‹ Histoire critique de l'économie politiqueChapitre 25 sur 31 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

L‘ école anglaise.

Les orthodoxes anglais.

Comme l'Eglise de Rome, Y éc. pol. orthodoxe (écolo anglaise) avait son credo. Certaines vérités paraissaient si solidement établies, si irréfragablement démontrées qu'on les acceptait comme des dogmes. Ceux qui en doutaient, étaient considérés comme des hérétiques, dont l’ignorance seule expliquait les aberrations. ( E. de Laveleye) (I).

Après les quatre colonnes du temple: Smith, Say,

(I) Voir aussi : Àogelo Dalmasso (Economia polifica c socialisme) :

Cec. pol., dit il, n'est que la codificatioG des coutumes bourgeoises.

Mallhus et Ricardo, voici quels furent les principaux représentants de cette école.

James MM (le père de J. S. Mill) utilitaire , libéral en politique, auteur estimé d’une grande histoire des Indes, a écrit un volume d'économie politique que Mac Culoch apprécie en ces termes:

Celle œuvre (Éléments d'économie politique) résumé de Smith, sur la production , de Ricardo sur la distribution , de Malthus su r la population , est trop abstraite pour devenir jamais utile et populaire.

Lord Lauderdale , ami de Fox, et de Brissot, partisan de la Révolution Française, et qui, pendant la Terreur, habita Paris, ne sortit pourtant pas de l’économisme pur. Lauderdale, le premier, a doctrinalement étendu la conception de la Richesse en la définissant : Tout ce qui est nécessaire à l'homme et lui est agréable.

N. W. Senior, fanatique disciple de Mallhus et de Ricardo. C’est lui qui fut le rapporteur de la fameuse loi de 1834 contre les pauvres.

En 1830, an moment de l’agitation ouvrière pour la diminution des heures de travail, il entreprit de prouver que, pour donner aux capitalistes les bénéfices aux quels ils ont droit les ouvriers, hommes, femmes et enfants devaient s’exténuer sans se plaindre pendant 13, 14 et 15 heures de travail par jour.

Dans son livre: Principes d'économie politique , il dit :

Si tons les travailleurs étaient employés, directement ou indirectement, à produire les marchandises destinées seulement ci leur usage, le cours des marchandises dépendrail uniquement de la productivité du travail.

(El le progrès social marcherait* * de pair avec le progrès scientifique, dans une société où régnerait une abondance et une égaiile croissante. L'aveu est précieux à recueillir.)

Mais, se hâte de reprendre Sénior, il est clair que cela ne pourrait être, que si les travailleurs eux mêmes étaient propriétaires de tous les agents naturels et de tous les capitaux; cela constituerait un étal de barbarie telle, qu’on ne verrait ni division du travail (?) ni distinlion des ordres.

Pourquoi des ouvriers associés ne pourraient-ils pas pratiquer la division du travail , aussi bien au moins que les salariés, agglomérés, à la diable, dans les fabriques?

Mais il n’y aurait plus de distinction des ordres; il D’y aurait plus en Angleterre de clergé protestant, mangeant 237 millions par an , 5 fois plusque le clergé catholique do France; plus do lords possédant jusqu’à un demi million de rente par jour (1).

(1) Le marquis de Westminster. Il n*a encore que 250,000 fr. par jour; mais un héritage doit lui arriver qui doublera sa fortune...

Comment ne mourrait ou pas de faim dans ce pays cla«-

*ique du libéralisme ? Et notons qu’en Angleterre les biens de la noblesse, comme ceux du clergé, sont à peu près inaliénables.

Outre leurs fabuleuses richesses, 6 ou 700 aristocrates ne se partageraient plus 97 millions du budget, et les capitalistes anglais ne prélèveraient plus 30 et 40 % sur l’immense production nationale.

Il est vrai que personne ne mourrait plus de faim, ou de fatigue.

— C'est égal, le scandale serait trop grand. Plus des distinction des ordres!

Laissons encore parler Senior; il est intructifet amusant :

Le fermage n’est la récompense d’aucune espèce de sacrifice; ceux qui le reçoivent ri ont pns travaillé; ils

M'ont en rien contribué à la production .... Le surplus du produit est p^is par le propriétaire de l’agent liaturel il est sa récompense, non pour avoir travaillé, ou s'être abstenu de consommer, mais simplement pour n'avoir pas retenu ce qu'il avait le droit de retenir, pour avoir permis d'accepter les dons de la nature.

— Est-il permis d’attaquer plus violemment la propriété, s'écrie Buret?

