‹ Histoire critique de l'inquisition d'EspagneChapitre 17 sur 34 · CHAPITRE XXXIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIL

Cause célèbre de D, Jiarthélemi Carranza y ai-chevcque de Tolède jiisqiià son emprisonnement.'

Article premier.

Vit dû Carchevêque jusqu'au temps de son

procès.

I. Une des vîctîines et peut-être la plus illustre des formes que suit rinquisition d'Espagne dans les procès qu'elle intente et qu'elle poursuit, c'est D. Barthélemi Carranza de Miranda, archevêque de Tolède. La procédure qui fut faite en Espagne, les copies des pièces envoyées de Rome, les brouillons ou minutes de celles qu'on adressa de Madrid à cette Cour, ne forment pas moins de vingt-quatre volumes in folio , chacun de mille à douze cents feuillets : on peut donc avancer avec certitude que sans compter les pièces de l'instruction du procès dressée à Rome , et dont les copies collation nées ne furent pas réunies à la procédure de Madrid, le nombre des feuillets écrits s'élève à plus de vingt-six mille. Si l'instruction et la conduite de ce fameux procès avaient été publiques, simples, conformes au droit naturel , aux lois du royaume, au code criminel observé par les offîcialités diocé- {[aines et les cours de justice , deux mille feuillets auraient suffi pour tout comprendre, et il n'aurait pas fallu troiâ ans pour le terminer malgré le grand nombre d'ouvrages ^écrits par Tarchevêque dont on

fui obligé de faîrf rexamen et la censure. Celle immense réunion d'écrilurcs doit sans doute renfermer beaucoup de faits qui ont été ignorés par D. Pierre Salazar deMendoza, chanoine pénitencifr de Tolède, auteur de la Vie et des événemens tant heureux que malheureux de D. Barthéiemi Carranza. Ce respeclable et véridîque écrivain a fait les recherches les plus exactes, et (ce qui n'est pas commun chez les hommes à grande fortune) il n'a épargné ni soins ni dépenses pour découvrir la vérité : mais ces dépenses n'ont pu percer le mystère qui couvre toutes lef opérations des inquisiteurs. J'ai lu ce procès, j'en ai fait des extraits qui m'ont mis en état de remplir les omissions qui existent dans l'ouvrage de ce savant chanoine , et de corriger quelques erreurs involontaires qui lui sont échappées ; je vais m'acquitter de ce devoir envers le public.

IL Barthdcmi Carranza naquit en 1 5o'5 li Miranda de Argu , petit bourg du royaume de Navarre : il était fds de Pierre Carranza et petit fils de Barthéiemi , membres de la noblesse de Miranda ; on voit par conséquent que son vrai nom de famille était Carranza , quoiqu'il soit prouvé par son procès que pendant qu'il était religieux dominicain on ne l'appelait que Miranda^ du nom du lieu où il était né. Lorsqu'il fut nommé archevêque on l'appela Car^ rama de Miranda pour en faire voir l'identité : il ne. signait cependant alors que les noms de Fr, Bartho^ iomeus Toietanu^ suivant l'usage de son temps : la famille de Carranza s'est perpétuée de père en filg jusqu'au dix-lmitième siècle, par Pierre, frère de l'archevêque. Celui-ci était âgé de douze ans quand les 3oins de Sancho de Carranza sou oncle, docteur à

r université d'Alcala de Henarés et antagoniste du fameux Erasme , le firent recevoir au collège de S. Eugène qui dépendait de cette université. Lorsqu'il eût atteint sa quinzième année 9 il passa au collégo de S*" Balbine dans la même université afin d'y étudier ce qu'on appelait alors la philosophie et les artSy et qui se réduisait à des notions générales sur la . logique , la métaphysique et la physique. En i520 il prit l'habit de religieux dominicain dans le couvent de Ve/iialac dans i'Àlcarrla , qui fut transféré ensuite dans la ville de Guadiiiaxara. Aussitôt qu'il fut profès, on l'envoya étudier la théologie daû» le collège de S^ Etienne de Salamanque ; et en i5a5 il fut placé dans cehii de S. Grégoire de Valladplid.

