CHAPITRE IX
David Ricardo.
Biographie. Historique et formule de la théorie do la rente.
David Ricardo naquit à Londres en 1772. Il était fils d’un juif de Lisbonne, qui avait successivement habité le Portugal, la Hollande et l’Angleterre.
Soit qu’il eut été touché, en plein 19. n, e siècle, de la grâce qui foudroya S. Paul, soit que, pour faire sa fortune, il eut senti le besoin d’une abjuration, le jeune David renia la foi de Moïse pour la foi d’Henri VIII et se fit sectateur de l’anglicanisme.
Cette conversion aplanit bien des difficultés, sans doute ; car nous voyons bientôt le nouveau converti agent de change, membre de la Chambre des Com-
mîmes et, dignité plus solide, possesseur d’uqg^fortune de 14 millions, rapidement gagnée. (1)
Ricardo avait d’autres qualités.
En 1809, après avoir publié successivement: Le haut prix de lingot , cause de dépréciation des billets de banque. Projet d’un papier monnaie économique. Sur les prohibitions en agriculture. Influence du prix du blé sur les fonds publics Principes de ï économie politique et de l’impôt , il était devenu l’oracle des économiste anglais.
Logicien remarquable et profond, autant qn* ingénieux dans ses déductions, il remua de fond en comble les idées économiques. C’est évidemment l’un des esprits les plus forts que se soient appliqués à l’économie politique. Mais autant il était puissant dialecticien, autant son esprit était rebelle à tout progrès social.
Il serait absolument indifférent, dit-il, pour une personne qui avec un capital de 20000 fr. ferait 2000 fr. de profits par an que son capital employât cent
(l) «Le talent de s’enrichir n’est pas assez apprécié, dit sérieusement un parent et ami intime de Ricardo; mais peut être qu’en aucune autre chose Ricardo n’a donné autant da preuves son génie extraordinaire ».
Il n’y a que des amis pour vous lancer de tels pavés, et des admirateurs fanatiques pour en faire la collection. Eu rapportant ce fait, Mac Guloch croyait honorer Ricardo.
hommes au lieu de mille.... L’intérêt d'une nation n’est-il pas le même pourvu que son’revenu (le revenu des riches s’entend) et que ses profits et fermages soient les mêmes? Qu’importe qu’elle se compose de 10 ou 12 millions d’individus?
« En vérité, dit Sismondi, il ne resterait plus qu'a désirer que le roi, demeuré tout seul dans file en tournant constamment une manivelle, fit accomplir par des automates tout l’ouvrage de f Angleterre.
Après avoir été fêlé et admiré à l’égal de Mal- Ihus, Riccardo aurait pu voir, s’il eut vécu quelques année! de plus, son œuvre vivement attaquée par les économistes du Continent et d’Amérique.
C’est par sa théorie de la renie qu’ils est surtout célèbre. Je dis sa théorie, bien que l’idée première en appartienne à Anderson, qui la formula pour démolir la théorie des physiocrates.
Ceux ci prétendaient que la fertilité de la terre et le concours des autre agents naturels constituaient en plus des frais de production et des profits du capital, une rente spéciale aux propriétaires. Cet excédant de produits faisait, selon eux, la prospérité d’un pays.
A. Smith, Say, Storch, Rossj, Àrnd, etc. avaient sur la rente des idées analogues.
D’après ces économistes, dans la production ter-
ritoriale, la nature opère conjointement avec l’homme et dans les valeurs rurales, il faut distinguer deux parties: l’une due au travail et au capital humain laquelle compense tout juste le coût de production; l’autre donnée gratuitement par la nature et qui constitue la rente. Quand le propriétaire loue, le fermage est en raison de celte force de la nature, qu’il aliène temporairement.
Anderson répondit:
Si toutes les terres étaient également fertiles, elles no produiraient pas de rente, car la concurrence réduirait les prix au point qu’on ne retirerait des produit de la terre que les frais de production et les prolits çlu capital (ce n’est pas assez?)
En réalité; la fertilité des terres, est différente et par conséquent la rente est très variable. On cultive d’abord les terres les plus fertiles, puis les moins fertiles etc.
Piicardo développa cette théorie, et la fit sienne:
Si toutes les terres étaient d’une fertilité égale, ditil, les propriétaires ne pourraient rien demander pour en céder l’usage. Mais il n’ en n’est pas ainsi. Les terres ont differents degré de fertilité. On cultive d’abord les terre des première qualité, puis, quand la population augmente, celle de 2.me qualité; alors, celles de première qualité rapportent un excédant ou rente.
Après les terres de première qualité, les terres de 2.me qualité commencent à rapporter à leur tour; les progrès de la population forcent à mettre en culture les terres de 3 me qualité, qui rapportent à leur tour, quand on commence à cultiver les terres de 4.me qualité. Ainsi de suite.
Observateur excellent, autant qu’esprit rétrograde, Ricardo avait observé et nota l'hostilité des intérêts entre patrons et ouvriers ; il donna même une éclielle croissante de la rente et décroissante de la part du travail. (I).
Tout cela était fort net et fort bien déduit ; la philosophie du laisser faire ne pouvait rien dire contre.
En d’autres termes, Ricardo venait de démontrer que :
Le prélèvement des oisifs et V aggravation de la misère , sont en raison directe du progrès industriel , la société présente , étant donnée .
C’était trop franc; aussi cette donnée causait-elle un grand scandale. Les économistes, qui avaient accepté sans sourciller les meurtrières fantaisies de Malthus, se levèrent bruyants et * nombreux contre Ricardo, qui cependant n’ avait fait que tirer les
Epoque
quand sont cultivées i
les terres
Production
totale
Part
du travail
Part
de la renie
l.ere
lai
1 et 2