— Je ne vous comprends pas, aurait pu répondre l’économiste, je n'ai pas dit plus que ne disent le droit Bomain et tous les codes d'Europe et d’Amérique : La propriété est le droit d' user et d’abuser. Et le philosophe par excellence de la bourgeoisie française, Victor Cousin n'a-t-il pas dit aussi: Le droit de propriété est absolu , ou il ri est pas. Qu'ai je dit de plus. 9

Eisdell , de Torrens, économistes du même genre. —

Chahners disciple fanatique de Malthus, pasteur protestant comme lui, ennemi de la charité légale, comme lui, et partisan du droit d’aînesse, s'écrie avec un sérieux comique :

— Les produits sont nécessairement au dessous de la demande qu'en en lait.

— Pourtant, les engorgements, lui objecte-1-on?

— Il n’y a pas d’engorgements, réplique le prêtre anglican, qui n*a jamais eu, lui, à souffrir des chômages, et il crie aux riches: Consommez! consommez ! en consommant vous faites acte de bons citoyen !

Allez donc discuter avec des hommes pareils !

Wathely l’archevêque admirateur de Malthus, aurait voulu qu’on appelât simplement l’économie politique la catallactique ou science des échanges. Il voudrait dans tout séminaire une chaire d’éc. pol.

Il parle de défendre gaillardement les cités de son dieu biblique, et maudit les Philistins en plusieurs langues.

Après avoir affirmé la connexité de l’économie politique et de la théologie, il avance qu'un véritable chrétien part de celte persuasion ferme qiï aucune théorie réellement incompatible avec la Bible , ne pcuti jamais s ' établir.

Mac Culoch, disciple fidèle de Ricardo, hérita de

son influence. C’était un homme d’une érudition immense.

Il a écrit entre autres ouvrages un dictionnaire du commerce et de la Navigation , et une savante, mais partiale, introduction à T histoire de l’économie politique.

Chose curieuse, ce ricardien est partisan du droit de coalition :

Non seulement, dit il, une coa’iiion volontaire, quand la \iolence ne s’y joint pas, e*t l’exercice légitime des droits qu’ont les ouvriers de décider pour eux mômes; niais, quand elle a pour objet d'élever les salaires, qui ont été induement réduits, elle est opportune, et il est à propos qu’elle se forme.

On ne trouve pas beaucoup de maîtres qui consentent à augmenter les salaires ; il y a fort à parier que les réclamalions d'un ou de plusieurs individus ne recevront aucun accueil , aussi longtemps que leurs camarades continuer ont à travailler au prix contre lequel ils protestent. C’est donc seulement quand tous les ouvriers ou ia plus part des ouvriers qui appartiennent à une usine, ou à une industrie, se coalisent entre eux, ou qu’ ils a- ^•issent par un concours, qui équivaut à une coalition, refusent de continuer le travail à moins d’obtenir une augmentation de salaire, qu’il devient de 1’intérêt immédiat des maîtres de faire droit à la demande qui leur est adressée.

Il en résulte évidemment que sans /’ existence d'une £ oulilion , soit hautement ncouêe, soit tacite , 1rs ouvriers ne jai viendraient jamais par leur propres efforts , à nue hausse de salaires et qu'ils resteraient à lu discrétion des maîtres , dont la concurrence fixerait seule le taux de leur salait es.

Presque tous les économistes anglais ont suivi le» errements de l'école orthodoxe, et nous pourrions continuer notre énumération par Tooke, Fullarton, Corbet, Wilson, Maclaren , Porter, Paley, Thornton , Lawson, Blake, James Sterling etc., mais nous n’apprendrions rien de nouveau, bien que généralement ces contemporains soient moins durs que leurs devanciers.

Les orthodoxes du continent.

Pour que le lecteur puisse apprécier les éc. orthodoxe du continent (1; nous lui mettrons quelques extraits sous les yeux;

(1 ) Les principaux économistes de celte école en fiaient restés aux questions qui avaieut préoccupé leurs dévanciers, saos

*e rendre compte de la différence des temps et de la marche. de l’esprit humain.

Absorbés daus leurs calculs de statistique, et dans leurs recherches sur la production et la consommation, ils négligeaient une partie importante de la science sociale, dout ils ne voyaient que le coté matériel.

Us ne saisissaient pas le lien qui, dans une société mo* * deme, rattache le bien-être des classes laborieuses aux plus hauts intérêts de la civilisation générale.

(Pauiel Steru hist, de la Rév. de L318).

