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De Fontenay:
Le défrichctoent n'a pu commencer par les terrains les plus feriilcs ; il s commencé., par les plus faciles (1)
11 ri’y a pas de fertilité naturelle , c'est l’homme seul gui la fait.
Le classement des terres par ordre de fertilité est absurde.
Je combats cette théorie, parceqne c’est la théorie du dénuement progressif: et l’esclavage du plus grand nombre, marchant de pair avec la suprématie d'une classe privilégiée. (2)
La seconde (erreur de celle théorie) c'est d’attribuer
(1/ Ainsi que l’avaient remarqué Rae, Carcy , Basiiat et Banfield, sans que celte affirmation soit plus fondée, en tant qui fait universel.
(2) a Le propriétaire tire un double avantage de la difC- » culte de produire. En pffet il obtient d’abord une portion » plus forte du produit total et puis il est payé en denrées » dont la valeur est plus considérable .. .
« À mesure que s’accroit la population , h-s salaires van- » dronl moins de blé . . .
a La part de l’ouvrier se trouvera diminuée, tandis que » celle du propriétaire foncier se trouvera augmentée, à la o fois en valeur et en quantité . . .
« La condition de l’ouvrier empirera en général, tandis v que celle des propriétaires foncier s’améliorera . . .
« Les profils haussent toujours, quandles salaires baissent, » et lombeut quand les salaires haussent .. ( Ricardo Principe de V ec. pol. et de l'impôt pages 57, 97, 77, 78, 3U5 ).
11 faut voir tout le chapitre, qui est épauvantable.
(Noie de R. de Fontenay).
la production, et pu suite la valeur, à tout ou en partie à la nature, de croire que dans le prix des subsistances une portion va solder le concours de forces spontanées, gratuites pour celui qui les exploite. Payer la nature à Dieu, c’est impossible.; rémunérer, à leur place, celui qui s’interposerait simplement entre les dons de la Providence et les besoins de ses semblables , ce serait ineptie ou iniquité .. ...
Objections de Iticardiens.
Cherbuliez :
Pour nier la rente, qui n’est le prix ni du travail , ni du capital employé, comme le font Carey et Basliat (et tous les harmonistes), il - faut fermer la veux à la lumière et nier une foule de faits notoires, patents, quotidiens, qui autrement seraient inexplicables. Pourquoi les emplacements où I’ on bâtit , terrains sans culture, qui n’ont de valeur que dans les villes, coulent-ils aussi cher que les constructions elles mômes?
Pourquoi les terrains, destinés à la môme culture et d’une préparation identique, se vendent-ils bien plus cher, dans certaines localités que dans d’autres?
Pourquoi les établissement loués depuis très longtemps se louent-ils bien plus cher qu’aulrefois, sans que le propriétaire y ail mis la moindre dépense ?
Pourquoi certains terrains marécageux et malsains ont ils une valeur supérieure à celle qu’y ajouteront Ici dessèchements faits aux dépens de l’acheteur?
Pourquoi partout, la qualité du lorrain et sa situation, relativement aux. villes, aux facilités de transport des produits, exercent-ils une si grande influeneo sur les prix de vente et de location ?
Voilà de formidables exceptions que la théorie commode des monopoles naturels et par conséquent légitimes , ne suffit pas à expliquer.
Joseph Garnier, son tour:
Supposons que Mallhus, West, Ricardo, Mac Culoch, Rossi etc. aient mal vu ; que la renie , le fermage, I’m* léiét du capital appliqués à l’acquisition ne soient qu’une seule et mémo chose, vous serez toujours oblipés de recourir à J. 13. Say et aux économistes que vous combattez , car les communistes pourront toujours vous dire :
Propriétaire ! Tu prétends que Ion revenu est le fruit de ton travail est de ton capital, d’accord I Mais de quel droit accapares-tu celle partie du sol pour y raellro ton travail et ton capital, à l’exclusion de mon travail et Je mon capital ?
Dupuil :
MM. T hiers, Joseph Garnier, ont. comme J. B. B*y, parfaitement reconnu que la propriêié individuelle mil pour origine le vol, la fraude , l’assassinai .
On ne peut pas dire qu’elle est le fruit du travail on ne peut la fonder que sur l’hérédité et la prescription. Alors, fondée sur la loi, elle est inébranlable.(0-
(I) Inébranlable, pas plus que la loi elle-même, toutefois. I,c progrès ne se constate que par la transformation constante des lois, celte transformation de la cause , ne peut pas ne pas cultaîuer une transformation de l'effet,
Quo répond de Fontenay? Des paroles bien imptudentes.
