III
beaucoup de parf ) leur fit croire qu'Arias succomberait. Mariana avoue lui-même qu*avant dVlre nommé qualificateur il avait lu avec soin l'ouvrage afin d'élre en élat de le juger. Néanmoins, ce jésuite (dont le caractère ferme ne se démenlit jamais ) , ne rt^pondit pas à l'a: tente de sa Compagnie; car s'il déclara que la Bible polyglotte d'Anvers contenait des erreurs et des inexacliludos, et s'il les désigna même dans le plus grand ^détail, il ne put s'empêcher d'avouer qu'elles étaient de peu d'imporlance, et qu'aucune ne méritait la note ihcologique ; qu'ainsi , il n'y trouvait pas de rais<m suffisante pour en défendre la lecture ; et qu'il y avait lieu, au contraire, d'espérer qu'elle produirait de grands avantages. Ce jugement de Ma- :riana fut cause que le Conseil de l'Inqtiisition se prononça en faveur d'Arias qui apprit bientôt qu'il avait aussi gagné son procès à Rome. Philippe II avait une 'opinion si favorable de Monlano cpie pendant que son affaire était entre les mains des inquisiteurs, il le chargea en 1677, de visiter , de revoir et de mettre en ordre sa bibliothèque de l'Escurial , et de répéter ce travail deux ans après , lorsqu'elle eut fait de nouvelles acquisitions. Les jésuites ne pardonnèrent point à leur confrère son impartialité ni la vigueur qu'il avait montrée contre l'esprit de sa Compagnie , et nous verrons plus loin qu'ils en firent une victime de l'Inquisition. -*
YI.Le docteur D.Diègue Sobagnos, recteur de l'universilé d'Alcala deHenarés, théologien de la troisième convocation du Concile, ne se contenla pas de porter un jugement favorable du catéchisme de Carranza: il contribua encore par son ascendant sur les théologiens de cette université à leu^: faire approuver l'ou-
yrage»' Son procès commença devant Tlnquisition de - Valladolîd; on mit en avant lô jugemeiit qu'il avait porté du catéchisme, celui de ses théologiens, et une lettre qu'il avait écrite à l'archevêque le 25 mars 1559 ^^ 9"^ ^^^ trouvée dans les papiers du prélat. U fut condamné à une amende pécuniaire et absou» ad cauteiarn des censures qu'il avait ( disaiton) encourues en approuvant ies erreurs du ca^ tcchisme.
VII. Diègue Lainez, né dans le bourg d'Almazan au diocèse de Siguenza, second général de la Compagnie de Jésus depuis i556, époque de la mort de 8. Ignace son fcndatevir, jusqu'en i565 où il mourut lui-même, fut dénoncé à l'Inquisition comme suspect de luthéranisme et de l'hérésie des illuminés ( alumbrados ). Pierre de Ribadeneira qui résidait à Kome, écrivait le 1" août i56o au père Araoz, son collègue, et se plaignait que « quelques membres du « Saint- Office d'Espagne qui venaient d'arriver à* f Rome , envoyés par l'inquisiteur général Valdés « pour l'agraire de l'archevêque de Tolède, parlaient c avec moins de réserve qu'il ne convenait à des \)trc sonnes liées par un serment, en faisant courir le - € bruit que icur père générai était noté comme at^ ç teint de la peste qui régnait alors; que quand « niénie cette imputation serait fondée, la prudence « faisait un devoir de se taire, puisqu'il était question c d'un homme qui avait eu une part considérable « aux travaux du Concile, et que le pape avait c particulièrement remarqué et traité avec la plus c grande distinction ; qu'il ne pouvait être ni boit norable pour Tarchevéque Valdés, ni utile à ses c vues I que ses subalternes «l ses émissaires parlassent
« avec tant de légèreté 5 parce que tout le monde de^ « vaîl croire qii'iU ne faisaient que répéter ce qu'îlf c avaient entendu dire à leur chef. » Les jésuiles no: pardonnèrent point à Valdés d'avoir poursuivi leur géi>éral, et ils contribuèrent à sa destitution en i568. Diègue Lainez qui était toujours à Home, parvint -àd(;cHner la juridiction des inquisiteurs d*Espagne.
