CHAPITRE IIL
matière, et franchît ainsi !*extrê.me limite qui sépare VAre da devenir. Avant de l'y suivre et de voit* cotament elle crée, forme, gouverne les substances de ce monde infime , il est nécessaire de considérer leô trois choses qui marquent la transition d'un monde à l'autre, à savoir, le temps, le lieu et la matière.
Pour connaître le temps , il faut avoir conçu d'Abord l'éternité dont il n'est que Timage *. L*èternité n'est p.as le repos, pas plUsque le temps n'est lé mou* vement; car si l'éternité était identique avec lie repos, comme le repos est le contraire du mouvement , le mouvement ne pourrait être éternel, ce qui est absurde \ L'éternité d'ailleurs est tout entière dans un point indivisible, tandis que le repos suppose l'intervalle. Enfin l'éternité se conçoit de l'unité aussi bien que du repôs •. Donc le repos, l'Unité, le mouvement , ne sont que des modes de l'éternité. Quand l'esprit concentre la totalité infinie des actes et des mouvements de l'être dans un point indivisible , de manière à y supprimer toute diversité, toute succession et toute distance , il s'élève à l'idée de T^ernité^. L'éternité n'admet ni présent, ni passée fli futur i ces distinctions n'appartiennent qu'au tempà. Elle est l'attribut essentiel de l'Intelligence et de la vie *. Toutefois l'Ame, dans lé mouvement et dané te temps,
* Bdû. Ili, Tii, I.
* Enn. III, VII, 4.
3 Enn. III, VII, 4.
* Enn. III, VII, 3. H ovv roO Svroç frotvTtXi^ç oMa, nk\ 8Xi^^ ou^ 19 tv ToV; ftipsat /iiovov, deXXà xa( Y,hfTiâ fxnV otv fri iXXcttffccV) xdtc tw
* Enn. III, VII, 4. — III, vu, 7.
participe encore de l'éternité, de même qu^elIe participe , dans le devenir, de Fétre et de Tlntelligence. Comment en participe-t-elle? par le temps, dont le mouvement, la durée successive, et le nombre ne sont que des modes K La vie parfaite et univer* selle ne connaît pas le temps ', image de Télernité , comme I* Ame est Timage de rintelligence. La vie de rintelligence étant l'acte simple , mais infini , de l'être pur et parfait , l'éternité ' est le point simple et indivisible dans lequel cet acte est compris tout entier. La vie de l'Ame étant un acte complexe qui implique le mouvement et la succession , le temps est la série continue des moments dans laquelle cette vie s'écoule ^. Il suit de là que le temps est le mode dac tion de l'Ame , conmie l'éternité est le mode de vie de l'Intelligence. Disons le mode d'action, et non le mode d'existence; car le temps n'est pas inhérent à la nature de l'Ame , comme l'éternité l'est à la nature de l'Intelligence. Par son essence , l'Ame reste dans Tétemité ; ce qui est dans le temps, c'est l'œuvre matérielle de l'Ame^. Pour elle-même, elle est, soit par son essence , soit par les actes qui lui sont propres , au^ dessus du temps; c'est elle qui engendre le temps, par son développement extérieur.
Le lieu n'existe pas indépendamment du monde. Avant le monde , il n'y a point d'espace ; il y a seulement l'Ame qui contient le monde , comme l'Intelli-
1 Enn. III, vil, 8, 9.
3 Ena. III, vu, 40.
' Enn. 111, VII, 6.
* Enn. III, VII, 6.
^ Enn. 111, VII. 43.
PLOTIN. COSMOLOGIE. i45
gence contient TAme , comme TUn contient Tlntelligence*. Le lieu est, comme le temps, propre à Taction de TAme ; la vie de Tlntelligence n'en a pas besoin. L'Ame elle-même considérée dans son essence et dans ses actes intérieurs répugne à la condition de l'espace. Elle est donc au- dessus de l'espace, comme elle est audessus du temps ; elle engendre le lieu, par l'expansion, comme elle engendre le temps, par l'action successive de ses puissances 2.
Tous ceux qui ont parlé de la matière l'ont représentée comme le sujet et le réceptacle des formes et des idées ; mais là s'arrête l'accord \ Quant à savoir quelle est la nature de la matière , quelles essences elle reçoit, et comment elle les reçoit, c'est le véritable point de la difficulté. Les uns , n'admettant pas d'autres êtres que les corps , ne reconnaissent qu'une seule matière, la matière sensible. D'autres admettent deux matières correspondant à deux ordres d'êtres distincts, les êtres sensibles et les êtres intelligibles ^ Mais cette hypothèse soulève de graves difficultés : d'abord , si la matière est en soi l'informe et l'infini , et qu'il n'y ait rien dans les substances incorporelles qui n'ait en soi sa forme et sa fin ^ , il semble que la matière ne puisse s'y rencontrer; ensuite, si chaque incorporel est simple , la matière lui devient inutile ; puis, la matière paraît propre aux êtres soumis au changement et au devenir, à tel point que ce sont ces phé-
t EnD. V, V, 9.
