‹ Histoire critique de l'inquisition d'EspagneChapitre 22 sur 34 · IX. Qu'on ne lui communiquait les copies des · texte numérisé non relu

IX. Qu'on ne lui communiquait les copies des

requêtes du fiscal que lorsque le terme pour répondre était sur le point d'expirer , afin que l'archevêque rendît sa détention plus longue en* demandant de nouveaux délais , ou qu'il répondît sans réflexion.

X. Qu'on lui a imputé des ouvrages dont il n'était pas l'auteur^ et qu'on les a fait qualifier comme siens , ainsi que quelques écrits qui ne méritaient en aucune manière d'être qualifiés ; enfin que les théologiens ont employé un si long espace de temps dans ' celte opération , que son amc n'était presque plus » capable de supporter des longueurs aussi Injustes qu'inutiles.

Xi. Qu'il n'espère , d'après cela , être jugé avec impai'tialité qu'autant qu'on l'enverra à Rome avec les pièces de son procès.

XIÏ. Qiîc les archevêques et les évêques ne regardaient pas comme un déshonneur, et ne s'offensaient pas qu'on appelât à cette Cour des sentences pronon-

cçcs pnr e»ix dans les procès poqr cause de bénéfices ; que par consé<)uent le Saînt-OfCce ne devait pas se croire lésé dans un cas semblable,

XIII. Que le roi ne doit point croire les flatteurs qui l'eiilourent , parce que nialgré tout ce qu'ils peuvent lui dire, toute T^spagne murmure de la manière dont on traite le procès et la personne de rarchevèque primat, et qu'on en parle encore plus forlcment "hors du rovaume.

XIV. Que personne ne pourra jamais voir de bon œil la hardiesse qui a fait donner plus de poids k l'opinion des juges et des témoins du procès 9 qu'à celle du Concile de Trente ; qu'un tel excès d'audace a beaucoup de ressemblance avec l'hérésie des luthériens ^ dont les sectateurs sont l'objet des poursuites de ces mêmes juges.

XV„ Qu'on a vu clairement leur partialité ^ lorsqu'on a reçu en Espagne la nouvelle de l'approbation du catéchisme par le Concile ; car au lieu de faire éclater leur joie d'apprendre qu'un livre espagnol était reconnu pour orthodoxe, ils en ont témoigné ouvertement le plus grand déplaisir ; qu'une pareille conduite suppose toujours une mauvaise disposition dans le juge , parce que s'il est impartial , il doit se réjouir quand les prévenus sont déclarés innocens ; mais les juges de l'archevêque , loin d'éprouver ce sentiment, ont été mécontens jusqu'à lui cacher cette résolution , de manière qu'il est encore à l'apprendre par la voie juridique.

XVI. Le même défenseur continue : « Ces jugea « ont été si fâchés d'une telle décision, que l'un d'eux, n parlant de cette affaire après qu'on en eût reçu K la confirmation I dit d'un ton irrité âmes deux col-

« lègues et à moi ;' Tout le ConciU n'est pas ca^ « pabie de défendre deux propositions qui sont « dans ce livre ; et lui ayant demandé quelles c étaient ces conclusions , il en cita une que je lui « prouvai bientôt être catholique , et j*ajoutai cjuc si « l'avais autant d'autorité que le grand inquisiteur ^ « je le dénoncerais peut - être ; car je trouvais qu'il « y avait autant d'hérésie à regarder cooime liéréti- « que une proposition catholique , qu'à prendre pour « catholique une proposition hérétique ; d'ailleurs il t est certain que c'est une hérésie de supposer que le « Concile puisse approuver comme catholique , une c doctrine qui ne l'est point. »

XVII. Que les luthériens des pays étrangers ont les yeux ouverts sur ce procès , et que lorsqu'ils sauront que le roi a plus de confiance dans le tribunal de l'Inquisition d'Espagne que dans le souverain pontife , ils s'en prévaudront pour persister dans leurs opinions opposées à ce qu'on doit croire du Saint- Siège, et ils diront que le roi n'a qu'une foi apparente et subordonnée à ses vues particulières ; car si elle était véritable , il ne serait pas dans la défiance à l'égard de iSa Sainteté.

XVIil. Qu'onlui a découvert sous le sceau dé la confession , que le vérilahie dessein des hommes qui conduisent celle alTaire, c*esi de ne jamais ia juger; parce que persuadés, comme ils affectent de le faire croire , que l'archevêque est coupable , ils regardent comme un moindre mal de le laisser mourir en prison , que de voir rclohaber sur l'Espagne la honte que son primat soit déclaré hérétique.

