IV PRÉFACE
de son esprit dans les diverses phases de son long développement , et qui , en changeant de théâtre et de fortune , est toujours restée au fond la même, à Alexandrie, à Rome et à Athènes, dans ses jours de force et de triomphe , comme dans ses jours de décadence et d'adversité* C'est cette philosophie qui fera l'objet de notre travail.
Mais où commence et où finit-elle? Tous les historiens s'accordent à en considérer Ammonius Saccas comme le vrai fondateur. Nous ne voyons pas qu'il y ail lieq de s'écarter de l'opinion générale. Sans doute Ammonius n'est pas le premier philosophe chez lequel se rencontre cet esprit de conciliation entre les principales doctrines de la philosophie grecque, qui caractérise la philosophie d'Ammonius. Plutarque, Alcinoûs, Cronius,Numé«nius surtout, et, dans un autre ordre de traditions, Philon y avaient déjà essayé de môler, sinon d'accorder les diverses doctrines, soit philosophiques, soit religieuses. Mais s'il est raisonnable de voir dans ces essais un précédent pour Ammonius et Plotin , ce serait aller beaucoup trop loin que d'y reconnaître le principe même et le fond de la phi* losophie ale\andrine, telle que ces grands esprits Tout constituée. Ce qui est certain , c'est qu'avant Ammonius il n'y & encore que des écoles philosophiques professant chacune une doctrine particulière plus ou moins exclusive , celle-ci le Pythagorisme, celle-là le Platonisme, telle autre le Péripatétisme, telle autre encore le Stoïcisme, Avec Ammonios seolement commence cette philosophie qui bientôt ab* sorbe toutes les éeolet et toutes les dkictriBes.