‹ Histoire critique de la grande enterprise de Christophe Colomb, comment il aurait conçu et formé son projet, sa présentation a différentes cours, son acceptation finale, sa mise a exécution, - son véritable caractèreChapitre 54 sur 127 · VI. — Les équipages, des trois navires · texte numérisé non relu

VI. — Les équipages, des trois navires

Nous n'avons que des renseignements incertains et incomplets sur le nombre de personnes qu'emportèrent les trois navires de Colomb. Le fils du Découvreur et Las Casas disent que ^expédition se composait de 90 hommes (291). Oviedo porte ce chiffre à 120 (292), tandis que Pierre Martyr Télève jusqu'à 220 (293), et que Diego Colomb le réduit à 68 (294).

La Commission archéologique espagnole mentionnée cidessus, a concilié l'assertion des deux premiers biographes de Colomb avec celle d'Oviedo, en supposant que les 90 hommes mentionnés par les premiers formaient l'équiquipage même des trois navires, et qu'il y avait en outre 30 autres personnes qui étaient des fonctionnaires et des

(291) Les trois caravelles « munies de tout ce qui leur était nécessaire, « emportaient quatre-vingt-dix hommes » : con novanta huoinini. (F. Colomb^ ch. XV, fol. 38 recto). « En tout, dit Las Casas, ils étaient quatre-vingt-dix « hommes. »(Liv. 1, ch. XXXIV, Vol. I, p. 260). L'inscription que porte la pierre tumulaire de Fernand Colomb dans la cathédrale de Séville dit la même chose : Con ires galeras y 90 personas,y partiô del piierlo de Palos à desciihrirlas à S de agosto. (Los reslos de Colon, Madrid, 1879, p. 197.) Malgré la précision de ce langage, Jal a pensé que cela voulait dire 90 hommes par navire, ce qui porterait à 270 le nombre des membres de l'expédition, chiffre absolument invraisemblable. (Jal, Archéologie navale, Vol. II, p. 228-229.)

(292) OviEDO, Hisl. Gen., Liv. II, ch. V, Vol. I, p. 22,

(293)11 [Colomb] avait un équipage d'environ 220 hommes. (Dec. I, ch. 1, p. 6. Ed. Gaffarel.)

(294) Con très carahelas y 6.9 homhren. iRelacion del pleito del Estado de Veragua, hecha por el Almirante D. Diego Colon, dans les Niievos Auiografou, de la duchesse d'Albe, pp. 36, 37.

Ce document est un mémoire de Diego Colomb à l'appui des procès qu'il faisait à la couronne en revendication de ses droits, dérivés de ceux de Colomb, sur la région de Veragua qu'il avait découverte. Diego avait assisté étant encore enfantaux préparatifs delà première expédition de son père ainsi qu'à son départ, et depuis il eut certainement l'occasion de se bien renseigner sur ce point. Son témoignage, ici, est déconcertant.

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serviteurs (295). Nous croyons qu'en ce qui concerne Féquipage proprement dit, il y a toute raison de s'en tenir au chiffre de 90 liommes, qui nous vient de si bonnes sources. Il y avait, en outre, à bord de ces bâtiments un certain nombre de personnes qui n'étaient ni pilotes ni marins ; mais il ne devait guère y en avoir plus de 20 ; 30 nous parait un chitîre bien élevé. En tous cas, il ne semble pas que l'expédition pouvait comprendre plus de 120 personnes, car les trois bâtiments, qui avaient à emporter des vivres et une provision d'eau assez considérable, n'auraient pu prendre plus de monde. Il est à croire, d'ailleurs, que si leur équipage s'était élevé à 220 hommes, comme le dit Pierre Martyr, ou à 270, comme le pense Jal, on serait arrivé à retrouver les noms d'un plus grand nombre de ceux qui avaient pris part à cette mémorable aventure qu'on n'a réussi à le faire.

Ces indications ne sont pas les seules que nous ayons à cet égard. Colomb, qui y regardait de près quand il s'agissait d'argent, avait fait constater par un notaire de Palos les paiements qu'il faisait à son équipage. Malheureusement, les archives de ce notaire n'existent plus. Mais Colomb avait eu la précaution de faire faire une copie de ce rôle, qu'il destinait à ses archives personnelles, déposées au monastère de Las Cuevas, et nous possédons une grande partie de ce précieux document (296). Tel qu'il est, on y

(295) « Ce gui est rationnel, après exani3n des données, en tenant compte « du tonnage des bâtiments et de la place qu'exigeaient les vivres et la pro- « vision deau faite dans réventualité d'un long voyage, c'est de supposer « qu'ily avait 90 hommes de mer et qu'avec les fonctionnaires nommés par « les Rois, les écuyers et les domestiques, l'expédition comprenait en tout « 120 hommes.» (La Nao Santa-Maria,Tnemoria de la Comision arqueologica ejeculiva. Madrid, 1892, 4", p. 581).