XIX. Que de tels procédés sont de la dernière injuslice , et impliquent Vidée que leurs auteurs dis-

sipcfit à icur profit tes revenus de CarehtvSché. comme Us le font réellement sans qtit personne^ ieur en demande compte, outre qu'un semblable projet équivaut à une condamnation , cajr tout le monde croira que puisque les inquisiteurs ne ju-* gent pas l'archevêque , il faut absolument qu'il soil hérétique; que cela même blessera Thonneur de Sa Majesté y parce qu^on dira qu'elle ménage ks hérétiques d^m grand crédit , tandis qu'elle fait *punir ceux dont la qualité ne peut imposer^

XX. < £nfîn {dit JipUctieta) , nous défenseurs c de ce saint personnage » tenons pour bannes toutea « les défenses qu'il a présentées, et les avons signéea « comme telles ; quant à moi en particulier, fe suia

< ti'ès-sùr que non - seulement il sera déclaré inna* « cent à Kome , mais qu'il y recevra plus d'honneur « que jamais personne au monde; que cette dislinc- « lion sera glorieuse pour Votre Majesté ; car Tunivers « entier saura quel est le personnage qu'elle avait a él^vé à une dignité si éminente.... Je me résume

* donc , ô Roi très - chrétien , mon maître , et jo c termine en disant que ceux qui conseillent et veuu lent que ce procès important soit jugé en Espagne» c peuvent avoir beaucoup de zèie, mais manquent t de justesse dans le jugement; c'est pourquoi il t importe que Votre Majesté prenne un parti digne f d'elle , en retirant cette cause célèbre des mains « de ces hommes emportés par leurs passions, pour la

* remettre à celui-Jà seul qui doit la décider ; qu'elle

< prouve que sa justice pèse dans la même iKtlance « les grands et les petits , et qu'elle impose par « cette conduite à la malveillance , qui cherche par

^t ses rapports à ternir la gloire de son nom , que je

f prie Dtea d'augmenter \ jamais et dans le ciel et « sur la terre. Amen. »

XXI. Martin Alpizcueta était sans doute un homme très-savant , et il dit .de grandes vérités au roi ; mais il ne connaissait guère le caractère de ce prince ; car la lettre qu'il avait écrite au pape le i5 avril, prouve qu'il était devenu aussi injuste que les juges et peutêtre même davantage : persuadé que Carranz^^ était véritablement hérétique, il se fit une gloire de prouver à tout l'univers que s'il avait su récompenser le mérite par la première dignité de l'Espagne, il n'était pas moins disposé à punir le crime jusque dans celles de ses créatures qu'il avait le plus élevées.

XXII. En conséquence, ce prince résolut d'envoyer quelqu'un à Rome, pour demander au pape la permission de juger le procès de Carranza en Espagne; Il choisit pour cela D. Rodrigue de Castro , membre du conseil de l'Inquisition, à qui il fit remettre le 24 novembre i564 des instructions arrêtées en plein Conseil, et d'autres qui étaient secrètes, sans date, et qu'il avait signées de sa propre main; un alphabet de chiffres pour la correspondance particulière que^ Castro devait avoir avec le roi; un ordre pour D. Garcie de Tolédo , général des galères d'Kspagne , qui le chargeait de le faire transporter en Italie des lettres de créance pour le pape et une autre relative à l'objet de son voyage ; il en portait aussi pour les cardinaux Pacheco , Borromée , Vitéli , de Médicis , de Man-^ toue, Altemps, Gonzague, Moron , de Saint-Clément, de Trente, d'Augusta, d'Aracelî, de Lesis, d'Aragoq et Amulio; ainsi que pour l'ambassadeur D. Louis de Requesens et Zugniga, grand commandeur de Castille.

]!i^]^m. Le roi qui prévoyait les événemens aux<juelf

ce Toyagc pourrait donner lieu , remît à son envoyé des lettres pour le roi et la reine de France , pour le connétable de ce royaume 9 et pour D. François d'Alava , son ambassadeur à Paris ; pour D. Gomez Suarez de Figueroa , qui résidait à Gènes en cette qualité ; pour le duc d*Âlcala , vice-roi de Naples ; pour D. Gabriel de la Cueva , gouverneur de Milan ; pour le grand duc de Toscane, et enfm pour le prince Marc- Antoine Colonne.

