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CHAPITRE I. — LES EXPÉDITIONS CARLISTES

reparallre près de Palma del Bio, sur les bords du Guadalquivir ( 10 novembre).

Désespérée déjà par roccupation de Cordoue et d'Almaden, Topinion publique ne se sentit pas à Madrid en état de supporter les doléances qui lui arrivaient de toutes les par* ties de TEstramadure ; les plaintes contre Rodil prirent une intensité extrême, et Ton en vint à envelopper aussi Alaix dans les accusations lancées contre lui. Le gouvernement, craignant alors d*ètre ébranlé par l'unanimité de ces reproches, se décida, quoique à regret, à abandonner Rodil, et prit la résolution de lui ôter le commandement : une commission spéciale fut donnée à Gayetano Cardero^ député de Malaga, qui devait se présenter au quartier général et faire connaître au commandant en chef la cessation de ses pouvoirs. Les généraux commençaient déjà à discuter leur degré de soumission aux décisions du pouvoir central; Rodil reçut fort mal le délégué qui lui avait été adressé ; il hésita à obéir aux ordres qui lui étaient adressés ; à la fin pourtant, lorsque par les soins de Gardero le général Rivero se présenta pour prendre possession du commandement, il se résigna à Tabdication, consentit à abandonner le quartier général, puis se dirigea vers la capitale, avec l'intention de demander hautement que ses actes fussent jugés par un tribunal compétent. A quoi sert de juger des hommes dont rincapacité est le seul crime ?

Rivero, mis à la tèle de la division spéciale que Rodil avait formée, songea tout d'abord à protéger les grandes villes de TAndalousie contre les nouvelles incursions auxquelles elles étaient exposées ; il savait bien que son principal objet devait être de retourner le plus tôt possible vers la Vieille-Gastille, car, dans les circonstances spéciales que Ton traversait alors, Tintérèt capital était de rapprocher de l'Ebrc une partie des forces qui avaient été agglomérées

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en trop grande quantité contre G ornez ; qaant à la persécution du chef carliste^ elle était confiée désormais au brigadier NarvaeE, qui, avec sa brigade détachée de Tarmée du centre, avait longtemps opéré isolément dans les montagnes de Soria, puis avait couvert Madrid du côté de Siguepsa, et venait d'être appelé eu Estramadure à la nouvelle de Toccupation de cette province par la colonne carliste. Cet officier, en même temps que sa brigade, devait commander la 3* division détachée de l'armée du Nord qui, sous les ordres d'Alaix, avait poursuivi Gomes depuis le commencement de son expédition.

Narvaez, plein d'ardeur et de bonne volonté, chef d'une brigade très-habituée k la discipline et aux fatigues militaires, avait hâte de jouer un rAle dans la persécution de Gomez, sur laquelle le pays tout entier avait alors les yeux fixés; dès qu*il eut reçu communication des nouveaux pouvoirs dont il était investi, il songea à entrer en communication avec Rivero et Alaix ; il demandait à Tun de lui envoyer la cavalerie que Rodil avait réclamée, afin de pouvoir poursuivre plus rapidement les carlistes après Taffaire d'AImaden, se fondant dans sa demande sur ce que cette cavalerie formait partie de la 3* division du Nord \ il faisait connaître à l'autre la décision du gouvernement et s'inquiétait du Jour et du lieu où le commandement serait remis entre ses mains. Ni Rivero ni Alaix ne voulaient laisser à un autre le mérite d'en finir avec le chef carliste, qu'ils jugeaient déjà acculé à l'extrémité du territoire, car de Palma del Rio Gomez avait gagné Ëcija d'abord, puis Ossuna, Marchena, et se trouvait le i6 novembre à Ronda, où il se crut assez tranquille pour prendre deux jours de repos.