III. Les progrès que fit Barthélemi dans un ^^ si tendre furent extrêmement rapides. On en trouve une preuve dans son procès ; on voit que Fr. Michel de S. Martin , religieux dominicain dgé de plus de quarante-cinq ans , professeur dans le même collège de Saint-Grégoire de Yalladolid , le dénonça au Saint- OflBce le 19 novembre i55o, en disant devant l'inquisiteur Moriz qu'il avait eu deux ou trois ans auparavant quelques entretiens avec Carranza sur des sujets qui intéressaient la conscience : qu'il avait remarqué que ce jeune religieux limitait beaucoup le pouvoir du pape touchant les cérémonies ecclésiastiques ; que cette manière de s'exprimer, plusieurs fois réitérée , lui avait faitprésunier que les opiniont de Carranza sur cet objet étaient erronées , et qu'il l'en avait réprimandé. Il résulte encore du même procès que lorsque la commission qui devait examiner la doctrine d'Erasme eût été créée en 1627, et que ce sujet important fut devenu en i528 la matière

de touties les conversations , Carranza fui un de ceux qui émirent une opinion opposée à celle qui était généralement reçue; il fut dénoncé le i" décembre i53o au Saiut- Office par Fr. Jean de Yîllamartiu membre du collège de Sainl-Paul de Valladolid, devant le môme inquisiteur Moriz. Il dit que Carranza avait été Tardent défenseur d*£rasme , même à l'égard de sa doctrine sur le sacrement de la Pénitence, et sur la fréquente confession des- personnes qui sont seulement en état de péché véniel ; que lui ayant opposé l'exemple de Saint- Jérôme , il avait soutenu qu'il serait impossible d'appuyer le fait sur l'autorité d'aucun historien ecclésiastique digne de foi; que Carranza avait dit aussi qu'on ne devait pas mépriser Erasme quand il soutenait que l'Apocalypse n'était pas l'ouvrage de Saint Jean l'Evangéliste mais d'un autre prêtre qui portait le même nom.

IV. Les deux dénonciations avaient été écrites dans le registre numéro 17 de la visite inquisitorîale faite en i55o dans Tarrondissemeut de Valladolid : on^ n'y avait rien fait contre Carranza à cette époque parce qu'on ne croyait pas avoir assez de motifs ni de preuves pour établir une accusation ; dans la suite, le changement des inquisiteurs et des secrétaires les fit tomber dans l'oubli, et l'on n'y pensa pas, lorsque l'archevêque fut mis en état d'arrestation. Mais quand l'instruction de son procès fut trèsavancée et que l'on employa tous les moyens possibles pour trouver matière à des chefs d'accusation » un de' ceux dont on fit usage, fut de fouiller dans tous les registres et dans toutes les liasses de dénonciortians et d^enqtiétes svspendue^ ; et l'on y trouva le» doux dont j'ai déjà parlé : on les cola comme' décla-

ratîons'dc témoins 9 sous les numéros 94 cl 95 , tandis qu^en suivant Tordre des dates elles auraient 'd il Têtre sous les numéros i et 2.

y. Ces dénonciations n^étant pas connues hors du Saint-Office, le recteur et les conseillers du collège de Saint Grégoire de Valladolid présenlèreut en i55o9 Carranza pour être professeur de philosophie; en i555 ils le nommèrent suppléant de théologie; et F. Jacques de Astudillo , professeur de cette chaire , étant mort en 1554» il occupa sa place; bientôt après on. le nomma qualificateur du Saiut-Office de Tlnquisition de Valladolid, qui remploya plusieurs fois, et ne le récompensa que par la persécution qui fait le sujet de cette histoire. £u i559 il fut envoyé à Rome pour aS" sister au chapitre général de son ordre ; arrivé dans cette ville, il fut choisi pour soutenir les thèses qu'on avait coutume de ne confier qu'à des sujets capables de remplir ce devoir avec le plus d'éclat ; il s'en acquitta à la satisfaction de ses supéiieurs en présence de plusieurs cardinaux, entre autres du cardinal Carafa ( depuis pape sous le nom de Paul IV ) , et de D. Jean Manrique de Lara, marquis d'Aguilar, et an:bassadeur d'Espagne : le talent qu'il montra dans cet exercice lui valut les titres de docteur cl de maître en théologie, et le pape Paul III lui permit de lire les livres défendus,

