SCHEDEL (D' Hartmann). — Deglobo sperico terre
(Du globe sphérique de la terre.)
Note manuscrite de Schedel donnée par leD"^ Stauber dans son mémoire sur la Bibliothèque de l'auteur de la Chronique de Nuremberg (Siiidien und Darstellungen, Vol. VI. Fribourg, 1908, pp. 61-62) et reproduite par le D' Grauert dans sa digression sur cette note {Exkurs zu den Aufzeichnung ûher den Behaimschen Globus dans Sludien... p. 257-259) et par RavENSTEiN, Martin Behaim, p. 112.
Cette note, découverte par Stauber à la fin d'un volume ayant appartenu à Schedel, aujourd'hui à la Bibliothèque Royale de Munich, oîi il porte la côte 4° Incunable C. A. 97, est relative au globe de Nuremberg et semble avoir été rédigée pour y figurer. Schedel dit que ce globe est l'œuvre de Behaim. mais parle an pluriel comme s'il en avait été l'un des auteurs, et nomme toutes les sources qui en ont fourni les éléments. LeD' Grauert, qui a examiné cette note critiquement a trouvé que la plus grande partie en a été empruntée textuellement à VHistoria, reruni de Pie II, d'oîi l'on pourrait conclure que l'inférence tirée de la forme du pluriel employée dans la note n'est pas justifiée. Voyez ci-après la note 47.
12. SCHEDEL (Hartmann). — Libri cronicarum ou Chronique de Nuremberg. Un massif volume grand in-fol. imprimé dans cette ville par Ant. Koberger, en 1493.
Les titres qui précèdent sont ceux par lesquels on désigne généralement une volumineuse histoire du monde qui a eu son heure de célébrité et qui est encore très recherchée, notamment pour ses nombreuses et curieuses gra-
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vures sur bois, — il y en a 1.809, saas compter celles qui sont répétées —, dues, pour la plupart, à deux artistes de valeur : Michael Wolgemuth, le maître d'Albert Durer, et son gendre Wilhem Pleydenwurff. C'est une histoire du monde qui commence à la création et se termine à l'année 1493. Le dernier fait qui y soit mentionné est la prise de Grenade le 2 janvier 1492. 11 n'y est question, naturellement, ni de la découverte de l'Amérique ni de Colomb.
L'ouvrage est imprimé en caractères gothiques et comprend 19 feuillets à deux colonnes pour la table et 300 feuillets, dont un blanc, pour le texte et les gravures, tous numérotés en chiffres romains, au recto seulement, plus les feuillets, sans chiffres, qui forment un supplément sur la Sarmatie. Les trois feuillets portant les chiffres CCLVllII, CGLX et CCLXl sont entièrement blancs, l'auteur ayant voulu les laisser ainsi pour qu'on y inscrivît les choses mémorables qui pourraient advenir après lui. Ce gros ouvrage porte le simple titre suivant : Registrum huius operis libri cronicacarum ciim ftffuris et ymaçfinihus ab inicio mundi, sans nom d'auteur et d'éditeur ou d'imprimeur et sans millésime; mais au feuillet 2o6, recto, l'auteur prend congé du lecteur, à la date du 4 juin 1493, et donne son nom : doctoris Hartmani Schedel. Le livre, cependant, ne se termine pas là ; une dernière partie, formant 34 feuillets, empruntée à l'ouvrage du pape Pie H (.Eneas Sylvius), De Enropa, y est ajoutée, non sans toutefois y avoir fait de nombreuses corrections et additions. Rien n'indique dans la Chronique que cette dernière partie n'est pas de Schedel ; mais nous savons aujourd'hui qu'elle est due au D' Hieronymus Miintzer. A la fin de l'ouvrage, au verso d'une grande carte de l'Europe centrale, l'imprimeur prend à son tour congé du lecteur dans un colophon, daté du 12 juillet 1493 où l'on voit que cet imprimeur était Anthonius Koberger, et où se lisent les noms des deux patrons de l'œuvre et ceux des deux artistes qui l'ont illustrée. En même temps qu'il imprimait cette édition latine de la Chro~ nt'qfue, Koberger en imprimait une autre, en allemand, traduite par George Alt, laquelle eut deux éditions. Le texte latin original n'a jamais été réimprimé.
