‹ Histoire critique de l'inquisition d'EspagneChapitre 26 sur 34 · XII. On prépara 1 extradition de Ferez pour le · texte numérisé non relu

XII. On prépara 1 extradition de Ferez pour le

du mois de septembre ; elle devait se faire avec le coii« CQurs de Tlnquisition , du vice-roi y de Tarchevéque 9 de laDéputatioD du royaume; de la municipalité et des deux gouverneurs FuD civil et Tautre militaire. Les inquisiteurs avaient fait venir à Saragosseuu très-grand nombre de familiers du Saint- Office, pris dans les villes les plus limitrophes ; et le gouverneur militaire, D. Ramon Cerdan , réunit trois mille soldats bien armés. On devait faire cette e?Lpédition «sans que les habitans eu fussent avertis ; mais les barons, de Barboles, de Purroy et de Bîescas, et quelques autres particuliers en étaient avertis. Au moment où les détenus allaient soitir de la prison en présence des autorités de la ville , et pendant que les avenues et les rues où ils devaient passer, étaient garnies de soldats , une troupe furieuse de révoltés rompit les lignes , tua un grand nombre d'hommes, dispersa les autres, effraya et mit en fuite les magistrats, et fut s'emparer de la prison du r(>7/aum6 d'où elle fît sortir Antoine Perez et Jean-François Mayo- 1 ini ; elle les conduisit en triom phe,portës par des hommes, danstoutes les rues, en criant : Five la iiherté, vive tes Fuer os d' Aragon! Antoine Perez et Mayorini furent reçus dans la maison du baron de Barboles; lorsqu'ils s'y furent reposés quelques momens , on les fit sortir de la ville ; et , après avoir pris deux chemins différens , ils ne songèrent plus qu'à s'éloigner.

XIII. Antoine Perez arriva à Tauste , résolu dépasser les Pyrennées par la vallée de Roncal; mats, comme les frontières étaient fort bien gardées, il prit le parti de revenir à Saragosse. Il y entra déguisé , le a octobre^ et se tint caché dans la maison du baron de Biescas^ jusqu'au 10 novembre ; il pensa alors qu'il serait daD|;«reux pour lui de rest^er plus long-temps dans 1«

ville , parce qnc D. Alphonse de Vargas s'avançaient avec une armée pour prendre la ville et châtier les révoltés. Cet événement se trouve rapporté dans plusiears histoires particulières avec beaucoup d'inexactitude,

XIV. La présence de Ferez dans la ville de Saragosse , quelque secrète qu'elle eût été , fut cependant soupçonnée par le moyen de quelques lettres écrites de Madrid y que Basante avait vues et dont il donna avis, comme il Tavait déjà fait à l'égard de plusiejira autres. Les inquisiteurs firent les recherches les plus rigoureuses chez le baron de Barbotes et dans plusieurs autres maisons. D. Antoine Morejon , second inquisiteur, plus accessible que Molina (i) , soupçonna que le baron de Biescas connaissait l'asile de Ferez , et il le pressa de le lui découvrir , en lui promettant que si Ferez se présentait volontairement, il serait bien traité* Celui-ci avait déclaré plusieurs fois, de vive voix et par écrit , qu'il ne craindrait pas de se constituer prisonnier du Saint-Offîce , s'il n'était presque sûr qu'on le traduirait à Madrid , où son procès devant l'Inquisition ayant été promptement terminé , il serait mis à la disposition du gouvernement, qui ne manquerait pas de faire exécuter sur lui la sentence du i .*' juillet 1690, qui l'arait condamné à mort , et sans qu'on eût voulu l'entendre, La tentative de Morejon n'ayant eu aucun succès. Ferez se rendit , le 1 1 novembre , à Sallen dans les Fyrénées, sur les terres de la "seigneurie du Baron de Biescas.

(1) D. Alphonse Moliaa de Medrano était déjà à Waclrid où on Pavait récompensé en Jui donnant une place dans le Conseil des Ordres militaires; Sa place tait occupée à Saragosse par p. Pierre de Zamora.

XV. Le i8, il écrivît à la princesse de Béani, Catherine de Bourbon , pour lui^demander un asile sur les domaines du roi Henri IV, son frère , ou au moins a permission dé les traverser pour se rendre dans quelqu 'autre pays. Le texte de cette kttre et celui d'une autre qu'il écrivit à Henri IV, le 9 décembre , pendant qu'il était à Paris, prouvent l'erreur ou l'imposture d'Antoine Agnoz , son domestique , lequel déposa à Madrid que Ferez lui avait montré trois lettres que ce prince lui avait écrites pour l'engager, par mille promesses , à venir le joindre : car , si la chose eût été vraie , il ne se serait pas exprimé comme il le fit en lui demandant un asile, La lettre que Ferez écrivait à la princesse lui fut remise par Gil de Messa, gentilhomme aragonais, l'ancien et fidèle ami de Ferez, qui partagea constamment sa destinée , après avoir pris une part active à son évasion de Madrid et de Saragosse.

XVI. Catherine accueillit Ferez dans les états de son frère , le 24 novembre , pendant que le baron de Concas D. Antoine de Bardaxi , et le baron de la Pinilla , ^ D. Rodrigue de Mur , arrivaient à Sallen avec trois cents hommes pour s'^emparer de sa personne; ils avaient offert aux inquisiteurs de livrer Ferez, et on leur avait promis leur grâce; car le premier devait être jugé par l'Inquisition , comme coupable d'avoir fait la contrebande des chevaux par ce point de la frontière ; et le second allait être exécuté pour cause de' révolte danft une tentative du même genre. Les inquisiteurs, qui avaient su que Ferez était arrivé à Sallen , délivrèrent un nouveau mandat d'arrêt, après avoir signé, avec Rodrigue de Mur, la convention dont je viens de parler.

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