XXIV. Parmi les articles des Instructions on ea remarque un qui porte ce qui suit : c Quoiqu^on c doive espérer que Dieu conduira la volonté du sou- « verain pontife de la manière la plus convenable à c son service, on ne doit pas pour cela négliger les « moyens que le monde nous offre pour réussir dans c une entreprise aussi juste, et dans laquelle Tlion- « neur du roi et du Saini-0/fice d'Espagne est înté- « ressé ; c'est pourquoi on s'appiiqtiera à connaître n, tes (taisons des personnes qui peuvent le piu^ « influer sur cette affaire, quelle quesoit leur qua- « iité , et on cherchera à les gagner par tous les € moyens qu'on jugera convenables. » Ceux qui connaissent la Cour de Rome sous tous les rapports , sauront apprécier le sens de ces paroles, et verront avec quelle ardeur on désirait d'empêcher qu'un pro-^ ces intenté d'une manière aussi arbitraire y fût envoyé.

XXV. D. Rodrigue de Castro fit tant que Pie IV consentit à laisser en Espagne le procès et la personne de Carranza ; il nomma dans un consistoire tenu le i5 juillet ]565, les juges qui devaient se rendre dans ce royaume ; ce furent le cardinal Buoncompagni , ( depuis pape sous le nom de Grégoire XIII ), avec 1« litre de légat a Lattre ; Tarchevêque de Rosano »

{ qui devint pape sous le nom d'Urbain VII ) ; raudi*teur de rote Aldobrandini, (depuis cardinal), et le général des Franciscains, ( élevé dans la suite à la papauté sous le nom de Sixte-Quint ). Le souverain pontife informa Philippe de ces nominations par un bref en date du 2 1 août suivant,

XXVI. Les envoyés du pape arrivèrent en Espagne au mois de novembre ; Philippe II alla recevoir le légat à la porte d'Alcala , et lui fit Taccueil le plus propre à le flatter , afin de l'engager à consentir à la proposition qu'il voulait lui faire d'associer aux juges qu'il amenait de Rome, les conseillers de l'Inquisition d'Espagne ; le légat qui en savait assez pour prévoir les înconvéniens de cette mesure , s'y refusa.

XXVII. On employa de nombreuses et de puissantes intrigues par ordre du roi pour réussir dans cette tentative; mais tout fut inutile, et sur ces entrefaites > on apprit que le pape était mort dans la nuit du 8 au 9 décembre. Buoncompagni qui voulait assister au conclave, prit sur-le-champ la poste pour retourner à Plome sans en avoir prévenu personne, pas même le roi , laissant l'archevêque et son procès dcïus l'état où ils étaient en 1662.

XXVill. Le 17 janvier i566 , Saint Pie V fut élu. Le cardinal Buoncompagni apprit cette nouvelle en route , et s'arrêta à AvignoH. Philippe envoya un courrier extraordinaire au nouveau pontife pour le prier de confirmer les dispositions de son prédécesseur , et il obtint ce qu'il désirait ; Sa Sainteté expédia en même temps un bref au cardinal pour qu'il retournât en Espagne ; celui-ci lui répondit qu'avant d'exécuter ses ordres il croyait nécessaire d'avoir avec elle un entretien particulier^ et il continua son

voyage. Aussitôt qu'il fut arrivé à Rome , il rendît compte au nouveati pape , de tout ce qui se paissait en Espagne , et lui prouva que le procès de Garranza ne pouvait y être jugé avec impartialité , quand mém« ce serait par des juge» envoyés de Rome ; Fie V prit alors deux résolutions ; la première fut q[ue l'archevêque de Tolède serait envoyé à Rome aveib les pièces de son procès ; par la seconde,. D. Ferdinand Valdé« fut destitué de l'emploi de grand inquisiteur; cette dernière mesure lui parut nécessaire pour le cas où l'affaire du prévenu obligerait " d'entendre de nouveaux témoins en Espagne.'

XXIX« Salazar de Mendoza prétend que Philippe II obéit sur-le-champ; mais cet écrivain n'avait pas vu l'histoire du procès ; non-seulement il se trompe , il est encore certain qu'il y eut de part et d'autre de grands débats; mais S. Pie Y tint ferme , et l'orgueil de Philippe fut obligé de céder, après la menace que lui fit le pape de l'excommunier , et de mettre tout son royaume en interdit. Les pièces du procès existent : je me réfère à ces documens.

