‹ Histoire critique de l'inquisition d'EspagneChapitre 19 sur 34 · V. Le 1". du mois d'août, le grand inquisiteur · texte numérisé non relu

V. Le 1". du mois d'août, le grand inquisiteur

d'accord avec le C onseil de la: Suprême et plusieurs cofisulteurs, rendit un arrêt conforme au réquisitoire du fiscal. A cette époque, Philippe II avait écrit à la princesse Jeanne sa sœur , gouvernante du royaume» qu'afin d'é¥iter le scandale et les inconvéniens qui seraient la suite de la mesure que le Saint -Office allait -faire exécuter, il convenait de faire venir Tarchevèque à la Cour sous quelque prétexte honnête.

I). Antoine de Tolède en ayant su quelque chose y s'empressa d'en faire part à Carranza dans une lettre du 19 juillet, la dernière que ce fîdèle ami lui écrivit. On trouva parmi les papiers de Tarchevèque quelques autres lettres d'une date encore plus récente , qui lui furent écrites par d'autres personnes, que le défaut de courage fit passer ensuite dans les rangs de ses ennemis ; une entre autres de D. François Blanco , évêquc d'Orense , du 5o juillet, et une autre de D. Pierre Guerrero , archevêque de Grenade , du 1". août. On y découvrit aussi la minute d'une représentation en latin faite au pape au nom du chapitre de Tolède 9 dans laquelle il suppliait Sa' Sainteté d'évoquer le procès à Rome , et de ne pas permettre qu'il fût jugé par le Saint-Ofïicc d'Espagne, parce que ses membres se laissaient diriger par des motifs humains, au lieu de se conduire par un zèle véritable pour le bien de la religion : il n'est pas certain que cette pétition ait été remise à la Cour de Rome , mais il est vrai que le chapitre se comporta à l'égard du prélat avec la plus grande générosité et beaucoup de noblesse , comme je le ferai voir dans la suite.

VI. D'après ce que je viens de dire , la princesse gouvernante écrivit à l'archevêque le 3 août une lettre dans laquelle elle lui disait qu'il devait sans

doute être instruit de l'arrivée prochaîne du roi; qu'elle avait besoin de lui communiquer auparavant à lui-même quelques afTairts, et qu'en congéqueuce elle Tinvîtail à se rendre au plutôt à Valladolid. Cette princesse ajoutait : « Comme le moint dre retard dans votre arrivée pourrait être suivi t de conséquences désagréables 9 je serai très-char - « mée que vous veniez bientôt, quand même ce « ferait sans cérémonie et sans équipage; quant à' « votre logement, il y sera pourvu d'une manière c convenable.: je me réjouis in Animent que vous M en ayez demandé vous-même un dans cette cir- € constance , parce que cela s'accorde très-bien avec c ce que je désirais et avec ce qui peut être utile à € présent. D'après cela j'ai besoin de savoir l'époque € à laquelle vous avez intention de vous trouver ici : c afin que vous ne perdiez pas de temps et que vous » m'instruisiez de votre arrivée , je vous envoie D. Ro- « drigue de Castro qui est porteur de cette lettre. » VII. Ce D. Rodrigue était frère de l'évêque de Cuença , premier dénonciateur de. l'archevêque : il fut avec le temps archevêque de Se ville et cardinal. Il partit de Yalladolid le 4 du mois d'août; le 6 il remit la lettre à l'archevêque : le 7, celui-ci répondit à la princesse qu'il allait se rendre à ses ordres. En effet il fit partir aussitôt pour Yalladolid, ses équipages, une partie de sa maison et de l'argent pour se meubler ; il donna aussi les ordres nécessaires pour les autres dispositions dcf son voyage, qu'il fit cependant avec lenteur afin de visiter les bourgs et les villages de son diocèse où il passait. Le 9, la princesse gouvernante reçut la réponse de Tarchevôquo datée du 7.

Vllf. Dans cet intervalle, D. Rodrigue de Castro écrivit plusieurs lettres à D. Ferdinand Valdés , sa^ voir 5 une datée d' Arevalo du 4 août , et quatre d'Alcala de Henarés, les y^ g, lo'et i4 du même mois ; ce qui fut cause que Tinquisiteur général jugea que le délai de huit jours était beaucoup trop long él cachait quelque mauvais dessein ; il fit semblant de craindre que Carranza ne pensât à s^évader afin d'aller au devant du roi, et que s'il pouvait y réussir, il ne s^«mbarquât pour se rendre à Rome.

