CHAPITRE I. — LB8 EXPÉDITIONS CARLISTES
C'est dans Pétat le plus lamentable que les carlistes parviurent à atteindre les rives de TEbre ; leur dénûment était extrême ; la plupart, vaincus par la fatigue et la faim, ne songeaient plus qu'avec horreur aux misères de la guerre. Pour relever les courages abattus, don Carlos, à peine arrivé (29 octobre), adressa une allocution aux Basques et aux Navarrais dans laquelle il esayait de leur persuader que la trahison était Tunique cause des revers éprouvés et dans laquelle il manifestait hautement son intention de châtier les coupables avec énergie.
Si une enquête intelligente avait été ordonnée au lendemain de cette proclamation, si la conduite de tous ceux qui avaient présidé à la direction de cette expédition avait été jugée, peut-être Topinion publique aurait-elle su gré à don Carlos dA sa proclamation ; mais il fut bientôt évident qu'elle était l'œuvre exclirsive de Tesprit clérical et fanatique. On vit bannir de la cour les hommes qui s'étaient le plus vaillamment conduits, et la confiance du monarque s'attacher précisément aux plus lâches et aux plus incapables. Dès lors ce ne fut plus qu'un cri dans tout le pays basque et dans la Navarre contre la sottise et l'incapacité de ce prétendant pour lequel jusque-là on avait fait tant de sacrifices.
L'expédition de don Carlos, en même temps qu'elle marque l'époque du plus grand péril qu'ait couru la cause libérale, détermine en même temps le premier râle de l'agonie de la cause carliste. Elle servit à mettre en lumière tous les germes de dissolution que le parti de don Carlos comptait dans son sein.