Rivero, qui de FuenteOvejuna était descendu de suite à Gordoue, répondit qu'il ne pouvait se priver du petit nombre de chevaux qui étaient alors à sa disposition, mais s'en-

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gagea à oq référer ^\\ gouvernement ; \l annonça ep mèote temps son intention de fermer ^ Tennen^i le chemin du Guadalquivir en a'interposant du côté d'Ossuna et de Mo* ron, et, sans perdre un jour, se dirigea en droite ligne sur la ville de Ronde» chassant devant lui le chef carliale, qui, fuyant par Gaucin et San {loque, se vit bientôt acculé au« confins du territoire, près la baie d'Algésiras, sous le canon de Gibraltar (i% noveaibre).

QuantàÂlaix, lu même rage qui le poussa à garder le commandement lorsqu'il lui fut ordonné après Escaro de le remettre à Rivero, ranimait encore : fier de son triom-s phe à Yillarobledo, il voulait que l'extermination du chef carliste ne fût due à aucuq autre qu'à lui-même; ne pouvant expliquer qu'avec peine l'immobilité dans laquelle il s'était tenu après son entrée dons Cordoue, les marches et les contremarches qu'il avait faites dans la Sierra Moreaa à la recherche d'un epnemi dont il ne connaissait pas la direotion, il avait hâte de réparer ses malheurs, aujourd'hui qu'il voyait luire l'espoir de vaincre un ennemi réduit presque à la dernière extrémité. Aussi dès qu'il avait appris l'arrivée de Gomez en Andalousie, £'était-il dirigé par Montoro et Anlequera vers la côte de Malaga.

Ainsi peu à peu, par l'initiative des trois chefs, Nar^^ vaez, Rivero, Alaix, il s'était formé autour de la province de Ronda un demi-cercle de fer dans lequel Gomez allait se trouver enfermé. Alaix gardait la côte dans les environs de Marbella ; Rivero s'était avancé bien au-delà de Gaucin jusqu'à Jimena. Une colonne très-nombreuse de gardes nationaux mobilisés couvrait Cadix, du côté de Chiclana et de Médina Sidonia. Il ne restait qu'une issue possible, celle d'Arcos de la Frontera ; n^ais par là venait Narvaez.

Une rencontre était donc devenue nécessaire; elle eut

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lieu à Majaceite, et bien que les libéraux aient chanté victoire, que Narvaez ait cherché à s'en faire un titre de gloire, il faut convenir que les résultats en furent bien plutôt favorables au chef carliste. Si, dès Torigine, Gomez abandonna les positions qu'il occupait , s'il fut obligé de battre en retraite, si le soir de la bataille quelques-uns de ses soldats couraient la campagne épars et disséminés, en somme, pour une perte qui ne dépassait point 100 moris et 115 prisonniers» il s'ouvrit passage à travers le cercle de fer qui l'opprimait, et laissa derrière lui tous les chefs par lesquels il allait être enveloppé (25 novembre).

C'était l'absence d'une direction unique qui avait empêché les troupes libérales d'arriver à un résultat sérieux; chacun des chefs sentit qu'il n'était pas possible de mener des opérations de guerre avec une telle division de commandement. Aussi Rivero et Narvaez, qui se virent les premiers après Taffaire de Majaceite, comprirent que Tun ou l'autre dcvaitimmédiatemenlseretirerdulhé&tredela lutte. Rivero avait ordre de se rendre le plus tôt possible duns la Yieille-Castille ; il prit le chemin d'Avila et de Siilamanca avec la division de la garde qu'il commandait, prétendant qu'après la poursuite dans les montagnes de Ronda et le revers de Majaceite, on pouvait désormais considérer la faction comme vaincue. Libre de ce rival, Narvaez se retourna vers le corps d'Alaix, et réclama le commandement de la troisième division de l'armée du Nord qui lui avait été confié par ordre royal.

11 trouva là une résistance à laquelle il ne devait pas s^attendre ; Alaix, averti par le ministère d'avoir à résigner le commandement entre les mains de l'officier le plus élevé en grade, avait déjà abandonné la direction des troupes entre les mains d'un colonel, et se maintenait dans une réserve complète, sans user de son influence sur les soldats

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