CHAPITRE VIII
Critique de la théorie sur la population.
Caractère simplement affirmatif des théories malthusiennes.
Godwin dit: (1) Je suis convaincu que M. Malthus n’a écrit son premier petit volume in 8° (1798) que comme un jeu d’esprit, une espèce de plaisanterie, qui, quel qu’en eut été le sort à d’autres égards, ne pouvait manquer de procurer à son auteur la réputation méritée d’homme d’esprit. Certes, il a dû éprouver une grande surprise, en voyant que le monde accueillait sa spéculation comme une chose sérieuse.
Le même dit plus loin :
M. Malthus expose son système de la manière la plus concise et la plus sommaire; il dit: « J’ai cru l’avoir suffisamment démontré dans mes six premières pages; dés que l’accroissement de la population des Elaits-Unis a été rapportée (en trois lignes ) la progression géométrique nous a été prouvée ».
(I) Godwin : Recherches sur la population , 2 Vol. in 8.
Auguste Comte écrit de sou côté que seul un métaphysicien étroit et vaniteux pouvait oser émettre cette théorie toute subjective.
Voici maintenant la preuve de Malthus (il n’en a qu’une).
Dans les Etals du Nord de l’Amérique, où les moyens de subsistance ne manquent pas, où les mœurs sont pures et les mariages précoces, et plus faciles qu’en Europe, on a trouvé que la population, pendant plus d’un siècle et demi, avait plus que doublé tous les 2o ans ; nous pouvons donc tenir pour certain que, lorsque la population n 9 est arrêtée par aucun obstacle, elle va doublant tous les 2 o ans, et croit, de période en période , en progression géométrique ».
Le lecteur demandera de suite si le célèbre démophage a tenu compte dans ses calculs de l’importation des nègres et de l’émigration européenne? Non, il n’en a pas tenu compte, et quand, plus lard, on en a fait le reproche à ses disciples, ils ont répondu que cela faisait une si petite différence !
Godwin répondit à l’exemple de l’Amérique du Nord par l’exemple de la Suède, qui, dans des conditions identiques, ne doublait pas sa population une fois par siècle.
Ces preuves opposées s’annulaient réciproquement; il était évident que, de part et d’autre, les observations étaient incomplètes et qu’il fallait recommencer.
Si l’on avait examiné la question de sang froid, on se serait de suite demandé:
4 ° Si la loi de la population ne dépendait pas des conditions de mœurs, de climat et de civilisation d’un pays?
2° Si Malthus n’avait pas confondu la faculté siologique de procréer avec ta faculté réelle , qui en est bien différente.
Mais on n’en pensa pas si long; on crut sur parole et d’enthousiasme le théoricien de la misère, le dernier défenseur des privilèges ébranlés (4).
L’écrivain russe, Tchernychewsky.. a établi d’une manière décisive (2), que la période de doublement
(I) Malthus commence ses recherches dans l'intention de défendre 1 ordre économique actuel des reproches qui lui étaient adressés par les réformateurs; il le dit lui même... En homme d esprit fort logique, il comprit que les auciens arguments des conservateurs ne valaient rien pour réfuter les théories démocratiques d’alors, théories du genre de celle de Godwin. Il raconte lui même, et Godwin le démontre, de quelle manière il trouva cet argument. Il rencontra par hasard ces paroles du célèbre Franklin que tous les organismes vivants végétaux, animaux, ont la faculté de se multiplier d’après la progression géométrique .... et que les hommes ont aussi celle faculté.
En môme temps, Malthus vit les labiés de Price, faites pour le calcul des iutérèts composés... Il avait aussi sous la main les livres de Sussmilch, et d’Euler qui traitaient le môme sujet..., 11 trouva dans ces livres les calculs dont i! avait besoin .... , (Tchernychewsky).
(-) Ec. pal, jugée par la science, pages 367-IG^.
tous les 25 ans, est une absurdité; qu’évaluer (même dans la société actuelle) la période de doublement à 45 ans, c’est être au dessus de la vérité; que l’amélioration du sort des femmes et l’adoucissement des mœurs', sans parler d’autres causes, allongeraient’constamment cette période; qu’en supposant la loi de Malthus vraie en partie, on pouvait, par une agriculture scientifique, faire prendre aux produits le pas sur la population; qu’enfin, en supposant les choses au pire, nous aurions devant nous 4 ou 5 siècles.
