SOULÈVEMENT DE LA GHANJA
15 maM5 août 1836.
Noareauz combats d'Ârlaban. ^ Le ministère reçoit un mauvais accueil des procuradorès. — Dissolution des Cortès. — Surexcitation produite par l'apparition de colonnes carlistes dans certaines contrées restées jusque-là en dehors de la guerre civile. — Expédition de don Basilio et Balmaseda dans la Nouvelle- Gastille. — Gomez dans les Asturies, en Galice et dans la provinca de Léon. — Villareal prend le commandement en chef des armées carlistes de la Navarre et des provinces basques. — Maroto est envoyé en Catalogne. — Les succès de Cabrera obligent le minislère Isturitz à la formation d'une armée spéciale dite du Centre,
ProDunciamentos en faveur de la Constitution de 1812 à Malaga^ Grenade, Séville, Cadix et Badajoz, du 25 juillet au 3 août. — Ré* apparition des juntes provinciales. — Conduite de San Miguel et de Mina à Saragosse et à Barcelone. — Mouvement à Madrid réprimé par Qoesada. — Pronunciamento des troupes de la Granja. — La régente signe le décret qui remet en vigueur la Constitution de 1812. — Nouveau ministère. — Calatrava, Gil de la Cuadra et leurs amis sont chargés de la direction des affaires. — Tumulte à Madrid. — Assassinat du général Quesada. — Emigration des ministres et des chefs du parti modéré qui se croient le plus compromis. — Proclamation de la Constitution aux armées du Nord et du Centre. — Le général Cordoba se retire en France.
On se souvient que les succès de Lacy Ewans aux envi^ rons de Suiiit-Sébastien dans les premières journées de mai avaient décidé le général Cordoba à tenter un mouvement en avant du cAté de Yiltoria. 11 y était poussé par le cri de Topinion publique, les instances de Mendizabal et un ardent désir de se conserver le prestige qu'il avait su conquérir. La formation du cabinet Isturiiz fut pour lui un
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nouveau stimulant. Eu effet, les nouveaux ministres n'étaient plus guère éloignés du parti modéré dont il était un des principaux coryphées; la régente, en manifestant pour lui ses sympathies d'une manière si peu dissimulée, Tavait constitué en quelque sorte le chef du parti politique dont elle désirait le triomphe* Il était donc à propos de favoriser par un coup d'éclat la situation nouvelle dans laquelle se trouvaient à la fois confondus ses propres intérêts, ceux du parti modéré et la volonté intime de la régente, qui accusait ouvertement ses préférences
Le 20 mai, dès le matin, les troupes quittèrent Viltoria et prirent la direction de Salvatierra ; elles allaient assaillir de nouveau Ces lignes d'Arlaban, plus fameuses que récites, qu'on disait établies entre les deux provinces d'Alava et de Guipuzcoa et en avant desquelles s'étaient déjh livrés de nombreux combats.