2 Enn. Il, IV, 42.
' Enn. Il, IV, 4.
< Enn. II. IV, 4.
* Enn. Il, IV, 2.
446 ANALYSE. LIVHE I.
nomènes qui ont fait supposer T existence de la ma* tière *, Or les êtres incorporels ne peuvent ni changer, ni devenir. Enfin, si la naatière se trouve dans le monde intelligible, d'où vient-elle? Si elle est créée, par qui Ta-t-elle été ? Si elle est éternelle , elle coexiste donc à r Intelligence, et concourt avec elle à constituer les êtres intelligibles. Que devient alors la sinaplicité des essences intelligibles, et comment, résultant d'une union de la matière et de rintelligence, n'auraient-
PLOrriN. C08llûli)Gl£. 447
y A de$ idées, et qQ'ellee sont multiples et dtotmctes au sein même de l'IntelligeDce , il faut bien qu'elles aient un caractère propre. Or, le propre , c'est If. forme ; te commun , c'e^ le sujet de la formd qu la matière ^. En outre ^ si , comme on le dit avec raisoq , le monde sensible est ime image du monde ioteUigible, îi feut ^ pour que Timage soit en tcmt confonne au modèle, qu'il y ait aussi de la matière dans eelui-ci <, Si , de ce que la matière du monde intelligible possède éternellement la forme et ne fait qu'un avec elle , on concluait qu'elle n'existe pas, il faudrait nier aussi l'existence de la matière sensible ^ : car celle-ci revêt toujours une forme avec laquelle elle ne fait qu'un. Toute la différence est que la matière intelligible n'altère en rien la simplicité de l'être dans lequel elle se trouve , tandis que tout être qui contient une matière sensible est par cela même composé. Du reste, la matière intelligible diilère essentiellement de la matière sensible. Elle est éternelle, universelle, immu^lej elle n'altère point la simplicité de l'être qui la contient , et ne change jamais de forme ^. La matière sensible, au contraire, est temporelle, Mngulière, mobile, changeant perpétudlement de fonne, et altérant tont ee qu'elle touche.
I Enn. Il, IV, 4. El o5v r&XX<5t t-à t'(^i leoev^ f*èv ti i* adroit èrtàrpcfi fTv«« • jto^l ^ %y\ ?Aov, £ ^lae^fic SkXo SfUm- ToÛTp ^ t4
xac %h fiop^ouficvovt ircpi ^ tq ^loi^opa ' c^'v à^ xa» wXï) iJ rîjv ^fiy*f>trt Jc](opfvi9, xat àù To uiroxtîfuvov
* Enn. Il, IV, 4. Êtc te xoa/AOç vokïto; cç-« txtti l^l>se^ ^ o&roç ixtivou, ovroç A «uvftrroc, xm (( uW, ««km in ^X-^ cTvac .
' Enn. II, IV, 5.
< Enn. II, IV, 5.
C'est l'Intelligence qui, en se développant, produit la matière intelligible , principe de la multitude infinie des idées. De même, TAme, par l'expansion de ses puissances, engendre la matière sensible, base de ses opérations K Tous les phénomènes du monde sensible ^ , la génération , la corruption « la décomposition, la transformation, démontrent Texistence d'une matière propre à ce monde. Quand il y a transformation , qu'est-ce qui change ? Ce n'est pas le sujet ; car alors il faudrait admettre que l'être se perd dans le non-être par la corruption, et que le non -être engendre l'être dans la génération, ce qui est absurde. Toute transformation , toute transition de la vie à la mort, et de la mort à la vie, n'est que la succession d'une forme à l'autre. Or, pour que cette succession s'opère, il faut un milieu ; ce milieu, c'est la matière *. La matière n'est ni le principe élémentaire d'Empédocle , ni le mélang fmi d'Anaximandre , n bien distinguer la mat matière. Le caractère faut absolu de toute f non simplement de q due, la figure, sont < lités ^. Ces formes se i la matière sensible; :
inhérente pas même
* Enn. IV, m, 9 ; I. viii
* Enn. IL iv, 6.
' Enn. II. IV, 6. Cette démonstration est reproduite d*Aristote.
* Enn. II, IV, 7, 8.
* Enn. II, IV, 9.
PLOTIN. COSMOLOGIE. 4i9
toutes*, La quantité n'est inhérente, ni à l'être, ni à la matière. Pour l'être, cela est évident, puisqu'il y a des êtres incorporels, et par conséquent sans quantité, quant à la matière. Le sujet matériel peut bien être un giuxtitum ( 7ro<iov ) ; mais il ne possède pas essentiellement la quantité. Au contraire, en tant que matière, il l'exclut. 11 en est de même pour l'étendue 2. La matière la reçoit avec la quantité et à la suite, mais sans la posséder essentiellement. Ainsi, quand la quantité vient s'adjoindre à la matière , elle ne fait pas qu'y développer une certaine étendue primitivement inhérente à la matière , elle l'y transporte tout entière.