Malthus a avoué s’être inspiré des paroles do Franklin affirmant les facultés prolifiques, en raison géométrique, des plantes, des animaux, et de l’homme lui même. Or, que sont les plantes elles animaux? Les moyens de subsistance de l’homme; si les trois se multiplient en raison géométrique,il y aurait donc équilibre? ....
— Halte là! me crie un malthusien. Et la terre, n’a-t-elle pas de limites?
— La terre £ des limites, brave malthusien, mais ce n’est pas encore le cas d’en parler, puisque, de votre propre aveu, les neuf-dixièmes du sol cultivable sont en friche, sans compter les centaines de millions d’hectares de bruyères, de landes, de déserts, de steppes, que la science actuelle permettra de fertiliser graduellement. Approprions-nous seulement
les Selvas, les Pampas, les Savanes, les Llanos ele. de l’Amérique et nous pourrons voir venir.
— Défricher, approprier, comment? Il faudrait des capitaux et les capitalistes aiment mieux leur donner un emploi plus lucratif.
— Nous savons que votre société est impuissante chaque fois qu’ il s’agit de grandes et bonnes choses; c’est pourquoi nous voulons la remplacer par une meilleure
Par la seule agriculture extensive , c’est là une vérité de fait, on pourrait vingtupler les produits et que ne ferait-on pas par l’agriculture intensive , en donnant â l’agriculture tout ce que nous permettent de lui donner la chimie, la physique, la mécanique, et les forces économiques?
Gasparin ne demandait pas grand chose, il y 40 ans, pour faire produire â la France huit fois plus.
Mettons que l’agriculture extensive ne ferait que décupleq^les produits, et ne supposons pas à l’agriculture intensive une puissance plus grande, nous aurons une CENTUPLICATKJN des produits, que l’humanité, usant de toutes ses ressources présentes, et sans parler des découvertes futures, pourrait effectuer en 50 ans, 100 ans au plus. Que devient donc cette fameuse proportion arithmétique, que nu peuvent dépasser les produits, dans leur accroissement?
Oui, pour quiconque réfléchira un peu, il est hors de doute que la terre, scientifiquement cultivée pourrait nourrir iOO milliards d’habitants. Nous ne sommes encore qu’un milliards 300 millions!
Ce n’est pas tout. Qui oserait dire que la chimie ne nous fournira pas quelques jours des approvisionnements? Il suffirait pour cela qu’on trouvât le moyen de fabriquer chimiquement de l'albumine. Beaucoup d’hommes compétents ont la conviction qu’on y arrivera un jour. (1) Alors la question serait bien vite résolue, car la matière chimique, se renouvelant sans cesse, est inépuisable. Objectera-t-on que de telles suppositions sont aventurées?
— Beaucoup moins en tout cas, et bien plus solidement appuyées que les affirmations de Mallhus.
Faits qui la contredisent. ^
Laissons 1’ avenir et les possibilités scientifiques. Tout anti-progressistes qu’ils soient, les malthusiens,
(J) Si l’on eu croil les journaux, un ingénieur du Hàvrn nommé Jouglet a trouvé le moyen de faire chimiquement un sucre excellent, qu’on pourrait donner à 5 centimes, le k. Si ce fait est avéré, il est d’une grande importance et plein de promesses.
ne sauraient contester le langage des faits réalisés , et sur lesquels il est impossible de discuter, (1) Depuis un siècle, la richesse de l’Europe a sextuplé et sa population n’a pas doublé. La production a donc pris le pas sur la population? Même dans la société actuelle, si favorable aux élucubrations malthusiennes, la réalité a démontré la fausseté de la capitale affirmation de Mallhus !
Pour la‘France, la population est tellement stationnaire qu’on a’des inquiétudes très-justifiées sur ce point. (2)
«En France, depuis 1789, dit un économiste con-
(1^ C’est, une n érilé triviale que chacune de3 espèces dn règne végétal et du'règne animal, remplirait à elle seule le monde, si elle n otait limitée par des circonstances extérieures .. .
Mallhus avait considéré la masse des subsistances assimilables à l’homme comme une chose morte et inerte, tandis qu’elle est au contraire une chose vivante et susceptible d’une multiplication qui s’accroît en raison du développement de la puissance humaine. Bien plus... l’esprit d’invention et de pcifeclionnement parvient à obtenir une multiplication presqu’indéfinie et ces puissant instruments qui créent eux mêmes de nouveaux outils en offrent un convaincant témoignage.