Yllf. F. Jean de Régla, moine hiéronimite, qui' avait été confesseur de Charles Y et provincial dé sonordre en Espagne, théologien du Concile pendant sa se-^ conde convocation , fut arrêté par ordre de rinquisitioo' de Saiagosse, après avoir été dénoncé par les jésuîle» comme suspect de luthéranisme; 11 abjura dix-huit propositions , et fut absous et soumis à une pénitence. II en conçut une haine iïnplacable contre les jésniles, \€/t répandit des copies de la lettrç que lui avait écrite de Salamanque, le 21 septembre 155^, i'évêquè Melchîor Cano : il y était dit que « ies jésuites « étaient des iUuminés, et tes g-n astiques du set' t zième siècie,\que Charles V les avait bien connus, « et que Philippe II les connaîtrait plus tard. » Cette dernière circonstance faisait dire à F. Gabriel Palacio^ moine de la réforme de Cîteaux, dans une lettre quUI écrivait le 16 mars i558, au docteur Torres, profes-' seur de Siguenza, et depuis évéque de Canarie, qu'il était fort étonné de voir cet abus* du crédit de confes- . seur de Sa Majesté de* là part d^un homme condamnék une pénitence par Tlnquisition , et qui avait été obligé d'abjurer dix-huit prppositions (i).Jene puis
(1) La lettre de Cano a été insérée par Cienfiicgos, dans la vie de Saint-François de Borgia , liv. 4, chap. i5.' — CeTe de Palacios et une autre de Fr. Loiiîm Estjrafta, dans ua ouvrage inédit, compoié par le jésuit»
parlager la surprise de P. Gabriel Palacîo, en voyant les dénonciations que F. Jean de Régla fil volontairement et sans-élre cité devant l'Inquîsilion de Valladolid, le 9 et le 23 décembre i558, contre l'archevêque Garranza; puisqu'elles prouvent assez clairement que F. Jean de Re^^Ia était envieux et piu délicat fur la vérité des faits. D'un autre côté, on sait que Régla avait un grand talent, mais un caractère porté à l'intrigue, et que, depuis sa disgrâce, il avait donné dans l'hypocrisie et la fausse vertu. C'est ainsi qu'il / parvint à être confesseur de Charles V et môme de Philijipe II ( au moins pour le traitement et les honneurs ) après avoir été puni comme suspect de luthé- / jranisme.
I^. F. François de Yillalba, moine hiéronimite de Montamarta , né à Zaniora , fut un des théologiens de la «fconde convocation du Concile de Trente, et prédicateur des deux souverains Charles Y et Philippe II. L'Inquisition de Tolède le mit en jugement comme «uspeot de luthéranisme ; on lui imputait aussi de descendre d'ancêtres juifs. Il assista l'empereur dans ses derniers momenn, et prononça son Oraison funèbre. Parmi les persmities qui l'eu tendirent, plusieurs déclarèrent qiiHt leur avait fait dresser les cheveux. PhîHp-* pe II Pavait souvent consulté^ et il témoignait de l'estime pour les avis qu'il lui remettait par écrit. D'autres moines de son ordre ne purent voir sans jalouse la
Pierre de Ribndeneira , intitulé : Gionas y irium/os c/a la Compaq nia de Jésus, consegui<ios en sus persecuclones: il est devenu la propriété de D. Raiiioii Cabrera , prêtre espagnol , aussi estimable par ses grandes couiiaissaiiccs, qu'ennemi des préjugés.