Le mendiant est une sorte de bas histrion qui subsiste des émotions qu’il peut exciter, et so rit toul ba< de la pitié qu’il inspire . . , Sa vie de mendiant a pour lui tant de charmes qu’il ne voudrait pas la changer pour une autre. C’est la liberté et l’indépendance de létal sauvage, au milieu de toutes les commodités de 1’ étal de civilisation, du salaire sans travail, des jouissances sans fatigue . . .

Quiconque fnil l'aumône sans examen esl coupable d^un véritable délit social.

Qui nous délivrera de ces prétendus droits des pauvres, droits de glaner, de grapiller, de chaumer. de pacager, sur la terre d’autrui, et de tous ces outrages à la propriété, exercés par la lie du peuple des campagnes ?

Je combattrai aussi ces asiles pour la vieillesse et toutes ces institutions enfantées par une fausse humanité , ou par une piété aveugle, qu’il faut absolument faire disparaître.

Le Gouvernement doit, en outre, interdire toute aumône faite sans information suffisantes.

Quand bien même la société se trouverait dans cette situation, la plus défavorable à l’ouvrier, celle où la classe des travailleurs excède la demande du travail; quand le taux du salaire serait au plus bas, un individu ne serait pas pour cela plus exposé que tout autre à manquer d’occupation et ne serait pas plus autolorisé que toul autre à réclamer de la Société une assistance gratuite, qui ne pourrait être qu’une faveur obtenue, sans aucun motif raisonnable. (G. Garnier).

Qu’aurait répondu G. Garnier, si on lui eut posé la question suivante :

Ne trouvez-vous pas que les blessés d’une armée qui vient de se battre, ont mauvaise grâce â demander des soins?

Car enfin leurs compagnons étaient aussi exposés qu'eux ?

Dunoyer et Ch. Comte furent les premiers et les plus importants disciples de J. B. Say. Ch. Compte, auteur d’un Traité de législation , écrivit peu sur l’économie politique proprement dite. Il en fut autrement de Dunoyer, ex-préfet de Louis Philippe, devenu, après la mort de J. B. Say, l’oracle des écooomistes français, et en quelque sorte , le Mac Culoch de la France.

Préfet, H prêcha le moral restraint de Malthus à ses administrés; rédacteur au Journal des économistes ?, il n’écrivit que pour glorifier la concurrence illimitée, pour démontrer la nécessité de la misère, ou pour tancer vertement les économistes coupables de quelques faiblesses démocratiques.

On le vit gourmander jusqu’à ce pauvre Louis Reybaud qui avait en pourtant éreinté le socialisme ; mais qui avait déclaré que le principe de l’association était excellent. Reybaud s’ empressa d ailleurs de faire amende honorable, pour cette infraction au rigorisme économique.

Dunoyer trouvait le gouvernement de juillet trop libéral et s’indignait, en 1S45, à la seule pensée d abaisser le cens nécessaire à l’électorat politique. Il insulta violemment la Révolution de février, qui pourtant l’avait laissé dans sa place,

Mais voici son chef d’œuvre:

Dans la meilleure organisation sociale, la misère et l’inégalilé sont choses inévitables.

La misère est un mal nécessaire.

Plus l’humanité dans son développement avait à redouter l’effet de certains vices, et plus il était essentiel qu’ils fussent entourés de maux capables d’en détourner.

Il est bon qu’il y ait dans la société des lieux inférieurs, où soient exposées à tomber les familles qui so conduisent mal, et dont elles ne puissent se relever qu’à force de se bien conduire. La misère est ce redoutable enfer. C’est un abime épouvantable, placé à côté des fous, des dissipateurs, des débauchés, de toutes les espèces d’hommes vicieux, pour les contenir, s’il est possible, pour les recevoir et les châtier s’ils n’ont su sa contenir.

D'où il résulte que la richesse est une sorte de paradis, qui sert à récompenser la vertu, et que la pauvreté est le bagne universel, où gémissent et peinent près d'un milliard de criminels.*^

Comme Germain Garnier, Dunoyer est contre l'instruction; voici l'une de ses raisons:

Il y a danger à élever trop vite les classes laborieuses. La plupart des crimes sont commis, non par des mendiants. mais par des gens ayant de quoi vivre ; mais qui avaient les goûts cl les désirs d’un esprit supérieur à sa fortune.