(Ch. Sarchi.)
12) On a pris trop au serieux la doctrine de Mallhus et de ses disciples, qui ont conseillé tous les moyens les plus contra res à la nature pour se priver d’eufauls... Tous les démons-
temporain , Baudrillart, la population ne sest pas accrue comme V 2 tandis que la production s’est accrue comme 3 ».
Dire que toute la nation serait malthusienne serait pourtant aller un peu loin. En moins de 50 ans, la production du blé a presque quadruplé. Voici comment parlent en effet les statistiques officielles françaises :
tcations de Mallhus reposent sur des baSes fausses... Prenons garde! tout Elat dont la population est stationaire (et c’est le cas de la France) s’affaiblit et décroît promptement.
Sous Ferdinand et Isabelle, la population de 1’ Espagne était de 4U,DUO,OUU d’habitants, qui vivaient dans l’aisance; en 18U8, elle n’était plus que 8,(iU0,0UÜ à cause des mauvaise lois. Aujourd’hui, elle est de iG,0Üt),0U0 parce qu’il y a progrès dans la législation et dans les mœurs (et le bien-être général augmenta avec la population). Cet exemple suffirait, à défaut de ceux que uous offrent l’antiquité et le moyen âge. (M. Yilliaumé, opinion émise à la société d’éc. pol. de Paris 1873.)
M. de Molinari ajoute qu’il y a lieu de se préoccuper sérieusement de l'insuffisance du développement de la popula lion*
MM. Hypolile Passy, Baudrillart, Ménier l’abbé Tounissoux furent à peu-près de cet avis. M. Pucuing fait quelques objections cl Joseph Garnier , ne pouvant contester les faits dût so borner, lui, le dernier malthusien, à plaider les circonstances atténuantes et à se porter garant des bonnes intealions de Malthus.
(2) Dans son Essai de catéchisme socialiste, Jules Gucsdo donne uu autre atgumeul:
Production du blé en France.
3f),UI >0.1)00 CO ,000.000 93,000,000 409,437,000
d’hect. d’hecl. d’hect. d’hect.
Autre fait: La population anglaise a presque doublé, en un siècle, et le bien-être s’est accru, en ADglelerre, dans une plus forte proportion qu’eu France, où la population ne s’ est augmenté que du tiers, pendant le même temps : l’acroissement de population n’est donc pas toujours une cause de misère ?
Maintenant, prenons la théorie corps à corps :
Doubleday dit: La fécondité des être humains , et de tous les êtres vivants, est dans une proportion in-
« l*our ne pas parler des eotraves apportées à b production par l’appropriation du sol , transformé ici eu pavé ou en jardin de plaisauce, ou absolument stérilisé, paralysé ailleurs dans sa virtualité productive par l'intérêt môme de ceux qui le possèdent et De retireraient pas un uu intérêt suffisant drs capitaux qu’exige sa mise en valeur , presque partout enfin limité â un rendement dérisoire par les moyens limités «le la petite culture; combien de travaux improductifs deslinés à satisfaire aux caprices d’une minorité oisive n’enlèvent-ils pas do bras au travail essentiel, à l’agriculture. C’est à peine si la production du blé, du vin, des objels de primière nécessité occupe aujourd’hui du ! 1 1U à on ![!5 de la population. l.à est la raison de l’insuffisance, des subsistances, et uullemeut dans la soi-disant loi de Mallhus ».
verse de la quantité des subsistances. Une population nourrie d’une manière insuffisante multiplie rapidement, mais toutes les classes aisées de la société sont, par suite d'une loi physiologique, si stériles, qu’elles peuvent rarement conserver leur proportion, sans se recruter dans les rangs de la classe pauvre.
Madame Clémence Royer, darwiniste et malthusienne, avoue elle môme, après beaucoup d'autres que:
Le développement du cerveau est en raison inverse de la faculté procréatrice.....
Que répondent les faits?
On n’a plus à démontrer que la misère est plus prolifique que l’aisance; les populations grouillantes de T Irlande, de certains faubourgs des villes industrielles d’Angleterre, de France et de Belgique, de différentes parties de l’Italie, sont là pour crier: Plus un pays est misérable , plus il s'y fait d'enfants.
Bien plus, certain pays, comme l’Irlande ont vu, d’une manière perceptible leur population enfantine diminuer, sous V influence d’une petite amélioration économique. (1).