favoiir dont H jouissait auprès du roî. Us empîoytrenl la calomnie 9 moyen toujours sûr de faire recevoir la dénonciation , et déférèrent plusieurs proposilîons qui paraissaient luthériennes, et qu'ils accusaient Villalba d'avoir avancées. D'un autre cAlé, on fit courir le bruit parmi les moines de son institut qu'il était de race juive , au moins par sa mère. Le chapitre' de l'ordre s'étant assemblé, il fut question de le priver de certaines exemptions aflectées aux prédicateurs du roi, et Lt mesyre eut été décrétée, si Philippe (qui en fut prévenu) ne l'avait fait défendre, Le ççénéral et le» défmiteurs firen! des recherches sur la généalogie de Villalba , 1 1 ils découvrirent qu'il descendait d'ancieng chrétiens sans aucun mélange de sang juif ou maure > ni d'individus punis par l'Inquisition. La protection dont le roi l'honorait publiquement, fut cause que ses ennemis ne purent se procurer assez promptement les témoins dont ils avaient besoin pour établir la preuve des hérésies qu'on lui imputait , et elle ne permit pas aux inquisiteurs de le faire arrêter jusqu'à une plus ample information. Sur ces entrefaites , Villalba mourut dans le couvent de l'Escurial en i575, et laissa parmi les Espagnols de bonne foi , la réputation d'un bon religieux et d'un catholique irréprochable (i).
X. F. Michel de Médina, religieux franciscain, fut appelé en qualité de théologien à la troisième convocation du Concile de Trente : né à Benalcazar, il était devenu membre du collège de Saint-Pierre et Saint- Paul de l'université d'Alcala de Henarés , et gardien du couvent des franciscains de Tolède. Il mourut le
(0 Voyez Fr. François Saiitos, Histoire de Saint Jciome j part. 4 , liv, a , cli. 42.
1*' mai 1578, dans les |>risons secrètes de cette dcr- * ni ère ville , avant d'avoir été jugé comme suspect de
professer les opinions de Luther. Celte accusation avait • eu pour cause le grand cas que 3Iédina faisait des. ouvrages Ihéologiques de F. Jean de Fero, religieux de son ordre. Il en fit imprimer quelques-uns à Aka'a de Henarés, et y ajouta des notes», et des corrections; de ce nombre étaient les Comnicntairfis dô VEvangiiô de S. Jean et de son Epttre canonique; les Commentaires de i'Epitre de S» Paul amv llo^ mains, qui avaient été déjà imprimés hors de riispagne avec plusieurs erreurs; et les Prohicmes de (a Sainte- Ecriture j publiés par François Georges, de Venise. Ces différens ouvrages ayant été dénoncés à rinquisition , le (Conseil de la Suprême expédia, le 3o octobre 1567, une lettre circulaire qui chargeait tous les tribunaux du Saint-Olïice d'en ordonner la, saisie dans leurs ressorts respectifs : il en adressa unenouvelle, le 16 août i568, contre le Commentaire de VEcciésiasiCy du même auteur. F. Michel de Médina entreprit de défendre sa doctrine , et publia une A.pologie des Œuvres de F. Jean de Fero. Cet ouvrage ayant été la cause de beaucoup de propos, F. Michel qui crut devoir justifier ses opinions, avança beaucoup de choses qui scandalisèrent, et il fut arrêté. Il mourut dans les prisons du Saint-Oiïice , après qua- * Ire années de détention ; ses ouvrages et ceux de Fero furent défendus jusqu'à ce qu'on les eût purgés. Celte mesure fut cause que le cardinal Quiroga, inquisiteur général, fit mettre V Apologie de Médina sur l'index qu'il publia en i583. Nicolas Antonio a inséré dans sa Bibliothèque Espagnole, la notice de quelques autres ouvrages de Médina^ en assurant qu'il pai-^
tint à se justifier sar tes articles de sa doctrine. CetCe dernière assertion est inexacte, car Médina fut dé-* claré suspect , et, quelque innocent qu\>n le supposât, comme ses ouvrages éf aient condamnés, il devait ftubir lui-même la p(*înc d^l^e abjuration et être ab- ^us ad cauiciam , si la mort uVût arrêté le cours de sa procédure.