(296) Roi ô relacion de la génie que fiie con Crislohal Colon en el primer viage, dans les Naevos Autografos, de la duchesse d'Albe, pp. 7-10.

Ce document ne vient pas des Archives de la famille d'Albe. Il a été acheté par la duchesse avec d'autres pièces qui avaient appartenu à Colomb ; mais

relève 37 noms, dont 9 seulement sont mentionnés ailleurs. En ajoutant à ces noms ceux qui sont mentionnés dans le jouriial de bord de Colomb, dans les nombreuses pièces de la procédure des procès dits de Colomb et dans plusieurs autres documents découverts de nos jours (297), on arrive à former une liste de cent et quelques personnes ayant pris part, à différents titres, à la fameuse entreprise (298), ce qui confirme la supposition que le chiffre de 90 hommes, donné par Fernand Colomb et par Las Casas, est celui des seuls gens de mer ou autres engagés et payés par Colomb.

Colomb laissa au fort de la Navidad dans l'île Espagnole 37 personnes (299), qui y furent toutes massacrées. Un do-

son authenticité ne peut faire aucun doute, il porte en tète la phrase : Jhesus cuin Maria sil nobis in via (que Jésus et Marie nous accompagnent dans notre route), écrite de la main de Colomb et est précédé, dune note datée de Santo-Domingo, 16 nov. 1498, expliquant ce qui a été dit ci-dessus. Suit la liste des noms des personnes auxquelles Colomb fit des avances à Palos le :i3 juin 1492, avec lii chilïre des sommes ainsi avancées. Ce curieux document auquel il manque malheureusement un feuillet, a élé traduit et public eu anglais dans le Colombus de Thacher, Vol. 1, pp. 477-479.

(297) Parmi ces documents, deux sont à noter. Le premier est un livre de comptes, Libros de cuenta, indiquant des sommes payées aux héritiers de gens morts dans la première expédition de Colomb; le second est une Informacion instituée en 1532 sur les services rendus par la famille Nino, de Moguer. Voir les Sources.

(298) Les listes données par les auteurs suivants : Dtiio, Colon y PinzorL, pp. 322-324; Harrisse, The Discovery, pp. 662-666; Markham, Coliimhus, pp. 69-71; Thacher, Coliimbiis, Vol. I, pp. 470-471 ; Young, Christopher Colambus, Vol. Il, appendice III, sont bien moins étendues, parce que ces auteurs n'ont pas connu tous les documents cités ci-dessus. Ces listes sont d'ailleurs erronées pour y avoir compris les 40 noms donnés par Navarrete, d'après un document qui n'a pas le caractère qu'on lui avait attribué. Voir ci-après note 300. Une liste plus exacte est celle donnée par Don Nicolas Tenorio, formant l'appendice III du livre du professeur Ferré : JU descnbrimiento de America. Elle a été composée d'après des documents originaux.

(299) Fernand Colomb dit 36 personnes (ch. XXXIII, fol. 70, verso), et le Journal de bord de Colomb 39 (2 janvier 1493); Las Casas, de même (Vol. I, p. 413, et Vol. II, p. J 2). D'après Pierre Martyr et Oviedo ce serait 38 person-

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cument publié par Navarrete (300) avait donné à penser que nous connaissions les noms de tous ces mallieureux ; mais une pièce découverte depuis a montré que la liste du document de Navarrete porte les noms d'autres personnes, mortes aux Indes à différentes époques (301). Nous ne

ncs que Colomb aurait laissées à la NavidaJ. (Marti'r, Lettre 133, Barcelone, 13 sept. 1493, édit. Gaffarel, p. 4; Ovieoo, Hisl. Gen., Liv. Il, ch. VI, Vol. I, p. 26.) Les Libros de CiienLa, montrent que le chiffre inscrit aux Archives des Indes est celui de 37.

(300) Lisla de làs personas... Liste des personnes que Colomb laissa à l'île Espagnole et qui étaient mortes quand il y retourna. (Navarrete, Viages, Vol. II, n» XIII, p. 18.)

