‹ Histoire contemporaine de l'EspagneChapitre 91 sur 152 · CHAPITRE lY. •*» APOSTOLIQUES BT TRA1C8ACT|0NN1STES · texte numérisé non relu

CHAPITRE lY. •*» APOSTOLIQUES BT TRA1C8ACT|0NN1STES

sanvAges, costume sombre, regard farouche, appelé Pan Mané ; le Llarch et tous ses subalternes avaient pour lui le plus grand respect, la plus haute considération, car il était le fournisseur général ; par lui on se procurait les muni>tions, les vivres, les ustensiles, le logement, etc. Pau Mané suffisait à tout, il fixait- les rations, recouvrait, disiribunit, tenait la comptabilité ; quatorze agents formaient son personnel. Voici quel était son procédé. Pau Muné avait établi une prison, qu'on appelait prison de Charles Y, dans un puits d'environ 20 mètres de profondeur, au fond duquel les victimes étaient descendues par le moyen de cordei quo ses ageuts lâchaient peu h peu. Toute personne appréhendée était enfermée dans ce puits, et y souffrait un traitement d'autant plus dur qu'elle tarJait davantage à payer la quantité fixée pour sa rançon. C'était Pau Mané qui en déterminait toujours le chiffre. Il lui suffisait pour cela d'un simple coup d'œil ; chaque personne était tarifée sur son air, ses manières, son costume ; le plus souvent elle devait fournir seize onces d'or (environ 1300 francs). La patience que chacun mettait à supporter les plus durs supplices, comme la fiiim, la soif, l'absence de sommeil, la bastonnade, l'huile bouillante jetée du iiaut du puits, servait à apprécier Tétat respectif des fortunes. Un jour qu'on faisait descendre un malheureux au fond du puits, les cordes cassèrent ; la victime eut les membres brisés; on négligea de recueillir son cadavre afin d'in* spirer une plus grande terreur à ceux qui devaient ôtre plus tard amenés dans ce lieu de tortures ^ »

Pour être moins cruels, les procédés employés pour se procurer des ressources par les autres chefs des grandes bandes

* La Guerra de Cataluna^ redaotada poi oflciales que fueron aotores 6 iestisos de los acontecimientos, bajo la direooion de don Eduardo Chao. Madrid, 1847,

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qui désolaient la Catalogne, Tristany, Muchacho, Zorrilla, Gaballeria, Boquica, Mallorca, Ros de Eroles, etc., n'en étaient pas moins violents et immoraux. Eu les condamnant, -en les dénonçant à don Carlos dans une exposition qui tomba aux mains du baron de Meer et fut publiée dans tous les journaux, Urbitzondo n'avait fait que céder au cri d'une conscience bonnète (voir note B), mais il se rendit lui'môme impossible. La Junte siégeant à Berga, les très-nombreux prêtres qui s'étaient donné rendez-vous dans cette ville et s'y distribuaient à l'avance tous les bénéQces d'Es^ pagne, l'entourage apostolique de don Carlos avaient décidé de passer par-dessus toutes ces atrocités, de n'en tenir aucun compte, et même de les ériger en moyen de terreur et de domination. On considéra donc comme un acte de trahison envers la cause carliste les sollicitations d'Urbiztondo auprès de don Carlos pour être autorisé à mettre un terme à tous ces crimes ; et à en juger par la fureur de la Junte et des principaux chefs, il aurait même payé de sa vie cette prétendue trahison, s'il n'avait eu l'esprit de s'esquiver à temps par la frontière de France (2 juin 1838) pour retourner dans les provinces expliquer sa conduite à la cour du pré* tendant.

En somme, son commandement, loin d'avoir été défavorable, avait plutôt dû toujours être considéré comme heureux ; la prise de Berga, les relations établies entre les chefs de bandes qui auraient pu constituer tous ensemble une troupe d'environ 12 à 43000 hommes, l'autorité bien établie de la Junte, quelques perfectionnements introduits dans la perception des contributions, rendaient de jour en jour plus difGcile la tâche du baron de Meer, dont les troupes étaient insuffisantes pour occuper tout le pays. Les libéraux étaient obligés de se diviser en un nombre indéfini de colonnes pour arrêter les dévastations et le pillage et

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