Vl, De retour en Espagne, il professa la théologie jivec le plus grand succès dans son collège de Saint- Grégoire : En i54o ses vertus et sa charité envers les pauvres brillèrent du plus grand éclat; la récolte des grains nyant totalement manqué dans les montagnek de Léon et de Santander , et les malheureux habitana 4e ces p ays ét«iQt arrivés à Valjadolid en grand nom-»

bre^ Carranza ne se contenta pas de faire nourrir dans son collège quarante de ces infortunés; mais il lit encore des quêtes dans la ville et vendit ses livres pour soulager les autres 9 ne se réservant que la Bibltt et la Somme de Saint Thomas. Pendant ce temps-là , il était continuellement occupé, soit au Saint- Offlce comme qualificateur, soit chez lui à censurer les livres qui lui étaient envoyés par le Conseil de la Su" prcm^e, ou sur la place publique à prêcher les sermons des auto-da-fd qui y furent célébrés , notainment de celui de François San-Roman ^ fils de TAlcade major de Bribiesca, qui fut brûlé vif comme luthérien impénitent. Il fut nommé la même année 15409 à Tévêché de Cuzco/ la nouvelle de sa nomination lui ayant été apportée par D. Jean Bernard Dîaz de Luco membre du conseil des Indes (et depuis évêque de Calahorra), Carranza lui répondit que si le gouvernement voulait l'envoyer en Amérique seulement comme prédicateur de l'évangile , il était prêt à obéir ; mais non comme évêque ni curé : on eut égard à son refus.

YII. En 1545 , Carranza se rendit au Concile de Trente en qualité de théologien envoyé par Charles- Quint. Il y resta pendant trois ans, et travailla beaucoup dans toutes les Congrégations sous les ordres des Légats du pape et de l'ambassadeur d'Espagne : ce fut alors que le cardinal D. Paul Pacheco , évêque de Jaen et puis de Siguenza ( doyen des prélats espagnols qui assistaient au Concile), l'engagea instamment à prêcher sur la justification devant les pères assemblés dans la paroisse de Saint-Laurent de Trente. En 1546, il fit imprimer à Rome un de ses ouvrages, intitulé Somme des C ondiesy et 3L\enisii

un autre ouvrage de Controverses théoiogiques ; en i5475 il publia un traité Sur la résidence des évéques , ouvrage qui lui suscita un grand nombr« d^ennemis et qui fut attaqué par F. Ambroise Cate- « rino , dominicain , et défendu par F. Dominiqut Soto , autre moine du même ordre.

YIII. De retour en Espagne en i5489\il fut nommé confesseur de Philippe II 5 alors prince des Asturies. L^emperenr en lui écrivant d^ Allemagne 9 lui fit connaître sa nomination, tandis que le piince des Asturies ^ qui était à Collioure Ten insli'uisait de son côté en lui envoyant Tordre de se rendre dans cette ville , afin de raccompagner dans son voyage d# Flandre et d^Allemagne. Carranza remercia ces princes en refusant un emploi dont il se croyait indigne , quoique F. Pierre de Soto son élève , fût alors confesseur de Charles-Quint. £n i5499 ce monarque le nomma évéque des Canaries; mais Carranza refusa en s'excusant de la même manière qu'il. Pavait fait en i54o, lorsqu'il fut appelé à Tévéché de Cuzco. Les dominicains de Palencia relurent la même année prieur de leur couvent : il accepta et y expliqua cette inéme année 1 549 ^^EpHre de Saint-^Paut aux Ga^ iates : en i55o, il fut nommé provincial des couvent de la Castille, et fit la visite de sa province, s'appliquant avec le plus grand zèle à remettre en vigueur toutes les parties de la règle où le relâchement s'é.tait introduit , et surtout.à rétablir les fondations des anniversaires , des messes et des autres offices institués pour les âmes du purgatoire.