Mais, dira-t-on, si la matière n'est point quantité , à quoi sert-elle dans la formation de l'être sensible * ? Puisqu'il existe dans la nature tant de choses sans matière, comme le temps, le lieu, l'action, le mouvement, pourquoi la matière serait-elle nécessaire à la formation des corps élémentaires? La réunion de l'étendue , du nombre , du mouvement et des autres qualités , n'y suffit-elle pas? Il est vrai que la matière n'a qu'une fonction, laquelle consiste k recevoir la forme , toute forme possible ^ ; mais cette fonction est nécessaire à la formation de l'être sensible : car, sans un sujet qui , comme la matière , soit prêt à recevoir indifféremment toute forme, il est impossible d'expliquer les changements et les trans-
I EoD. II, iv, 9. 0)wç Sk noifJON oeaaïfAotTOv ^<7{y, itroacv ^fTi'ov '
* Enn. II, IV, 11.
3 Enn. H. iv, II.
* Enn. II, IV, H.
tSQ ANALYSE. LlVnç l
formations qui s'opèrent dans la nfVt^i'c. Qr il n'est pas nécessaire que tout récipient soit étendu. Ainsi Tàme reçoit et contient sans être étendue*. Et, d'un autre côté , l'étendue n'est pas propre à la fonction de récipient ; car elle est déjà une forine , et , comme telle, ne serait point un sujet capable de recevoir toutes les formes. Enfin , si la matière reçoit la foroie , ce n'est point comme étendue , mais comme matière ; rétendue est le lieu , et nqn pas le sujet dans lequej s'opère le changement 2. Indépendamment du lieu où les éléments matériels vont se mêler, ils apportent chacun leur matière dans ce ipélange ; le lieu suppose
défaut absolu de toute qualité et de toute forme.
> Enn. II, IV, 41.
2 Enn. II, IV. 44.
5 Enn. III. VI, 8, 9, 40.
* Enn. III, VI, 8, 9, 4 0.
Mai3 tout cela ne suffit point encore pour la caractériser exactement 11 faut ajouter que non seulement elle ne possède actuellement aucune qualité, aucune forme, mais encore qu'elle n'en contient aucune virtuellement ^ ; car autrement elle ne serait pas capable des contraires* Elle n'est capable des contraires, et en général de toutes les qualités possibles, que parce qu'elle est, non pas un acte, non pas même une puissance, mais une simple possibilité. Dans l'acte, les contraires s^excluent; dans la puissance, ils se repoussent; dans la pure possibilité, ils se concilient toujours ^, Ainsi le caractère propre de la matière n*est pas seulement le défaut absolu de formes, c'est encore la capacité universelle, et en même temps l'indiiïérence absolue pour toutes les formes possibles. Entre la matière dont se sert l'artiste et la matière dont Dieu a formé le monde , il y a une profonde différence*. Dans l'œuvre de l'artiste, la nature de la matière favorise ou entrave son action, La vraie matière n'apporte au Démiurge qui la travaille ni con* cours ni obstacle ; elle peut recevoir toute forme, sans incliner vers aucune. Gomme elle n'aspire vers aucune forme, et qu'elle n'en contient aucune virtuellement, elle n'est ni une tendance ni une puissance ; elle n'est qu'une simple possibilité^. La puissance proprement dite, sans être l'acte, y parvient en vertu d'une énergie intérieure ; la tendance , si elle ne peut y arriver par elle-même, y aspire. Mais ne pourrait-on pas dire
« Enn. m, VI, 8, 9, 10.
^ Enn. 111, VI, 8, 9, passim.
« Enn. II, IV, 8.
* Enn. 11, IV, 8.
que le défaut de qualités , qui est le caractère propre de la matière, constitue une sorte de qualité privative , comme la privation de la vue, par exemple, constitue la qualité privative de cécité? Cette difficulté n'est pas sérieuse : le propre de la matière étant d'être sans qualités, c'est abuser des mots que d'appeler qualité la propriété de n'en point avoir *. Le nom qui convient à la matière, c'est iWa. et non oca^ov , parce que le singulier est ici trop déterminalif. La matière est privative , en tant qu'elle ne possède ni actuellement ni virtuellement aucune qualité ; mais elle ne l'est point , si par privation on entend le défaut de telle qualité seulement '^. Du reste , l'introduction de la forme n'ôte à la matière ni son caractère de privation* (car ici la privation n'est pas un état, mais la capacité de revêtir tous les états possibles); ni son caractère d'indétermination , p \m accident, mais I ni son caractère d'im qu'elle est en soi le elle est le principe mal était une forme, rait pour caractère, absolue du mal et d rence même pour ui mal ^.
Puisque la matière ne possède la forme
• Enn. Il, IV, 4 3.
2 Enn. Il, IV, U.
3 Enn. II, IV, 46.
* Enn. II, IV, 16.