IX. On voit ici à quels excès les hcnnmes se laissent entraîner par leurs passions , puisque D. Barthélemi était sous la surveillance de D. Rodrigue de Castro 9 qui logeait dans la même maison et ne le perdait jamais de vue. Ce prétexte , tout futile qu'il était y suffît à Valdés pour rendre le 17 août un arrêt par lequel il nommait inquisiteurs des dintr'cts de Tolède et de Valladolid, D. Rq^rigue de Castro et D. Diégue Ramirez de Sedcgno ( depuis évéque de Fampelune ). Il les chargeait, ainsi que le chef des aignazils du Saint-Offîce de Valladolid, de se f ûsir de la personne, de rarchevèque, de mettre ses biens sous le séquestre et d'en dresser Tinvetitaire.

X. Cet ordre fut exécuté à Torre-Laguna le aa du mois d'août avant le jour et pendant que l'archevêque était encore au lit. Lorsqu'on lui annonça qu'il était en état d'arrestation , il demanda en vertu de quel ordre on venait l'arrêter. On lui exhiba celui du grand inquisiteur et le bref du pape. Il répondit que le bref était général , et qu'il fallait d'ailleurs une commission spéciale expédiée "avec connaissance de cause 9 laquelle était hors de la compé-

' t^nce de rînquisiteur général ; que même en la supposant ', on n'observait pas à son égard le» tonditions prescrites par le bref du pape , qui n'orâonnait la prise de corps que dans le cas où Ton craindrait Févasion ; crainte chimérique que la méchanceté seule pouvait faire supposer ; que d'après toutes ces considérations il protestait contre Tordre 9u grand inquisiteur et la violence de ses mesures, et demandait au pape la satisfaction qui lui était due pour roffense qu'il recevait. L'archevêque ne pouvant pas exécuter dans le moment même ce qu'il Tenait de dire , requit Jean de Ledcsma , notaire du Saint' O fjîce, présent à son arrestation , de lui donner acte de ses réponses aux deux inquisiteurs , et de son obéissance qu'il motivait sur l'intention qu'il avait d'éviter de plus mauvais traitemens.

XI. L'archevêque demanda que dans l'îpventaîre de ses effets on eût grand soin de ses papiers, dont quelques uns étaient très-împortans parce qu'ils appartenaient à- des procès qui regardaient Ir siège archiépiscopal ; savoir , un avec les procureurs du roi fur des droits de la couronne'; un autre avec le marquis de Camarasa Grand d'Espagne, sur la nullité de l'aliénation de la seigneurie de Cazorla et des villages de son district appelé Adetantaniiento, et d'autres avec diverses personnes et des communautés, concernant des prérogatives et la jouissance de plusieurs biens et de certains droits. On lui promit tout ce qu'il avait demandé.' /" XII. Il partit de Torre-Laguna le i3 août veille de . ta fête, et arriva à Valladolid le 28 du même mois; on l'enferma ainsi que je l'ai déjà dit dans la maison du majorât de D. Pierre Gonzalez de Léon ; son porte-

feuille et une cassette contenant des papiers furent remis au grand inquisiteur , qui s'empressa le 39 de les faire ouvrir et d>n faire inventorier les objets. Il adressa au roi le 6 septembre une lettre dans laquelle il lui rendait compte de cette arrestation , mais à sa manière» et en la motivant sur la crainte simulée de la fuite de Carranza. Il ajouta que Tarchevéque avait même paru instruit de ses mesures : insinuation perfide qui pouvait coûter cher à D. Antoine de Tolède dont la correspondance avait été lue par Tinquisiteur général; car celui-ci n'avait rien eu de plus pressé que de prea^ dre connaissance des papiers nouvellement envoyéf de Rome et d« Flandre.

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GHAPITRE XXXIÏL

Continuation du même procès jvsqu au vojage de rarches>é(Jue à Rome^

Article premier.

Nouveaux témôinSk

t. L'abchevêque de Tolède ayant été arrêté ^ il sur* Vint divers iiicidens dans son procès ; avant d'en parlet il me parait convenable d'offrir le tableau des nouvelles déclarations des témoins que les ennemis de Carranza se procurèrent avec l'intention de justifier leur conduite. Ils y furent engagés non-seulenient par les motifs qui avaient fait naître la persécution ^ mais Ciicore par leur propre intérêt. Valdés et sei coadjuteurs craignirent avec raison de soulever con- . tre eux l'opinion publique, si lorsqu'on rendrait une sentence définitive , on ne prouvait pas à l'Europe entière que le prélat était réellement coupable.