Cette loi régit non seulement les hommes, mais encore les plantes et les animaux, qui sont, eux
(I) rendant sa grande et épouvantable misère (de 1821 a 4841) la poptilaliou irlandaise augmentait de 14 p. °| 0 . Hans le Leiuster, pays où il y a le plus d’aisance, la populalioa n’augrr.eulait, peodaut la môme période, que de 8 p. V
aussi, prolifiques en raison inverse de leur perfectionnement. De culture en culture, le fécond églantier devient la belle et quasi stérile rose de nos jardins. Les animaux domestiques qu’on engraisse trop deviennent stériles.
Autres preuves:
L' extinction rapide des aristocraties et corps fermés, de citoyens est un fait général de l'antiquité. (Benoiston de Châteauneuf ),
A Sparte, au temps de Cléomène], il ne restait que 500 Lacédémoniens en-état de porter le armes.
A Rome, 50 maisons patricienne seulement, existaient encore à l’avénement de l’èmpire.
Au 9. ( *‘« siècle, il n’yavait plus, en France, de descendants directs des Francs (J. de Munster J
À Venise, le nombre des nobles était dabord de 2000; en 1765, il n'était plus que de 1240.
A Berne, sur 487 familles bourgeoises, 379 s’ èteignirent en deux siècles.
En France, il y avait 7000 familles nobles, en 1500, il n’y en avait plus que 3000, en 1785.
En Angleterre, il n’y a plus un seul descendant direct des Normands; le dernier est mort au siècle I passé.
Au 18.me siècle, on comptait, en Europe 1,500,000 fiefs, et 7,500,000 nobles: en 1850, on ne comptait plus que 3,700,000 nobles.
Sur 427 sièges de îa chambre des lords, il n’y en a que 41 occupés par dès familles antérieures au 17. me siècle.,(1)
Que disent ces faits? Que la misère est trop prolifique, et que l’aristocratisme est fauteur de dépopulation (2). Où trouver l’équilibre? Dans une aisance égalitaire, laborieuse et progressive.
(1) Et encore las lords ont ils l’intelligence de pr.iliqucr sur leur classe une véritable sélection.
« Tout le monde connaît , mais personne n’a suffissammeat vanté l’admirable mécanisme par lequel la pairie ouvre «es rangs et les vide, attire a elle les grandes notabilités de la politique, de la magistrature, de l'armée, de la diplomatie et du monde financier, sans aucun souci de leur origine, pins ou moins populaire, et en même temps refoule dans le gros de la nation tontes les branches collatérales qui, a partir des petits-fils puinés de tout pair d’Angleterre, demeurent confondus avec le reste des citoyens, sans aucun titre, sans aucune marque de distinction ». (Monlalemberf )
(2) Le conservatisme est mortifère au physique et au moral.
Au physique : A Pharsale, les patriciens romains n’élaieut plus que des petits maîtres, que les césaricns mirent en tuile, en les menaçant de balafrer leurs beaux visages. La noblesse perruquée et poudrée des 17.me et 18.me siècles ne- • ait au physique qu’un diminutif de la pesante, cruelle et guerroyante noblesse des 14.me, io.me et l() me siècles.
Où sont en Espagncs et en Portugal les descendants des ces terribles et féroces aventuriers nobles, qui furent les compagnons des Cortès, des Albukerque, des Pizerre?
Etrange résultat! Maltus nous obligeant pour le salut de l’humanité, de conclure à l’inévitabilité du socialisme.
Conclusions opposées.
Résumons: La population, comme tous les autres phénomènes, est soumise à une foule de circonstances géologiques, climatologiques, historiques, politiques et sociales. mÊp
Si dans telles conditions, la loi de Malthus pouvait être vraie, elle ne serait déjà plus après la plus petite amélioration économique; une grande amélioration économique produisait une grande modification; un nouveau régime politique, une autre constitution sociale, une foi nouvelle, auraient des résultats analogues.
Quelle différence entre les rejetons de la noblesse impériale française et leurs célèbres grands pères!
Au moraL Ici je m’en tiens à l’opiuion d’un homme qu’on n’accusera ni de révolutionarisme ni de socialisme exagôiés : EJgard Quinel,:
Une classe d’hornmes , dit il , que son intérêt immédiat pousse à rejeter toute vérité , celle classe ne s'attachera qu’à dos idées mortes. Elle se fera une atmosphère de sophismes qui ue fournira aucun aliment vital à son cerveau.*
Avant de s’inquiéter de la population, que l’humanité s’occupe de ramélioralion de sa destinée.