PLOÏIN. COSMOLOGIE. 4i3
elle peut être considérée comme le non- être *. En effet, nous définissons Tétre, ce qui pour être et se conserver, n'a besoin d'aucune autre chose, et se suffit pleinement à lui-même. Donc l'être exclut toute dépendance , toute condition ; il n'attend aucune détermination d'un principe extérieur ; il possède l'essence en soi et par soi de toute éternité. Cela posé, il est évident que l'intelligence est l'être , que l'âme aussi est l'être , mais déjà à un moindre degré, que tout intelligible possède l'être en propre^. Quant au corps, il n'est pas l'être, il ne fait qu'y participer ; plus il est inerte et grossier, moins il en participe. Sous ce rapport, la terre vient après l'air, l'air après le feu ; le mouvement , l'être , l'intelligible , sont en raison inverse de la masse *. Le corps n'est qu'une éclipse de l'être; la matière n'étant ni intelligence, ni raison, ni âme, ni forme, ni limite, ni puissance active, ni puissance passive, n'est même pas le plus faible degré de l'être. Elle est le non-être *, non pas le non-être tel qu'on l'entend, quand on parle des êtres sensibles et contingents, lesquels sont encore une image de l'être, mais le non-être absolu.
Si la matière est le non-être absolu, il est évident que le vrai type de la matière est dans le monde sensible seulement. La matière intelligible n'est pas le
« Enn. m, VI, 6.
2 Enn. 111, VI, 6.
' Enn. 111, VI, 6. H <îc xtvvjaiç «5^7ct(i n; ^r, ou^ot, cv roTç awftatJtv îv, xac fiipï^tv ^ou^a tovtyjç, |[*2t)Aov içt roTç tjTTov çtâfjLoizoç fjfouacv, wîT^ç «TtoXctxJ^cwç ToO 5vT0Ç^ xaTotXftircc, fwlXXov ToOro (7&>pa irocouo>};.
* Enn. III, VI, 6.
la ANALYSK. LIVRK I.
noij-étre, puisque le Don-ètre répugne absolument au monde intelligible ; elle n'est donc qu'une ombre de la vraie matière. En soi, nul être intelligible n'est tnatériel ; il ne le devient que par comparaison *. On peut dire que l'être s'y twuve à un degré moindre { mais il y est toujours, et toujours pur et parfait en soi. En ttn mot, la matière intelligible n'est qu'une moindre essence , comme l'ombre n'est qu'une moimïre lumière. C'est dans l'être sensible que se trouve la vraie matière : celui-là est matériel, non par comparaison* seulement avec les êtres supérieurs , mais en soi et absolument. Il porte la matière dans son sein, comme il porte l'imperfection, la misère et !
La matière étant le être, comment l'âme p( perçoit la qualité d'un ( forme, l'idée, l'acte. L lité sensible, ni une i échappe à la fois aux sei peut donc la connaître concevoir vaguement la il faut que cette concep comme son objet ; car t en une perception préc tion de la matière en talion d'une matière d objet, plus l'âme fait d elle le comprend. C'est
• Enn. III, VI, 6.
2 Enn. m, Vf, 6.
3 Enn. II, IV. 40.
< Enn. II, IV, 4 0.
PI.UTIN. COSMOLOGIE. 455
aussi Platon âppelait-il loytafxôç voOoç le procédé par lequel l'âme conçoit la iiiatîère.
Dans le Tirnée , Platon affîrnne que la matière participe de ridée, et qu'en vertu de cette participation, elle passe du beau aii laid, du mal au bien *. N^eèt-ce pas vouloir dire qu'elle change et qu'elle est quelque chose de déterminée Que devient alors son impassibilité et son incapacité absolue de toute forme? tel n'est pas le sens des paroles de Platon : la matière participe, sans cesser d'être impassible. Elle ne devient réellement ni bonne, ni belle, mais elle sert à manifester le beau et le bien , sans cesser d'être ellemême *. Quant à la qualité de mal que Platon paraît lui attribuer, il veut dire seulement qu^elle est incapable par elle-même de toute participation au Bien , comme tous les êtres. En effet , c'est cette incapacité absolue qui fait de la matière le mal , ou plutôt le principe du mal.
Mais si la matière conserve son caractère propre dans la participation, comment concilier cette impassibilité absolue avec la participation elle-même, et comment d'une telle participation peut provenir l'être sensible ? Plotin l'explique en développant une théorie de Platon. La matière est, par rapport aux idées, comme le miroir par rapport aux objets; elle les représente et les fait apparaître , mais elle ne Contribue en rien à leur donner l'être ^ Si vous supprimez la matière , il n'y aura ni plus ni moins d'être dans
< Ènn. III, vi, 11.
2 Enn. III, VI, 11. •
» Enn. II, viJ4, 42, «3, U.
