‹ Histoire critique de l'école d'Alexandrie (volume 2)Chapitre 18 sur 36 · LA GNOSE. «H · texte numérisé non relu

LA GNOSE. «H

fsbie , ioacoeanble , le seul vrai Dieu , le Père *. I^ série des émanations purement divines constitue une échelle hiérarchique dans laquelle on peut distinguer hait degrés*. Lepretraerdegréeet la Raison, véritable lîls aloé , révélation immédiate et tout intérieure du Père. Le deuiièoM degré est le Verbe, révélation extérieure du Père , production immédiate de la Raison. Le troisième degré est l'Inlellig^ice , fiUe du Verbe. Puis viennent successivement tes puissances engendrées par l'union des pmnières essences, à savoir, ta S^^esse, la Force, la Justice, la Paix^ Ces diverses émanations f<»ment l'ogdoade divine , le mystérieux PléroiDe, c'est-ii-dire la manirestation complète dea puissances inlérieures de Dieu , en un mot , le monde divin proprement dit. Le Plérome épuise la nature de Dieu, mais non sa création ni son action. La création divine engendre toute une hiérarchie de puissMices secondaires, archanges, anges, dominations, etc., qui s'écfaelcHinent entre Dieu et le monde, et interviennent soit dans la création , soit dans la conservation des étree sensibles. La Gnose est la connaissance du Pléroiiie; elle ne s'obtient que par la foi^. Ta foi est un don que Dieu n'accorde qu'aux âmes qui participent,

• Saint Iriti.. I. ir, ch. 4C, par. S. 1 Saint Clén., Strom.. iv, S39.

^ Saint Irén., 1. 1, ch. 34, par. 3. Noud primo ab inoalo natum Paire , ab hoc autem aatum Logon , deiade a Logo Phrooesin , a Pbronesi aulem Sopbiam et Dynamin , a Dynami autem et Sopbift VirlutM et Principe* elADgelosquos primosTocat et ab iis primum eœlum factura.

* Saint Clèn. Strom., ii, 263. 4v<Ttt ti; rln AAv liriçarai, û;

ilt INTROD LOTION. LIVRE 11.

en quelque façon, des vertus du Plérome, et qu'il ini?sure au degré de parlicipation *. I^ nature humainp n'est cause ni du bien ni du mal qui se produit en elle .: le bien est un don de Dieu ; le mal est dû à l'influence des génies malfaisants. On ne voit guère , dans cette doctrine, la part qui reste h la volonté; toutefois Basilide suppose la liberté, puisqu'il parle de bonnes et de mauvaises actions. Le problème qui a le plus préoccupé Basilide et les Gnostiquea en générai, c'est l'origine du mal. Déjà on avait vu Saturnin et Bardesane s'efforcer de l'expliquer par l'impuissance des esprits inférieurs qui avaient présidé à la création. Basilide reprend le problème et le traite avec plus d'étendne et de rigueur. Il commence par concilier la justice de Dieu avec l'existence du mal : quand la souffrance s'attache aux méchants , c'est justice , puisqu'ils l'ont mérité ; quand elle tombe sur les bons, c'est justice encore , car, lors même qu'elle ne pèche pas réellement, fa nature humaine porte en soi le principe du péché *. En ce cas le juste n'est pas puni, mais délivré par la souffrance et la mort du principe du mal : donc le mal est toujours un bienfait. Par là Basilide justifiait Dieu , mais n'expliquait pas le mal. Si le mal ne vient pas de Dieu, d'où vient-il? Il semble que Basilide ait senti l'insuffisance de cette solution du problème; car il essaie une autre explication plus profonde et plus

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conforme h m ductriiie générale des cinaiiatiuiis. Il nie que le mal existe absolument, et le réduit ù n'être qu'un amoindrissement du bien *. A mesure que les productions divines s'éloignent de leur ceutre, elles perdent en perrection ; les derniers reflets de la lumière divine pâlissent devant l'éclat de cette lumière à son foyer , et la dernière émanation du Bien n'en est plus que l'ombre. C'est là l'origine du mal et de la matière : ce sont les degrés tout-à-fait inférieurs des effluves divins, les anges qui ont créé le monde. Mais Basilide ne s'en tient point là : dans sa pensée , la matière n'est pas ce sujet inerte et informe, cette pure capacité réceptive de Platon et d'Aristote , c'est une force , ou plutôt un ensemble de forces aveugles , mais vivantes . lesquelles se réunissent pour détruire partout Tac* tion de Dieu et des puissances divines '. Basilide personnifie ces forces dans un système de génies malfaisants qui combattent sous la direction d'un chef plus malfaisant, qu'il appelle Satan. Le chaos est l'œuvre du principe du mal, comme le monde est l'œuvre de Dieu. Si la matière, principe du mal , n'est que le dernier effluve de Dieu, elle doit suivre la loi de toute émanation, qui est de revenir à sa source. Le mal u'a donc qu'une durée éphémère; il semble que la conséquence nécessaire de celte doctrine devait être le salut de tous les êtres de la création. Mais Basilide était trop sous le joug des idées de l'Orient pour arriver h. cette conclusion. Au contraire, il pense que les hommes sont par nature bons ou méchants ; le Christ n'est venu que

> SainlCIém. £ir(>M.,40H.

* Arche!. etManet, Dhpat., 85, Î76,

2U INTKODUCTiON. LIVRE II.

pour sauver les bons. La rédemption a pour but de nous unir plus inUmement à Dieu et de nous initier à la Gnose *. Quand Tâme humaine en est là , elle a franchi toute la hiérarchie des puissaDces secondaires ^ des archanges et des anges; elle est entrée dans le plérome ineffable, et possède la vie divine.

Dans la doctrine de Basilide, ta prédominance des traditions orientales sur la doctrine des Apôtres est évidente. Dans celle de Valentin, l'élément oriental ne prédomine plus seulement, il absorbe le principe chrétien. Le gnostique égyptien puise i, flots dans les mystères de VÈgyp\e , et en général dans toutes les grtuides traditions de l'Orient ; et en même temps il emprunte à la philosophie grecque , b PyUiagore , à Platon, au Stoïcisme. Ce mélange des idées de l'Orieot et de la Grèce est propre à Valentin et h. son école. La doctrine de Valentin est un syncrétisme puissant, mais intempérant, que le souffle de l'Orient pénètre, remplit, anime dans toutes ses parties. Du reste cette doctrine, étant la dernière et la plus puissante expression du gnosticisme, mérite une analyse un peu plus étendue. Le monde ne peut procéder immédiatement de Dieu. Cette œuvre imparfaite et misérable répugne h. sa bonté parfaite, k sa majesté ineffable et inaccessible '. I^a nature de Dieu n'est ni substance , ni être, ni essence déterminée : aussi n'y a-t-il pas de nom qui puisse l'exprimer *. Scuiemcnf , pour faire comprendre ce que ta nature divine a de suprême et d'incompréhensible ,

' Irén.,1. IL, cil, 16, par. i, » SnintClém,,!.. i09,

1 Ircn., I. Il, ch 1 1, pur. I . O àvtwi^tri; .ai àvsûsisî, i. ixin hiyv. f.«Ti 5nU.

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