La rente de Ricardo ( fondé sur ce principe de Ssy, Thiers, Ricardo, J. Garnier, Dupuit elc. que la proprié é n 1 est pas le fruit du travail ) La rente de Ricard»*, conclut-il, c’est le droit seigneurial, l’aubaine, comme dit Proudhon ; c’est la permis-ion de vivre, la place au soleil, que les plus faible payent au plus fort. Il est bi< n évident que cet impôt, soldé pour 1’ usage des facultés propres i el impérissables du sol , ce n’est pas un individu, cest l’État, c’est l’hnmanité tuut entière, propriétaire du gobe, qui ont seuls le droit de le percevoir. (1) La propriété de Ricardo aboutit au mol de Proudhon : sa r«u te C’est le vol 1
Serait il bien difficile de prouver qu’ en effet Ricardo, Mallhus, Thiers, West, Anderson, J. Garnier, Dûpuit, J. B. Say, Dnnoyer, Ch. Comte, Mac Culocli, etc., etc. ont raison ? Que la propriété n’est pas le fruit du travail?
11 n’y aurait besoin pour cela que de rappeler les nombreuses invasions, qui depuis 20 siècles ont bouleversé Y Europe.
En France les Romains dépossèdent les Gaulois, et ils sont dépossédés par les barbares, les héritiers des seigneurs sont, à leur tour dépossédés, en 178'.), par la bourgeoisie ; je passe sur les dépossessious secondaires.
(0 Nous ue demandons pas autre chose, nous autres collectivistes.
En Italie, les Etrusques, les Grecs, les Gaulois, les Romains, les Hérules, les Lombards, les Gotte, les Hongrois, les Allemands, les Français, les Espagnols n'ont guère fait que se déposséder mutuellement.
Comment dans cette série de confiscations et de meurtres, la terre serait-elle restée au premier occupant? ou à celui qui là défrichée? ce qui revient au même, à supposer que ce premier occupant ne l’avait pas fait défricher par des esclaves?
Si nous quittons l'histoire pour l’époque présente, que voyons nous en général ?
Les gros propriétaires vivent dans l’oisivité.
Et ceux qui travaillent manquent souvent du pain du jour; ils ne possèdent rien.
El-ce que, si la propriété était le fruit du travail, ou, ce qui revient au môme, si l’ouvrier jouissait du fruit intégral de son travail, ou verrait une pareille anomalie ?
Non sans doute.
Pourtant, les paroles de M. De Fontenay sont formelles; si la propriété n'est pas le fruit du travail , la rente c'est le vol !
Décidément Y accord ne règne pas entre les défenseurs de la propriété.
Nous sommes pour les Ricardiens contre les Harmonistes, pârce que les premiers sont plus francs;
néanmoins, quant à Y analyse de Taubaine, il est sûr qne les seconds ont à moitié raison.
Disons: la fertilité virtuelle de la terre et la fécondité des agents naturels n’ augmentent pas; ils sont aujourd’hui ce qu’ils étaient il y a mille ans. Si depuis celte époque, les produits ont décuplés, c’est au seul travail qu’est dûe cette multiplication. Une partie de ce travail se transforme en instruments et en nouvelles forces productives et de ces instruments et forces productives les travailleurs doivent payer l’intérêt à l’oisif qui se les est légalement appropriés. C’est donc en profits du capital, ici Ricardo a raison, que se paye la plus grande partie de Yaubaine. Mais cela ne veut pas dire que la terre elle même ne pro^ duise une rente, quelquefois scandaleusement forte.
Les Harmonistes appellent cela des monopoles naturels cl légitimes. Le mot ne fait rien à la chose. Si l’on me prend une partie du fruit de mon travail, que m’impoite que ce soit comme rente , comme profit du capital ou comme intérêt de l'argent ?
Intérêt de l’argent.
Sur la question de Y intérêt de l'argent, on a beaucoup parlé de la discussion entre Proudhon et Bastia t.
Bastiat venait de faire son pamphlet: Capital et Rente (1849; bourré, comme toutes les productions de cet économiste, d'insipides apologues, dont le moindre défaut était de reposer toujours sur une donnée absurde. (1).
M. Chevé, qui, en attendant de devenir veuillotiste et sillabiste 4 dans le Journal des Villes et des Campagnes , était proudhonien dans La Voix dit Peuple, (2) interpella Bastiat; celui-ci répondit; Proudhon répliqua et la discussion fut engagée.