4o(i ANALYSE. LIVRE L
le inonde ; seulement la matière n'étant plus là , les représentations des idées disparaîtront, de même qu'en supprimant le miroir, on ferait évanouir l'image qu'il produit. En un mot, la matière est un principe d'apparence , mais non d'essence , pour quoi que ce soit *.
T^es idées ne descendent p( intelligible dans la matière ; vant de l'Intelligence , les ti la forme de raisons séminale dans la matière sans s'y m( ne se mêle point au sens ni faisant son apparition ^. En ] la quantité , le nombre , la f propres aux êtres sensibles même la matrice du monde ment stérile et incapable d'êl de féconder *. Elle ne conc production ; c'est la forme i de la matière et de la forme anciens mystères, qui nous l'instrument de la génératic insignes de la stérilité ^. Ils représentant comme la mèr
' Enn. III, VI, 15. OOx r;^« 4
ov9a, ôXXà yiyvtrat pkv otirco: SjXot{
'^ Enn. III, VI, 4 5. 6 ^ cTrt t^
' Enn. III, VI, 15.
'* Enn. m, VI, 16. Ka\ fAtvn; i/9à>v>.ôyo; àyoïyàiy cl; o^ov ocùro; rfiùvj, c7rotr/7cv owtïjv ficya. Trop' auToO t6 u'y» 7rcp(9c(( xOrij oùit cvffvj, TOwTo Sï où^ yevofxcvT}.
PLOTIN. COSMULUiilE. 457
est le réceptacle de la forme , elle n'en possède pas pour cela la vertu fécondante *.
11 semble qu'après avoir déterminé la nature et le rôle de la matière, Plotin eût dû en indiquer rorigine. On ne voit pas que cette recherche Tait préoccupé. Est-ce une lacune de sa doctrine , ou bien considérait-il la question comme oiseuse ? Platon et Aristote avaient reconnu l'existence indépendante du principe matériel , comme condition et sujet de la réalité sensible. C'est à ce principe vague, mais suffisamment distinct , qu'ils rapportaient tout élément matériel des corps. Si Plotin ne s'explique pas ^sur l'origine de la matière en soi, c'est que, dans son opinion, il n'y a pas lieu de chercher l'origine de ce qui n'existe pas réellement. Mais quand il parle de telle ou telle matière , c'est-à-dire d'un corps , alors il en indique clairement l'origine. Il rapporte à un principe supérieur, à l'Ame, toutes les puissances et toutes les propriétés de la nature, la substance aussi bien que la forme. L'Ame, dans sa pensée, ne se borne point, comme dit Platon, à former le corps; elle l'engendre en même temps qu'elle le forme. C'est elle qui , en vertu de son inépuisable fécondité , produit l'immense série des êtres sensibles, depuis la matière subtile des astres jusqu'à la plus grossière matière des êtres terrestres. Cette matière est le dernier effort de la puissance de l'Ame , la dernière lueur qu'elle projette dans son rayonnement 2. Et pourtant, à cet état , elle n'est pas encore la matière pure ; elle n'est qu'un mélange de matière
' Enn. III. VI, 19.
î Enn. IV, III, 9.
i58 ANALYSE. LIVRE I.
et de forme. Le corps terrestre , dernière émanation des puissances de TAme , est un dernier reflet de la lumière intelligible ; ce n'est plus qu'une ombre : mais l'ombre est encore la lumière. Au-delà, c'est la nuit. 11 est impossible de fixer le point précis qu'occupe la matière dans l'échelle des émanations de l'Ame, par la raison que la matière n'est point une émanation déterminée , comme les autres être en aucun lieu ; elle suit c toutes ses manifestations exl comme une ombre vague et nature entière , devenant plus l'âme descend dans la série finissant par une ftuit épaisse monde sensible , et dont on n( et la profondeur *.
Jusqu'ici Plotin i rapports avec Tint le monde du temps il va la montrer, et gouvernant le m Raison , tant qu'elle gence ; quand elle devient une Puissai l'Ame avait recueilli veloppent en puiss séminales 2. Ces pi
' J'ai cru doToir, àfio d« la rendre prlus claire , développer ud
peu cette théorie, que Plotin ne fait qu'indiquer.
'•* Enn. II, III, 47. At? rocvuv xac avnbv, Trapà voO cj^owffow ^i^-
monde intelligible; ce sont des forces aveugles qui rentrent dans là hature , et dont Tunique fonction est de produire. La pensée et la fin de leur opération créatrice résident dans un monde supérieur *. L*Anie inférieure, c'est-à-dire TAme à Tétat de Puissance naturelle, les porte dans la matière et produit les choses sensibles avec leur concours. Ainsi Plotin distingue deux Ames , Tune qui reçoit de Tlntelligence les raisons des choses, l'autre qui les transhiet [immédiatement à la matière. Il ne faut pas toutefois s'exagérer la portée de celte distinction ; elle ne va point jusqu'à une distinction de substances. Au fond, il s'agit moins de deux Hypostases différentes que de deux fonctions de la même Hypostase, considérée tour à tour en regard de l'Intelligence et de la Nature. Du reste, cette distinction contient en germe la théorie de l'Ame u7wepxo<ï[xtoç , et de l'Ame s'yxoV (iioç, développée ultérieurement par l'école d'Alexandrie.