Pourtant, cet homme se disait partisan de la liberté pleine et entière. Seulement, pour lui, riinmanité se restreignait à quelques capitalistes dont il voulait la liberté absolue , oubliant cette vérité criée par l'histoire; que la liberté absolue des aris-

tocraties est faite de 1* oppression et de l'écrasement des masses. Les patriciens romains ne pouvaient pas être libres, sans torturer des millions d'esclaves; les seigneurs du moyen-âge n’auraient pas non plus été libres, s'ils n’avaient eu, eux aussi, des millions de serfs taillables, corvéables et torlurables à merci; ou plutôt sans merci.

De même, les capitalistes ne peuvent être libres que si les millions de prolétaires exploitables , exlénuables , affamables , à merci, ne leur sont livrés.

L’évidence arrache quelquefois d'étranges aveux.

Le même Dunoyer a écrit :

De toutes les vertus privées la , plus nécessaire , celle qui nous donne successivement toutes les autres , c’ est la passion du bien-être , c’est un désir violent de se tirer de la misère et de l’objection ; c’est celte émulation et celle dignité tant à la fois qui ne permettent pas de se contenter d’une situation inférieure. .. . Mais ce sentiment , qui semble si naturel, est malheureusement beaucoup moins commun qu'on ne le pense. Il est peu de reproches que la très-grande généralité des hommes méritent moins ques celui que leur adressent les moralistes ascétiques d’être trop amis de leurs aises; ou leur adresserait le reproche contraire avec infiniment plus de justice . ... Il y a même dans la nature des hommes cela des très-remarquable que moins ils ont de lumières et de ressources , el moins ils éprouvent le désir d ’en acquérir. Les sauvages les plus misérables et les moins éclairés des hommes, sonL précisément ceux à qui on inspire avec le plus de peine le désir de sortir d« leur état, de sorte qu’il faut que l’homme se soit déjà procuré par le travail un certain bien-être avant qu il

éprouve avec quelque vivacité ce besoin d’améliorer sa condition, de perfectionner son existence, qui s’appelle amour du bien-être.

Léon Faucher:

Vouloir supprimer la misère , c'est en quelque sorte condamner la Procidence.

Le mal existe sur la terre il est la conséquence de la liberté humaine, l’homme peut se tromper... il faut qu'au bout de ses fautes apparaisse le châtiment; dans ce monde, c’est matériellement la perte de la richesse ...

En retranchant la pauvreté de ce monde , on en retrancherait le travail .

Ils n’y vont pas de mains morte , ces démophages.

Les coalitions, dit encore Faucher, ne sont p 3 s l’exercice de la liberté du travail, elles en sont P abus. En fait, elles sont désastreuses, en droit, elles, sont la guerre.

Organisées dans les ateliers, où la paix (dans l’exploitation la plus effrénée sans doute?) peut seule féconder le travail.

Ajoutons qu’on ne voit pas pourquoi les classes laborieuses se ligueraient contre les lois d’un ordre social , au sein du quel , après tout, elles prospèrent.

Si elles avancent un peu, (bien peu, car le mot de prospérité ne peut être appliqué à leur vie de luttes pénibles) c’est justement parce qu’elle se liguent de temps à outre pour se défendre contre la voracité capitaliste.

Nt)us voici en Suisse, écoulant Cherbuliez, professeur d économie politique à Lausanne.

Avant 18i8, Gherbuliez, eut quelques idées tendances progressistes, il voulait l'instruction pour le peuple, il prêchait l’épargno et Tassociation aux ouvriers : mais juin T aveugla — comme la Commune de Paris devait, 23 ans plus tard, aveugler le parti républicain presqu’entier — et il ne vit plus dans les ouvriers que des hordes barbares , d’un peu plus, comme Romieu, il aurait invoqué contre eux le canon , dût il arriver de Russie (l).

Je suis fier d'être malthusien! écrit notre économiste en manière de défi; puis, embouchant la trompette guerrière contre le prolétériat:

Où sont, dites-vous, ô conservateurs! les barbares qui nous menacent? les barbares que noire artillerie ne fera pas reculer? D’où viendront les ténèbres capables de prévaloir sur une civilisation , qui a l 1 imprimerie pour auxiliaire ?

Les barbares ! ne les cherchez ni a P Orient, ni a VOccident; il sont là, au milieu de vous, plus nombreux que les Huns et que les Vandales, prêts à tourner votre artillerie, contre vous, et se servant de votre imprimerie, pour épaissir et pour propager les ténèbres de l’ignorance et de l’erreur.

Et plus loin :

La sensualité et l’orgueil sont deux mobiles, veinement combattus par toutes les religions, qui déterminent les tendances vers la liberté el l'égalité , tendances aussi antipathiques au travail qn'à la propriété.

