CHAPITRE V
Quatrième période : 1823-18d0. ^ Découragement causé tout d'abord par la réaction de 1823. — Les écrivains se relèvent ensuite et luttent contre le système dominant.
Lettres. — Malgré TabseDce de compagnies, le goût du théâtre se maintient dans le public. — Comédies de maison. — La censure. — Le Pèrs Carrillo. — Traduction des tragédies françaises. -- Dreton de los Herreros et Gil y Zarate. — La Torre et la Concepcion Rodrigaez. — Fureur philharmonique. ^ Académie d*El Alirto, — Triste situation du journalisme. — La représentation de Xavier de Burgos. — El EuropeOy revue philosophique publiée à Barcelone par Aribau et Lopez Scier.
Beaux-arts, — Influence de Tccole de David. — Madrazo nommé peintre de chambre de Ferdinand VIL — Lopez conserve les traditions de Bayeu.— Mort de Goya.— L'architecture et la sculpture produisent peu d'œuvres rccommandables.
Sciences, — Aucune protection n*est accordée aux sciences. — L'observatoire de Madrid D*est pas continué. — Mort de Eodriguez. — La botanique est la seule science qui fournisse quelques travaux sérieux. — Abandon où on laisse les dessins et manuscrits provenant des expéditions soientiflques du dix-hnttiùme siècle. ^ Dette contractée* par l'Espagne à l'égard de Mutis et de Mocino. — Le botaniste Mariano Lagasca.
Conduite du gouvernement h l'égard des universités. — Plan de 1824, ses tendances. — Les recteurs nommés par le roi. -- Les universités perdent leur indépendance sans que l'Etat leur accorde un appui réel ; leur décadence.
Le débarquement du roi à Puerto Santa Maria, lorsque Cadix se fut rendu au duc d' Angoulème, le i*' octobre 4 8d3, fut le signal d*un nouveau revirement dans les tendances du pays. A cette date fatale, tous les hommes instruits et distingués qui avaient mis la main à la révolution de 1820, forent réduits à se cacher ou à émigrer ; des bandes d'assassins parcoururent les villes en faisant la chasse aux nègres^ c'est-à-dire aux amis du progrès. Le clergé reprit
43 INTAODIJCTION.
Le succès du collège de San Mateo fut complel ; mais il excitait trop le mécontentement des apostoliques pour résister à la chute du système constitutionnel : il Tut fermé le jour même où le duc d'Angoulême entra dans Madrid à la tète de ses troupes.
De son côlé, l'art dramatique contribua fort peu au progrès général de la société; il ne se trouva aucun acteurpour prendre la place de Maiquez, et la tragédie perdit ainsi le plus grand de ses attraits. La foule, éloignée depuis longtemps des théâtres par rinsunisance des pièces qu'autorisait la censure, ne put y ôlre rappelée, et les compagnies d'acteurs qui expbitaient les principales scènes se laissèrent aller au plus sombre découragement. Elles avaient offert en vnin quelques pièces de circonstance, quelques drames prohibés ; ces essais n'avaient point satisfait le public, et la modo s'était déclarée avec fureur pour les opéras de llosbini, dont tous les journaux étrangers répétaient alors les louanges avec l'accent du plus vif enthousiasme.
Il fallait, pour satisfaire cette nouvelle eiigence du public, des compagnies plus riches, des scènes tout autrement disposées que celles qui existaient alors à Madrid; sous Tem* pire de cette nécessité, toutes les anciennes comimgnies d'acteurs furent forcées de so liquider, et les auteurs qui auraient pu se vouer à la composition des pièces dramatiques cherchèrent dans la presse ou à la tribune les triomphes que le théâtre leur refusait.