‹ Histoire contemporaine de l'EspagneChapitre 87 sur 152 · CHAPITRE III. ^ LB8 COBTftS Dl i · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. ^ LB8 COBTftS Dl i

ministère de coalition, puisant ses forces également dans Tune et dans Tautre. On essaya sous cette donnée de con« stituer un cabinet, mais les difflcultés entre les personnes empêchèrent pendant plusieurs jours les négociations de réussir. ËnQn, en gardant à la guerre Alaix, en nommant Gbacon à la marine, la régente fit tomber ses autres choix sur des hommes du parti modéré, qui ne s'étaient point compromis par des tendances trop réactionnaires : elle appela aux affaires étrangères le vieux Ferez de Castro, actuellement ambassadeur à Lisbonne; aux finances Pita, et à la justice un homme de beaucoup de talent, Arrazola, professeur de droit à l'université de Valladolid, appelé comme Mon à la vice-présidence du congrès dès les premières séances, et considéré à ce titre comme le représentant le plus sincère des idées de la majorité.

Arrazola, qui devint bientôt le personnage le plus influent de cette combinaison, était un homme capable de se fixer un programme et de le développer ; il comprenait que le trône en se décidant, comme il Pavait fait, pour les modérés, avait compromis ses propres destinées ; aussi affecta-t-il de promettre qu'il gouvernerait sans Tappui exclusif d'au* cun des deux partis, et en faisant justice aux deux. Mais il avait aussi la ferme intention de faire voter par les assemblées dociles toutes les lois organiques dont les modérés désiraient l'établissement, et il comptait se consacrer assidûment à cette tâche, en môme temps qu'il chercherait à enrayer l'influence d'Espartero, qui devenait chaque jour plus absorbante.

Ses tentatives pour créer un parti intermédiaire entre les modérés et les exaltés pouvaient réussir tant que les esprits n'en viendraient pas à se partager sur un point fondamental, mais elles devaient irrémédiablement échouer le jour où les partisans de la monarchie absolue et les défenseurs de la

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souveraineté nationale auraient à débattre une question vitale. En tout cas, elles eurent une conséquence excellente, celle de faire comprendre momentanément à la nation qu'il lui fallait avant tont s'occuper de la conclusion de la guerre.

Arrazolaétait très-pénétré de cette idée; il sut la faire partager à ses collègues, et le cabinet tout entier, agissant avec ardeur dans cette direction, eut le mérite de préparer une trêve de partis assez longue pour laisser à la convention de Vergara le temps de se signer.

Ce grand fait, qui allait amener la fin de la lutte carliste et que nous avons à raconter avec détail, domine de toute sa hauteur les antres événements qui se passèrent durant le ministère Arrazola; mais ceux-ci acquièrent de leur côté une importance sérieuse, si Ton songe qu'ils doivent être considérés comme le prélude réel de la révolution de septembre qui marque l'année 4840.

Arrazola, en voulant s'appuyer dans les Chambres sur les deux centres droit et gauche, devait nécessairement mécontenter les extrêmes ; il eut aussi à subir les plus violentes attaques aussi bien des modérés que des progressistes ardents. Il n^était pas une des mesures de son cabinet qui ne fût Tobjet des reproches les plus passionnés ; la séparation de Palaréa et de Gleonard était un gage donné aux progressistes. Pourquoi s'opposait-il à la discussion de la loi sur les municipalités 7 Pourquoi retirait-il les principaux articles de cette loi? Le caractère espagnol convient peu aux coalitions de juste milieu, il préfère les affirmations préci* ses, et surtout à cette époque les esprits étaient trop agités pour céder aux seuls conseils de la raison et de l'intérêt bien entendu. Malgré les efforts du cabinet, efforts que personne ne pouvait nier, et que les Chambres secondèrent en votant une levée de 40 000 hommes et une réquisition

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