C’est le plus pressé, et probablement le reste lui sera donné par sucroît.
Que les coupables affirmations de ce pasteur proestant (je dis coupables, car elle ont causé mort d’hommes) ne nous empêchent pas de dormir. Laissons-le, lui et les siens, à leurs contradictions. (1)
(t) En Voici deux :
4) Mallhus conseille aux riches de beaucoup dépenser : \\ n’a pas assez d’éloges pourries (classes des simples consommateurs. N’est ce pas incroyable ? Il faudrait pourtant s’entendre: Si les produits manquent, il faut faire à tous un devoir d’économiser ; quiconque gaspille , mange des vies humaines. Mallhus ne respecte pas plus la logique que l’humanité.
2) D’un côté, les économisas malthusiens crient:
Arrêtez vous de produire, le marché, est engorgé, on ne sait plus que faire de vos produits, el, en continuant ainsi, vous poussez la société à une catastrophe, à un cataclysme épouvantable. Plus vous produisez et plus Ton est misérable.
Dans autre côté:
Il n’y a pas des produits pour tout le monde, sevrezvous ô homme ! des plaisirs de famour, pour vous multiplier moins, car la population prend le pas sur la production, et, si on n’y prend garde, nous allons aui catastrophes, aux cataclysmes, épouvantables.
En vérité, la folie divagaole n’aurait rien trouvé de plu* récréatif.
Quoi qu’ils disent, la justice sociale donnera à tous, le bien-être et l’instruction , par le double perfectionnement de la terre et de l’humanité.
Voici comment les économistes, qui n’ont pas perdu tout sens moral, traitent eux-mêmes le sinistre démophage:
Si la proposition de Mallhus veut dire, comme Malihus et tout son livre le disent, que la population croit dans le même rapport que les moyens de subsistance , ainsi compris, c'est une assertion fausse, et tellement fausse qu’anjoiird’hui l'économiste qui oserait la maintenir serait bafoué par des écoliers.
Si celte proposition signifie que la population se proportionne aux moyens d'existence (extensibles, progressifs, évalués d’après les idées et les exigences de la civilisation) c’est un truisme et une pétition de principe; car la seule manière d’ évaluer, à chaque époque, l’espèe d’unité qu’on appelle les moyens d'existence , c’ed de diviser la somme de l’avoir social par le chiffre de la population. C’est de plus 1’ abjuration complète du système de Mallhus.
Dire que la population se règle sur une certaine somme de bien-être, qui est mobile et progressive, et plus étendue de jour en jour, c’est dire comme nous que la production prend constamment le pas sur la population.
Quand les économistes nous parlent de moyens (Texistence tout le sombre de Mallhus disparait dans une équivoque risible.... Un jour, on dira peut être que Mallhus, en donnant pour limite à la population les moyens d’existence, il a voulu parler des moyens d'existence? d’un Rothschild.
Si vous vouiez écrire en langue algébrique :
— Je crois à la déchéance humaine !
Il faut écrire les deux séries de Mallhus. (R. de Fontenay, (Journal des Economistes). (\).
(I) Darwiu est venu, de nos jours, mettre sa science au service de l'abstraction malthusienne.
On peut inférer, dit-il, en toute sécurité, que toutes les espèces de plantes uu d’animaux tendent à se multiplier en raison géométrique.
J/émincnt naturaliste, trop plongé dans ses constatations, a manqué ici de réflexion. Dans l’étal de nature, ce qu’il dit est vrai; mais dans l’état de progrès et d’intelligence, il n’en est plus de même ; l’animalité subit purement et simplement le lois naturelles qui la torturent; l’humanité consciente, chercheuse et progressive, après avoir constaté l’existence de ces lois agit pour en neutraliser, ou modifier les effets. Donc, même en supposant que la progression géométrique soit vraie pour l’humanité, dans son étal actuel, ce qui est faux, on vient de le voir, il aurait d’autres moyens à invoquer que ccui de Mallhus et de ses admirateurs.
Rncore une fois, la force prolifique humaine est en raison directe de V inégalité , de la misère et de l'ignorance.
Que faire, alors, pour n’avoir à craindre ancun surcroît de population? supprimer la misère et l'ignorance.