‹ Histoire contemporaine de l'EspagneChapitre 69 sur 152 · CHAPJTRJK I. — LIS EXPÉDITIONS CARLISTES · texte numérisé non relu

CHAPJTRJK I. — LIS EXPÉDITIONS CARLISTES

presque à la vue des troupes libérales cantonnées à Aranda^ et se montra enfln tellement supérieur au général qui lui était opposé, que le gouvernement jugea nécesaire d'envoyer contre lui un militaire plus expérimenté, et choisit un homme qui avait déjà marqué au commencement de la guerre civile, le général Lorenzo.

Celui-ci prit le commandement à une époque difficile, et s*é(ablit à Buitrago, non-seulement pour faire face à Zariategui opérant dans la Sierra de Burgos, mais encore pour être en mesure de protéger la capitale en cas d'une apparition inattendue de Tarmée de don Carlos. Ses intentions furent promptement démêlées par l'habile chef carliste, qui, par la rapidité de ses mouvements, se montra dans toute cette expédition le digne disciple de Zumalacarreguy ; il vit que, du côté de Madrid, il était désormais tenu en échec; mais, en revanche, que toute la Yieille-Casiille devait ôtrc dégarnie de troupes en état de lui tenir tète. Alors, par une manœuvre hardie, il songe à marcher sur Yalladolid (13 septembre), et se présente hardiment devant cette capitale. Le capitaine général avaitjugé prudent de l'abandonner, mais en môme temps avait établi dans le fort San Benito, qui la domine, une garnison de 800 hommes bien approvisionnés, à laquelle il avait donné Tordre de se défendre jusqu'à la dernière extrémité et de repousser toute capitulation. En même temps il avait écrit au général en chef de Turmée du Nord pour qu'il détachât de suite, des troupes opérant au nord, une colonne assez nombreuse pour qu'à sa tète on pût reprendre possession de la capitale de la Yieille-Castille ; ses instances avaient été prévenues, et déjà le baron de Carondelet était parti à son secours; dès que son arrivée fut signalée, Zariategui comprit que l'évacuation devenait indispensable; il se retira dans la Sierra, après une occupation de six jours, qui, du reste, n'avait pas laissé d'être fructueuse

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pour rapprovisionnement de ses troupes et le recrutement de rarmée carliste.

C'est au moment où il quittait Valladolid que Zariategui reçut Tordre d'opérer sa jonction avec Farmée de don Carlos ; cette opération difflcilé devait être exécutée en présence de Lorenzo^ qui allait consacrer tous ses eflorts à Tempécher ; elle réussitcependant. Lorenzo fut arrëtéen avant du pont d'Aranda, au moment où il essayait de franchir le Duero pour se placer entre les deux colonnes. Tenu en échec, il ne puts^opposer à leur union et dut assister de Tautrecôlédu tteuve, qu'il ne pouvait traverser, à la concentration, sous un seul et même commandement, des deux expéditions.

Les troupes de Zarlategui, toutes fraîches, très-animées par leurs succès, bien conduites et bien disciplinées, rendirent aux carlistes quelque espérance et ranimèrent leurs illusions alors tout à fait déçues. Après avoir pris quelques jours de repos, il fut décidé que la retraite continuerait ; seulement on se réservait, à la première occasion, d'arrêter la poursuite de l'ennemi par un brusque mouvement en avant. C'est ce qui fut tenté à Ketuerta (4 octobre); le général Lorenzo se vit tout à coup assailli et compromis par un retour offensif de ceux qu'il poursuivait ; l'arrivée opportune d'Ëspartero le tira heureusement du mauvais pas où il se trouvait engagé, et termina par un succès réel une journée qui menaçait de se terminer par un revers.

Après Retuerta, la retraite des carlistes, pendant tout le mois d'octobre, ne fut plus qu'une véritable fuite : la cavalerie essaya encore une fois un dernier effort et fut littéralement mise en pièces aux environs de Huerta del Rey; on dut se diviser en plusieurs corps pour distraire l'attention de l'ennemi. Don Carlos, accompagné de Gonzalez Moreno, prit une direction, tandis que l'infant Sébastian et Zariategui en prenaient une autre.

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