Cette liste, empruntée au.x; papiers du collectionneur Munoz, qui lui-même l'aurait tirée des Archives des Indes, sans indication de cote particulière, est précédée d'une note d'après laquelle elle viendrait d'une notice de la Casa de Contratacion, convoquant les héritiers des personnes décédées aux Indes à se présenter pour recevoir ce qui leur revenait, notice où il serait dit que, d'après un état envoyé par Leurs Altesses, Colomb avait laissé 37 personnes à l'île Espagnole et que les noms de ces personnes sont donnés ci-après. Suit une liste de 40 noms. Il est donc évident qu'il y a là une erreur flagrante, puisque, d'après le docXiment même c'est 37 personnes qui restèrent à la Xavidad et que la liste en compte 40, erreur que rend encore plus manifeste le fait que trois de ceux que nous savons avoir été laissés à la Navidad par le Journal de Colomb et par Las Casas manquent dans ces 40 noms. Mais une raison décisive de croire que ces 40 noms ne sont pas ceux de ces malheureux, c'est que pas un d'eux ne figure, ni dans le rôle partiel d'équipage dressé par Colomb, ni dans son Journal de bord, ni parmi ceux que F. Colomb et Las Casas nomment comme ayant fait partie du fameux voyage, ni enfin parmi ceux, en assez grand nombre, que le dépouillement des pièces des procès dits de Colomb nous ont fait connaître. Pour toutes ces raisons, on est fondé à dire que cette liste peut bien être celle de personnes mortes aux Indes au service de l'Espagne, mais qu'elle ne peut être celle de ceux auxquels Colomb commit la garde du fort de la Navidad. Cette conclusion est confirmée par un document découvert dans ces dernières années, et dont il sera question dans une autre note, les Libros de Ciienta, où sont enregistrés les noms de plusieurs des martyrs de la Navidad, dont aucun n'est donné dans la liste de Navarrete. L'erreur relevée ici s'expliquerait sans doute, si nous connaissions le texte entier de la pièce dont Munoz n'a donné qu'un extrait.

(301) Ce document est un registre de comptes de la trésorerie de la Casa fie Contratacion : Libros de cuenia y razon de la Casa de Contratacion de Indias, découvert en 1891 dans les Archives des Indes à Séville par l'archiviste D. Francisco Javier Delgado, qui s'est empressé d'en envoyer une copie

connaissons aujourd'hui que les noms de 17 de ces 37 premiers martyrs faits par les Indiens du Nouveau Monde (302).

Ainsi qu'on Ta dit plus haut, outre les pilotes, matelots et mousses, d'autres personnes faisaient aussi partie de Texpédition. « Il y avait, dit Las Casas, plusieurs officiers « du roi qui, par curiosité, voulurent aller avec Colomb, « ainsi que plusieurs de ses serviteurs et connaissan- « ces (303). » Colomb n'était pas le seul à avoir des domestiques à son bord, car sa liste donne le nom de cinq personnes engagées comme serviteurs (criados) ; il y avait aussi des mousses : griimetes. Chose singulière, il semble qu'aucun ecclésiastique ne fit partie de l'expédition, ce qui est assez surprenant étant donné la grande piété de Colomb et le caractère religieux qu'il attribuait lui-même à son entreprise (304).

à l'Académie d'Histoire de Madrid. D. Nicolas Tenorio l'a utilisé pour sa liste des compagnons de Colomb. (Ferré, op. cit., appendice.) Ce document montre que de 1505 à 1515 l'office des Indes fit des paiements à des veuves et héritiers de 13 personnes, dont chacune est désignée et nommée comme étant l'une des 37 qui moururent au fort de la Navidad : Qne muriô en la Espanola entre las treinta y siele personas que allaroii muertas en la Espanota.

Il résulte de ce document que Colomb ne laissa à la Navidad que 37 personnes, et que les seules de ces personnes dont nous connaissions les noms sont celles qui sont nommées, auxquelles il faut ajouter quatre autres noms empruntés à d'autres sources.

(302) On trouvera à l'appendice, une liste alphabétique des 108 noms connus des personnes qui accompagnèrent Colomb. Ceux des 17 personnes que l'on sait être l'estées à la Navidad y sont indiqués.

(303) Las Casas, Liv. 1, ch. XXXIV, Vol. I, p. 269. Herrera dit aussi: « Il « yavait parmi eux quelques amisde l'amiral Colomb et d'autres qui avaient « servi dans la marine du roi. » (D. L., Liv. I, ch. IX.)