La Chronique de Nuremberg contient un passage — folio CCXG verso — où est résumé le voyage que Behaim aurait fait aux côtes de l'Afi'ique Australe, et qui complète ce que le globe porte à cet égard, mais qui en diffère un peu. Ici, le navigateur portugais, que Behaim aurait accompagné, qui n'est pas nommé dans les légendes du globe, serait le fameux explorateur Diogo Cam, le découvreur du Congo, et lui, Behaim, aurait commandé l'un des deux navires dont se composait l'expédition, qui se serait terminée par la découverte d'un autre monde, au delà des régions connues de Ptolémée. La date du voyage et le temps qu'il aurait duré ne sont pas les mêmes dans les deux versions, cependant, il est difficile de croire que celle donnée par la Chronique ait une autre origine que Behaim lui-même, car ce célè-
bre ouvrage fut préparé, écrit et imprimé à Nuremberg pendant que Behaim y était occupé à la confection de son globe. Ce globe est daté, il est vrai, de 1492 et la Chronique de 1493, mais les deux ouvrages n'ont pu être conçus et exécutés en peu de temps. Nous savons, par exemple, que le dessin et la gravure des planches de la Chronique occupèrent les artistes pendant deux ans et que, par conséquent, la préparation de celte importante publication remonte à l'année l49l. Il est donc certain que Behaim se trouvait à Nuremberg pendant qu'on s'en occupait et, comme nous savons aujourd nui qu'il s'était lié avec Schedel, qui mit sa précieuse bibliothèque à sa disposition, ainsi qu'avec son collaborateur Mûntzer, il ne peut y avoir aucun doute que c'est lui-même qui fournit les renseignements donnés par la Chronique. Mais la communication qu'il fit à cet égard doit être postérieure à la rédaction des légendes du globe sur le même sujet, car Murr, qui examina le manuscrit original de Schedel, y constata que le paragraphe relatif à Behaim y avait été interpolé et qu'il était d'une écriture autre que celle de Schedel. Il faut encore remarquer que la partie de la Chronique où se trouve ce passage, folio CCXC, est celle dont s'était chargé Mûntzer, qui paraît avoir eu des relations étroites avec Behaim. Les difïerences relevées entre les deux versions sont donc du fait de Behaim et montrent qu'il ne s'était pas mis d'accord avec lui-même sur les faits qu'il voulait que l'on crût.
13. MUNTZER (D^ Hieronymus). — Lettre au roi Joâo II de Portugal. Nuremberg, 14 juillet 1493.
1' Caria que cnuiou Ilienonimo Moniaro doutor alemùo da citade de Norum berga em Alemanha ao serenissimo Rey dû Joham segundo de Portugal. Sobre o descobrimento do mar Oceano el provinçia do Gran Cam de Catây tiradade latim em lingoagem por meslre Alvaro de Torre ;mestre em iheologia da ordem de sam Domingos pregador do dito Senhor Rey.« Lettre que Jérôme Monetarius, docteur allemand de la ville de Nuremberg, en Allemagne, envoya au sérénissisme roi don Joham second, relative à la découverte dans la mer Océane de la province du Grand Khan de Cathay. Traduite du latin dans la langue [portugaise] par maître Alvaro da Torre, maître en théologie de l'ordre de Saint-Dominique, prédicateur du dit roi. » Version portugaise de la lettre donnée dans l'ouvrage suivant : Tractado da, spera do mundo tirada de latimem. lingoagem portugues, com /ma (sic) carta que hum grade doutor Alleman mandou a el Rey de Portugall Dom Joam ho segundo. Petit in-4= sans lieu ni date. Bibliothèque d'Evora. — 2" A Cartta que enuiou Hieronimo Monetario, etc., etc., comme ci-dessus, mais avec des différences dans l'orthographe ; dans l'ouvrage suivsint iRegimento do estrolabio e do quadrante pera saher la declinaçam e ho logar do soll em cada huum dia e asy pera saber ha estrella do norte, dont la seconde partie est
