L’intérêt à été légitime et ne l’est plus
3. ° Le crédit gratuit est possible et il donnera 1’ égalité.
Bastiat admit la première proposition en déclarant que cela ne veut pas dire que le crédit dût jamais devenir gratuit.
11 réfuta la seconde en démontrant que Y intérêt , en régime de propriété individuelle, est aussi légitime qti' inévitable.
Il contesta la troisième et prouva qu’ en tout cas, son adoption ne conduirait pas à Légalité des fortunes.
En se posant sur le terrain de Bastiat, Proudhon était vaincu d’avance. Toute sa force de polémiste,, toute sa dialectique, ne pouvait servir qu a masquer un peu sa défaite
11 devait dire à Bastiat : Quest-ce d’abord, que le Capital ? Ce n’est pas seulement du travail accumulé , mais encore la somme des matières et des forces, naturelles ou acquises, consacrée à la production. Or de quel droit, vous capitaliste, qui ne ne produisez pas, possédez-vous tout seul ce capital, d’origine naturelle et sociale, tandis que moi, travailleur, je n’ai rien ?
Oui, le capital contribue à la propuction; mais le capital et non les capitalistes (1). Vous dites 'vousmême que les utilités devraient être g r a lu ites, pourquoi vous les appropriez-vous? Pourquoi vous interposez-vous entre le capital et les travailleurs? Pourquoi mettez-vous sous chef le patrimoine de l'humanité? Nous reconnaissons comme propriété sacro-sainte, pour tout être humain (les charges sociales étant remplies) l’équivalant des produits de son travail, c’est à dire des valeurs par lui produites, les utilités inaliénables entre les mains de la collectivité sociale, étant mises à la disposition de tous.
(1) J. S. Mill.
Mais vous intervenez en vous appropriant ce qui devrait être collectif, vous rançonnez la propriété légitime et naturelle , au profit d’une propriété cou t entionnelle et factice , et, au grand détriment du plus grand nombre, que cette subversion économique relient dans la misère et Y ignorance, malgré les progrès industriels de notre époque.
En somme, nous reconnaissons l’utilité productive du capital, mais nous soutenons que cette utilité , dont l’origine est naturelle et sociale , doit être sociale , dans sa destination, c’est à dire que ce qu’on a appelé renie doit revenir à la collectivité, et constituer les ressources de celle-ci. De la sorte, les travailleurs recevraient, sans prélèvement d’aucune sorte le produit intégral de leur travail. Le fond social, suffisant pour tous, dispenserait de recourir au crédit individuel, et comme le disait un homme de bien qui est en même temps un artiste éminent, (1) s’il y avait encore des prêts ce ne seraient plus que des échanges d’amitié entre personnes sympathiques et Y intérêt n’aurait plus sa raison d’être.
(t) A, Oltin.
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