II. Afm de parvenir à leur but^ les inquisiteurs interrogèrent quatre-vingt-seize témoins; mais il arriva malheureusement pour eux 9 que les déclarations de la plupart n'ajoutèrent rien à ce qu'on s'était déjà procuré; que quelques-uns attestèrent la pureté du catholicisme de Carranza ; et que le petit nombr» de ceux qui furent contre lui, ne déposa certaines chor ses que sur le rapport d'autres personnes, qui ne les confirmèrent pas, ou qui mê^ne les démentirent. Il est digne de remarque que la plupart den témoins qui m. '16

parlèrent en faveur de Tarchevèque 9 le firent pendant qu'ils étaient dans les cachots de Tlnquisilion ; dans la torture ; ou après les tourmens ; et lorsqu'ils pouvaient craindre de les voir se renouveler, et d'être en butte aux plus cruels tràitemens de la part des juges dont ils contrariaient les projets ; tandis que ces infortunés se montraient si courageux , les évêques , les archevêques et d'autres théologiens qui aspiraient à l'épiscopat , se cdmportèrent lâchement et n'hésitèrent pas à rétracter la première et la véritable opinion qu'ils avaient exprimée 9 et de déclarer violemment suspect de îùthéraiiismey le même homme qu'ils avaient presque noîâimé un âpètre ; et cela à la vue d'un seul procès et sur le même ouvrage. Si ma qualité d^historien ne ôi^'obligeait de rappeler une circonstance si peu honorable pour des prélats dont la conduite fut d'ailleurs digne de respect y j'aurais cru avoir des motifs suffîsans pour la passer sous silence.

III. Le 3o août iSSg Martin Gutierrez jésuite , déclara de son propre mouvement et' sans interpella' tion avoir entendu dire à Fr. Louis de la Cruz que dans sa jeunesse étant à servir la inêsse à D. Bàrthélemi, celui-ci tenant la Sainte Hostie dans set doigts 9 lui aVoit adressé ces paroles: veùx-tu mdn^ ger de ce pain ? Que Fr. Louis ayant répondu qu'il ne s'était pas confessé , Carranza lui avait dit: tu' es trep scrupuleux f et lui avait donné la communion.

IV. Fr. Louis ayant été examiné sur ce fait le 26. juin i56oy déclara qu'il M'Ait seulement vrai que\D. Barthélemi étant un jour en conférence avec lui sur les effets spirituels de l'Eucharistie , lui avait dît : qu(md î^ vais consomihsT Vf^sii^ ,' je vàudririê

Jfçus jinvi^tfiT ^ icL jSainfe tabip ; i quoi k décla- Tant répondît ; piût-à-Ifieu que je fnsae prépari .comme vous. Le même témoin réitéra cette déclara- J^ou le 9 juillet.

Y. v4ntoine Lopei , médecin de Toro ^ ayant été

interrogé le 4 septembre y déclara que sept ou huit ans auparavant il avait entendu Tarchevèque avancer, dans un sermon qu'il prêcha, dans Téglise da Saint-Sébastien de cette ville , la proposition suivante ou bien quelque chose de semblable : < Il y a deft «hommes si corrompus qu'ils conservent pendant « plusieurs années la qualité de pécheurs publics» « De tels hommes sont-ils chrétiens? On ignore même

c s'ils ont encore la foi ; mais supposons qu'ils l'ayent

elc- " =- Ce témoin fut le seul qui fit une pareille déclaration ; il était cependant question d'un sermon prêché publiquement.

VI. Le 19 septembre 9 le licencié Augustin Zurujano déposa avoir entendu raconter à Fabien Sal* vador que l'archevêque de Tolède avait dit, dans un aermon qu'il prêchait à Londres , qu'on ne commetlait aucun péché eu n'allant pas à la messe , eu né se confessant pas , et en ne comnriuniant pas ; la témoin ajouta que Fabien Salvador avait dit que François Montero (qui était avec lui à ce. sermon) avait été scandalisé d'entendre le prédicateur s'exprimer ainsi.

yil. Ce Fabien Salvador ne fut pas ijnlerrogé^

François Montero capitajine d'infanterie , répoQiç^t

.qu'il ne s'en souvenait pas : ou. te pre^^i ^ivec vi-

"Jucur de se rappeler le fait 5 mai» ce fut.înuti^a

ment^ et il persista dans ce qu'il ayait dit : le quà«

UCicatiîmortei ou grave joint au mot péché y qui ne fut pas entendu par le déclarant j suffisait pour rendre le passage orthodoxe : s*il n'avait pas été employé, la, proposition aurait été dénoncée sans doute ' par plusieurs autres personnes de Taudîtoire.