XL F. Pierre de Solo, religieux dominicain , confesseur de Charles V et premier théologien du Pape fie IV, dans la troisième convocation du concile de Trente, fut mis en Jugement par les inquisiteurs de Valiadolid en i5oo, comme suvspect de luthéianisme: ce soupçon était fondé sur les déclarations faites par quelques complices de Cazalla, particulièrement du F. Dominique de Roxas; sur le jugement favorable que F. Pierre avait [wrté du catéchisme de Carranza en i55^ ; sur des lettres qu'il avait écrites à cet arcliet^que le 9 mars et le aS avril i553; sur les elForts qu'il avait faits, pour engager F. Dominique- Soto à rétracter ja première opinion concernant le catéchisme et è l'approuver; sur la défense de ce livre, et ce qu^il en avait dit et pensé dans les congrégations du Concile à qui celte affaire avait été confiée. Pierre de Soto ne fut point arrêté, parce qu'il mourut à Trente en 1 563, pendant les premières formalités de sa procédure. Il était né à Cordoue : Philippe II l'avait emmené en Angleterre pour y travailler aux affaires de la religion* [Nicolas Antonio a donné la notice de ses ouvrages.
XIL F. Dominique de Soto, dominicain, professeur à Salamanque, assista en qualité de théologien aux deux premîère*convocations du concile de Trente. Il avait de grandes connaissances. en théologie ; mai» Tbisloirc peut lui reprocher d'avoir montré un carac-
tère plein de fausseté et sans courage dans une circonstance où ayant votilu favoriser à la fols deux partis ennemis, il perdit Tcstinie de l'un et de l'autre. J*ai fait connaître la conduite qu'il tint à Séville h l'Vgard du docteur Egidius, chanoine magistral de cc'.te église, etévêqiie élu de Tortose. Il ne semontra pas avec plus de franchise, dans l'affaire de son compagnon d'études, l'archevêque de Tolède. Les inquisiteurs de Valladolid le chargèrent d'examiner et de censurer le caléchisme de Carranza : il nota comme hirétiéfucs^ mai-sonnantes ou favorables auxhéré^ tiqnesj deux cents propositions de ce livre. L'arche- 'véque en ayant été instruit], écrivit à F. Pierre de Soto, dans le mois de septemhre i558 , pour se plaindre de F. Dominique, et il le pria de prendre son parti et de le défendre. Il en résulta une correspondance épîstolalre , et lorsque Carranza fut arrêté, on trouva parmi •es papiers les brouillons des lettres qu'il avait écrites à F. Dominique et à F. Pierre de Soto , et une autre sur la mêmte affaire pour F. Louis de la Cruz, outre un jugement de F. Dominique en faveur du catéchisme et différentes lettres de ce théologien, a\rec les dates des 14 et 3o octobre, des 8 et ao novembre i558; du 25 février et du 25 juillet iSSq. Parmi ces*' lettres il s'en trouve une quimériteune attention particulière; elle est du 20 novembre; F. Dominique y parle des épreuves auxquelles il a été soumis par les inquisiteurs de Valladolid , et de la violence qu'on lui a faite pou le forcer de censurer comme mauvais le catéchisme de Carranza, quoiqu'il eût dit qu'il le croyait bon cl conforme à la saine doctrine. Ces faits donnèrent Heu à son procès, et il est certain qu'il eût été arrêté et mis dans les prisons secrètes; mais il mourut le 17
décembre i56o, lorsque son affaire prenait déjà un© tournure sérieuse. 11 se douta du sort qui Tattendait parce qu'on ne l'appelait plUs au tribunal pour y exercer les fonctions de qualifi^^ateur dans les procès des accusés.
