‹ Histoire critique de l'école d'AlexandrieChapitre 16 sur 29 · II · texte numérisé non relu

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306 ANALYSE. IJTRË III.

du temps doit être nié de Tétef nité, et réciproquemetlt. Mais s'il y a une telle opposition entré le temps et Téternîté; comment le temps peut-il être éternel ? C'est ce que Proclus explique d'une manière subtile, maié très ingénieuse. Si toute série descendante Va d'un être à soti semblable * ; si , avant les êtres tout-à-fait dissem blables, se trouvent annexés aux premiera ceux qui leur sont plus semblables que dissemblables, il est impossible qu'aux êtres éternels soient rattachés immédiatement les êtres qui arrivent à l'existence dans telle ou telle partie du temps. Car, par ]e devenir, ils diffèrent en tout point des êtres éternels qui sont, et par Vëtre limité à tel ou tel temps, des êtres éternels qui s&Ht toujours. Entre ces deux sortes d'êtres se trouve un être intermédiaire, semblable sous un aspect^ différent BOUS un autre , et qui sera ou ce qui devient toujours, ou ce qui est pendant un temps limité, ou ce qui n'e^^ pas réellement. Ce ne saurait être ce qui est pendant un temps limité, car l'être et le temps limité se contredisent. Ce ne pourrait être non plus ce qui n'e^ pas réellement , car ce qui n'e^^ pas est ce qui devient^ et il est impossible que l'être intermédiaire entre l'éternel et le passager soit un simple devenant (yivopvov). Reste donc pour seul et véritable intermédiaire l'être qui devient toujours. Par son devenir^ il ressemble aux êtres inférieurs; par son toujours, il imite les essences éternelles. Ainsi il faut distinguer deux éternités, l'éternité en soi, et l'éternité du temps, l'éternité en substance el l'éternité dans l'action et le devenir , l'une possédant l'être à l'état de concéntra-

* Étém. thêoL, nrop. 55.

PttOCLUS. THÉOLOGIE 3d7

tion, et tout entier à la fois ; l'autre, étendue, complexe, coïncidant avec la durée succeàsite du temps, et composée de parties dont chacune soutient avec les autres des rapports de priorité et d'infériorité ^. La prefrilère éternité appartient aux êtres du monde intelligible ^ aux Dieux, aux intelligences, aux âmes mêrties prisés dans leur essence. La seconde aj)partient aux âmes , en tant qu'elles agissent et se développent dans l6 monde , et au monde lui-même.

Après avoir énuméré et démontré les attributs es-^ sentiels et les propriétés générales de l'âme considérée en tant qu'âme , Proclus exposé la hiérarchie detsi âmes, La première, dans l'ordre de dignité , est l'âmô imparticipable (àjjiefte/cTT)), simple, qui comprend et domine tous les ordres animés 2. Puis vient l'âme participable (pieôexTn), laquelle se divise en trois ordres bien distincts, à savoir, les âmes divines , lei^ âmes non divines , mais participant toujours à l'intelligence , et las ânrtes qui passent alternativement de l'intelligence

^ Élém. théfd.^ prop. 85. Acttrcrae &p« rh àti ywc/jievdv tt-^oLt vh

fftcvov Tvjv atwioti if'jdt* * ex âri rsurcov yavepov, oTt JcTtij Sv "h àï^ié-* TTjc, 0(((i>vtQ( [àt aXÀY}, xarà jqjovov ^ï otXkin ' r, pèv içùioa aUtôvriç, ri <Jt ytvofAevv]. Ka\ ri pèv T^Ôpotc^jiÉvov t-^oxxroL to cTi^ai r.oit ô/noO ttSv * ri ^ exyu0cr<ja X(xt t^aic\<»>QtT(7(x xarà rr/v j^covtxrjv ItaffaTt/siit Ka« ri fiVw oXri xa9 aur-îîv, r) Sk Ix fxepwv, aiv txaçov X^^piç ici xoe?à th irpdrepov xolI «çtpov.

* j^/ew. théol,^ prop. 184, 185. — Coift, Parm., iv , 172. nâaot ^yrt i âtUx èç-ev, -^ f/CTOiêdtXXovja ïirb voù ci? âvocav, vj ai- Totçù ToyTwv dtct pcvoyja, xaraeîecçcpa «îc Ta>v 3cici>v \jn>j(wv . . ^avepov, OTi rptoc y€v>! twv vJ/v^^wv ttç*ev. Kat rrpwrae ptv ott j&trote, Stxtrtpoit $t TÛiv juiY) 5c{«v, ai àti voO fACTCj^oyaat, TpfTOM 9k ai rcorl luK ctç vovv, TTOT* ^ eêç avoeotv piraÇ'xXXov^af.

à la non-intelligence. Les premières, toujours illuminées d'en haut par la lumière divine, sont semblables aux Dieux. Les secondes , agissant toujours selon Tintejligence, et entretenant avec les âmes divines le même rapport que les intelligences avec les natures divines, se relient essentiellement aux Dieux. Les troisièmes, participant parfois à Tintelligence , mais ne pouvant toujours se replier par conversion vers les âmes divines, ne se relient aux Dieux qu'accidentellement. Les âmes divines ont une action triple * , en raison de leur triple nature. Comme âmes proprement dites , elles meuvent les êtres qui ne sont pas mobiles par eux-mêmes , et vivifient ceux qui reçoivent la vie ; comme âmes intellectuelles , elles connaissent et ordonnent toutes choses; comme âmes divines, elles exercent la Providence sur le monde , et y répandent les dons de la bonté 2. Toute âme particulière peut descendre dans la génération jusqu'à l'infini, et remonter de la génération à l'être ; car en vertu de sa nature intermédiaire et de sa participation purement accidentelle à l'intelligence, tantôt elle suit les Dieux, et tantôt tombe dans la génération. Elle ne peut rester éternellement auprès des Dieux , puisqu'elle ne communique que par intervalle avec l'intelligence. Elle ne peut pas toujours rester dans la génération, puisque , ne commençant pas dans le temps, elle ne peut finir dans le temps. Elle est donc en mouvement et en révolution continuelle, descendant dans la génération, et remontant vers les Dieux incessamment.

1 Lié tu. eJi<^oi., prop. 20^.

2 Ibid., prop. 206.

PROGLUS. PHYSIOLOGIE. 509

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