Article VI.

Départ de V archevêque pour Rome.

I. Le roi nomma à la place de grand inquisiteur D. Diégue Espinosa , conseiller d'état , président de Castiile, depuis cardinal, évêque de Siguenza ; et le souverain pontife fît expédier le 9 septembre de la même année, une bulle dans laquelle il disait que •Valdés étant très-avancé en âge, il avait jugé convenable de lui donner pour coadjuîeur avec droit de survivance, D. Diégue Espinosa qui remplirait au-

près de lui les fonctions de lieutenant pendant sa vie , avec la clause expresse de gouverner les affaires de rinquisition générale , par lui-même et sans ètrtt tenu d'en rendre compte à Yaldés; et pour cet effet $ il lui accordait les mêmes pouvoirs dont celui-ci et ses prédécesseurs avaient joui. Ces dispositions du pape turent rendues publiques pour ne pas déshonorei^ Valdés ; mais Sa Sainteté fit part à Espinosa de seg intentions secrètes /dans un bref du i" octobre , qui lui fut remis par l'évêque de Fiesoli auquel il devait s'en rapporter comme à lui-même , sur tout ce que celui-ci aurait à lui dire de sa part. Le bref portail en substance qu'il devait éviter avec soin d'entretenir Yaldés du procès de l'archevêque.

IL Pour revenir à ce qui concerne Carranza , le pape fit partir pour Ti^spagne avec la qualité de Nonce extraordinaire, Pierre Camayani, évêque d'Asculi 9 avec Tordre le plus formel de ne point revenir " à Rome , sans la personne de l'archevêque et les pièces de son procès. Il lui adressa le 5o juillet suivant un •bref qui mériterait de trouver ici une place , comm« très-important ; mais il est fort long , et je me vois dans la nécessité d'abréger le récit d'une affaire qui n'est pas moins étendue que compliquée. Il y est dit que la lenteur que l'on a mise dans Tinstruction du procès de Carranza , ainsi que sa détention , sont un sujet de scandale non-seulement pour l'Europe , mais encore pour toute la chrétienté: il lui ordonne sous peine d'excommunication et des autres châtimens réservés à ceux qui se rendent coupables de désobéissance , de signifier aussitôt qu'il sera arrivé à Madrid ^vec menace des mêmes peines , à l'archevêque de SévîUe ; au Conseil de l'Inquisition , et aux autres per-

solitied intéressées dans le procès déGarratnza, la ré-^

vocation absolue de tons les pouvoirs qui leur ont été accordés pour Tafiaire de l'archevêque, et Tordre positif, sous peine d'' excommunication dans tou,t6 i' étendue dont elle est susceptible , de le mettre inmédiatement en liberté , sans délai ni protestation et sans exiger de lui aucune garantie; de déposer entre les mains du Nonce le procès original entier, afin qu'il puisse l'emporter à' Rome, et dé soumettre aux mêmes censures tous les détenteurs de papiers relatifs à cette affaire s*ils ne s'empressent de les livrer; d'intimer l'ordre à l'archevêque , aussitôt qu'il sera en liberté ,'de se rendre en personne à Rome , afin que son procès y soit continué et jugé à la charge toutefois par lui de nommer avant son départ, un administrateur pour son archevêché.

III. Le Nonce arriva à Madrid: mais, malgré la rigueur des ordres et des menaces dont je viens de parler, rien ne s'exécuta comme le pape l'avait ordonné. L'archevêque ne fut pas mis en liberté ; le roi envoya à Yalladolid un détachement de ses gardes,' comme pour lui servir d'escorte , jusqu'à Carthagèn« où il avait été décidé qu'il s'embarquerait. Il ^t retenu à Yalladolid , et l'on mit tant de lenteur dahs les dispositions de son départ qu'il ne put arriver à Rome que la veille de la fête-Dieu, le 29 mai d« l'année suivante.

