‹ Histoire contemporaine de l'EspagneChapitre 61 sur 152 · CHAPITRE I. — LES JSXPfiDITIONS CÀBLI8TES · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — LES JSXPfiDITIONS CÀBLI8TES

les bords de TEbre par la division du général Iribarren, au lieu dit Rincon dél Soto (2 décembre). Là, complètement baltn, il assista à la dispersion de tous ses cavaliers; luimême, obligé de fuir devant une persécution acharnée, fut atteint des premiers symptômes d'une maladie qui mit sa vie en danger. Quelques-uns de ses compagnons le traînèrent d'abord à Ârévalo, puis à un petit village appelé S<in Miguel de Almazan, au milieu d'un pays placé tout entier sous la domination libérale, où il fut caché h tous les regards et soigné avec dévouement par un curé.

Pendant un mois, dans cette retraite périlleuse, où la moindre indiscrétion pouvait le compromettre, Cabrera s'occupa exclusivement de rétablir sa santé altérée; il ne s'éloigna de son abri que dans les premiers jours de jan* vier 1837, pour reprendre le commandement des bandes qui lui étaient restées fidèles dans la province de Valence et le bas Aragon. Son arrivée devait être signalée à Tattention publique de toute la Péninsule par une recrudescence dans les scènes de meurtres et de pillages dont cette partie de riilspagne n'avait cessé d'être le théâtre pendant Texpédition de Gomez.

Au moment où les forces de Ouilez et de Mirallès s'étaient unies aux soldats navarrais, le nouveau capitaine général chargé du commandement en chef de l'armée du centre, Evariste Saint-Miguel, s'était imposé la mission de s'emparer de Cantavieja; il croyait, en réduisant cette forteresse, détruire en son principal foyer l'insurrection qu'il avait à combattre. Aussi, malgré les forces qu'on lui avait enlevées , malgré le départ de la brigade Narvaez, consacrat-il toute son activité à atteindre ce but Négligeant les excursions de Llangostera, Forcadell et autres chefs, il s'acharna de préférence contre Arevalo, le lieutenant à qui Cabrera avait confié le soin de défendre Cantavieja et de

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garder tes prisonniers rie la division Lopex. Celui-ci donna Tordre de couper les routes, d'accumuler les vivres et de préparer la forteresse à une vive résistance.

Ces dispositions avaient été inutiles. Malgré la rigueur de la saison, Ban Miguel avait conduit ses troupes jusque sous les murs de Gantavieja; il s'en était emparé, mais en laissant échapper les troupes chargées de la défendre ; il était parvenu à délivrer les malheureux prisonniers qui j avaient été enfermés (30 septembre).

Par malheur, les souffrances qu'éprouva son armée dans sa course à travers ces pays très-élevés, très-froids et dénués de toutes ressources, vinrent tristement compenser les avantages qu'il aurait pu tirer de l'occupation de Gantavieja ; il dut laisser Arevalo détruire les autres forts construits à Beceite, dont la possession eût été si avantageuse aux troupes libérales.

Bientôt les excursions recommencèrent de tous côtés. San Miguel fut appelé dans les environs de Teruel et de Guenoa pour s'opposer au retour de Gomez vers le nord. Quand il abandonna le commandement aux derniers jours de décembre 4836, pour le remettre au général Quiroga, appelé à le remplacer, jamais les factions n'avaient été plus puissantes; elles opéraient à la fois dnns les trois capitaineries générales d^Aragon^ de Valence et de Gatalogne; le développement qu'elles avaient pris était de nature à consoler Gabrera, quand il les rejoignit, de la perte de Gantavieja.

Lorsque Gomez reparut, le 19 décembre, en Biscaye, l'armée carliste était occupée tout entière à une grande opération militaire, que beaucoup de personnes intelligentes reganlnient comme devant décider de Tissue de la guerre.

