‹ Histoire contemporaine de l'EspagneChapitre 86 sur 152 · CHAPITRE III. — LES COBTÈS DE 1838. II · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — LES COBTÈS DE 1838. II

attaques qu'il avait k subir et de toute Topposition progrès-* siste, et d'une partie très-notable de la fraction modérée. Cette dernière était spécialement surexcitée contre lui par suite d'événements accomplis à Séville, qui avaient amené Texil des deux généraux sur lesquels elle comptait le plus, Cordoba et Narvaez.

Quelque temps après l'époque où Narvaez avait donné sa démission de capitaine général de la Vieille-Castille, la milice nationale de Séville était entrée en lutte avec le capitaine général de Cadix, sous l'autorité duquel elle était placée ; sous le prétexte qu'on songeait à la désarmer, elle avait forcé les deux chefs politique et militaire à résigner leurs fonctions, et avait cherché à organiser une junte centrale, dont elle avait donné la présidence à Cordoba, la viceprésidence à Narvaez. Dans l'espérance de faire tourner le mouvement dans un sens favorable à leurs menées particulières, ces deux officiers supérieurs eurent la faiblesse de se rendre au premier appel de la milice de Séville ; mais quand ils voulurent donner un caractère spécial à l'insurrection, il se trouva que les éléments les plus sérieux sur lesquels ils comptaient s'appuyer étaient précisément ceux ^ui étaient le plus hostiles à leurs tendances politiques, et pouvaient le moins consentir à la réaction qu'ils voulaient tenter. Au nombre des principaux chefs de la milice se trouvait un avocat célèbre, don Manuel Cortina, dont les' idées libérales et avancées n'avaient certes rien de commun avec les tendances surannées du général Cordoba. De là une impossibilité de s'entendre, une absence de programme, et enfin un découragement général qui amenèrent une soumission volontaire et un prompt rétablissement do l'autorité du comte de Cleonard (10-23 novembre). Avec tout autre ministre de la guerre, l'intervention dans ce soulèvement des deux généraux Cordoba et Narvaez, qui, d'ailleurs,

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avait ea pour résultat réel d'empêcher tout désordre matériel, fûl restée impunie; mais l'ami d'Esparlero trouvait là une trop belle occasion de se délivrer des deux rivaux qui gênaient le plus le commandant en chef de l'armée du Nord, pour ne pas la saisir avec avidité. Ordre leur fut envoyé d'avoir à se mettre, en Andalousie, à la disposition du capitaine général, en même temps qu'au comte de Cleonard, d'avoir! immédiatement à instruire leur procès. Gordoba et Narvaez n'eurent que le temps de s'enfuir à l'étranger, et envoyèrent la démission de tous leurs grades, honneurs et dignités.

Peu après, Alaix dissémina tous les anciens corps de l'armée de réserve, révoqua le décret qui en élevait l'effectif à 40000 hommes, et supprima en môme temps la junte supérieure de guerre, coupable de l'avoir approuvé.

On conçoit combien ces événements, qui enlevaient aux modérés les deux épées sur lesquelles ils avaient voulu s'appuyer, avaient dû leur être sensibles ; ils ne pouvaient pardonner aux hommes d'Etat sous la direction desquels ils éprouvaient un tel échec. Aussi vit-on la majorité de la Chambre s'associer à un vote par lequel l'opposition cherchait à établir que le ministère actuel était incapable de mettre fin à la guerre civile et d'assurer le bonheur de la nation ; cent vingt-sept députés de nuances très-diverses se mirent d'accord pour porter ce verdict, auquel douze voix seulement essayèrent de s'opposer. Devant une semblable manifestation, les ministres se retirèrent ; la régente, indécise sur les nouveaux choix qu'il lui convenait de faire, crut devoir réunir autour d'elle ceux de ses anciens présidents de conseil qui se trouvaient à Madrid. Uans cette réunion prévalut l'idée d'Isturitz, qu'aucune des deux grandes fractions actives du parti libéral n'était actuellement en état de prendre actuellement le pouvoir, et qu'il fallait former un

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