Maintenant Plotin va montrer comment l'Ame produit et quels êtres elle produit. L'Intelligence produit, sans sortir d'elle-même, et sans que l'acte de la production trouble son repos ; c'est ce qui fait qu'elle ne tombe ni dans le temps , ni dans l'espace , ni dans la matière. L'Ame produit avec mouvement ^ ; elle subit donc la loi du temps , de l'espace et de la matière. Tant qu'elle se borne â contempler l'Intelligence, elle
• Enn. n, ni, 17. O yàp Xôyoç cv vh) irotcr, xac tô irocow yuçcx«; , o(» itétiai^ y ovmÎc opa^cç , âXXa ^a/ji(î x^tnnxh ttîç uXïjç , oûx ic- ^ia^ aÙJoL è^oa jjidvov.
' Enn. V, II, 4. ri ^ (^fr^'î) ^ f*ivou#a irotcT, «XXà xcviQ9cT<ya
460 ANALYSE. LIVUE 1.
reste en elle-même, se nourrissant en repos et en silence de ce ravissant spectacle ; mais, comme elle surabonde de cette vie qu'elle a puisée dans l'Intelligence , elle obéit bientôt à un irrésistible besoin d'expansion , et quittant les voies de la contemplation , elle engendre la sensation et la nature *. Tout ce qu'elle produit est son image; cette image s'affaiblit, sans jamais s'effacer toutefois, à mesure qu'elle s'éloigne du foyer de la puissance productrice. Jamais la force créatrice, dans ses élans les plus excentriques , ne se sépare de son principe. Ainsi l'âme de l'homme ( laquelle est identique avec l'Ame du monde ) descend jusque dans la plante , et là encore conserve toute son essence -. C'est qu'en produisant une substance inférieure à elle-même, elle n'y passe pas tout entière ; ce qu'il y a en elle d'intelligence ne se mêle point à la nature au sein de laquelle elle dépose sa création , mais reste en ellemême.
Les êtri l'Ame , du procession engendré fond tout même, do mais il s'y Lorsque V certaine in
* Enn. V, II, 4. Éiui fih ouv |3Xc7rov7a, oOn cymro, izïyi^rai, TrpofXOoûaa ^t ce; xtvTiTjv oXXrv xotc cvavTtov, ycwa l)fdoi>Xov arjT^ç, aU- 6t)oiv xotc yuaiv TTiV tv Totç frjvoiç.
2 Enn. V, 11, 4.
3 Enn V, II, %
tatîve ; si elle passe dans la brute , elle y forme une autre image d'elle-même, Pâme sensitive ; si elle passe dans l'homme , elle y crée une autre image encore , l'àme raisonnable et volontaire ; et chacune de ces âmes reproduit en traits affaiblis une des puissances de l'Ame créatrice*. Maintenant, si on coupe une branche de l'arbre que l'Ame habite et qu'elle vivifie, ou si on brûle la racine qui était comme le centre et le foyer de la vie , que devient l'âme ou la partie de l'âme qui était dans cette branche ou dans cette racine ? Elle remonte à sa source ; car on ne peut admettre que , simple émanation d'un principe , elle se contracte et se retire en elle-même 2. Cela ne peut arriver qu'à une vraie substance. Mais pour la vie qui existe en une substance, remonter à sa source, c'est rentrer dans le sein de l'Ame universelle *. Or cette Ame n'est point distincte des âmes particulières, simples émanations qui , s' échappant de son sein , viennent féconder et vivifier telle ou telle partie du monde. Comme tout être intelligible , elle ne se distingue pas par le lieu , mais par l'essence. Aussi le retour de ces émanations particulières à l'Ame , de l'Ame à l'Intelligence , de l'Intelligence au Bien , n'implique aucun déplacement ^. Pour comprendre la création de l'Ame et comment le monde sensible en sort tout entier , il faudrait se représenter la vie universelle comme une ligne immense sur laquelle chaque être occupe un point , engendrant l'être qui
' Enn. V, II, 2.
2 Enn. V, II, 2. "El Sk fiii, h aXX>î^Tcx^" ou yàp rtvoytàcttroti '
^ Enn. V, II, 2. FÀ ^' mot^pâfiotj h tç tcpè »ùt«î ^vcrfAf(-
< Enn. V, II, 2. Il ^ f*W' ^^'-'^ ^'^ t6k(m> ' oO^v yàp h xôkm r,v.
m ANALYSE. LIVRE (.
suit , engendré par celui qui précède , et toujours distinct, mais non séparé de l'être générateui' et de rêtre engendré dans lequel il passe sans s'absorber *.
