Carlos de la Rapita.
Il fallut les plus grands efforts des capitaines généraux d'Aragon et de Valence pour empêcher l'occupation des cités de Montalban, AIcafiiiE et Lucena; désireux de s'en emparer, Cabrera apparaissait inopinément à leurs portes avec des forces imposantes^ et ne se retirait que si une défense opiniAtre donnait le temps aux troupes de la reine d*arriver en force.
Toutes les villes ouvertes de moindre importance, tous les villages, bourgs et hameaux étaient obligés de se soumettre à la domination de Cabrera; il commençait à donner des ordres directement aux alcades de toute la contrée, et la mort était prononcée contre celui d'entre eux qui refusait d'obéir à ses décrets dont il pouvait à la fois assurer et la promulgation et l'exécution. Après le désastre de Guer« gué, la cour de don Carlos s'était décidée à lui donner le commandement général par intérim de tout le bas Aragon ; elle lui avait créé ainsi une indépendance absolue vis-à-vis
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des géaéraux en chef de Navarre et de Catalogne, Cabrera songeait à en profiter pour établir à son propre usage des fonderies de canons, des ateliers de munitions de toutes sortes; et il commençait déjà avec les ressources provenant de ses déprédations et de ses pillages à acheter des ma* tières premières, à attirer auprès de lui des ouvriers spé** eiaux, des officiers savants et intelligents, lorsque Taffuire de Molina vint interrompre le cours de ses succès.
Dans rintention de pénétrer jusqu'en Gastille pour s'y procurer des chevaux, Cabrera avait traversé sans encom* bre tout TAragon jusqu'aux environs de Calatayud à la télé de 3 500 fantassins et de 218 cavaliers : il avait ramassé un butin considérable, et près de Calatayud une colonne entière^ composée d'un bataillon et de quelques compagnies, avait été faite prisonnière par ses troupes. A la nouvelle que le capitaine général de Valence, Palarea, accouru sur ses derrières, était sur le point de Talteindre, il voulut ré* trograder, et de la vallée de Xiloca se jeta sur celle que forme un des arOuents du Tage, le Molina. C'est sur les bords de cette rivière, aux environs de la cité de Molina, qu'il se vit obligé d'accepter la bataille : il fut battu, et 300 morts, un nombre considérable de prisonniers, la perte de tout le butin qu'il avait recueilli, celle des prisonniers qu'il avait faits, l'abandon par ses soldats de plus do i 500 fusils furent les résultats de sa défaite.
C'est avec la plus grande difficulté que les carlistes fugitifs purent rejoindre leurs dépôts de Beceito; là, craignant l'issue d'une poursuite immédiate, leurs chefs voulurent qu'Us s'éparpillassent. Quinze jours leur étaient donnés, suivant l'expression consacrée, fM>ur changer de chemise; au bout de ce temps, rennemi n*ayant pas su profiter de ses avantages, les bandes recommencèrent à se former sur divers points. Une nouvelle organisation plus savante, plus
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éludiép, présida à leur formation ; les ordres furent centralisés par un état-major composé des ofOciers les plus distingués dont on pût disposer; on chercha à neutraliser les inOuenccs locales et provinciales, dont il fallait cependant tenir compte; et pourtenirles hommes en haleine, pendint tout lemois de décembre, on recommença la dévastation des petites villes situées sur les bords de TEbre, entre Mequinenza et Saragosse, telles que Escatron, Zaida et Quinto.
En voyant ropamitre ces mêmes ennemis qu'ils croyaient avoir définitivement vaincus, Nogneras et Palarcn, malgré la rigueur de la saison, reprirent la campagne; mais Tcxtrème dispersion de leurs adversaires les empêcha d'obtenir aucun résultat sérieux. Quilez, le Serrador, Aflon^ Llangostera, battus endivers endroits (4 janvier-20 janvier), allaient, sur un mot d'ordre habilement donné par Cabrera, se reformer à une très -grande distance de l'endroit où rengagement avait eu lieu.
De tous les chefs libéraux, celui qui poursuivait avec le plus d'acharnement les conséquences de la victoire de Mo lina était Ilnfatigable Nogueras. Très-aimé des populations pour son ardeur, il croyait que le meilleur moyen de triompher de Cibrera était de répondre au syst^^me de terreur que celui-ci voulait établir par une rigueur et une sévérité encore plus grandes; aussi était-il impitoyable. Entre ces doux hommes, Nogueras et Cabrera, il s'établit comme une espèce de rivalité de cruautés : c'était à qui se montrerait plus inflexible, plus indomptable; tous deux braves, ardents à la lutte, habilués aux plus dures fatigues, ils faisaient bon marché delà vie humaine, et n'appréciaient dans les hommes que le courage et l'esprit de discipline. Tous deux cherchaient à imposer leur autorité aux alcades des villages au milieu desquels ils opéraient, s ins se soucier de Timpossibililé où iU bs mettaient dobMr k la fois h l'un et à l'autre :