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lada, qui parcourait en vainqueur les belles plaines de Valence et d'Oribuela, et de Tnutre aux nombreux partisans qui s'étaient organisés dans la Manche et dans TEstra* madure. Après son infructueuse poursuite, Ulibarri reprit position vers la fin do janvier 1838 sur la rive de l'Ebre, laissant aux généraux en cbef des armées du centre et de réserve le soin d'arrêter les ravages et les déprédations de la colonne expéditionnaire.
Le retour d'Ulibarri était d'autant plus nécessaire à l'ex* trème droite des lignes libérales que tout TefTort apparent des carlistes s'était porté sur la gauche, et qu'on devait craindre ajuste titre que ce ne fût là une fausse manœuvre pour faciliter la sortie d'une nouvelle expédition. Don Carlos, depuis son retour, avait établi son quartier général aux environs d'Amurrio, et le nouveau général, Gucrgué, paraissait mettre tout son amour -propre à inaugurer sa prise de pos« session du commandement par l'occupation de Balmascda, située très en avant sur le territoire de la Biscaye. Go point, dont la possession était très-avantageuse pour les carlistes, était pour l'armée libérale d'une défense très-difficile ; toujours bloqué, il exigeait pour lui seul la présence de troupes considérables dans des parages où l'approvisionnement rencontrait de très-grands obstacles. Espartero, décidé à modifier son plan de campagne et ne voulant pas être h chaque instant préoccupé par le besoin de conserver cette place, résolut de Tabundonner provisoirement et do reconstituer ses lignes plus en arrière sur un torritoiro où il aurait toute la liberté do ses mouvements. A cet effet, il se dirigea avec le gros de ses troupes à l'cnconiro dos carlistes, pénétra malgré eux dans Bnlmaseda, en évncun tout le matériel, l'hôpital, l'artillerie, fit démolir les forts et casernes et donna l'ordre de transporter tous les approvisionnements à Villanueva de la Mena^ qui devint dès lors le centre prin-
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cipal de la ligne de gauche (!*' février). Guergué u'avait pu s'opposer à tous ces mouvements ; il feignit cependant de considérer comme un grand succès la prise de possessiou dcBalmaseda, qu'il effectua quelques jours après ; et en réa* lité l'occupation de cette ville, [combinée avec celle des points d'Arciniega,Âmurrio, Orduîia, rendait les carlistes de ce càté maîtres d'une série de positions qui leur rendaient facile la défense de là Biscaye.
A la même époque, dans le Guipuzcoa et la Navarre, les tentatives du nouveau général se bornèrent à quelques attaques sur les lignes d'Hernani et à certains efforts pour blo* quer la cité de Pampelune. Le générai Leopoldo O'Donnell eut facilement raison des premières ; quant aux secondes, don Diego Léon, nommé commandant général de Navarre» sut les neutraliser en s'emparant de vive force du pont ^e Belascoain, situé sur l'Arga ; par la possession de ce point important, destiné à devenir le théâtre de nombreux faits d'armes qui popularisèrent dans toute l'Espagne la bravoure chevaleresque de Léon, les communications de Pampelune et de l'armée libérale, rendues difflciles depuis la perte des lignes du Zubiri, se trouvèrent momentanément assurées (février 1838).
Guergué était incapable de concevoir par lui-même aucun plan de campagne, ou de modiûer^ suivant les circonstances, ceux qui avaient été imaginés par ses prédécesseurs; plus préoccupé des intrigues et des trames qui s'ourdissaient à Estella autour du prétendant, que de la marche des opérations militaires, il jugea utile de préparer une nouvelle expédition pour l'intérieur de la Péninsule, parce qu'il voulait avant tout éloigner de la cour un officier récemment arrivé qui pouvait prendre un grand ascendant sur l'esprit de don Carlos.