(I) Le spectre rouge.

Un de ses ouvrages porte pour titre:

Le socialisme cesl la barbarie!

Un économiste espagnol (ami de Figuerola, économiste très connu, qui fut président des ministres sous le Général Prim) Etchegaray, ex-ministre lui même, a trouvé mieux que cela.

Voici le fragment d’un discours qu’ il prononça en 1873, à la Société d’économie politique de Paris :

Si cette catastrophe arrivait (le triomphe des Intransigeants de Carlhagène) si celle catastrophe arrivait, l’Espagne ne serait plus qiCune immense ménagerie, et chaque canton une véritable cage, hermétiquement fermée, où la victime , c'est-à-dire tout ce qui possède quelque chose, grand ou petit propriétaire, se débattrait contre les griffes du socialisme la grande bêle féroce de notre siècle!!

- Il y aura toujours de la misère. G’ est une mauvaise rhétorique que vous faites en exagérant tontes ces plaies que personne ne saurait guérir. Vos déclamations sont à la perlé du premier venu. Avez-vous un remède?(Certes ! mais quand nous le proposons, vous nous fusillez). II n* y a que celte question. Si vous en avez un monlrez-lc. Si vous n’ en avez pas taisez vous. Croyez-vous apprendre aux pauvres qu’ils souffrent, et aux riches qu’il y a des pauvres? Ou vous parlez pour ne rien dire, ou votre but est d’exciter les passions. Et quelles passions, grand Dieu / vous ne rêvez que d'ajouter au mal de la pauvreté, le mal de la haute.

Jules-Simon.

Il est des maux qui dérivent de la nature même des choses et dont le gouvernement n’ est pas l’auteur. Avanl l’ordre politique, l’ordre du monde; avant les causes factices, les causes naturelles.

Avec le gouvernement le meilleur, les causes de la misère subsistent. Les lois du monde moral, comme celles du monde physique sont placées au-dessus de la puissance du législateur. Ducliâlel. .

Le principe égalitaire est condamné par la théorie économique comme par la théorie morale; il est contraire à la justice rémunératrice.^. La hiérarchie sociale est nécessaire au bien-être de tonte la collectivité humaine; elle a intérêt à en voir multiplier les échelons divers.

Clémence Royer.

Les classes condamnées à produire et à consommer diminuent , et les classes qui dirigent le travail, qui soulagenl, consolent et éclairent (??) toute la population, se multiplient el s ’ approprient tons les bienfaits qui résultent Je la diminution des frais du travail , de l'abondance des productions el du bon marché des consommations.

G an il h.

La fréquente opposition d’intérêts parmi nous et l’inégalité des moyens sont des conséquences de notre nature*... Je ne comprends pas qu’il y ait des personnes assez barbares pour dire que c’est là un bien ; mais je ne comprends pas, non plus, qu’il y en ait d’autres assez aveugles pour dire que c’est là un mal évitable; je pense que ce mal est nécessaire. Deslutl de Tracy.

Parmi les faits dont la constance el 1’ universalité attestent le caractère providentiel, nu! n’est plus distinct que l’inégalité des richesses. Hyp- Passy.

Ne discutez jamais 1’ autorité. Michel Chevalier.

Du mal, il y en aura toujours; c’est une triste loi de ce monde. Le mal (lisez la miscre) fait partie, pour ainsi dire de son organisme; car, sans la crainte du mal, toute activité, toute industrie, tout perfectionnement s’arrêteraient. f H Baudrillart.

Dieu nous a placés ici bas pour travailler. Il a voulu qu’ il y eût des riches pour qu’ils occupâssent les paumes et les fissent vivre. (Jussieu — Simon de Nantua).

La misère est la plaie des peuples libres... L’économie politique est venue à bout du prolectionisme, ce socialisme des classes moyennes; ne peut-elle pas espérer aussi d’avoir raison du socialisme des classes ouvrières?

Molinari.

On peut affirmer d’une manière générale qu’il n’y a pas un mendiant qui soit digne d’inlérét.

Maxime Ducamp.

La prévoyance est un devoir, qui, comme tous les autres devoirs, a besoin de sanction; celle sanction c’est la misère. Dicl. Guillaumin. /I).

(I) donnée générale de l'école anglaise a élé 1res intelligemment résumée dans un tableau synoptique, dû à la plume e Joseph Garuier. Ce tableau est trop long pour que je puisse le reproduire. Les lecteurs désireux de se pénétrer de esprit de 1 éc. pol. orthodoxe, le trouveront dans le Journal des Economistes. ♦

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