Du premier choc, les libéraux délogèrent les carlisfrs des hauteurs de San Adrian, situées à la gauche de leur ligne de défense; rentrée du Quipuzcoa et le chemin d'Oftatë, ville qui avait été longtemps la résidence de don GarloS) devenaient accessibles aux chrislinos. Une véritable panique s'empara de tous les villages carlistes des environs, car il semblait impossible qu'il ne fût pas ordonné à l'armée libérale de marcher en avant. Mais il suffit à Gordoba d'avoir obligé son adversaire à concentrer ses forces et d'avoir prouvé que les lignes d'Arlaban pouvaient être forcées; jugeant sans doute imprudent de s'aventurer dans le Guipuxcoa, il suivit la crête jusqu'à Yillareal de Alava et rentra h Yittoria dès le 25 au matin, diminué de six cents hommes, après cinq journées de marches difficiles et infructueuses; il est vrai qu'il put expédier h Madrifl des bulletins superbes où l'hyperbole n'était pas ménagée. Ce n'est pas à la stratégie qu'il faut attribuer cette retraite intempestive, mais à
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la péDUrie complète des troapes libérales» ou plutôt aux combinaisons politiques, qui trois jours après éloignèrent Cordoba de son quartier général pour aller à Madrid s'entendre ayec les nouveaux ministres, tandis que le général Espartero, commandant enobef par intérim, recevait la consigne formelle de n'entreprendre aucune opération offensive. A FarriTée de Cordoba à Madrid, la crise pour laquelle sou concours sans doute avait été instamment réclamé semblait terminée ravorablement pour ses aspirations politiques. Le ministère était resté maître de la situation malgré l'opposition acharnée des procuradorès. Sa qualité de général en cbef de l'armée du Nord, l'extrême considération que lui témoignnit la régente, rendaient son influence considérable* 11 essaya d'en profiter pour introduire dans tous les conseils du gouvernement do saines et justes idées sur la marche de la guerre ; il approuva la formation déjà résolue d'une armée spéciale dite du Centre qui sersit opposée à Gabremi et consentit même à se priver d'un de ses meilleurs ofOciers, le colonel Narvaez, pour diriger une brigade dans cette nouvelle armée; mais il demanda en même temps qu'on orga* nisAt à Burgos une armée de réserve qui protégerait la Vieille-Gasdlle afin que les troupes du Nord pussent marcher en avant san^ ôtre obligées à des retours perpétuels qui usaient leurs forces en puro perte; il insista sur la nécessité d'approvisionnements réguliers et de ressources en argent dont le défaut pouvait amener les catastrophes les plus imprévues; il démonira qu'il était indispensable enGii d'éclairer l'opinion pul)lique sur les difficultés de la lulto. Toutes ces indications furent accueillies avec la plus grande faveur, et lorsque vers le milieu de juin il revint se mettre à la tête de ses troupes, il était en droit de compter sur la coopération la plus active et la plus efficace de In part dos nouveaux gouvernants.
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On a rarement vu une chambre faire à un ministère un accueil pareil à celui que reçut Islurilz de Testamento progressiste de 1836; dès qu'ils connurent la formation de son cabinet, la nomination du duc de Rivas à l'intérieur^ celle de Galiano à la marine, les procuradorès, sans attacher la moindre importance aux autres collègues qu'il s'était choisis (Âguire Solarte aux finances, Seoane à la guerre et Barrio Ayuso à grâce et justice), cherchèrent l'occasion de manifester leur hostilité. En voin Isturitz, le jour même de son avènement, dans une circulaire ofDcielle se hftta-l-il (i 4 mai) de déclarer qu'il se proposait de faire reviser par les Coi*tès, d'accord avec le gouvernement, lu loi fondamentale, qu'il voulait employer tous ses clforts à terminer la guerre civile, et qu'il chercherait particulièrement à tirer parti du traité de la quadruple alliance : ce programme ne lui r.imena aucun nouveau partisan.
A lii séance du 10, quurante-six procuradorès présentèrent une pétition dont les trois articles portaient :
V Que le vote de confiance accordé au ministère dans la précédente législature était abrogé de Tait par l'ouverture de nouvelles Cortès ;
i* Que^ dans le cas où les Cortès actuelles seraient dissoutes ou suspendues sans avoir voté les contributions, on ne pourrait recouvrer aucun impôt à partir du jour de la dissolution ou de la suspension ;
3* Que tout emprunt, quel qu'il fût, contracté sans l'autorisation des Cortès, serait nul de plein droit.
Quatre-vingt-seize voix contre douze approuvèrent cette pétition, cl cinq jours après, comme si cette déclaration n'était pas suffisante, la majorité des procuradorès proposa et vota en une seule séance une proposition où il était dit que les personnes composant actuellement le ministère ne méritaient pas la confiance de la nation.
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C'était une lutte à oulrancc entre la Chambre el les nou* veaux ministres : ceux*ci pouvaient h peine se présenter sur le banc ministériel, ils étaient accueillis par de violentes apostrophes.
