CHAPITEB II. •-> LES C0ETÈ8 CONSTITUANTES
sous'lieutenants, il promit aux soldats de les conduire au feu en Tabsence de leurs officiers.
Devant cette altitude, les offlciers retirèrent leur démission et reprirent leur pince dans les files, à l'exception de quelques-uns qui s'étaient par trop compromis dans cette tentative de sédition : le mouvement qui avait failli se communiquer aux autres corps fut arrêté court et n'eut pas de suites ; mais par malheur pour Tesprit de discipline en général, il avait eu par ses premiers efforts les conséquences les plujs graves.
Le ministère Galatrava, ne trouvant pas que le général en chef se montrât assez sévère vis-à-vis les rebelles, avait donné sa démission, et la régente s'était hâtée de l'accepter (18 août) ; ainsi la force militaire^ qui, en se soulevant, avait précédemment amené la proclamation de la Constitution de 1812, venait, un an après, décider de la chute du ministère dans lequel les progressistes plaçaient toute leur confiance.
La régente, tout en voulant profiter de la circonstance pour se délivrer des hommes qui lui étaient le plus antipathiques, et qui lui avaient été imposésà la Granja, ne se sentait pourtant pas assez forte, tant que les Cortès constituantes étaient réunies, pour rappeler auprès d'elle ceux qu'elle voulait favoriser : il fallait gagner du temps jusqu'à l'arrivée d'une nouvelle législature. Elle offrit donc les divers portefeuilles à des hommes de nuances diverses qui, n'ayant pas entre eux de lien sérieux, ne pouvaient former un pouvoir homogène : elle rappela au ministère des finances Pio Pita Pizarro, déjà compromis avec la majorité de la Constituante, mais la présidence du conseil fut conférée au vieux Bardaji, ancien ministre de l'époque constitutionnelle de 18:20-239 et le ministère de la marine à don Evaristo San Miguel. Le portefeuille de la guerre fut donné à Espartero, qui devait cumuler ces fonctions avec celles de général en chef, en
94 LIYEI II. <— KÉGBNCB DB CHKI8TINB.
même temps qu'il avait à faire face aux graves difflcultés résultant du voisinage des deux colonnes ennemies de don Carlos et de Zariategui.
ËsparterO) à la fois prudent et irrésolu, ne jugea pas le moment encore venu pour lui de jouer un rôle politique; il préféra continuer son rôle de général, et refusa le portefeuille qui lui était conQé pour se consacrer exclusivement aux opérations militaires; connaissant le délabrement général des finances, le dénûment des troupes auxquelles on ne pouvait porter aucun soulagement, il aimait mieux continuer à se plaindre de manquer de ressources, que d'être considéré comme la cause de la pénurie universelle.
C'est ce ministère de transition qui eut à faire face au grave péril que courut la ville de Madrid, lorsque don Carlos vint camper sous ses murs ; il eut le bonheur que le souvenir de sa mnlheureuse origine fut bientôt oublié, dans le vif mouvement de patriotisme et d'enthousiasme libéral avec lequel la capitule s'arma tout entière pour repousser l'expédition carliste ; mais dès que le péril fut passé, les principaux députés progressistes, amis d'ArguôUes, de Calatrava et de Mendizabal, entreprirent contre lui une guerre acharnée; ils en voulaient surtout à Pita Pizarro, dont ils connaissaient les inclinations modérées ; leurs attaques furent si vives, que Pita fut obligé de donner sa démission, quel que fût le désir de la régente de le conserver au ministère (30 septembre).
En acceptant celte démission, la régente ne voulait cependant perdre aucun des avantages qu'elle devait à la sédition de Pozuelo de Aravaca; elle exigea en revanche du ministrede la marine, San Miguel, et de ses collègues à l'intérieur et à la justice, trop engagés avec la majorité constituante, qu'ils se retirassent également, et une nouvelle modification ministérielle, publiée dans les premiers jours