XllI. F. Jean de Ludegna , religieux doinhûcain^ né à Madrid, prieur du couvent de Saint-Paul de "ValladoUd , et auteur de plusieurs ouvrages de controverse couJre les luthériens, ( qu'on trouve cités dan» la IHdliolhéque de Nicolas Antonio) fut mis en jugenu ni par Tlnquisilion de ValladoUd en iSSq, pour cause de luthéranisme dont il était soupçonné, depuis qu'il avait approuvé le catéchisme de Carranza* Il ne vii point les prisons du Saiut-Olïice ; cependant il fut amené aux audiences des charges dans la salle du tribunal. Il se justifia en disant qu'il n'avait lu Touvrage qi^e fort rapidement, par la confiance qu'il avait dans la doctrine et dans la vrrtu de son auteur, et parce qu'il n'y avait découvert aucune erreur sur le» dogme. II fut condamné à une pénitence secrète qui n'eut rien d'humiliant. Cette précaution qui déroba au public la connaissance de son procès , lui I permit de se trouver à la troisième convocation du concile en qualité de procureur de l'évéque de Si-, guenza, et de prêcher devant les Pères de cette célèbre assemblée le premii^r dimanche de l'Avent i563. Si Ludegna avait eu la témérité de défendre sa censure, il eût été infailliblement condamné à une peine très-sévère.
Article III.
Autres archovéques et évéques.
Je joindrai 11 ce tabffau des évêques et des théologiens du concile persécutés par l'Inquisition , une 'liste d'autres prélats qui ont eu le même sort, afm de prouver d'une manière évidente que le secret du Saint-Office n'est qu'un moyen terrible , împoUtique et dangereux même pour les évêques , juges légitimes de là foi depuis l'établissement du christianisme. Cette notice comprendra onze archevêques et vingt-huit évêques. Je l'ai dressée par ordre alphabétique:
1. Àbad-la-Sierra. (D. Augustin) évêque de Barbastre, frère de l'Inquisiteur général, archevêque de Selimbrîa dont je parlerai bientôt. Il fut dénoncé à Madrid en 1796, comme janséniste, à cause de la correspondance épistolaire qu'il entretenait avec les évêques assermentés de France qu'on accusait tous de* jansénisme. Celte dénonciation n'eut aucune suite. Il fut attaqué pour la seconde fois à Saragosse en 1801. Ses dénonciateurs l'accusèrent comme ils l'avaient déjà fait ; ils rappelèrent ses relations avec les évêques français, et lui firent un crime d'avoir accordé des dispenses matrimoniales en vertu du décret royal de l'année 1 79g. L'Inquisition de Saragosse ordonna une enquête de témoins pour constater la vérité de cette accusation; néanmoins l'affaire n'alla pas plus loin, peut-être par Veffet de lettres particulières de quelque membre du Conseil de la 5u/ir^mc; car l'expérience m'a prouvé qu« les inquisiteurs des provinces avaient coutume
d'entretenir des correspondances d'amitié avec certains membres du Conseil ^ sans croire manquer par là au secret qu'ils avaient juré, sans doute parce que les conseillers à qui ils écrivaient, étaient soumis à la même loi: ils leur rendaient compte des procès let plus importans dont ils s'occupaient. Si celte communication eut lieu , il est à croire que le membre du Conseil de la Suprême écrivit à Tinquisiteur de Saragosse, qu'il pouvait y avoir de l'inconvénient à pom^suiyre le procès commencé contre l'évéque de Barbasire. 2. Abad-ia-Sierra. (D. Emmanuel) archevêque de Selimbria in partidms infideiium , ancien évéque d'Astorga , grand inquisiteur d'Espagne après la mort de D. Augustin Rubîn deCevallos. En 1794 Charles IV lui ordonna de quitter son emploi et de se retirera. Sopetran , monastère de bénédictins à quatorze lieues au nord-est de Madrid. D. Emmamiel avait un génie pénétrant et une instruction profonde ; sa manière de
voir était à la hauteur des lunf>îères4e son siècle. En 1 795
ce prélat m'ordonna de lui présenter le plan d'un établissement de quali-ficateurs savans et bons critiques, pour la censure des livres et de« personnes. Cette commission fut la suite de pltisieurs entretiens que nous avions eus ensemble sur cette matière. Aprèsavoir connu les principes sur lesquels j'établissais mon sys- . tème, il me chargea d'exposer dans un ouvrage, le« vices de la pVocédure du Saint-Office et d'en proposer une qui fût plus utile à la religion et à l'état. Lorsque ce prélat cessa d'être inquisiteur général, il fut dé- \ nonce lui-même au Saint-Oilîce eomme jauséuiste f>ar un moine fanatique; il est vrai que la délation fut méprisée ; mais si le secret impénétrable qui règne dan» la sccrélairerie du tribunal n'encourageait pas au crime
les sots et les médians, sans risque et sans pénl, «t qii^aucuDe dénonciation anonyme ou pseudonyme ii*y fût admise, il est permis de croire que les nv^^ms de plusieurs personnes notées dans ses registres en auraient été effacés.