Quelle qne fût leur irritation contre les apostats, cen'élait pourtant pas à eux que s^adrcssaicnt directement les procuradorès; ils ne dissimulaient pas que ce qui les indignait le plus, c'était la conduite de la régente. Pourquoi se refu* sait-elle à consacrer leur victoire électorale et à choisir parmi eux ses ministres ?
Ainsi posée, la question ne pouvait plus se résoudre que par une nouvelle dissolution des Cortès. Et, en effet, par un décret en date du 2i mai, la régente arrêta la dissolution immédiate des Cortès et la convocation prochaine de nouvelles Chambres dans le but de reviser toutes les lois politiques de la monarchie espagnole ; leur élection devait se faire d'après lu loi électorale que les Cortès dissoutes avaient ellesmAmes préparée, bien quele projet élaboré n*eût pas toutes les conditions légales pour être promulgué el sanctionné.
Au point de vue politique, la combinaison était assez habile. Quelle opposition sérieuse pouvaient faire les progressistes à un régime électoral établi par eux-mêmes, dans lequel on avait rabaissé de 12 000 réaux à 9 000 le cens d'é. ligibilité, admis les capacités au vote, porté le nombre ded députés de 157 à 258, et exclu les employés comme exerçant des fonctions incompatibles avec la représentation nationale? D'un autre côté, s'ils occupaient le pouvoir au moment des élections, les modérés espéraient bien que le résultat tournerait en leur faveur, car ils s ivaient par expérience qu'en Espagne ceux-là obtiennent presque toujours la majorité qui sont soutenus dans les divers districts par les représentants du pouvoir central.
Quelques agitations facilement répiimées à Malaga
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(96 mai), Grenade et Carthagëne fareot le seul indice dn méconlenlemeal par lequel le décrel de diMolulion fat ac* oueilU dans la Péninsule) le ministère pul lei apaiser faci* lement ; il choisit de préférence ses fonctionnaires pnrmi les hommes connus à la fois pour le libéralisme de leurs opinions eirénergie de leur caractère, aSeclade recommander aux autorités de la vigueur et crut son existence assurée jusqu'au 24 août, jour fixé pour la conyooation des prochaines Cortès, ou au moins jusqu'à Tissue de la campagne électorale.
Par malheur pour lui, un changement dans les résolutions de l'état-major de don Carlos, substituant le régime des expéditions aU système défensif «offensif d'figuia, devint pour toute la Péninsule le signal d'une nouvelle (lèvre d'inqUiétude; tant que la guerre restait concentrée dans la Na* varre» lee provinces basques, la Catalogne et le Maostrasgo, la plus grande partie du pays continuait à se livrer aux tra*^ vaux de la production» il restait autour du gouvernement une masse considérable d'habitants capables de soutenir le poids de la luite et de lui procurer les revenus indispensables dont il avait un si pressant besoin» C'est précisément cette sécurité relative que visèrent les ministres de don Cnrlos; ce sont ces ressources qu'ils cherchèrent à détourner à leur profit.
Il fallait d'ailleurs alléger les charges des provinces bns^ queset de la Navarre qui s'épuisaient pour l'armée et la cour carlistes : on risquait de les mécon(enti*r« si Ton ne se préoccupait pas de transporter la guerre sur d'autres territoires ( on pouvait cxolter leur ardeur si on rapportait cbes elles du butin. Deux expéditions, celles de Gucrgué et de Baianero> avaient déjà eu lieu et n'avaient pas été sun^ utilité ; on pouvait espérer mieux avec des chefs plus habiles et des troupes plus nombreuses.
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Dans celte idée» oo Torma deux colonnes ^ Tune, commandée par don Basilio, fut destinée à la Nouvelie-Gastille et Taulrcà la Galice et aux Asturies» sous les ordres de Gomc:;.