C'est ainsi que fut confié au comte de Negri le comman*
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dément en chef de neuf bataillons, spécialement choisis parmi les castillans, et que la mission lui fut donnée de marcher sur les Asturies pour y fomenter la même lutte que don Basilio organisait alors dans les plaines de la Manche.
Le comte de Negri, accompagné de plusieurs chefs im« portants, Zabala, Merino, Guevillas, Balmaseda, partit d'Orduûa le 14 mars; il fut assez heureux pour passer l'Ëbre sans être inquiété, détacha le curé Merino avec deux escadrons pour opérer dans la sierra de Burgos, et se dirigea ensuite vers les montagnes qui séparent les Asturies de la province de Léon. Mais il avait été devancé par Espartero, qui, devinant le but auquel il tendait, avait marché avec précipitation de Pancorvo sur Palencia et Léon ; menacé d'êlre atteint avant d'avoir pu pénétrer dans les Asturies, Npgri se vit en même temps attaqué sur sa droite par le commandant en chef des troupes de la gauche^ Latre, qui lui fit éprouver un désastre aux environs de Bendeja (î4 mars). Dans l'impossibilité de remplir la mission qui lui avait été donnée, Negri change alors de détermination ; il fait volte-face, et, par une hardie contre-marche, pénètre dans la sierra de Burgos, passe de là à Somo Sierra et occupe Ségovie, où il n'y avait aucun corps en état de lui résister (7 avril).
Le gouvernement libéral put facilement envoyer de Ma* jdrid quelques troupes pour chasser la colonne expéditionnaire de Ségovie et l'obliger à remonter vers le Nord, mais ces troupes devaient continuer à préserver la capitale contre les partisans qui opéraient dans la Manche et la Gastille : elles ne songèrent point à poursuivre la colonne. Se voyant ainsi abandonné à lui-même, Negri se dirigea sur Yalladolid, tenta de pénétrer dans cette cité importante, n'y put réussir, puis, par Duefias et Sabagun, regagna les mêmes
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montagnes où il s'était engogé avant d^opérer sa confrc» marche sur le Sud (15 avril). Il tenta de s'établir à Pôtcs, dans la Liebana ; mais il ne tarda pas h en être chassé par un lieuicnant do Latre (19 avril); et il fut obligé de s'en* foncer dans des pn rages inaccessibles, au milieu de montagnes couvertes do neige, où une partie do sa colonne no tarda pas à se débander. Lui-même, avec le reste de son expédition, remonta jusqu'à Barcenn, reprit ensuite le chemin de Reioosa et de Aguilar de Campo, essaya de tromper la surveillance d^Ëspartero et parvint enfin à s'interner dans les montagnes de Soria ; il se croyait presque à Tabri des poursuites quand il fut atteint à Yillasur de lus Herreros et complètement défait (^7 avril). Abandonné par ceux de ses soldats qui avaient survécu à cette déroule, il dut lui-môme, avec une très-faible escorte, aller chercher un asile auprès de Cabrera. Quant aux autres débris de la colonne, ils furent recueillis par Merino et Balmasoda dans la sierra de Burgos, où ils essayèrent de tenir la campagne en se cachant dans les forêts de pins.
Quand la nouvelle du mauvais résultat do cette expé'lition commença à circuler dans les provinces et en Navarre, elle jeta un nouveau trouble dans 1rs esprits : on commença h noter de tous côtés une tendance à la désertion dans les files carlistes. Autour de Bilbao, dans les lignes d'Andoain, aux environs de Pampelune et de Vittoria, tous les chefs commencèrent à se dire que leurs soldats profitaient do. toutes les occasions pour passer dans les rangs libéraux. Aux environs de Bilbao particulièrement, il fallut supprimer toute communication entre ceux qui bloquaient cette ville et la ville elle-même; beaucoup de volontaires étaient attirés par TappAt du gain et la promes<e d'un ét'iblissemeut en Amérique. Bientôt, des deux côtés, on en vint à prendre des mesures violentes centre les parents de ceux