Eq voici un résumé :
Cheiè : L’intérêt est illégitime, parce qu’il est l’échange d’un simple usage contre une propriété. L’emprunteur qui a donné une propriété et ne reçoit qu’un mtu fruit est lésé.
Grâce à la rente, le loisir est interdit précisément à eeu* qui travaillent, du berceau jusqu’à la tombe.
(1) G’élait toujours Pierre ou Jaques qui avait ioYeoté et fait uüc scie, ou ua rabot , et ne voulait les prêter saos en retirer ua bénéfice. Mais ni Pierre, ni Jaques n’étaient capables de faire une scie ou un rabot à eux seuls; il n’avaient donc pu que s’approprier ces instruments d’une manière plus ou moins légale; mais sûrement au mépris [des lois de la justice bien comprise. Ce u’ est pas sur 1’ emploi des outils qu’il fallait discuter; mais d’abord sur la légitimité de leurs appropriation.
(2) Proudhon n’a pas élé heureux dans tous ses disciple*. Pour ne parler que des principaux, Chevé devient jésuite, Charles Edmond, bonapartiste, Darimon, idem. Langluis, mameluk versaillais.
Donner aux. travailleurs le moyen d'acquérir en toute propriété ce que, par la rente sous toutes ses formes , ils payent toujours, pour n’en avoir que l’usage , et la solution sera trouve.
Bastial: Les services s’échangent contre des services; celui qui prête rend service, il doit donc recevoir quelque chose ; ce quelque chose je l'appelle intérêt.
Mutualité de services ne veut pas dire identité de îrrvices; la vie sociale est pleine d'échanges d'usages contre des propriétés.
Le capital contribue à la production ; donc son possesseur doit recevoir une rétribution, tout comme le travailleur.
Proudhon : Celui qui prêle ne se prive pas: donc, il n’a droit à rien.
Pour que l’intérêt ne soit plus une aubaine, il faudrait arriver à établir l’égalité des prestations, en d'autres termes , l’égalité des fortunes. Pour cela , il n’y a qu’à augmenter la circulation du capital , ce qui est possible par l’établissement d’une banque nationale d’échange, fondée par tous les producteurs, à qui, moyennant souscription de 1 °| 0 sur leur capital, elle fournirait le crédit gratuit.
L’usure a été, dans son institution providentielle, un instrument de progrès, comme la monarchie absolue un instrument de liberté et de progrès; comme, dans l’ordre judiciaire, l’épreuve de l’eau bouidanle, le duel et la question ont été, tour à tour, des inslrumeuls de conviction et de progrès (!) Mais maintenant 1’ usure doit devenir réciproque, co qui sera son annulation et Iransforraera le crédit en échange.
Baslial: Celui qui vend ne se prive pas non plus; votre théorie attaque la rente,, aussi bien que le prêt.
Ce n’est pas une banque qni égalisera les situations; que le Socialisme, pour en arriver là, égalise chea tous les hommes i’actmlé. l'habilité etc,
Pour que le capital circule, il faut d’abord qu’il existe; et, pour qu’il existe, il faut qu’il soit provoqué à naître par h perspective des récompenses attachées xne vertus qui l’engendrent.
Ne pas faire la division entre capitaliste et travailleurs; presque tous les travailleurs sont capitalistes. De deux travailleurs égaux en adresse, celui qui gagne le plus est celui qui apporte ses outils.
Le capital est le grand émancipateur, on a tort de lui faire la guerre.
Proudhon; Réfutez d’abord la théorie du crédit gratuit; une théorie nouvelle a droit à la discussion. Au lieu de réfuter mon système, vous me présentez le vôtre. L’intérêt, l’histoire le prouve, a été, mais n’est plus légitime. Vous confondez 1ns époques.
Votre service n’est qu’une spoliation ; le crédit, moyennant intérêt, est comme h liberté que donne le corsaire, moyennant rançon. Celui qui vend reçoit en échange une chose de valeur égale ; celui qui prête, exige plus qu’il n’a donné ; ce qui est une spoliation. C’est bien de la circulation du capital, en non du capital même, que naît le progrès de la richesse. Les prétentions du socialisme sont fondées, on peut fonder, /’ égalité du l'échange et la gratuité du crédit , la société est criminelle de se refuser à le faire.
Buslial : Je veux rester sur mon terrain. Le prétest un service susceptible d’être évalué , et par conséquent une valeur qui peut s’échanger contre une autre valeur égale.