(304) D'après un manuscrit ancien de la Bibliothèque nationale de Madrid. {Bihliografia Colombina, p. 342, n° 198), la première messe dite en Amérique l'aurait été par le P. Pedro de Arenas, qui avait connu Colomb à la Vega de Grenade et qui l'aurait accompagné à son premier voyage. Mais rien ne confirme cette assertion, que contredisent tous les faits connus. Un savant religieux du xvii» siècle, le P, Remon, prédicateur et chroniqueur de

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On peut regarder comme certain qu'aucun criminel ne lit partie de l'équipage des trois navires. Ainsi qu'on l'a dit plus haut, Colomb avait pensé à recourir à ce moyen pour compléter le nombre de gens qu'il lui fallait ; mais il n'eut pas besoin de cela. Parmi les nombreux témoins de Palos qui déposèrent dans les procès de Colomb aucun ne mentionne le fait et l'un d'eux déclare qu'il a entendu dire que Colomb voulait tirer des gens des prisons de la ville pour les amener avec lui, ce qui suffît pour montrer qu'il n'en fît rien (305). La plupart des gens que Colomb engagea étaient de Palos, de Moguer, de Huelva et des localités voisines ; mais il y en avait aussi de Séville, de Jaen et d'autres villes espagnoles ; on compte parmi eux des étrangers : un Génois et un Portugais (30G).

Nous n'avons aucune information directe sur la solde

l'Ordre de la Merci, qui a fait de longues recherches sur ce point, et qui donne de bonnes raisons pour croire qu'un prêtre accompagna Colomb à son premier voyage, reconnaît cependant qu'il n'a pu étaislir le fait. {Historia. delà orden deNaeslra Sehora, de la Merced. Madrid, 1618, Vol. I, fol, 90.) 11 constate, toutefois, que deux écrivains anciens, l'un, auteur de ïllisloria Pontifical, l'autre, Bernard de Vargas, qui écrivit l'histoire de l'Ordre de la Merci, avancent le fait, mais il n'ose s'en rapporter à ce qu'ils disent à ce sujet. Le P. Beaumont, qui a fait des recherches analogues, et le P.Coll, qui les a reprises de nos jours, n'ont pas été plus heureux, et, si étrange que cela paraisse, il semble bien qu'aucun religieux n'accompagna Colomb à son premier voyage. Si le fait avait eu lieu. Las Casas, qui s'intéressait à ces choses, l'aurait connu et n'aurait pas manqué de le mentionner.

(305) Déposition de Hernan Ferez Camacho, dans Ferré, p. 142, note i. Plusieurs auteurs cependant sont d'une opinion contraire. Le P. Cappa, par exemple, croit que 24 de ceux qui partirent avec Colomb à bord de la Sanla-Maria venaient des prisons de Palos et de Huelva, ouvertes par la cédule du 30 avril, et qu'ils firent partie de ceux qu'on laissa à la Navidad, parce qu'ils étaient moins propres que les autres à la navigation. {Colon y losEspanoles,p. 367. i M. Harrisse et M. Thacher semblent croire que Colomb fit usage de cette cédule.

(306) Ce renseignement nous vient delà liste même de Colomb. La plupart des auteurs disent qu'un Irlandais, Guillermo Ires, et un Anglais, Tallarte de Lages, avaient aussi fait partie de l'expédition ; mais ces deux noms sont empruntés à la liste de Navarrcte qui n'est plus recevable aujourd'hui.

qui leur était payée. Colomb indique bien, dans le rôle que nous avons cité, les sommes qu'il donna à un certain nombre de ses compagnons, mais comme il s'agit d'avances, cela ne nous renseigne pas. On estime que les matelots étaient payés à raison de G. 000 maravédis par an (307).

Voici les seules indications certaines que nous ayons sur l'équipage de chacun des trois navires de Colomb. On ne connaît d'une manière exacte ni le nombre ni les noms de ceux qui montaient chacun de ces navires ; les listes qu'on a données à cet égard sont conjecturales.

