CHAPITRE lY. —APOSTOLIQUES ET TRAlfSAGTIONNlSTBS. i
pour faire respecter la propriété de leurs partisans ; exclusivement consacrés à cette tâche, ils étaient hors (d'état pour le moment d'attaquer les centres où s'était déflnitivement installée rinsurrection.
Dans le Maestrazgo, Cabrera n'avait pas été long à se remettre du découragement causé par la mauvaise issuo de l'expédition sur Madrid ; s*il avait eu le chagrin dans sa retraite de perdre aux environs d'Arcos de la Gantera (22 septembre 1837) 8 compagnies de chasseurs, qui sous rinOuence de la fatigue, de la faim et de la soif s'étaiôtit rendues presque sans coup férir/d'un autre côté son armée s'était accrue des débris de Texpédition royale, et des divers corps qui, après les défaites d'Azanzueque, de Retnerta, de Huerta del Rey, étaient venus chercher asile auprès de lui. Aussi à peine était-il retourné sous les murs de Gantavieja qu'il s'était empressé de renouveler ses expéditions ; on savait à la cour de don Carlos qu'il était parfaitement en mesure de résister à Tarmée du cenire qui lui était opposée, et que même, pour assurer si domination sur tout le pays qu'il occupait entre Tortose et Teruel d'une part, Murviedro et AUaftiz d'autre part, et Vinaroz et Castellon d'un troisième côté, il songeait à bloquer les deux cités de Lucena et de Morella ; s'il parvenait à s'en emparer, la cause carliste devait recevoir, dans tout le levant, de ce succès un nouvel éclat et une force considérable ; en attendant, les libéraux étaient maintenus dans un grand état d'alarme et de surexcitation par les courses de Cabuilero sur les bords du Jalon et par celles de Tallada dans les plaines de Valence et d'Orihuela.
Ce fut un grand bonheur pour don Carlos, au retour de son expédition, de trouver ses anciennes positions des provinces basques et de Navarre si fortement occupées par les troupes qu'il y avait laissées ; il put ainsi en effet arrêter
.134 . IIVBI 11. — JtÉaiNCB DB CHEISTIlfB.
Mans aucune dlfUculté lés poursuites dont il était robjet» et se retrouva bientôt en état do reprendre roffensive et do préparer de nouvelles attaques. De son côté, Espartero, au lieu de continuer une persécution acharnée qui pouvait être compromettante, avait à châtier les nombreux corps qui, en son absence, s'étaient rendus coupables des plus odieuses inrractions h la loi militaire; il lui fallait rétablir la discipline, pourvoir aux approvisionnements, suppléer enfin à rinsuffisance des ressources; c'est à des soins de ce genre qu'il consacra la plus grande partie de Tbiver de la fin de i837 ; les seules opérations militaires qui marquent cette époque sont la reprise de Peralta, l'entrée d'un convoi dans la ville de Balmaseda, point important de la ligne de ^extrême gauche, et enfin quelques tentatives aux environs de Pampelune pour reconstituer la ligne du Zubiri.
Vers les derniers jours de Tannée, sur la nouvelle qu'une expédition aux ordres de don Basilio Garcia allait de nouveau sortir des provinces pour l'intérieur de la Péninsule, £spartero vint s'établir avec onze bataillons à Pancorvo, point important de la Nouvelle-Gastille, d'où il pouvait suivant la direction qui serait prise par Tennemi, se porter du côté des Asturies ou de T Aragon. Don Basilio se mit en effet en marche le 28 décembre, mais il n'emmennit avec lui que 4 bataillons, 200 chevaux et un cadre d'officiers. Ce n'était pas une force suffisante pour déterminer le général en chef de l'armée libérale à se mettre en mouvement ; le commandant des troupes de la droite, Ulibarri, fut seul chargé de tenir tète à la colonne expéditionnaire ; il ne sut point lui barrer le passage, et don Basilio, après avoir traversé TEbre à gué, prit Todosa, puis se diriger par Calataynd, Ateca, Peralos et Xiloca vers les sierras de la province de Guenca, où il s'occupa d'organiser la guerre civile, en tendant la main d'un côté au lieutenant de Cabrera, Tal-