3. Areilano. (D. Joseph Xavier Rodriguez d') atchevêque de Burgos et membre du Conseil extraordinaire de Charles III. Ce prélat a composé an grand nombre d'ouvrages diaprés les principes théologiques de la Somme de Saint-Thimias lelle quelle est enseignée par les dominicains , et contre la morale de« auteurs jésuites. Les partisans de ces derniers et quel<^ ques amis de riiiquisttion dénoncèrent à Madrid Tarchevôqne Arellano , pendant qu'il y suivait les délibérations dii Conseil dont il faisait partie. Il fut accusé' d'être Janséniste, pfarce qu'il professait les opinions fa- / vorables à la puissance temporelle , sans être arrêté par l'esprit et le texte des bulle» opposées à sa façon d© penser sur celle matière , et parce qu'il manifestait' lâ môme disposition , lorsqu'il était question de défen* dre les limites de la puissance civile, royale ou diocésaine contre le Saint-Offîoe dont il restreignait extrêmement le pouvoir. Les inquisiteurs ne purent tirer aucun parti de la dénonciation faite pour perdror l'arehevêque de Burgos, pafoe qu'on n'y avait désigné ni exprimé d'une manière formefle, aucune^ proposition particulière directement contraire à la religion ou à l'exercice du Saint-Offiee. Dans des temps plus an-^ tiens , les inquisiteurs n'auraient vraisemblablement pas été aussi sages; Mais ne devait-il pas paraîtrez encore plus convenable de fermer pour jamais la pori« à toute espèce de dénonciation qui n'aurait pas été motivée par le crime d'hérésie ? et môme dans ce cas^
pourquoi û'aurail-on pas obligé d'établir Tarticl^ de foi opposé à la doctrine dénoncée?
4. Buriiaga [D, Thomas Saenz de). Il était arche\è(jue de Saragosse et membre du Conseil extraordinaire 9 convoqué par Charles III. Il courut le« mêmes risques qu'Arellano,
5. Muzquiz (D. Raphaël de) né à Viana dans le royaume de Navarre. Il fut aumônier et prédicateur des rois Charles III et Charles IV , confesseur de la reine Louise, épouse du dernier monarque^ successivement évéque d'Avila et archevêque de Santiago. Impliqué dans TafFaire de D. Antoine de la Cuesta^ archidiacre d'Avila, et de D. Jérôme de la Cuesti son frère qui était chanoine pénitencier de la même cathédrale ; il n'en fallut pas davantage pour que Tinquisition lui fît son procès. Il en sera question dans le chapitre 28. Ce prélat avait été un des persécuteurs des deux frères. Les pièces de leur procès ayant été présentées à Charles IV, ce souverain reconnut l'intrigue et condamna l'archevêque à payer une amende considérable , cl à recevoir une répréhension qui lui a fait peu d'honr^eur. Comme les inquisiteurs n'avaient; nul intérêt à supprimer ni a allérer aucun papier de cette procédure, il fut permis au roi de les voir tous. Ce cas rst du très-pelit nombre de ceux où les rois d'Espagne se sont fait présenter les pièces originales dressées par le Saint-OlTice : il est vrai que les inquisiteurs n'ont pas manqué de dire que dans celte circonstance les ministres al)usaient de leurs pouvoirs, tant ils se sont aveuglés sur l'étendue de leur juridiction , sur l'origine de leur auîoiité et la nature du secret qui accompagne toutes leurs acliuiis.^
(gS)- - '
6. Saint Jean de Ribera, archevêque de Valence et patriarche d'Alexandrie. Voyez ie chapi* tre 3o.
7. Le vénérable D. Ferdinand de ^aiavera. Il occupa le siège arcliiépiscop^ de Grenade. On peut consulter pour son histoire les chapitres 5, 10, i3 et 5o.