C'est ainsi que l'Ame produit toute puissance de vie ou d'être dans le monde sensible, le sens dans les animaux , la nature dans les plantes , ne s'arrêtant dans son expansion infinie qu'à l'extrême limite de l'être sensible, à la matière. Il n la réalité , l'Ame crée d'ab( infinie des corps 2, depuis de lumière, jusqu'à la plus 1 matière, et qu'ensuite elle ) L'effusion de la forme et d de la création de l'être sens; où l'univers ne fût qu'un a riels sans forme et sans vie sans une âme, où la matièr à l'état de pure matière *.
l'Ame universelle créant, fo se confondent dans l'ordre pas moins distinctes dans Y donc séparer par la pens( unies, mais distinctes dar
« Eon. Y, 11,2. Êçiv Quv qî#i* Ç
^ov txaçov rcSv popt'cov tcI>v c^cÇyj;, aXko T^ ^(a^op^ cvje â7roXXu|!itvov i\
* Enn. IV, III, 9.
^ Enn. IV, m, 9. Ac7^^ tw Xoyw tyjv cÎto^ov xat riv tu^jnij^ni ètèa'jxoîkiaç xa\ tou aotyoûç x^^'^ yiyJwBat v9/i(^c(v " circè oùx 5v ÔTt oux hj/u^cjTO TÔ^c To itav ' ouj * èv^v on qîù'Ch %>^ftçixcc, ^I^v^; àiirri' cïjç, ouic 0X19 TTori, 0 rt àfxocfiriroç îv-
tienpe compte de cette upion *. y Ame, pour sç développer, a besoin avanl^ tout d'un lieu^ : or, ce lieu, théâtre nécessq.ire et naturel de son expansion, ne préexiste point à l'action de TAme. Celle-ci ne Ip trouve point tout prêt à la recevoir; elle le crée et crée le corps pq.r cela même * , non pas le corps tel qu'il apparaît à nos sens , tout formé et plein de vie , mais quelque chose qui n'est qu'un espace vide , np simple sujet, pouvant servir à la fois à l'àme de théâtre pour son développement et de réceptacle pour l?t vie qu'ellç doit y répandre. Tout corps est une œuvre de l'Ame, un produit plus ou moins immédiat de son infinie expansion. L'Ame est comme une lumière immense qui s'affaiblit par degrés , à mesure qu'elle s'éloigne de son foyer. Arrivée au terme de son rayonnement , elle se perd dans d'épaisses ténèbres. Mais son regard perce encore ces ténèbres de ses derniers traits, et les dessine, en les illuminant ^. Ainsi se forme le corps, La'puissance expansive de l'Ame commence aux astre» et finit à la matière infime et grossière des corps sublunaires , limite extrême où vient expirer le bien ^ Mais comment i'Ame, essence intelligible, descendelle si profondément dans la matière? Voici l'expUca-
' Enn. IV, III, 9.
* Enn. IV, m, 9. Sw/iwcro; yiv fii ovro; ov^' ov irpocXQoc ^«X'^i tjttl oit^t xÔKoç SXkoi içtv, ojro'j tcf'yuxcv ctvat.
5 Enn. IV, III, 9. ïlpoiivat ^ tl uAXot, yiwtÎTct «otur^ tojtov, iiçt xa'( oéjfMc*
* Enn. IV, m, 9. T^; ^îj çaacw; «ùt^ç èv aûrÇ tç çaatt otovci pwvw/A<vv}ç , olov TToXù ywç cxXo(^\{;«cv , in' âxpot; To7ç iff;^aTOtç Toîi irvpô;, axoToç tycvcTO, owcp c^oOaa i "^"X^^ èiriiwcp ùiccçtj» c^opywcrv
OUTO.
6 Enn. I, VIII, 5.
46 i ANALYSE. LIVRE I.
tion de Plotin. L'Ame , image de Inintelligence, contemple son modèle et devient, en vertu de cette contemplation , une Raison. Or , en tant que Raison , elle renferme en son sein toutes les idées. Seulement elle ne les comprend plus comme l'Intelligence , à l'état d'essences pures , dans une unité indivisible , mais dans une variété divisible à l'infini , à l'état de raisons séminales *. L'Ame, pure image de la lumière intelligible, brille tout-à-coup et illumine tout ce qui se trouve auprès d'elle , pénétrant de ses raisons le sujet matériel 2, C'est a forme et devient une dem recevoir l'âme et déjà di riche de beauté et d'être, son auteur, lequel l'a édi au-dessus d'elle *. Aussi , possède , la domine , sans minée par elle * ; car, à vr qui est dans le corps, mais il y est comme un filet da loppé de toutes parts par par l'eau *. S'il n'en était aucun souci d'occuper le c
■ Enn. IV, m, 40. Zôîffa ou; cc<Sfa>Xov ou ^cc ' xoi( yÀp xaà ct^wX^ fM^fàç owfAttTwv, cjv Toù( Xôyouç Acb fravToc xai o xojpo; l/tt-
* Enn. IV, III, 9. Ka? towj
•* Enn. IV, III, 9. Avw yàofAc'vwv iiciçoLZiX,
* Enn. IV, III, 9. Kparoujtuvo; (xô'jp'î;) où x;,otTMv, xx' i^^ôui.'*;, crW* oùx f/Ci>v.
i Enn. IV, III, 9. Kùrot yx^ cv t^ ^^^ «v i'/l^^^.' *^'f®'' xcofiov.