IX. Le Concile de Trente ayant été convoqué de nouveau en i55i , notre provincial s'y rendit par ordre de l'empereur y et muni des pleins pouvoirs de D. Jean

( igo )

Martinez SUiceo^ cai-dinal akJie\:éque de 'folMe .' it assista à toutes les assemblées et congrégations qui furent tenues par le Concile jusqu'en i552, époque de sa seconde suspension. On compfe parmi les diifôrentes commissions qui lui furent Confiées , celle de composer un Index , eX on lui remit pour cela uq très-grand nombre de livres ^ dont il fit brûler ceux qu'il jugeapernîcieuxetdonaaIes4utresqui étaient bons , au couvent des dominicains de Saint Laurent de Trente^ De retour en Espagne ^ et le terme de son proviucialat étant expiré ^ il rentra dans son collège de Saint^ Grégoire de Valladolid. Ce fut dans ce temps-1^ que le prince régent du royaume , les Conseils de Castiile et de rinquisition ^ -et le Saint-Oflice de Valladolid furent continuellement occupés à discuter desaffaireg délicates et épineuses : on peut compter parmi ce» travaux l'examen fait avec D. Diègue de Tavera (membre du Conseil de la Suprême et ensuite évéque de Jaen ) d'un certain nombre de Bibles ^ et la charge d'en soigner une qu'on imprima en latin , laquelle fut très-exacte et a servi de modèle à toutes le» éditions suivantes.

X. Le mariage de Philippe II avec Marie reine d'Angleterre ayant été arrêté 5 F. Barthélemi se rendit dans ce royaume en i554 afin de le préparer de concert avec le cardinal Polo ^ à rentrer dans le sein de l'Eglise et à reconnaître le papc^ Le roi fit luimême le voyage bientôt après: il serait dilBcile de donner une juste idée de tout ce que Carranza y fit ipour les intérêts de la religion catholique. 11 passa presque tout son temps à prêcher ^ et parvint à convaincre et à convertir un nombre considérable d'hérétiques ; il répondit soit par écrit soit de vive voix^

et d^ine manière satisfai^nte aux argument de ceitt qui cliancelaieiU encore , et réussit par ce moyen à les affermir dans la foi. Philippe ayant quitté Lon<* dres en i555 pour se rendre à Bruxelles, Carranza resta auprès de la reine , à qui ses secours ne pou-^ valent qu*étre utiles , pour fixer la doctrine catho-« lique dans les universités , et terminer d'autres affai-» res de la dernière importance. Il rédigea par ordr« du cardinal Polo , légat du pape ^ led canons qui avaient été décrétés dans un Concile national ; fit punir plusieurs hérétiques obstinés, particulièrement Thomas Crammer, archevêque de Cantorbery, Primat d'Angleterre , et 3lartin Bu^er qui traviiillait san* relâche à propager , non-seulemMit les erreurs de Luther , mais encore les siennes ; cl son zèle l'exposa souvent au danger de perdre la vie au milieu de se» fonctions apostoliques.

XI. En i557 étant allé en Flandre pour rendra compte à Philippe II de tout ce qu'il avait fait ert Angleterre , il fit rassembler- et brûler avec le plu» grand soin les livres infectés de l'hérésie de Luther et des autres proteslans: il en fit faire autant à Francfort par le secours de F. Laurent de Villavicencio , religieux augustin envoyé dans cette ville sous l'habit de séculier ; il étendit ses soins pour ce même objet jus* qu'en Espagne ^ en faisant entendre au roi qu'on intrO" duisait beaucoup de ces mauvais livres par l'Aragon- Philippe donna en conséquence les ordres nécessaires à l'inquisiteur général pour faire intercepter tous le;» ouvrages de cette espèce > Carranza voulant rendre cette mesure plus elïicace , dressa des listes des Espagnols natifs de Se ville et de plusieurs autres villes qui s'étaient réfugiés en Allemagne et eu Flandre.^ et qui

envoyaient des livres hérétiques en Espagne : Voriginal de cette liste fut trouvé parmi ses papiers quand Os furent saisis lors de sou arrestation.