En octobre 1836, le ministre universel de don Garlos, Juan Bautista Erro, croyant le moment bien choisi, avait cru à l'opportunité de tenter à nouveau le siège de Bilbao.

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11 rayait donc proposé dang un grand conseil de guerre tenu à Durango, le 15 octobre 1836 :

a Déjà le manque de ressources, disait-il^ se faisait vivement sentir dans les provinces basques et dans la Navarre; on ne tirait pas des expéditions sur les territoires occupés par les libéraux tous les avantages qu^on en avait attendus; il fallait profller de Téloignement d'nne partie des troupes occupées sur divers points de la Péninsule. Les banquiers étrangers refusaient de souscrire rucun emprunt, tant que le parti carliste n'aurait pas en sa possession une capitale de province. » Ces réflexions furent considérées comme déterminantes; malgré l'opposition du général en chef Villa real, qui ne se croyait pas en état de prendre la place de vive force, le conseil de guerre s'était rangé à l'avis du ministre universel, et le siège avait été décidé.

Les troupes carlistes avaient été immédiatement mises en mouvement; dès le 22 octobre, la ville voyait apparaître devant elle les premières colonnes chargées de la réduire.

C'était le deuxième siège que celle ville avait à supporter depuis le commencement de la guerre ; car si ce nom peut être donné à la première attaque tentée par Zumalacarreguy, TefTort de Maroto, en septembre 1835, ne doit être considéré que comme une tentative de blocus. Bilbvio se savait donc menacée et ne fut point prise au dépourvu ; elle comptait dans son sein comme défenseurs trois régiments provinciaux, six compagnies, un bataillon de chasseurs, quelques artilleurs et la milice nationale ; en tout, 4 300 hommes. Ces forces, commandées par un chef énergique, Santos San Miguel, étaient néanmoins très-insuffisantes, à cause de la grande circonférence de la ville, et de la nécessité où l'on était de garder plusieurs forts avancés. Ces (bris étaient échelonnés sur les deux rives du Nfervion et servaient à assurer les communications de la ville avec Portugalete,

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petit port situé sur la côte cantabrique et par où devait arriver Tarméede secours. San Mamès, Burcena, cl Desierto, tel était le nom de ceux qui protégeaient la rive gauche du Nervion ; sur la rive droite se trouvaient ceux de Gapuchinos, Banderas et Luchana. Pour établir un blocus rigoureux, il fallait que les carlistes s'emparassent successivement de toutes ces citadelles, barrassent le fleuve et fussent en mesure de s'opposer à toutes les embarcations qui voudraient apporter dans la cité du renfort et des provisions.

La population était pleine d^enthousiasme et d'ardeur, et disposée à toutes les privations. Depuis longtemps l'élément carliste s'était éloigné et avait cédé la place à ceux qui voulaient sincèrement le triomphe des idées libérales ; aussi ne devait-il pas y avoir la moindre hésitation. Loin de se laisser dominer par la crainte, les habitants prirent à cœur de conserver la haute réputation de courage qu'ils s'étaient acquise par leur première dérense.

Leur ténacité eut à se manifester dès les premiers jour? ; à peine arrivés, en effet, en présence de la ville, le 25 octobre, les carlistes tentèrent un assaut du côté de la porte de Mallona. Cette tentative fut vigoureusement repoussée ; elle flt comprendre aux assiégeants que l'entreprise tentée par eux était une œuvre de longue haleine et qu'elle allait nécessiter la coopération intelligente des deux armes du génie et de l'artillerie.

Devant cette dernière nécessité bien démontrée, don (Carlos ordonna à ses troupes de se retirer quelques lieues en arrière ; il chargea Eguia, le plus instruit et le plus expérimenté des militaires qui l'entouraient, de diriger à l'avenir toutes les opérations du siège ; il lui conQa douze bataillons pour cet objet spécial et voulut que Yillareal, avec le reste des forces disponibles, s'opposât à toute armée de secours qui tenterait de s'approcher des murs de la ville assiégée.

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