‹ Histoire critique de l'école d'AlexandrieChapitre 24 sur 29 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

Dftmaadiii. Olympiodore. SimpUdm. Condu^on.

Le système de Proclus est le dernier mot de la philosophie alexandrine. Grâce à sa science et à son génie, le Néoplatonisme a atteint son plein et entier développement ; c'est une doctrine complète, quant aux idées, et parfaite, quant à la forme. Proclus n'a rien laissé à faire à ses successeurs sous ce douple rapport. Aussi le Néoplatonisme en est-il réduit à se traîner après lui dans les voies de la pure érudition. Marinus, Damascius, Olympiodore, Simplicius ne sont guère que des commentateurs qui reproduisent avec plus ou moins d'intelligence l'éclectisme de l'école d'Athènes. Leurs commentaires portent surtout sur les livres de Platon et d'Aristote. L'œuvre de conciliation que Syrien et Proclus avaient tentée sur les points essentiels, ils la poursuivent dans les plus minces détails , en y appliquant, du reste , le même esprit et la même méthode d'interprétation. Ils insistent et épiloguent sur tous les mots, et entre leurs mains la tentative philosophique de Syrien et de Proclus dégénère en subtilités grammaticales. Toutefois les livres des successeurs de Proclus, peu remarquables par l'originalité de la pensée , contiennent une science solide et une critique ingénieuse. Sur les trois points fondamentaux de la philosophie alexandrine, à savoir, la doctrine théologique, l'explication philosophique des mythes, la conciliation des idées de Platon et d'Aristote, on trouve dans Da-

tnascius, dans Olympiodore , dans Simplicius, des développements d*ane certaine importance.

Il n'est rien resté de Marinus qu'une vie de Proclus, Damascius, au témoignage de Simplicius^, n'avait pas craint, dans son extrême prédilection pour Jamblique , de contredire sur plusieurs points son maître Proclus ; mais le seul traité qui ait été conservé de ce philosophe ne révèle point ces divergences K Dans ce livre, Damascius résume avec précision la doctrine de Proclus, et, sans y rien ajouter pour le fond, soulève et résout avec une certaine force les principales difficultés de la théologie alexandrine. Ni Plotin, ni même Proclus, malgré leurs efforts, n'avaient pu s'expliquer nettement sur la nature du premier principe et sur la manière dont il produit le monde. Leurs affirmations contradictoires, au moins en apparence, sur la nécessité de la connaissance du divin et l'impossibilité d'y parvenir, leurs descriptions plus métaphoriques que philosophiques de la production des êtres par Dieu trahissaient l'incertitude et le vague de leur pensée. Leur doctrine théologique n'avait point complètement satisfait l'école, et Damascius se montre constamment préoccupé des difficultés qu'elle laissait subsister. Il se demande sans cesse quelle est la nature de l'Un , comment il peut produire le multiple, sans perdre son unité absolue, comment les principes se distinguent les uns des autres, et s'il n'y a pas quelque principe intermédiaire entre l'Un et l'Être. Damascius sur tous les points complète ou approfondit la doctrine de ses maîtres. Voici en

* Simplic. i/ip/irsi'r.y iv, com. 140 ' Damascii qiiest. , édit. Kopp.

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