IV. Quant au procès, il suffira de dire qu'il fallût encore de nouvelles menaces d'excommunication de la part du Nonce pour obtenir qu'il fût envoyé , ce qui arrêta l'archevêque à Carthagène pendant quatre mois. On abusa mén^e de l'ignorance de ce commis- «aire et du secret avec lequel l'affaire avait été con-*

dulte j^our n'en remeltre qu'une partie , et le resté ayant été réclamé de Rome, quand on s'aperçut qu'il manquait , il y eut un nouveau retard qui ne dura ^as moins d'une année entière ; enfin , toutes ces circonstances prouvèrent clairement le désir qu'avaient les inquisiteurs de faire différer le jugement de cette cause jusqu'à la mort de l'archevêque. Le chapitre de Tolède se signala par le dévouement le plus courageux : il avait nommé pendant la détention de son chef 9 deux de ses membres pour lui rendre tous les services que les circonstances permettraient , en les chargeant de ne pas l'abandonner un seul moment ni dans son voyage, ni pendant son séjour à Rome.

V. Ce prélat sortit enfin de sa prison le 5 décembre i566. après sept ans trois mois et quatorze j ours d» détention , qu'il avait passés dans deux chambres d'où il ne pouvait voir ni la campagne ni la rue ; et où il lui était impossible d'entretenir d'autres personnes que ses deux domestiques et ses deux défenseurs , je ne parle point de ses juges ni des familiers du Saint-Offîce dont la vue ne pouvait que lui être désagréable.

YI. On refusa à l'accusé la permission de nommer un administrateur pour son archevêché , quoique l'ordre en fût expressément porté dans le bref du pape. Le motif que l'on fit valoir pour justifier cette contravention fut que Sa Sainteté en ordonnant cetto mesure, ignorait qu'un administrateur avait été déjà nommé par le roi et que Paul V l'avait confirmé.

VII. Carranza fit le voyage en litière , accompagné de D. Diègue Gonzalez , inquisiteur de Valladolid , et de D. Lope de Avellaneda qui avait été nommé en l56i par D. Gaspard de Zugniga pour le garder^ Cetta iernièro précaution prouve qu'il n'était pas libre.

VIII. L'archevêque arriva à.Carth^gène le Si déf Cembre , et on lui donna le château fort pour loge-^ ment. Il fut depuis ce moment sous la responsabilité du capitaine gf^^néral de tk {irbvincè , ce qui fut cause que Gonzalez retourna à Valladolld ainsi que la' garde royale. On n'eût pas donné une pareille escorte au ))rélat> si les inquisiteurs avaient cru à la doctrine qu'ils enseignaient sur la nature de Texcommunication Préservée que le pape lançait quelquefois contre les

^rebelles qui refusaient de se soumettre aux ordres exprimés dans ses bulles.

IX. Le dimanche a;* avril 1 567 , l'archevêque de Tolède partit de Carthagène, sur la première galère de^Naples; on Pavait mis aux écoutilles parce que la chambre de poupe étjflt occupée par le duc d'Albe> gouverneur des élatç de Flandre.

X. Outre ses domesliques etson principal gardien Avcllaneda , il fut accompagné par les conseillers de rinquisition D. Diègue de Simancas évéque élu de Ciudad-Rodrigo 5 D% Antoine Pazos qui fut*nommé évéque de Pâli en Sicile à son arrivée à Rome ; par l'inquisileur de Calahorra D. Pierre Fernandez de Temigno, depuis évéque d'Avila, D. Jérôme Ramirez^ fiscal au Conseil de riiiquîsition qui mourût à Rome; Sebastien de La 11 delà et Alphonse de Castellôu secré*taires de Tlnquisition deValladoiid) ainsi que par plusieurs autres fmniiiers qui tous voyageaient auxiraîà du prélat. Il avait «aussi avec lui ses défenseurs D. Martin d'Alpizcueta et D. Alphonse Delgado, chanoine et dignitaire écolâlre , comme moi, de l'église <ie To* lède, et depuis évéque d'Astorga.

XI. Lorsque la galère fut arrivée à Gènes , le duc d'Albe débarqua pour se rendre en FUmdre , et les

autres passagers pour preadre une semaine de reposa Tarclie vèque passa dans la chambre de poupe le 1 8 mai 5 foiir de la Pentecôte* Le %5 on arriva à Civita-Vecchia où étaient Fambassadeur espagnol Requesens, et Paul Yislersîo, neveu du pape et capitaine de ses gardes. L^ambassadeur se chargea de la personne de Tarche-* véque d'après Tordre qu'il en avait reçu du roi , el lé remit à Rome le 29 entre les mains du pape* Salazar de Mendoza prétend que cet événement eut lieu le 27 mai : nous devons plutôt en croire Jérôme Longomar-* BÎnio qui était à Rome , où il écrivit les commentaires qui accompagnent les lettres de Jules Poggiaoo.

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