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militaires effectuées pendant son absence sur les territoires des provinces basques et de la Navarre, et celles qui après son départ avaient eu lieu en Catalogue et dans le Maestrazgo, avaient plutôt tourné à son avantage.
Chargé avec quelques bataillons de tenir tète dans les provinces basques et en Navarre aux troupes libérales après le départ de l'expédition royale, don José de Uranga avait pris cette tftche au sérieux ; il ne s'était pas contenté de rester sur la défensive, et par des succès d'importance, par une initiative intelligente, il avait causé plus d'une inquiétude aux généraux christinos.
C'est ainsi qu'il avait repris et démoli le fort de Lerin, qu'il avait fait capituler la place de Pefia Cerrada, située entre Yittoria et les rives de l'Ebre (24 août) qu'il avait pris et occupé la cité de Peralta, centre important d'approvisionnements, et qu'une expédition dirigée par lui avait mis en coupe réglée toutes les vallées de la haute Navarre pour en tirer toutes les recrues disponibles. Maître de tout le territoire jusqu'aux rives de TEbre, il essaya même à diverses reprises d'occuper les deux points d'Azagra et de Lodosa, qui lui eussent assuré sur un long espace la possession exclusive du fleuve ; il fallut de grands efforts^ surtout de la part de l'infatigable Zurbano, le guérillero de la Rioja, pour l'empêcher de mettre son plana exécution.
Supérieur à ses adversaires du côté du sud, Uranga ne le fui pas moins dans le nord aux lignes d'Hernani ; il avait là en face de lui un adversaire très-intelligent, don Leopoldo O'Donnell, qui essayait de suppléer à force de volonté et d'adresse au dénûment absolu dans lequel le laissait son gouvernement. O'Donnell, voulant peut-être attirer de son côté l'attention d'Uranga'qui s'avançait trop dans la basse Navarre, ou bien espérant profiter d'un moment d'abandon chez ses adversair^es, avait franchi vers le 8 septembre les
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lignes d*Hernani et forcé par une brusque attaque ]es troupes carlistes, qu'il avait devant lui, à se replier en-deçà d'Audoain.
Dès qu'il avait eu connaissance de ce mouvement, Urauga, sans perdre un moment, s'était empressé d'accourir avec les bataillons dont il pouvait disposer; il avait repoussé brUlamment d'Andoain les troupes libérales et les avait obligées à rentrer dans leurs lignée primitives (14 septembre).
Du côté de Pampelune la ligne de Zubiri, dont la consstruction avait coûté tant de peine à l'armée libérale, était tombée tout entière aux mains des carlistes; la capitale de la Navarre se trouvait désormais sans ressources, sans communications; alarmée^ affligée, elle en était réduite dans l'autonme de 1837 à ne pouvoir même pas recueillir les récoltes de ses environs.
Loin d'avoir à se plaindre de trouver les cboses en mauvais état, don Carlos, à son retour dans les provinces basques, n'avait donc qu'à se féliciter de la situation qui lui était léguée. Les nouvelles de la Catalogne, sans être favorables, étaient rassurantes. L^ofûcier à qui le prétendant avait remis la direction des affaires, lorsqu'il l'avait quittée après la bataille de Gra pour s'interner dans le Maeztrazgo, n'avait montré ni moins d'activité ni moins d'intelligence qu'Uranga. Le maréchal de camp Urbiztondo, inquiet dès les premiers jours de l'esprit d'indiscipline et des goûts de brigandage qui avaient toujours régné dans les bandes carlistes, et qu^il eut la prétention de réprimer, s'était d'abord empressé d'organiser sous ses ordres directs trois bataillons réguliers avec les débris restés en Catalogne de la grande expédition royale; il dut à cette précaution plusieurs succès importants qui lui assurèrent dès l'origine un certain prestige dans toute la contrée. C'est ainsi qu'il fit capituler la ville de Berga, si bien située au milieu du massif des montagnes pour servir
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de centre à toute Tinsurrectioa catalane ; Gironella^ Prat de Lusanes, Ripoll durent également lui ouvrir leurs portes. Pour posséder une série de places Tortes constituant une ligne parallèle à la frontière de France, il aurait voulu aussi s'emparer de San Juan de las Abadesas, et jusqu'à la fin d'août, avec une ténacité qui aurait mérité le succès, il se maintint dans les environs de cette place, travaillant surtout à assujettir à une forte discipline tous les chefs de bande qui avaient été mis sous ses ordres.
