LA GNOSE
on l'appelle Proarche , Propator , Bythos *. Quand Yalentin dit que le Bythos engendre toutes choses dans le Silice > c'est par souvenir de cette parole de TÉcriiure dainte: Dieu a fait le ntonde dans sa sagesse ^» Mais il n'entend point p^r là distinguer \e Silence de là nature divme elle-riiêtne ni le poèer comme la première manifestation de Dieu. Ije Silence et V Abîme sont deux dénominations que Yalentin rapporte également a la nature divine et par lesquelles il exprime son absolue plénitude* Toutefois, bien qu'ils aient également Dieu pour objet , ces deux mots ne sont point synonymes. Tout principe, toute essence, tout être est conçu comme double dans la doctrine de ce gnostique, depuis Dieu jusqu'au dernier être de la création ; la loi des couples (<n>Çuyi«e) est la toi universelle de l'existence et de la vie. La nature divine est donc double dans son unité. A Texemple de l'Egypte, qui la représente comme mâle et femelle, de Pythagore, qui la concev^'t comme unité et variété. Saturnin la considère à la fois comme PoWç et eripi. BuWç en exprime l'unité^ l'immutabilité , TimmobilHé absolue , l'essence inlé • rieure en quelque sorte ; ciyyf en exprime le développement, la fécondité , la puissance expansive et créatrice ; mais la cnpf est contenue dans la nature divine, tout aussi bien que le puOoç, et cette dualité logiqtle n'en altère point l'unité. Ija première production de Dieu est la Raison , qui est en même temps la Térité '. La Raison-Vérité aspire au Bythos , sans jamais l'at*
• Irén., 1. I, ch. <, par. T ' lnftn.,1. f, cb. 4, par. 4.
Mrén. I. 4.r J
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teindre tit sans jamais en avoir la révélation coujplèle: Dieu seul a la parfaite conscience de lui-même, f>e Silence n'a pas même la pleine connaissance du By- Ihos A, C'est par le Silence que le Bythos se révèle à la Raison. Le piiemjer couple sorti du sein de Dieu comprend la Raisoa et la Vérité ; le deuxième comprend le Verbe et la Vie; le troisième l'Homme et l'Église; l'Homme conçu comme type idéal de l'humanité, comme l'Adam céleste ; l'Église considérée comme l'Esprit universel ou l'Esprit saint^. Telle est la première série des émanations divines, l'ogdoade suprême, le plérome divin . La seconde série se compose des essences éternelles ou Éons engendrés des puissances soit séparées , soit unies , du plérome. Le Verbe et la Vie ont engendré cinq couples d'Éons ; la Vie seule en a produit six. Userait fastidieux de suivre lesValentiniens dans leur interminable énumération des puissances de toute nature et de tout degré qui s'échappent du sein du plérome par voie d'émanation ^. Il suflit d'indiquer que la théorie des nombres pythagoriciens intervient fréquemment dans ce système : seulement les nombres y sont transformés partout en Archanges, Anges et puissances de toute espèce. Le dernierjÉon est la Sagesse^, qui dans son impuissance a créé le monde et engendré la matière, non pas une matière inerte et purement passive , mais un principe vivant , mélange de matière pure, d'âme et d'esprit* Le monde est à la Sagesse ce que la copie est à son
* Didasc. (tnatoLy 794.
* Irén., I. 1, ch. 1, par. 1.
5 Irén., 1. 1. ch. % par. 2.
^ Irén.. I, 2, 3. A'$uvaT&> xac àxara/v}irTo> iq>otyfM(T( ocurviv C7r<-