YIII. Le bienheureux Jean de Ribera âgé de trente ans 9 ayant été cité le 97 septembre pour déposer devant le Saint-Office de Sévilleen présencede Tévèque de Tarazona, lieutenant de Tinquisiteur général , dit qu'il avait lu à Salamanque récrit intitulé : Avis touchant les itUerprètes de VEcriture» %xxt lequel il était interpellé, et qu'il y avait remarqué trois, propositions qui ne lui paraissaient pas caiholiques. La Première : il ne faut pas s'appuyer sur les saints Pères pour entendre l'écriture sainte; lAsecotideinouB pouvons être certains de notre justification ; la troisième : on obtient la justification parla foi vive en la passion et en la mort de notre Sauveur. Le témoin ajouta dans sa déclaration qu''il avait entendu dire dans ce temps-là que cet écrit était de D. Barthélemi Carranza , mais qu'il avait su depuis qu'il appartenait à un autre auteur.

XI. Fr. Louis de la Cruz (qui était instruit à fond de toutes les affaires de l'archevêque) ayant été examiné plusieurs fois sur cet objet , décfara jusqu'au dernier moment que Vavis faisait partie d'une lettre que Valdés avait écrite (long-t^ps avant d'être regardé comme hérétique) à l'archevêque alors professeur de théologie au collège de Saint-Grégoire de Valladolid; il ajouta qu'il avait su depuis, que cet ouvrage, avant d'être inséré dans cette lettre, avait

été imprimé dans les Institutions Chrétiennes dô Tauiero ; quec'était lui ( et non D. Barthélemi) qui l!avait copié dans la lettre de Valdés et qui l'avait inséré dans Touvrage de Carranza y intitulé : Expiica^. tion de ia lettre de Saint-Paui aux PhiUppiens 9 dout il passa des copies dans plusieurs mains ; qu'il avait ajouté de son propre mouvement et de bonne foi Fadj ectif /weua? au substantif Jvis; qu'on ne devait l'attribuer qu'à sd jeunesse et au défaut de certaines lumières qu'il acquit dans un âge plus avancé et par de nouvelles études: que cet écrit se trouvait peutêtre renfermé (quoique sans en faire partie) dans l'Explication 9 parce que D. Barthélemi avait coutume de l'avoir sous les yeux quand il expliquait quelques uns des points de ce dernier ouvrage ; qu'il ne donnait jamais cet Avis à ses élèves comme leçon; qu'il n'en lisait jamais le contenu dans sa chaire, de la même manière qu'on lit des lettres ou quelque livre 9 mais qu'il y faisait les additions, les changemens et les corrections que ses connaissances luisuggéraiejil; que loin de chercher à s'éloigner des Interprétations données par les saints pères sur le vrai sens de l'écriture sainte 9 il l'expliquait suivant ce qu'il trouvaij^ dans Saint Augustin , Saint-Jerôme et d'autres; qull fit soutenir dans son collège sur ce sujet des thèses publiques dont l'une contenait la proposition suivante : // y a dans l'écriture sainte quelques passages ot)SCurs et di/ficites à comprendre ; c'est pourquoi il faut avoir recours à l'interprétation qui en a été donnée par les docteurs et les pères d& l'Eglise, X. Le 28 septembre on examina D. Dièguellurtado

