‹ Histoire contemporaine de l'EspagneChapitre 65 sur 152 · CHAPITRE I. •-- LES BXPfiDITIOIfS CARLISTES · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. •-- LES BXPfiDITIOIfS CARLISTES

Ce succès mit entre leurs mains la ville d'f run et la place de Fontarabie ; quant aux bataillons laissés par don Carlos à la garde du Guipuzcoa, ils ne se sentaient plus assez forts pour résister à l'armée nombreuse qu'ils avaient devant eux; ils reçurent l'ordre de ne pas livrer bataille, mais de harceler sans cesse les libéraux^ si, comme on s'y attendait, ils voulaient passer en Navarre et gagner la ville de Pampelune. Espartero ne se détermina que le 29 mai à se mettre en marche d'Hernani pour Pampelune, et il mit cinq grands jours à effectuer ce court trajet, pendant lequel il éprouva les pertes les plus sensibles.

Don Carlos était parti le 15 mai d'Estella, à la tète de 12000 fantassins et 1600 cavaliers. A raison des circonstances que nous avons signalées, il ne trouva tout d'abord en face de lui dans la direction de Test aucune troupe en état de lui barrer le passage. Aussi le voit-on passer TArga, le Gallego et envahir le haut Aragon sans coup férir. C'est seulement après qu'il eut fait son entrée triomphale dans la ville de Huesca qu'il fut atteint par le général Iribarren, commandant en chef de la division chargée de garder la ligne de l'Ëbre, du côté de la Navarre.

Emporté par son ardeur, Iribarren ne sut pas combiner ses mouvements avec ceux deç capitaines généraux d'Aragon et de Catalogne, qui pourtant avaient été immédiatement prévenus, et accouraient en toute h&te sur les limites de leur territoire; il attaqua l'armée royale à la sortie de Huesca (24 mai) avec trop d'impétuosité et pas assez de précautions. Sa division, après une lutte sanglante, fut taillée en pièces : lui-même, sans force contre cette disgiice, alla chercher la mort au milieu des balles ennemies, et accrut encore les tristes conséquences de la déroute par cet inutile et héroïque sacrifice. Ses soldats épars s'enfuirent dans la direction du Sud et allèrent demander protection

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aux deux autres chefs de corps» sans rintervention desquels la bataille n'aurait pas dû être livrée.

L'un de ces chefs était le général de division fiuerens, détaché de l'armée du Nord ; l'autre le nouveau capitaine général d'Aragon, don Marcelino Oraa, récemment nommé commandant en chef de l'armée du Centre. Du moment où don Carlos avait franchi les limites de la Navarre» c'est à ce dernier qu'appartenait la direction générale des opérations militaires ; et Iribarren, en attaquant sous sa seule inspiration, avait pris une responsabilité que le succès seul aurait pu justifier. Instruit par le malheur de son collègue, Buerens ne voulut pas commettre la même faute ; il vint se mettre sous les ordres d'Oraa et ne chercha pointa opérer isolément.

Le général en chef de l'nrmée du Centre n'avait pas eu le temps de grouper autour de lui toutes les troupes auxquelles il commandait, et qui avaient d'ailleurs à protéger une si grande étendue de territoire contre les excursionsde Cabrera ; il n'avait auprès de lui qu'une masse à peu près égale à celle de don Carlos, environ 10000 hommes, même en comptant tous les fuyards de Huesca ; peut-être devait-il attendre qu'il eût été rejoint par le capitaine général de Catalogne pour agir d'accord avec lui. Mais l'ardeur de ses troupes à venger le désastre de Huesca le détourna d'agir avec sa prudence ordinaire, il voulut engager la lutte, et livra lui aussi aux enviruns de Barhastro une action sanglante qui, pour être moins décisive que celle de Unesco, fut cependant encore une défaite pour les armes libérales.

Après cette journée (â juin), quoique fort affaibli par ces ces deux victoires, où il avait perdu plus de 3000 hommes, don Carlos fut cependant en état de passer le Genia, de franchir les limites qui séparent l'Aragon de la province de Lerida et d'atteindre le territoire de la Catalogne, où il

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