XII. D. Jean Martinez de SIliceo , archevêque de Tolède , étant mort le 3i mai i557, le roi nomma pour lui succéder dans celte dignité D. Barthélemi Carranza ; celui-ci n^accepta point, et proposa au contraire trois sujets sur lesquels il dît que le ch'oix du roi devrait tomber plutôt que sur lui : ces trois hommes étaient D. Gaspard de Zugniga et Avellanada , évéque de Ségovie, et depuis cardinal , archevêque de Séville ; D. François de Navarra , évêque de Badajoz et ensuite archevêque de Valence; ,e\ D. Alphonse de Castro , religieux franciscain * , qui mourut après avoir été nommé archevêque de Santiago. Les refus de Carranza, quoique réitérés jusqu'à trois fois , furent inutiles. Le roi parla en souverain et lui ordonna d'accepter, s'il ne voulait manquer à Tobéissance qu'il lui devait comme sujet ; il résulte de l'inventaire des papiers Saisis chez Carranza lorsqu'il fut arrêté , que l'original de cet ordre du roi en faisait partie. Paul lY ayant beaucoup connu Carranza de Miranda au Concile de Trente, sachant ce qu'ensuite il avait fait en Angleterre, en Allemagne et en Flandre, le dispensa des informations et des autres formalités auxquelles la Cour da Rome a coutume d'assujélir les évoques nommés ; il fut préconisé en plein consistoire le i6 décembre i557 , et on lui expédia ses bulles. Pierre de Merida, chanoine de Palencia et D. Diégue Bribiesca de Mugnatones, membre du Conseil de Castille et de la Chambre royale , prirent possession le 5 mars 1 558 du siège de Tolède 9 en vertu des pouvoirs qui leur avaient

été déié^uéd à llmixêUeg le i5 janvier précédent Pierre de Itterida demeura à Tolède pour administrer rarchevèclié jusqu'à l'arrîfée du titulaire. I/IiiqiiîsitioD de Yalladolid le poursuivit dans la suite^ après avoir vu les lettres qu'il avait écrites à Parchevôque et qui furent trouvées dans les papiers de ce prélat ; il fut aussi compromis par F. Dominique de Roxas et par d'autres complices du docteur Gazalla.

XIII. L'archevêque Carranza fut sacré à Bruxelles le 37 février de la même année , par le cardinal de

Granvelle, Antoine Perenot, évêque d'Arras, qui fut depuis premier archevêque de IVlalines. Il fit imprimer à Anvers son catéchisme en langue espagnole , sous le titre de ; Commentaires du très-révêi'end seigneur F. Barthéleini Carranza de Miranda , arcfievêguô de Tolède,- sur ie catéchisme chrétien; divisés e-n quatre parties qui contiennent tout ce que nous reconnaissons au haptêine; dédiés au roi d'Êspa^ gne: à Anvers, chez Martin Nucio , M.D. Lf^lII , a vec^ privilège du roi (1). Il s'embarqua ensuite pour se rendre en Espagne, et arriva le 10 août au port de Laredo, d'oii il se mit en route pour Yalladolid où la Cour résidait alors. Il assista plusieurs fois pendant le même mois au Conseil de Castille et à celui de l'Inquisition ; rendit compte à celui-ci de

(i) Comentarios' del reverendîssîmo scnor fray Bartbom€ Carranza de Miranda arzobispô de Toledo sobre el cathecisino christiano , divididos en quatro partes, las quales coutieneutodo loque profesamos en cisanto bautisniO', como se vera en la plaua siguiente, dirigida al scrciii««inio seiior rcy de Ëspana el cèlera , nuestra oeiior. En A'iveres en casa dé Martin JN'ucio, aun» M. D. LVIII cou privileglo real.

Page 1