èe MéàiotAf ci-devstnt ambassadenr au Concile 9e

Trente et à la Cour de Rome, conseiller d'état et . ehanftbellan du roi , en exercice lord de âoti voyage en Angleterre et en f laiidre : ce seigneur fut sommé de déclarer ce qu'ail avait observé sur la foi de i*ârfchevêque de Tolède. Cet interrogatotre n'eut lieuT ^u^éprès que Te grand inquisiteur eut été bien inétruit de la manière et dans quel sensMendoza devait répondre ; il lui en avait écrit le 2 du mèitie mois y et par sa réponse D. Diègué lui apprenait toute Tiitlportancé qu'il avait attachée 5 (pendant son séfouir k Venise lorsqu'on préparait le Concile de Ti*entè) à Tunion étroite ^ui liait Carranza avec Mathieu Frîoli évéqVie de Bresclà , Douait Rullo CadaVèi^^ iiapolifàtn , Antoine Flàihînio , M. Carnesèca , lei cardinaux Polo et Moron» Athanaèe Coloiiàa etd'aùtreli avec qui il avait dès conférences secrè'tè's ; qu'il ne f ro'ûvait rien à reprendre ni à soupçonner dans la conduite extérieure dé ces individus^ mais seulement qu'ils suivaient une route qui n'était fréquentée que ^àr un très-petit noriibre de personnes. Le grand inquisiteur savait que tous ces personnages étaient notés comme hérétiques ; que quelques uns avaient été poursuivis et même condamnés comnié tels; il eut à ce sujet des entretiens particuliers avec D. Diègue de Mendbzà , et le ftt sommer ensuite de décUrer avec serment tout ce qu'il avait appris ; celui-ci répéta ce que j'ai déjà rapporté et ajouta que celte circonstance lui faisait douter de la pureté de lii foi de l'archevêque de Tolède; qu'il désapprouvait aussi son catéchisme 5 attendu qu'il ne répondait pas à certains ârgumens des hérétiques ; qu'il éii réfutait d'autres à la vérité^ mais par des raisons faibles , tandis qu'il

pj;,ései3itait cetix de ses adversaires dans toute leur force eJL leur difficulté , ainsi qu'il Tavait dit au roi en Flandre. Ce témoin confirma sa déposition le 20 octobre suivant; il dit aussi qu'avant que le catéchisme fût prohibé , il avait conseillé au duc d'Arcos et à D. Ferdinand Carrillo de Mendoza de ne pas le lire, parce qu'if n'était point orthod^ice ; et enfin, que le prince d'Evoli ayant une affaire qui devait être jugée par l'archevêque de Tolède • lui déclarant avait écrit à Losilla secrétaire du prince', de faire tout ce qu'il pourrait afin qu'on l'expédiât au plus vite; et D. Diègue avait entrepris des démarches pour cela parce qu'il prévoyait l'arrestation du prélat.

XI. Le docteur Julien de Pernîa, autre témoin fut d'accord avec ce qui vient d'être dit ; il déclara le' i5 octobre avoir entendu avancer à D. Ferdinand Carillo de Mendoza, fils aîné du marquis de Priego , que D. piëgue de Mendoza avait prédit en Flandre que l'archevêque serait arrêté par l'Inquisition comme suspect de l'hérésie de Luther.

XII. F. Bernard" Alvarado de Fresneda, franciscain, âgé de 5o ans, confesseur du roi (puis conseil-* 1er d'état, commissaire général de la Croisade, évêque de Cordoue et archevêque de Saragosse ) , fit connaître le même jour les relations amicales de Car-^ ranza avec le cardinal Polo, le cardinal Moron, l'archevêque de Cantorbery, l'évêque Prioli tous déposés depuis comme hérétiques , ainsi qu'avec le docteur Murillo de la province d'Aragon, qui d'après le rap*port de F. Julien de Tudela , disait que s'il était vrai qu'il fût hérétique , Carranza en était la cause.

XIII. .F. Julien ne fut pas examiné , mais F. Jean 4e VUlagarcia ayant été interrogé dans la prison sur

le genre d'intimité qui avait existé entre Carranza et les hérétiques cités par Mendoza, et sur le contenu de quelques lettres de ces individus, trouvées dans les papiers de Carranza , il donna sur le tout des explications qui parurent très-simples et très-claires > il dit que non-seulement elles ne {aissaieut pas entre*^ voir le moindre soupçon d'hérésie , mais prouvaient au contraire que l'archevêque avait fait les plus grands efforts et montré le plus grand zèle pour convaincre les hérétiques 9 éteindre l'hérésie , ou au moins pour en arrêter le" cours en Angleterre» dans l'université d'Oxford et dans d'autres écoles de ce royaume, s'accordant avec les hérétiques sur tout ce qui ne louchait nullement au dogihe défmî, aBn que la différence de leurs opinions paraissant moins grande, il iîjtt plus facile de les ramener à l'unité de la foi catholique.

XIV. Nous ne devons pas oublier que D. Diègue de Mendoza était seul déposant de ce fait et témoin sollicité , puisqu'il n'existait aucun fait particulier capable de motiver sa déposition.

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