8. Le vénérable D, Jean de Palafox, archevêque de Mexico. Voyez les chapitres i3, i5 , 3o
9. Acugna ( D. Antoine ) , évêque de Zamora , commandant d'une des arnif^es de Caslille^ qui furent levées par le peuple pour la guerre des Communes contre l'oppression des Flamands qui gouvernaient rËspagne au nom de Charles-Quint. Ce prince voulait que cet évêque et les prêtres qui s'étaient enga-» gés dans cette guerre comme soldats, fussent punis par riuqiiisitlon d'Espagne , comme suspects d'hérésie , attendu qu'ils suivaient une doctrine sanguinaîro t opposée à l'esprit de douceur enseignée et recoiumandée par Jesus-Christ h ses apôtres, et confrairo
à l'esprit de l'Eglise catholique , qui a établi contre les prêtres qui tuent , même lorsqu'ils le font innocemment et pour se défendre , la peine canonique de fUrrégularité. Malgré cette raison très- juste, Léon X s'opposa à ce que l'évêque de Zamora et les prêrres, ses compagnons d'armes, fussent punis par le Saitit- Office. Il prétendit que cette affaire serait un vrai scandale, et qu'il suffisait que l'évêque fût jugé à .Rome, et les prêtres par leurs prélats diocésains. Voy. le chap. i3. Quel exemple pour les prêtres espagnols qui se sont faits chefs de brigands pendant les . 4eruiers troubles d'Espagne ^ sous prétcxle de défen-
dre l*indépendaiice de la patrie et les droits de son . légitime souverain ! Presque tous emmenaient avec eux leurs concubines ; tous sans exception ont été des voleurs publics , et ont autorisé le grand nombre d'assassinats commis sur des soldats français qu*oil rencontrait isolés et hors d*état de se défendre; piu-^ sieurs même de ces prêtres ont tué de leurs propre» mains. Cependant les oonseillers de Ferdinand VII lui ont fait entendre qu'il fallait non-seulement n*in« fliger aucune peine à ces prêtres libertins et égor- ^ geurs 9 mais encore les récompenser en leur accordant des biens et des décorations. Quel bouleversement dans les idées ! Saint - Paul a dit : Jesus-ChrUiws , herl et iwdie.
10. Arias DcDvUa ( D. Jean ), évéque de Ségovîie, frère du pi<emier comt^ dé Pugndnrostro. Fût/, le chap, 8.
11. Araixda. ( D. Werrtf d* ), évéque de Calahorra, président du Conseil de Castille, sous les rois catholi(j[ue$ Ferdinand V et Isabelle, sa femme. Voy. is chap, %j
12. Casas ( D. F. Barthélemi de Las ), évéque d« Cbiapa en Amérique. Voyez le chapitre a5.
i5. Carthagène d'Amérit/ue, L'histoire du prélatqui occupait le siège de cette ville en i68G ,1 se trouva dans le chapitre i^g.
14. GlémerU ( Monseigneur ), évéque de Versailles. Ce prélat se trouvait en Espagne , lorsqu'il n'était encore que clianoinc et dignitaire de Téglise cathédrale d' uxerre, dans le temps où Charles III avait convoqué un Conseil extraordinaire d'archevêques et d'tJvCques, pour rexamcn de l'alTaiFe des jésuites t%
de f^uelques autres objets d^arlministralion ecclésiastique. M. Clément s*éfail Hé d*ainitié avec les comtes d*Aranda , de FioridarBlanca et de Gampomanes, et. avec quelques évêques .de ce conseil; il fut dénonce à rinquisition comme janséniste 5 et ônnemi du Saint- ^ Office^ On trouvera des détails sur cet ecclésiastique français dans les chapitres 26 et 4^.
i5. CUtiient ( D. Joseph), évoque de Barcelonne. Voyé ie chap» ^2. .