PLOTIN. œSMOLOGIE. 465
elle Test par elle-même, sans avoir besoin, pour le développement de son être , de sortir de son essence et de se répandre dans un corps K
Pour pouvoir comprendre dans toute son étendue Tœuvre de la création du monde , il faut remonter au principe étemel de cette œuvre, à TAme, et de là embrasser dans sa totalité Timmense série des êtres créés 2. Représentons-nous donc tout d'abord TAme assise au sommet du monde sensible , produisant et formant dans le temps et dans le lieu, sans y descendre elle-même, produisant et formant dans un ordre hiérarchique, les corps célestes d'abord, puis les corps des animaux, puis les corps des plantes, puis les corps plus grossiers , et arrivant , par un dernier effort de sa puissance affaiblie, à la plus épaisse matière , comme la lumière dans ses dernières lueurs se perd dans l'ombre*. Cette œuvre immense, l'Ame l'accomplit sans effort et sans aucune opération qui suppose intention , examen et délibération *, comme les œuvres de l'art. Or, l'art est inférieur à la Nature et à TAme ; il en reproduit les œuvres par des imitations obscures et faibles, opérant toujours avec un grand appareil de machines * , et quelque
011 ^vafACvov itofhroxt if outrât kv ^ cçtv.
« Enn. IV, III, 9.
» Enn. IV, 111,40.
' Enn. IV, m, 40. Ûç «vp^ fo^aroi tiçvç^pw^ rov npcmv ex ToO io^^oTOv vooufAtvov nrjfàç 9xcaç.
^ Enn. IV, III, 4 0. H A iro(c7 o{»x inaatxti yvwpp, o^Ak PouXviv i
* Enn IV, III, 40. — ÏIÏ, viii, i. Ac?^ xaù rh f««^Xcucfv àfthn ex xriç ^9(xrl; iroiioww;
4<i<i ANALYSE. iiyftÇ I.
insUrumeot qu'il emploie^ il trouve la iHatîèra rebelle à sa direction et se refusant à revêtir la fornae que la raison de Tartiete a voulu lui dgon^» C'e^t que la matière à laquelle IWtiste s'attm}qe, tMtôt fait obslade et tantôt fait défaut , et q>«e fiw ce tJiéâtre^ souvei^ trop étroit , Tart étfmffe ou languit. Mais TAme, par la seule puissance de soa ess^aieef domiue sod sujet et ramène h la forme ^'elle veut, sans qu'il puisse otpposer la moindre j:ésistance à sa volonté ^. Les anciens croyaient faire descendre 4es
€fi Pim au m|)portr de» ehoaes seosifales eHtre fAhéi lequel ^ kml inimtt qfàlà esk ^» impliqué teul^urs dicÉijMtt^o ^ séparatkHi de lieu , et par saîte impoasibiHlâ do parlîoipaUom G'esk laéine parce que Wf^ifM wam \mmm sbneer par me gpoMère aimèogte que nous comprenons dîlfii6ilemeM et mal le rap^ port de Fêtara kitellîi^ k rétre Mnsftie ^ da lldée k la Boatièfei I>'aho9d Viàét nâ dèscené pas eRe^ mèaià daœ ki matière K SafiérîeiÉre^au Ueo oMimeaii teofw^ ea^ sa qualilé d'être* kiteHi^bta , Fîdée reste daae la spkèf er iateUigiUet^ el d» lèi, sais efifort et 99m manKveiMOt r iliulbîna Fàiae ^^ hquéWe* iraamiefe le raiyatf iotelUgible, aoa j^^ soi» fortae d'kiée ^ ittaia ^eaa^fiMmeda lai^oi^ ai* ai^el noatléFieir le pfcia vomvk C'est doue la raîsoa s^ioale seule « et non l'idée ell^« m^me » q^ habita la maÉîèra. Dans FcouVre de hi for<* iBatmi des édtesy cette rséso» a^ag)it pas s«ar la msUière eeamie la eaaeèptiaoi de l'artiste , e'estrà-dîre exté-* FÎew^Eaeat; eUe agit mtéHearemeni, et, pair tfae action sowde et irrésistible, eUeanène laitoatièreii lafovme^w La pat^tidpatioa du rmmàt sewîbla «m moade îartelli*» gible n'est dane pcnot imiTiédiab^;? eUe se^ fak par ml pfiacipe' intemédbaH^e, qu» edt l'à^e et la raison.^ Mais eommîsat l'intolligîbta esl-il pvéseot au* sensiMa/ FiolimssMe eC l'&ma à la matière) La Miana peut