Mais c'était trop vouloir ; très-peu préoccupés delà cause commune, uniquement désireux de vivre sur le pays, ces chefs ne tardèrent pas à montrer par leur attitude qu'ils entendaient piller et non obéir. Us abandonnèrent les postes confiés à leur garde, se laissèrent mettre en déroute par le baron de Méer, et regagnèrent chacun les parages ordinaires où ils dominaient les populations par la terreur et la violence. Ainsi abandonné, Urbiztondo se tourna du cAté de la Junte catalane qui s'était installée à Berga, pour lui demander des ressources suffisantes à l'organisation d'une armée ; ennemis de tous ceux qui venaient des autres provinces, particulièrement hostiles aux bataillons qu'Urbiztondo avait formés et auxquels on appliquait l'épithète de castillans, les membres de cette Junte surent se servir de l'ascendant qu'exerçait sur tout le pays le délégué de don Carlos pour assurer leur propre autorité ; puis, au lieu de l'aider dans la tâche d'élablir un lien permanent de discipline entre les divers chefs de bande, ils inclinèrent vers une politique tout opposée et insistèrent auprès de don Carlos pour faire sortir de Catalogne les bataillons réguliers organisés par Urbiztondo. En faisant apparaître céder* nier comme un partisan des idées de transaction,un ennemi du parti apostolique, un hérétique qui logeait les troupes dans les couvents, fondait les cloches, et avait dit publique*
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ment qu'il enlèverait les sandales au pape luUmème, si elles étaient de plomb, et s'il eu avait besoin pour faire des l)alle8, la Junte n'eut pas de peine à se Taire des complices dans l'entourage do don Carlos ; biontAt arrivèrent des ofD* ciers d'état*major avec l'ordre de ramener de l'autre c6tô de TEbre les trois bataillons en question et de les réunir à Texpédition royale.
Dès lors Urbiztondo n*avatt plus joué dans le pays qu'un rôle secondaire; délivrés de toute crainte, les chers de ban* des, et surtout parmi eux Tristany, que la Junte soutenait d'une manière toute spéciale, s'étaient mis de nouveau à agir dans un parfait isolement. Au lieu de se faire par mou* vements calculés et combinés, la guerre avait continué par surprises et rencontres de petites colonnes. Urbiztondo essaya bien, dans les champs de Tarragone, de se recréer un cadre d'ofÛciers et d'organiser un nouveau bataillon qui lui fût entièrement dévoué ; mais devant la nécessité de vivre sur le pays, devant la privation de toutes 'ressources, de* vant l'hostilité à peine dissimulée de la Junte qui gardait par*devers elle les produits des dévastations, il commença à se décourager et ne songea plus qu'à abandonner, comme avait fait avant lui Maroto, une position qui lui semblait incompatible avec ses connaissances militaires, et surtout avec le devoir que lui imposait sa conscience.
On n'aurait pas une idée exacte de la vie de ces bandes dans les montagnes de Catalogue, si l'on ne savait par quels procédés l'une d'entre elles, l'une des plus connues, corn* posée de mille hommes environ, celle d'Ibanez (autrement dit le Llarcb de Copons, le Long de Copons, à cause de la grandeur do sa taille), se sufûsait à elle-même sans jamais réclamer le concours île la Junte de Berga.
« IbaAez comptait au nombre de ses oRiciers, avee le grade de commandant, un homme à manières brusques et