Organisation de la circulation, gratuité du créJit etc. chimères. Toute valeur se compose de deux éléments ; le capital cl le travail; donc, le capital doit être rétribué. L’Intérêt, dites-vous, a été un instrument d’égalité et de progrès; il l’est encore et le sera toujours.
Poursuit, ô capital ! la olorieuse carrière, pour l’afi’raneliissjineni de l'humanité /
Proudfm : Quand je vous dis: la gratuité du crédit ést chose facile et pratique; donc l'intérêt du crédit est désormais illégitime ; vous répondez que reconnaître que l’intérêt a été légitime et progressif c’est reconnaître que le crédit gratuit est une chimère. Vous raisonnez comme les entrepreneurs de roulage à F égard des chemins de fer.
Le neschck (des Hebreux ) le tokos (des Grecs) le fœnus (des Romains) l 'usure (des Français) se distinguent du bénéfice aléatoire, inter-esse, qui fut irréprochable dans son origine, mais engendra les modes de spoliation ci-dessus énoncés.
Vivre en travaillant est un principe qui sous le régime de l’intérêt implique contradiction. La société est acculée, il faut qu’elle se réforme.
Poursuis ô capital I ton œuvre d’iniquité.... la Révolution justicière viendra.
Busliai : Le capital féconde le travail; le capital est du travail, à mesure que le capital s’accroît, l’intérêt baisse; mais de telle sorte que le revenu total du capitaliste augmente; à mesure que les capitaux augmentent, leur part augmente absolument, diminue proportioneliemerit, tandis, que la part du travail augmente absolument et proporlionellement.
Proudhon : L’intérêt, excusable comme accident dans les couditions ou il a pris naissance, devient spoliateur dès qu’on prétend le généraliser, en faire une règle d’économie publique; il est eu contradiction formelle avec le principe économique, que dans la socieié le produit net est identique au produit brut et que 1 toute prélibation du capital sur le travail est une erreur de compte.
Baslint: Si la peine du créancier est quelque chose, l’intérêt doit être quelque chose. Prouvez que le temps est venu où les maisons, les outils cl les provisions naissent spontanément. Hors de là, vous n’èlcs pas fondé à
dire que la peine du capitaliste n'est rien et qu'il ne doit rien recevoir.
Proudhon: Le capital ne se distingue pas du produit ; ce* deux termes ne désignent point des choses dislincles; ma ; s de simples relations. Produit c'est capital , capital c'est produit; Les produits s'échangent contre des produits ; les capitaux contre les capitaux. Créditer , c'est é* changer et F intérêt n'est qu’une spoliation.
Dans le régime mutuellisle, la fortune de l’ouvrier augmente en raison directe de son travail et celle du capitaliste diminue en raison directe de sa consommation improductive.
Sous le régime de l'usure, la fortune de l’ouvrier decrôit en raison directe de son travail; tandis que celle du capitaliste augmente en raison directe de sa consommation improductive.
lïasliat : Votre système n’amène pas le crédit gratuit; d'ailleurs vouloir le crédit gratuit , c’est vouloir tuer le crédit.
Il y a dans l’intérét la rémunération du délai, du prix, du temps* des frais de circultaion, de la prime d'assurance.
(Les deux dernières lettres n'étant, celle de Prou* dhon qu’un recueil d’injures, celle de Dastiat qu’on résumé partial de la discussion , je les passe sous silence ).
Dans cette discussion entre le plus sophiste des économistes et le plus sophiste des socialistes, c est Proudhon, qui appelle la sympathie par la générosité de son but; mais il faut avouer qu’il s’est fait battre par Bastiat, et c’est là une preuve terrible de la faiblesse de la doctrine mutuellisle: tout le talent
de son inventeur à été vain contre les arguments monotones et terre à terre d'un économiste borné et à l'esprit faux.
A cette argumentation économiste: Les services Ïéchangent contre les services, celui qui prèle son capital , rend un service susceptible d’évaluation , il a donc droit à un service , non pas identique , mais équivalent ; ce service équivalent , nous l appelons intérêt. Proudhon n'a rien objecté de décisif.
Ses excursion, souvent fort réactionnaire à travers l’histoire, sa monographie de l’usure, sa critique, vraiment admirable de la Banque de France, ses démonstrations sur la possibilité du crédit gratuit, n'aboutissent en somme qu’à ces trois proposition:
\.° L'intérêt va en diminuant.