16. Diaz ( D. F. Froilan )., évéque élu d'Avila ; confesseur de Charles IL Voyez les chapitres a6 et 4a. '
17. Egidius ( le docteur Jean ), évéque élu de Tortose. Voy, (es chap, iS et 21,
18. Gonzaio ( D. Yictoriane Lppez ) , évéque de Murcie et Carthagèue. Je renvoie le lecteur, au chapitre 43*
19. La Plana- Castillan ( D. Joseph de ), évéque de Tarazona. Il fut membre du conseil extraordinaire convoqué par Charles III. Les inquisiteurs le notèrent ^ comme janséniste , pour les mêmes motifs qu'are/lano.
20. Mendoza ( D. Alvare de ), évéque d'Avila. Il était de la maison du comte de Tendilla , marquis de Mondexar, Grand d^Espagne, cousin du duc de Tinfantado. Il fut noté comme suspect d'hérésie, dans les registres de rinquisition , à la suite de quelques déclarations faites par des témoinsf dans le procès de rarchevêque Carranza.
ai. Mendoza ( D. Balthasar de ) , évéque de Ségovie , et inquisiteur général sous les règnes de Charles Il et de Philippe T. Lors([u'il 'eut renoncé à ses m. 7
fonctious, les inquisiteurs portèrent son nom sur leur, livre des hommes suspects d^hérésie. On peut yoir sur ce prélat les chapitres 26, 59 et 40.
22. Maima ( D. Michel de ), évèquct d*Albarracin et membre du conseil extraordinaire assemblé sous Charles III. Il eut le même sort que les autres conseillers. Voyez l'article Jreiiano ci les chapitres 26 et 4^..
V 23. Paiafox ( D. Antoine de ) , évèque de Gu^ença sous Charles IV. Son. frère, le comte du Montîjo ^ était Grand d'Espagne. Voy, Us chap. ^5 et ^3.
a4^ Tahira ( D. Antoine de ) , aumônier et prédicateur des rois Charles III et Charles IV, évèqueprieur d'Ucles, dans Tordre militaire de Saint -Jacques, et successivement évéque des Canaries, d'Osma et de Salamanque, honneur die l'Église d'Espagne, honneur de la nation espagnole, honneur de la république des lettres , noté comme janséniste. Vbyez tes chap. 25 s 26 et 43.
a5. Toro ( D. Joseph Femandez de ), évoque d'Oviédo , sous Philippe V. Foy. le chap. ^o.
a6. Tormo ( D. Gabriel de ) , évêque d'Orîhuela , membre duconseil extraordinaire de Charles III. Il fut noté comme partisan du jansénisme. Vôy. Areiiano, et les chapitres 26 et 43*
27. Trejo ( D. Antoine de ). Il occupa l'évêché de Murcie et Carthagène , sous Philippe IV, et fut horriblement traité en 1622 par les inquisiteurs sans la moindre apparence de justice. Voy. le chap. 26.
28. Vaicarcei ( D. Vincent de ), évoque de Valladolid. Il fut condamné à payer une amende et à recevoir une réj^rimaode à l'occasion des procès de
D. Antoine et de D. Jérôme de la Cuesta^ chanoines d^Avila, pour la part qu'il avait eue dans le complot formé contre ces deux frères. Voyez Muzguiz et le chapitre 4^*
ag. FaUadodd ( Tévêque de ) , dans Tannée 1640. Voy. ie chap. 26.
5o. Fîmes ( D. F. Antoine de ) , prédicateur de Charles Y » évéque de Canarie» fut accusé de luthéranisme. Fay* (es chap. iZ et i4«