Deux bataillons, un escadron, un cadre d'ofQoicrs de ca* Valérie, telles élaient les forces de don Basilio, auquel fut Adjoint un lieutenant de grande énergie, Balmaseda. Cette brigade partit le li juillet dés environs de lot Arcoi, fran-* chit TEbre au gué d'Agoncillo, s'avança en rançonnant tous les villages jusqu'aux bords du Duero, franchit ce fleuve le 18 juillet, etilra dans le chef-lieu delà province de Soria, où elle recueillit des fusils, des munitions, des chevaux^ des sommes importantes et plus d'un millier de recrues*
Informé à Soria que, du côté de Test, une colonne libérale aux ordres d'Aspiroi lui barrait le chemin^ don Basilio prit la direction du sud-ouest et gagna les deux villes de Riaza et de Sepulveda, d'où il trouverait flicilementi en cas de danger, un refuge dans les montagnes de Guadarrama(iO Juil-» let). De là il meûaçait la résidence royale de la Granja> et en franchissant la sierra pouvait se présenter inopinément aux portes de la capitale ; mais» préoccupé eurioHt de lever des recrues, de piller et de ravager, il n'osa pousser plus avant et préféra se diriger vers le nord« Le capitaine général de la VieUle-Castille, Manso, menacé en môme temps par les bataillons de Gomez, flt cantonner ses troupes à Valladolid et à Aranda, abandonnant à don Basilio les villages situés entre ces deux villes et le Guudarrama ; Pefiaûel, Roa durent acquitter des contributions à la colonne carliste, qui, après un engagement heureux livré le i7 juillet, se trouva mai* tresse incontestée d'une grande partie des deux GastilleSi Qu'on juge de rfmpression que devaient produire à Madrid» à la Granja, à Ségovie» de pareilles nouvelles I On ne répétait qu'avec terreur le nom de Balmaseda» chef d'aVant-garJe de don Basilio, qui s'était fait redouter par la rapidité de
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SCS mouvements, Ténergie de sa décision et rinlelligence avec laquelle il se dérobait aux poursuites.
D'ailleurs don Basilio n'était pas le seul ennemi qui menaçât ces malheureuses populations et nous savons que la colonne de Gomez était aussi en mouvement. Partie le 26 juillet du territoire basque, elle avait réussi h s'interner dans les Asturies ; elle comptait cinq bataillons d*infanlerie et deux escadrons de cavalerie avec deux pièces de montagne. Son programme était d'établir dans les Asturies des juntes administrant au nom de don Carlos et d'organiser en corps d'armée les bandes isolées qui pouvaient opérer dans ces parages. Mais, comme ces instructions étaient secrètes, chaque cité espagnole pouvait se croire l'objectif désigné au chef de l'expédition ; de là une inquiétude fébrile dans toutes les imaginations.
Les premiers pas de Gomez avaient été on ne peut plus heureux : le chef placé par Cordoba à son extrême gauche du côté de la mer Cantabrique, Tello, ayant voulu lui barrer le passage, avait été mis en complète déroute, et ce désastre» proniptement connu, avait décuplé aux yeux des populations la force de la colonne. Aussi, parti d'Amurrio le 26 juin, vainqueur de Tello le 27 à Baranda, Gomez put-il entrera 0 vicdo le 7 juillet après avoir passé sur le corps de Pardifias, qui voulait lui disputer cette importante cité. Certes, si on avait abandonné à leurs ressources les provinces envahies, Gomez aurait pu exécuter brillamment ses instructions; mais Espartero, sorti de Yittoria après la défaite de Tello, se mit à le poursuivre sans répit avec six bataillons, deux escadrons de hussards et une brigade de réserve ; il le fit apparaître aux yeux des populations moins comme un vainqueur que comme un fugitif. Néanmoins Gomez, obligé de quitter Oviedo avec précipitation, put gagner quelques jours d'avance, pénétrer en Galice, passer en vue de Lugo sans
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qae le capitaine général Latre osât rarrèter, et s'avancer jusqu'à Santiago, où il resta un jour. Amasser, pour prendre du repos, des approvisionnements (18 juillet), s'encombrer de nouvelles recrues, de butin et de munitions considérables dans une course aussi rapide et aussi aventureuse eût été une grande faute ; aussi préféra-t-il distribuer les fonds et les avances qu*il avait déjà réunis aux principaux chefs de bande du pays qui étaient venus se ranger sous ses ordres, puis il reprit sa course toujours sous le coup des poursuites d'Espartero. Ce dernier suppliait les capitaines généraux des Asturies, de la Galico, des Gastilles d'occuper certaines positions qui auraient permis de cerner la colonne expéditionnaire; mais ces ofBciers répondaient qu'ils manquaient de troupes pour les divers besoins auxquels ils devaient pourvoir; le capitaine général de la Yieille-Castille particulièrement, suffisamment embarrassé déjà par la colonne de don Basilio, et placé ainsi entre deux feux^ sur un vaste territoire garni très-imparfaitement de mauvaises troupes, s'agitait dans le vide sans aucun résultat.
