III
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détails isolés sur cet événement, qiie leur réunîoA porte dans noire esprit la conviclion intime qtie la mort de D. Carlos s'est présentée avec tous les caractères extérieurs d'une mort naturelle, cl que le malade lui-même l'a regardée comme telle. Le récit de quelques historiens étrangers connus par leur sagesse sur les suites de la médecine, est déjà réfuté par des documens authentiques ; celui des écrivains t}ui se plaisent à écrire des romans sous le titre d'histoires, l'est également; ainsi, sans m'arrèler plus long' temps à ce point de controverse, je vais continuer mon str>ei en exposant la vérité , après avoir invité mes lecteurs à rejeter tout ce qu'ils trouveront de contraire dans les autres livres.
IX. D. Carlos instruit par Olivares que sa nrtaladie était sans remède et sa mort prochaine, engagé ett mè^ne temps par ce médecin à s'y préparer, voulut qu'on appelât F. Dîègue de Chaves , son confesseur ordinaire ; ses ordres furent exécutés le 21 juillet : le prince chargea ce religieux de demander en son nom pardon au roi son père : celui-ci lui fit répondre cpiHI le lui accordait de tout son cœur, ainsi que sa béné^ diction, et qu'il espérait que son repentir le lui ferait obtenir de Dieu. Le même jour, il reçut avec la plu» grande dévotion les sacremens de l'Eucharistie et de l'Extrême -Onction : il fit aussi, avec l'agrément du roi y un testament qui fut écrit par Martin de Gazlela son secrétaire. Il fut en agome le 22 et le 2^; danscet état il écouta avec tranrjuiililé les exhortations de ^ P. Dièguc de Chaves et du docteur Suarez de Tolédo y son premier aumônier. Les ministres proposèrent au roi de voir son fils , et de lui donner une autre fois en personne sa bénédiction^ cette grâce devant être u»
«UrCrôit de consolation pour lui cri «Idilràrih PliU lippe II prit l'avis des deux ecclésiastiques que j'ai lionlA tiiés ci-dessus ; ils répondirent que D. Carlos étant bieil disposé , il était à craindre que la vue de son père ne ftfe naitre quelque trouble dans ses idées ; ce motif le i*elinl {K>ur le moment : cependant ^ ayant appris dans l^ nuit du 25 au *ï,!\ que son fils était à la dernière extré-" tnité^ il se rendit dans son appartement, et étendant ie bras entre les épaules du prince d'Evoli et du grand Prieur) il lui donna une seconde fois sa bénédictioil 6ans eii être aperçu : cela étant fait, il se retira tout en pleurs : son départ fut bientôt suivi de là mori de D. Carlos qui expira à quatre heures du matiil le a4 juillet) veille de la fête de Saint-Jacques patron de l'ËspagnCé
X. On ne fit rien pour cacher la mort de depi'incei ; ôil l'enterra au contraire aveétoule la ;;ompe due à son rang dans l'église du couvent des religieuses de Saint-Domî^^ nique ci Réai de Madrid ; maïs il n'y eut pas d'oraisoil funèbre. Philippe II annonça la mort de D. Carlos à toutes les personnes et aux corps qu'il avait informée de sa réclusion. J'ai entre les mains ^ une copie de Id lettre qu'il écrivit à mon chapitre de Tolède en data du vingt-sept juillet ; elle est signée dii monarque | et contresignée par François de Eraso secrétaire d'état. J'ai aussi une copie de celle de ce secrétaire d'é-» tat à D. Diègue de Zugniga corrégidor de Tolède > datée du 28. Il y fait un rapport détaillé du principe j des causes et des progrès delà maladie de D. Carlos^ de sa résignation et de sa piété dans les trois derniers jours de sa vie ; la ville de Madrid célébra aussi des obsèques solennelles le i4 août; le sermon fut prêché par ¥é Jean de Tobar prieur du couvent des domini«
cains d'Atocha : cV'taitle même qui dans la nuit du 27 décembre précédent avait trompé le prince afîn de lui faire déclarer qui était celui qu'il voulait tuer. Enfin 9 on> imprima la même année, une relation trèslongue de la maladie, de la mort, et des funérailles
du prince. La municipalité de Madrid la fit écrire par Jean Lopez del (ioyo professeur de langue latine dans cette capitale
XI. L'Espagne déplora beaucoup la mort de D. Carlos, non-seulement à cause des peines qui Tavaient précédée, mais encore parce qu'il ne restait aucua enfant mdle au roi. Ce prince avait été Tunique fruit de son premier mariage avec Marie de Portugal; il n'avait pas d'enfans de son second avec Marie d'Angleterre : et son troisième avec Elisabeth" de France , ne lui avait donné qu'Isabelle Claire Eugénie, née le 12 août 1^66, et Catherine venue au monde le 10 octobre 1567. Toutes les espérances se fondaient sur une troisième grossesse de la reine qui fut annoncée vers le temps de la mort de D. Carlos ; Tattente de la nation fut trompée , la vertueuse Elisabeth étant morte d'une fausse couche le 25 octobre de cette même année.
XII. Ce malheur (et la mauvaise opinion que l'Europe avait de Philippe II qu'elle regardait comme un prince hypocrite, cruel , et sanguinaire ) donna lieu à l'imputation qui lui fut faîte d'abord par le prince d'Orange ( et ensuite par beaucoup d'autres ) d'avoir ordonné la mort de la reine; on eut en France des preuves du contraire , puisque Charles IX envoya un ambassadeur extraordinaire à Madrid pour faire à Philippe des complimens de condoléance , et ce . monarque était véritablement inconsolable de se voir
sans un enfant mâle qu'il avait attendu de sa femme. Jean Lopez del iloyo ( dont j'ai parlé ) publia en 1569 une relation fidèle de la maladie et de la mort de la reine Elisabeth , et quelques circonstances qu'il y cite, paraissent incompatibles avec l'emploi du poison dont on a dit qu'elle était morte: il est certain que le prince d'Orange s'est laissé emporter par la haine et la vengeance : on ne peut croire à la réalité d'un crime quand on n'aperçoit ni son but ni ses motifs ^ et l'on sait que Philippe était intéressé à attendre les suites de Taccouchement de la reine. Les autres écrivains après avoir supposé que le crime fut commis, ont chei'ché à en découvrir la cause, et on n'a pas manqué de faiseurs de romans qui ont cru la trouver dans l'intrigue prétendue de D. Carlos. £n supposant qu'elle fût vraie, on a des preuves historiques qu'elle n'aurait pu commencer qu'à son retour d'Alcala ; et à cette époque il désirait ardemment d'épouser Anne d'Au« triche sa cousine. Celte princesse finit par être la quatrième femme de Philippe II , et mère de Philippe III son successeur : il semblait que le sort du monarque était d'épouser toutes les princesses destinées à son malheureux fils.
XIII. Enfin Philippe II voulant conserver le souvenir de la justice avec laquelle il s'était conduit dans l'affaire de son fils, ordonna que les pièces du procès, celles de l'original et la traduction de celui qui avait été fait à Barcelonne à t>. Charles , prince de Bîana et de Girone , fussent réunies et conservées. Il est constaté que D. François de Mora, marquis de Castel Rodrigo , et confident du roi depuis la mort de Rui Gomez de Silva, déposa eu 1592 ces trois pièces dans un petit
eoflVcf rerf , et qnc le roî l'envoya ensuîtefenné et saut clef aux archives royales de Simancas , où il dcit être f ficorc si on ne l'a transporté k Paris par ordre de
l'empereur Napoléop 9 ain3i que Ic bruit en a coum tn Espagne,