Lettre à Sanchez. Texte espagnol de Va
lence. Santa-Maria, 18 février 1493.
Fait partie d'un recueil manuscrit de la lin du xvi» ou du commencement tlu ViG^AUD. Nouvelles Éludes. II Itf
XVII', ayant appartenu à D. Juan de Sanfelices, du CoUcgio Mayor de Cuenca ; acheté en 1858 par Varnhagcn, quL le publia immédiatement sous le pseudonyme de Volfagan {Primera Epistola....)ei qui le republia en 1869 avec des notes et quelques modifications suggé.ées par les autres textes [Caria de Cristobal Colon).
Le texte de Valence diffère de celui du manuscrit de Simancas et des in-folio et in-quarto par la date attribuée à la lettre, p?r la suppression du P. S., par l'absence de la signature qui est leraplacée par la lettre X, et par la substitution du titre Cartadel Alniirante à D. Gabriel Sanchez, à la mention : envia Colon al Escrihano de Bacion. Autrement, il s'accorde avec le texte de Simancas et se termine comme celui-ci, avant le P. S. et immédiatement avant la date : Isla de Santa-Maria, J 8 de fehrero de 93, par les mots, esta segundo ha fecho ser niuy brève : ce second [récit] a été fait très sommairement ; tandis que dans les deux textes imprimés le mot sec/un (selon) se lit à la place de segundo, ce qui donne un sens tout différent. Cette particularité n est pas sans intérêt, car, si la leçon des deux manuscrits de Simancas et de Valence est préférée à celle des imprimés, cela suppose l'existence d'une autre relation antérieure et plus étendue. En effet, pourquoi Colomb prendrail-il le soin de mentionner que cette seconde relation est sommaire, s'il ne voulait pas la distinj, i.er d'une autre qui n'était pas aussi abrégée ? On a supposé qu'il voulait parler de son Journal de bord ; mais cela est fort peu probable, car, à la date où il écrivait, ce journal n'était pas terminé et on ne voit pas pourquoi Colomb y aurait fait allusion dans cette circonstance. Nous estimons, quant à nous, qu'il avait en vue la lettre destinée aux Rois Catholiques qui, d'après l'annotation de l'archiviste de Simancas, accompagnait celle envoyée à l'Es ribano de Racion.
Plusieurs critiques ont pensé que le texte de Valence est celui sur lequel la traduction latine a été faite ; mais cette opinion, que Varnhagen avait tout d'abord partagée, n'a plus aujourd'hui créance, car une comparaison attentive des textes laisse voir que, si le copiste de celui de Valence avait sous les yeux un ancien manuscrit espagnol de la lettre en question — ce qui est possible — il a dû emprunter aussi quelques traits de la version latine donnée par Cosco.