Aussi Gomoz put-il rebrousser chemin , traverser une seconde fois la Galico sans rencontrer devant lui aucun obstacle; le 27 juillet^ il était déjà à Cangas de Tineo, et le {*' août il faisait son entrée dans la ville de Léon, après avoir heureusement franchi les montagnes qui séparent les Asturies de cette vieille cité, berceau delà monarchie castillane. Gr&ce à une fausse manœuvre et au mauvais calcul de son adversaire, à qui il avait fait perdre sa piste, il eut le temps, pendant plusieurs jours, de s'arrêter à Léon, et d'y recueillir, en effets, vêtements, armement, provisions, tout ce dont sa troupe avait besoin, après plus d'un mois de marche non interrompue; mais, s'il voulait établir dans ces parages le prestige du nom de don Carlos^ il fallait absolument qu'il en vint aux mains avec Esparlcro. Ce der-
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nier, fourvoyé un inslant, avait été obligé de regagner, par des marches forcées, le terrain perdu ; ses soldats étaient fatigués, ceux de Oomez venaient de prendre du repos à Léon. On ne pouvait choisir une meilleure occasion : les carlistes firent donc volte-face et allèrent se faire battre à Esoara, le 8 août, dans une action où un de leurs bataillons seul fut réellement comproinÎB; obligés de so diviser, ils ne se réunirent que quatre jours après à Cangas de unis.
Par ce désastre, Gomez, se voyant fermées toutes les issues du nord, tandis qu'aucune résistance ne se présentait vers le sud, se décida, malgré ses instructions et après avoir pris Tavis de ses principaux ofliciers, à se précipiter sur les grandes plaines de la Castille. C'est par là, vers Palencia et Valladolid, qu'il se dirigeait au moment ob éclata la sédition de la Oranja, dont nous aurons occasion de parler longuement.
C'était, on en conviendra, une bien cruelle déception pour les libéraux espagnols d'apprendre le ravage de jcitéa comme Soria, Oviedo, Santiago, Léon peu de temps après la publication de bulletins éclatants dans lesquels les combats d'Arlaban avaient été élevés à Li hauteur de victoires héroïques et de succès importants ; si encore on eût aperçu une défaillance au coeur même de l'insurrection, l'opinion eût pu admettre qu'il n'y avait pas une augmentation, mais seulement un déplacement des forces carlistes ; elle aurait pu se rassurer en estimant que ce déplacement n'était pas volontaire, mais obligatoire. Mais les généraux de don Carlos avaient trop d'intérêt à activer la lutte en ces circonstances tout à fait critiques pour laisser supposer le moindre découragement; malgré le départ des expéditions, la guerre civile continua avec plus d'énergie que jamaia dans les provinces basques et en Navarre.