une reproduction du n" 1. Un exemplaire connu à la Bibliothèque de Munich, dont le titre détérioré ne permet de voir ni la date ni le lieu d'impression. — 3» Texte latin original du commencement de la lettre, feuille manuscrite de la main de Schedel intercalée dans un volume lui ayant appartenu, aujourd'hui à la Bibliothèque de la Cour et de l'État à Munich. Cote C. A. 424 in-4'' Découvert et imprimé par Stauber. Appendice n» 14 de son mémoire Die Schedelsche Bib. (Studien und Darstellungen, VI, 1908). — 4° Folha do SuZ,n° 88. Evora, J5 mars 1865. Reproduction fautive du texte d'Evora, ci-dessus n° 1. — 5» Carta enviada pelo D' Jeronymo Montaro... Coïmbre, 1878, in-12. Reproduction du texte d'Evora, donnée par les soins de Annetal Fernandez Thomas. — 6» Archiva dos Açores, Vol. 1, Punta Delgada, 1878-1880. Tirage à part, 1879, in-fol.4 p. Texte d'Evora publié par M. Ernesto do Canto. — 7» Carto do D' Jeronymo Monetario (Munzmeister), a -D. Joào II de 1-'t Jnlho de 1493, dans Centenario da Descoberta da America, par E. Do Canto. in-fol , 1892. — 8° Version portugaise du texte d'Evora et traduction anglaise dans Hahrisse, Discovery of America, 1892, pp. 393- 395. — 9o Version portugaise du texte d'Evora dans Peragallo, Disquisizioni Colombine, no^ l et 2, 1894, pp. 90-92. — 10» Version portugaise du texte de Munich et traduction allemande, par le D' Von Reinhard Stottner, dans GRAUBRT,i)!e Endeckung {Historisches Jahrbuch, Vol. XXIX, Munich, 1908, pp. 315-319). — 11° Traduction anglaise du texte portugais corrigé par ce que nous avons du texte latin, par Ravbnstein, dans son Martin Behaim, Londres, 1908, in-fol., p. 113. — Pour une traduction française, voyez notre appendice.
La plus ancienne impression que nous connaissions de cette lettre est la version portugaise des deux ouvrages mentionnés aux n°' 1 et 2, dont nous relevons les titres d'après des fac-similés envoyés à M. Barrisse et d'après les indications du D^'Otto Hartig. (Der Brief des D^ Hierronymus ; Hist. Jahrbuch, 1908.) Ces deux ouvrages ne sont plus représentés que par un exemplaire du premier à la Bibliothèque d'Evora et un du second à la Bibliothèque de Munich. Le premier ne porte ni date ni lieu d'impression; mais il y a lieu de croire que l'exemplaire d'Evora a été publié à Lisbonne par un imprimeur français nommé Germain Galhard, dont on connaît une impression de l'année 1 509. L'exemplaire de Munich, dont le titre n'est pas complet, aurait été imprimé, d'après Haebler, à Lisbonne, par Hernào de Campos dont on ne connaît d'éditions que du commencement du xvi« siècle. Les textes de ces deux ouvrages sont identiques, c'est la même version portugaise du dominicain Alvaro de Torre ; mais l'orthographe diffère un peu, ce qui donne lieu de croire que la source des deux éditions n'est pas la même. Y en aurait-il eu une antérieure que l'on ne connaît pas? Le professeur Grauert croit que cette lettre a dû être imprimée pour la première fois en 1494, et dans ce cas on pourrait supposer que c'est Behaim lui-même qui la fît publier.
Jusqu'à la publication de la monographie de Stauber sur la Bibliothèque de Schedel, on ne connaissait que la version portugaise de cette lettre, mais ce chercheur laborieux et perspicace a découvert une partie du texte original latin, qu'il a donné dans sa monographie. Ce n'est, malheureusement, que le commencement de la lettre, mais comme ce manuscrit est de la main de Schedel et que Mûntzer était son ami et collaborateur, cela établit l'authenticité de ce document précieux.