La Santa-Maria, que montait l'amiral commandant la flotte et qui portait son pavillon, avait pour maître d'équi page son propriétaire, Juan de La Gosa, de Santona, en Cantabrie, qui, vraisemblablement, remplissait les fonctions de capitaine ; il était cosmographe et on lui doit une carte fameuse (308). Les pilotes étaient Sancha Ruiz (309), dont on ne sait rien, et, vraisemblablement, Bartolomé Roldan qui se fixa à l'île Espagnole et devint un de ses notables (310). Il y avait à bord de ce navire un

(307) Se basant sur des données du temps, et notamment sur un document relatif à réquipement d'une flottille espagnole destinée à la côte d'Afrique, en 1493, M. Thacher a trouvé que les gages et appointements payés aux différentes catégories de personnes qui suivirent Colomb peuvent être fixés de la manière suivante :

Les capitaines, 80.000 maravédis par an; les pilotes, 20.000 ; les maîtres, 20.000 ; les m-dîcins, 2i.000; l'interprète, 10.000; les matelots, 6.00:).

En ajoutant aux gages tous les frais faits pour les vivres, pour l'achat des objets de trafic et pour d'autres raisons, M. Thacher trouve que l'armement de l'expédition entière coûta 1.167.542 maravédis, non compris la location des trois navires. (Co^omfeuA-, Vol. I, pp. 474-475.)

(308) Voyez sur ce personnage la curieuse notice que lui ac onsacréeM. Harrisse dans les Biocfraphica,! noies do sa Discovery .

(309) Journal de Colomb 10 février 1492 et Las Casas.

(310) Il est certain que ce pilote fil partie de la première expédition de Colomb ; mais les documents ne disent pas sur lequel des trois bâtiments il s'engagea, bien que généralement on le place à bord de la Nina. Le Journal de bord de Colomb dit que le 10 février Roldan — sans prénom — releva le point; mais dans la liste de Colomb il porte le nom de Bartolomé. Il fut aussi

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médecin, Maestre Alonso, de Moguer (3H), un secrétaire ou archiviste, Rodrigo Escobedo, de Ségovie (312), un interprète, Luiz de Torres (313), qui connaissait plusieurs langues ; un maître d'équipage, Pedro de Terreros, et un page ou domestique nommé Pedro de Salzedo (314). La Santa-Maria prit aussi à son bord Diego de Arana (315), grand alguazil de la flotte, et un nommé Pero Gutierrez dont les fonctions ne sont pas définies (316). Il resta au fort de la Navidad avec Torres et Alonso.

La Pinta avait pour capitaine l'ainé des Pinzon, Martin Alonso, Ses pilotes étaient Francisco Martin Pinzon, frère d'Alonso, et Gristobal Garcia Xalmiento ou Sarmiento (317). Le quartier-maître du bord était un nommé Garcia Hernandez, de Palos, qu'on a confondu avec le médecin de ce nom (318). Les deux propriétaires de lacaravelle, Gomez Rascon et Gristobal Quintero, faisaient aussi partie de l'équipage de la Pinta (319), ainsi que Rodriguez Bermejo, qui prétendit avoir aperçu le premier

l'un des pilotes de Colomb à sa seconde expédition. C'est Las Casas qui nous apprend qu'il se fixa à Saint-Domingue. (Liv. 1, ch. LXIX, Vol. I, p. 443.)

(311) Lihr-os de ciienta.

(312) Fermand Colomb, ch. XXXIII ; Las Casas, ch. LXIH.

(313) Joui-nal de bord, 2 nov. 1492.

(314) Les noms de Terreros et de Salzedo nous viennent du témoignage de Francisco Morales, Pleitos, Vol. I, p. 419. Voyez la liste des compagnons de Colomb, Appendice II.

(313) F. Colomb et Las Casas.

{31Q) Repostero deeslrados del Rey, dit Las Casas, Vol. I, p. 414.

(317) Ces différents noms sont certains, ils sont donnés par le Journal de bord de Colomb, par Las Casas et par les déposilions de nombreux témoins.

(318) Voyez Navahrete, Vol. III, p. 540, note. Le médecin Hernandez ou Fernandez, qui lit la déposition sensationnelle relative à l'arrivée de Colomb à la Rabiila, donna une seconde fois son témoignage, et ni dans l'une ni dans l'autre de ses dépositions il ne dit qu'il accompagna Colomb, ce qu'il n'aurait pas manqué de faire si tel avait été le cas.

(319) Journal de bord et Las Casas, Liv. 1, ch. XXXV.

une lumière à Tile Guanahani (320) et Rodrigo Triana qui le lendemain vit le premier la terre (321).

La Niiia était commandée par Vicente Yaiies Pinzon (322), le plus jeune des frères d'Alonso et le plus célèbre des marins de ce nom. Son pilote était Pero Alonso Niiio (323), d'une famille de pilotes de Moguer, à laquelle appartenait la caravelle et dont plusieurs s'embarquèrent avec lui.

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