‹ Histoire critique de la grande enterprise de Christophe Colomb, comment il aurait conçu et formé son projet, sa présentation a différentes cours, son acceptation finale, sa mise a exécution, - son véritable caractèreChapitre 75 sur 127 · XI. — Témoignage de Garibay · texte numérisé non relu

XI. — Témoignage de Garibay

Après Bernaldez, Oviedo et Gomara, et avant Herrera, l'historien ou le chroniqueur espagnol du xvi° siècle le plus marquant qui se soit occupé de Colomb et de ses voyages est Garibay, auteur consciencieux et érudit qui vaut mieux que sa réputation.

Garibay a parlé du découvreur du Nouveau Monde dans deux de ses ouvrages dont l'un est peu connu. Dans le premier, qui parut vingt ans après celui de Gomara, mais avant les Historié de Fernand Colomb (102), il s'exprime sur la grande entreprise de 1492 dans le même sens que ses prédécesseurs, c'est-à-dire qu'il ignore la légende de la recherche du Levant par le Ponant, et écrit comme si le premier voyage de Colomb n'avait eu pour objet que la découverte de nouvelles îles ou terres. Il le dit même formellement. En cette année (1486), écrit-il, un iiomme de nation italienne nommé Christophe Colomb, « s'offrit de « découvrir, du côté de l'Océan occidental, des terres

(102) Garibay (Esteban de). Los XL llbros del compendio hislorial de las chronicas y universal hisloria de lodos los reynos de Espana. Anvers, Flantin, 15"1, 3 vol. infol. Le privilège est da 10 mars 1567 ; l'impression fut terminée en juillet 1571. Les Historié sont aussi de l'année 1571, mais la liédicace est du 25 avril. Garibay ne cite pas une seule fois cet ouvrage. Inutile de dire qu'il n'a pas conau Las Casas non plus, que Hcrrera n'a pu consulter qu'en 1599 ou 1600,

« inconnues et de grandes richesses (103) ». Et, dans son récit de ce qui suivit cette proposition, récit très bref, d'ailleurs, mais plus exact que ceux d'Oviedo et de Gomara, il n'est fait aucune allusion à la recherche des Indes (104).

L'autre ouvrage de Garibay sur Colomb est très court, mais lui est spécialement consacré (105). L'historien dit comment Colomb s'adressa successivement au Portugal, à l'Angleterre, puis aux rois de Castille,« pour qu'ils l'aidas- « sent dans son entreprise de découverte », et ajoute qu'il « leur offrait en fait plus qu'il ne soupçonnait lui-même, « car il ne savait pas qu'il y eût autant de terres qu'il y en « avait » — ofreciendo mas cosas de las que sabia (100).

Garibay était grand admirateur de Colomb.

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