Eguia n'était plus lo général en chef de l'armée carliste ;
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son plan tendant à ne pas faire un pai en avant tant qa*on aurait derrière soi une place dont on n'aurait pn a'em* parer^ avait été oonteité et eyetématiquernont rejeté ; don Carlos avait aecepté sa démission dans le milieu de juin et confié le commandement à l*nn des plus braves lieutenants de Zumalaearpeguy, à don Bruno Villareal, qui s'était dé^ claré tout à fait favorable au système des colonnes eipéditionnaires. C'est ce dernier qui avait préparé silencieusement la petite troupe de Gomea et qui jeta, par ce coup inopiné, une si grande alarme dans le camp de ses adver* saires.
Pour empêcher les christinos de détacher aucun corps de troupes de leur armée de TEbre, Villareal prescrivit une attaque générale sur toute la ligne : lui-même vint mettre le siège devant Pefta Cerrada, et essaya d'occuper ce point fortifié, avantageusement situé entre Yittoria et l'Ëbre. Ce fut la division portugaise, aux ordres du baron das Antas, qui dut, malgré une chaleur tropicale, accourir au secours de celle place ; elle fut assez heureuse pour la débloquer à temps, et força h la retraile les bataillons carlistes qui comptaient sur les résultats d'une intrigue laborieusement ourdie avec un certain curé de Dallo, ancien chef dé bandes subitement rallié h la cause libérale, à qui Gordoba avait malndroitemont confié les clefs de sa forteresse.
Sur la ligne du Zubiri, de Pampelune à Valcnrlos, les carlistes ne firent leur mouvement que le 4 juillet. Le baron de Meer, capitaine général de Navarre, et le chef delà légion française Bernelle eurent à supporter le choc et parvinrent i les maintenir; des deux cAtés il y eut perte d'hommes, quelques prisonniers et surtout nn grand nombre de déserteurs.
Autour de Bilbao, les carlistes se montrèrent de plus en plus entreprenants; ils eurent à repousser une violente
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sorlic (les assiégés, qui s'emparèrent d'un convoi considérable et l'inlroduisirent dnns la ville.
Du cAté de San Sébastian, Ewans chercha à continuer ses su :cès. Les lignes des carlistes formaient un demi-cerclo dont la cité constituait le centre ; la division anglaise fit les plus grands efforts pour étendre ses opérations de tous les côtés à la fois : à son extrême gauche, elle parvint à s*empnrer du vaste port du Passage, excellente position ; au centre, elle força les carlistes à reculer jusqu'à Hemani, tandis que sur la droite elle cherchait à gagner jusqu'à la rivière Oria. Mais, vers le 10 juillet, elle éprouva un échec sérieux devant Fontarahie, qui défia tous ses efforts; tandis que les bataillons carlistes, o[»érant entre la îlidassoa et la petite rivière Urumea, qui vient se jeter dars Il mer à Saînl-Sébastien même, empêchaient Lacy Ewans de tendre la main nux détachements français de la division Semelle, cantonnés dans la vallée du Baztan.
La déroute du général Tello, qui avait ouvert au général Gomez la province de Santander, avait en même teaips 1 risé la ligne occidentale éUiblie par Gordoba, de Castro à Mirau'Ia. Eqtartero, pressé de poursuivre la colonne carliste, n'avait pas eu le temps de rétablir les troupes compromises, et elles étaient restées dans le plus déplorable état et complètement démoralisées. Les carli^tes, instruits do leur faiblesse, fondirent à nouveau sur elles cl, le 19 juillet, dispers'^rent à Villasnna une brigade commandée par le colonel Clavcria, à qui elles firent plus de 300 prisonniers. Désespéré de ce nouveau revers, Gordoba confia au général Hivcro le soin de réparer les désastres de toute sa gauche, dégarnit son centre pour lui envoyer des secours et s'interdit par là à lui-même toute opération. Dès ce moment le sentimeiil de son impuissance, accru encore par l'indiscipliue des troupes, s'empara de lui; découragé, ruiné dans